Les Arméniens
Ermeniler

Bien que le foyer national arménien se situe dans le Caucase, depuis la nuit des temps, les Arméniens se sont installés dans les communautés urbaines d’Asie Mineure, des Balkans, de Crimée et du Proche Orient. Commerçants dans l’âme, ils ont souvent joué un rôle important dans l’économie de plusieurs pays des régions invoquées, mais les Arméniens sont aussi des artisans et des artistes, et l’évolution de ces domaines, en Europe orientale, leur doit une contribution non négligeable, et cela jusqu’à nos jours.
L’évolution des Arméniens dans l’Empire romain d’Orient, est étonnante. Plusieurs dynasties arméniennes ont régné sur le monde civilisé, notamment celle des « Macédoniens », dont Basile Ier était le premier empereur. L’Arménie et la Petite Arménie (
Cilicie), étaient parties intégrales de l’Empire romain. Plus tard, l’Arménie fut divisée entre les Romains et les Perses.
Sous l’Empire ottoman, on retrouve à peu près la même division. Les Arméniens continuèrent à prospérer autant dans les provinces ottomanes orientales, que dans les autres villes de l’empire, et notamment dans la capitale. Dès la Conquête de Constantinople par le sultan Mehmet II, les Arméniens obtinrent un statut particulier, leur permettant d’exercer librement leur religion (grégorienne) et d’enseigner leur langue.
Pendant des siècles, on retrouve des membres de la communauté arménienne dans les institutions ottomanes, y compris au gouvernement, mais à partir de la dernière décennie du XIXe siècle, un mouvement indépendantiste apparaît et met en péril la situation des Arméniens ottomans, dans tout l’empire. Ce mouvement est soutenu financièrement, puis militairement, par la Russie, mais aussi plus discrètement, par l’Angleterre et la France, qui ont toutes trois, des visées territoriales importantes sur l’empire et qui ont intérêt à déstabiliser le gouvernement ottoman en promettant une indépendance contrôlée, aux Arméniens.
Si les Arméniens de la capitale et des autres grandes villes ottomanes, ne soutiennent pas les indépendantistes, le mouvement rencontre quand même un réel succès dans les provinces orientales, où vit la majorité des Arméniens au milieu d’autres communautés religieuses et ethniques. Après la prise d’otages au siège de la Banque Ottomane, des violences déboucheront sur des pogroms en 1894-1895, qui feront des milliers de victimes. Après le coup d’Etat du parti nationaliste « Jeunes Turcs », soutenu par la France, la situation des Arméniens ottomans va encore se détériorer, pour aboutir à des massacres d’une ampleur sans précédent, dans les provinces orientales, en 1915.
En 1918, l’Angleterre et la France ont enfin mis la main sur les territoires ottomans convoités, mais au détriment de la population arménienne des provinces orientales, dont une grande partie a disparue.
Après la proclamation de la République en 1923, les Arméniens de Turquie, retrouveront la paix et un statut particulier préservant leur identité, leur religion et leur langue, au sein du nouvel Etat turc.
Aujourd’hui, les Arméniens de Turquie, vivent essentiellement dans les villes, et surtout à Istanbul. Quelques villages arméniens subsistent dans la région d’Antioche et autour du lac de Van. A Istanbul, leur nombre est estimé à 120 000 personnes, incluant les Arméniens catholiques et les protestants (à peu près 10%). Les institutions arméniennes fonctionnent normalement. Tous les Arméniens de Turquie sont de nationalité turque.

 

 Rinaldo Tomaselli 1999-2008 © Copyright Istanbul Insolite Ltd