Balat
Balat
est certainement
l'un des quartiers les plus intéressants dans le centre historique d'Istamboul. Voisin du
quartier grec de Fener et du quartier gitan d'Ayvansaray, Balat comptait autrefois une
population très majoritairement juive séfarade aux côtés d'Arméniens, de musulmans et
de quelques orthodoxes. Contrairement au Fener, le Balat a de tout temps été un quartier
défavorisé, dont Théophile Gauthier a dépeint les plus tristes aspects, non sans
exagération, dans son livre "Constantinople". Depuis les années 20, mais
surtout dans les années 40, les juifs ont sensiblement abandonné le Balat, soit pour des
quartiers en périphérie (Harem, Osmanbey, Mecidiyeköy), soit pour d'autres pays,
notamment Israël. Petit à petit, d'autres personnes sont venues prendre leur place,
particulièrement des Anatoliens de la région de Kastamonu. Aujourd'hui, on estime que 40
% de la population du quartier, est installée à Istamboul depuis moins de 5 ans. Ce qui
démontre bien que Balat reste un endroit de transit, en attendant de trouver mieux
ailleurs.
Bien que les maisons soient en très mauvais état, Balat possède un charme certain. La
municipalité de Fatih, aidée par l'Union Européenne et l'UNESCO, a prévu une
réhabilitation d'une partie du quartier, sans pour autant que l'on ait pu en mesurer
l'ampleur jusqu'à présent.
Pour visiter l'une des six synagogues de Balat, il est strictement nécessaire d'en faire
la demande expresse au Grand Rabbinat de Turquie à Tünel. Les mosquées sont toujours
libres d'accès et la plupart des églises aussi (sauf celle de Saint-Dimitri Canabée,
dont la gardienne refuse systématiquement l'accès aux non-orthodoxes). |