La Corne d'Or
(Haliç)
quartier par quartier
Les deux rives de la Corne dOr
ont connu une population très variée au cours des siècles. Aussi bien dans la
composition ethnique, que religieuse ou sociale, les quartiers de la Corne dOr ont
toujours donné une image assez complète de qui lon pouvait trouver dans
lancienne capitale ottomane.
En remontant le bras de mer depuis le Bosphore, les
entrées de lestuaire sont commandées par le vieux sérail de Topkapi
dune part, et par la grande Tour de Galata,
dautre part. Ces deux monuments symbolisent la puissance du sultan et celle de
lempire commercial des Génois, mais aussi, donnent les points de repères dun
quartier musulman
et dun quartier latin. Sans
rentrer dans les détails, on arrive à distinguer dun côté, les mosquées
impériales avec leurs minarets élancés, tandis que de lautre côté, les clochers
des églises catholiques, souvent discrets, donnent limpression dune ville du
Sud de lItalie.
Cest le pont de Galata, reliant les quartiers des bazars à celui des banques, qui
comme une ligne de départ, donne vraiment limpression de rentrer dans la Corne
dOr. De chaque côté, des quartiers consacrés au commerce et sans habitant,
donnent en journée, une impression de débordement, concernant lactivité qui y
règne. Karaköy dune part, Eminönü et
Tahtakale, dautre part, sont le cur de la ville commerçante. Il faut
sen détacher pour trouver la quiétude légendaire de la Corne dOr.
Avant le pont dAtatürk, le quartier dUnkapani se blottit au pied de la
majestueuse mosquée
de Soliman le Magnifique. Il est connu pour ces bonbons. Cest ici en effet, que
lon trouve des grossistes et des fabricants de bonbons qui sont distribués dans
toute la Turquie.
Après le pont Atatürk, le bateau sarrête à Kasimpasa, sur la rive nord.
Cest un ancien village qui était autrefois détaché du tissu urbain de la ville.
Il se trouvait en contrebas de Péra, coincé
dans un vallon. La malencontreuse évolution du village, en a fait une proche banlieue qui
na rien dattirant. Seul le palais Camondo et
lhôpital de la Marine turque, présentent un intérêt particulier, tandis que la
plupart des anciennes maisons de bois du village initial, ont disparu dans la frénésie
bétonnière des années 60. A larrière de lancien village, on trouve
néanmoins lune des plus belles mosquées dIstamboul, celle de Piyale Pacha.
En face de Kasimpasa, la vieille ville de Constantinople est toujours présente avec le
quartier de Cibali qui est dominé par la mosquée du Conquérant et lancienne église du
Pantocrator. On y trouve plusieurs églises byzantines en bon état et le bord de
leau est agréablement aménagé. Ce quartier est connu pour ses triperies, dont
plusieurs sont installées près de leau, en bordure du boulevard et ouvertes toute
la nuit.
Le quartier suivant qui est aussi le prochain arrêt du bateau, est le Fener. Avec son
voisin, le Balat,
ce sont les quartiers les plus pourvus de monuments historiques de la ville. Fener est
dominé par deux grands bâtiments : la mosquée de
Yavuz Selim doù la vue sur la Corne dOr est incroyable, et la Grande
Ecole, étonnante construction rouge du XIXe siècle, qui se remarque de loin. A leurs
pieds, une multitude déglises et le patriarcat
cuménique, rappellent que le centre de la chrétienté orientale, est
Istamboul.
Quand on arrive à Balat, le quartier suivant, on a létrange sensation de
pénétrer dans un village. Ruelles étroites et maisons basses, donnent un cachet
particulier à cet ancien quartier juif où
plusieurs synagogues sont encore actives. Le centre de Balat est pourvus de nombreux
petits commerces et le mardi, un marché paysan offre tous les produits des lointaines
campagnes.
Coincé entre Balat et les remparts de
Théodose II, le petit quartier dAyvansaray, donne une impression vraiment
paisible. On y trouve beaucoup de maisons construites avec de vieilles pierres byzantines.
Il faut dire que cest ici que se situait le centre de lEmpire romain
dOrient. Après avoir abandonné le site du Grand Palais,
en contrebas de lactuelle mosquée
Bleue, les empereurs sétaient fait construire de somptueux palais
à cet endroit, qui devint donc le centre de la capitale. En 1204, les Croisés furent
impressionnés par la richesse et la beauté de ces palais orientaux, avant de se
ressaisirent, et de les piller. Il reste de nombreux vestiges éparpillés sur près de 2
km², entre la Corne dOr, les remparts et la 6e colline qui est dominée
par la mosquée
de Mihrimah et par la fameuse église Saint-Sauveur stin
Chora.
Ayvansaray, marque la limite entre la vieille ville et la banlieue. En face, se dresse
Hasköy, qui fut, avant dêtre avalé par la ville, un village karaïte
(secte juive) et qui contient de nos jours plusieurs musées, deux synagogues et quelques
vieilles demeures en pierre intéressantes.
Hasköy est séparé de Kasimpasa par les chantiers navals, qui sont toujours en
activité. De lautre côté dHasköy, Sütlüce est un quartier populaire où
se dresse Miniatürk.
Eyüp est le
dernier arrêt des bateaux de la Corne dOr. Autrefois, le village était lui aussi,
détaché de la ville. Il se situe au pied dune colline doù on peut avoir une
belle vue sur toute la Corne dOr et où se tient un café où
le romancier Pierre Loti, avait lhabitude de se prélasser quand il habitait la
capitale ottomane.
Eyüp est surtout connu pour le mausolée
du porte-étendard du prophète Mahomet, qui a donné son nom à lendroit. Les
ossements du saint homme tué au siège de la ville en 751, ont miraculeusement été
retrouvés à la vieille de la Conquête ottomane. Cest encore aujourdhui un
endroit fort religieux, où les fidèles viennent en pèlerinage. |

Vue générale

Eglise bulgare

Les remparts côté Corne d'Or

Le palais Camondo

Quartier du Fener

Café Pierre Loti
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