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Eglise Panaya
Paramithias
dite Notre-Dame des Blachernes
Panaya Paramithias Rum Kilisesi
ya da Meryam Ana Vlakerna Kilisesi
L’église des Blachernes peut paraître insignifiante aujourd’hui, et
ressemble plus à ces chapelles de quartier visibles un peu partout à
Istamboul, qu’à un haut lieu de pèlerinage. Et pourtant, bien que le
bâtiment soit de petites dimensions, il a été construit sur l’ayazma
la plus sacrée et vénérée des Romains.
C’est en 452 que le premier édifice a été construit sur la source sacrée,
par l'impératrice Pulchérie, pour abriter des reliques. Selon la légende,
les frères Galbien et Candios, deux pèlerins constantinopolitains, revinrent
de Jérusalem avec la Sainte Robe et le Saint-Voile, dérobés à une pieuse
femme juive. Ils déposèrent leur trésor dans le quartier valaque de la
capitale où ils firent construire une église dédiée aux saints Pierre et
Marc. Plus tard, Pulchérie fit construire un nouveau sanctuaire sur une
source sacrée, près de Saints Pierre et Marc.
Selon d’autres sources plus vraisemblables, l'impératrice Pulchérie avait
reçu de sa belle-sœur Eudocie installée en Syrie, les objets en question.
C’est pour abriter des Saintes Reliques, que Pulchérie créa les trois grands
sanctuaires mariaux de Constantinople :
- Les Blachernes pour la tunique et la robe
- La chapelle des Manganes pour l'icône de la Hodigetreia (la Madone à
l'Enfant dite Conductrice), supposée peinte par saint Luc
- L'église
de la Chalcoprateia (Chalcopratée) à la Chalcé (aujourd'hui,
Alemdar), pour la Sainte Ceinture.
En 473, l'empereur Léon III fit construire une autre église, tout près de la
chapelle de Pulchérie, (dans la partie est du jardin actuel et sur le site
des maisons des alentours). L'église porta le nom de Notre-Dame des
Blachernes, mais on la désignait également comme l’église de la
Sainte-Châsse.
L’empereur Justinien, alors qu'il souffrait de dysurie, y trouva la
guérison. Par reconnaissance, il reconstruisit l'église, plus grande et plus
belle. Puis, endommagée par divers tremblements de terre, Basile le
Macédonien la fit restaurer, de même qu'après lui, son fils Léon le Sage.
Reconstruite encore une fois après un incendie en 1070, l'église fut
définitivement détruite par un autre incendie accidentel en 1434. Seule la
chapelle précédant l'ayazma demeura intacte, mais fut cependant
reconstruite au XIXe siècle.
On attribuait toutes sortes de miracles à la Sainte Robe ainsi qu’à une
icône représentant la Vierge. On dit que les Avars purent être repoussés en
626 après avoir invoqué la protection de Marie. En 717, ce sont les Arabes
qui sont refoulés, et en 864, les Russes. D’autres miracles se produisaient
dans l’église Notre-Dame, comme le ‘Miracle Habituel’. Chaque vendredi, le
voile qui recouvrait l’icône de la Vierge, se relevait en laissant
apparaître l’image, et retombait le lendemain seulement.
Chaque vendredi, une procession partait de l’église Notre-Dame des
Blachernes, pour se rendre dans l’autre grand sanctuaire constantinopolitain
dédié à Marie,
Notre-Dame de Chalcopratée, à
l’autre bout de la ville, où l’on conservait la Sainte Ceinture. Ces
reliques ont été dérobées par les Croisés en 1204.
Quant à la source sacrée, on dit qu’elle a des pouvoirs de guérison sur les
abcès, les tumeurs, la fièvre, la stérilité, les ulcères, la surdité, la
dysenterie, la gangrène, les chancres, la lèpre, les inflammations, les
cancers féminins, la maladie de la pierre et nombre de maladies mentales.
L’empereur venait y prier plusieurs fois chaque année et à l’occasion d’une
cérémonie, s’immergeait complètement dans la fontaine.
L’église actuelle est à plan basilical. On pénètre dans l’exonarthex en
bois, par une porte à l’ouest, où se trouvait le triclinium de l’église de
la Sainte-Châsse. La fontaine se situe en contrebas de la salle principale,
au sud de l’édifice. Des robinets permettent de récupérer l’eau sacrée.
Le 2 juillet, ainsi que le premier vendredi après Pâques, de grandes
cérémonies religieuses sont organisées autour de la fontaine miraculeuse,
pour de nombreux pèlerins et malades.
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