BAZAR EGYPTIEN – MARCHE AUX EPICES
Misir Çarsisi

C'est en 1663 que le marché Egyptien (Misir Çarsisi), dit aussi marché aux Epices fut construit et dans l'enceinte de la Nouvelle Mosquée (Yeni Cami), entre une concession vénitienne et un quartier juif karaïte. Comme dans les autres complexes religieux, le loyer des échoppes devait financer l'entretien de la mosquée et les soupes populaires d'un bâtiment annexe. C'est la sultane Hatice Turhan qui commanda l'oeuvre à l'architecte impérial Mustafa Aga. Bien que le nom officiel fut le bazar Valide (Valide Carsi), le nom de "marché Egyptien", le remplacera rapidement, rappelant la source du financement de la construction (impôts collectés au Caire). Contrairement à une idée répandue, le bazar n'a jamais accueilli d'Egyptiens ni de marchandises en provenance d'Egypte.

Les commerçants qui occupèrent les lieux dès le XVIIe siècles, furent les Vénitiens qui possédaient déjà dans les environs un espace (concession) qui leur avait été concédé plutôt. Dès le XIXe siècle, des marchands arméniens, grecs et musulmans, s'y installèrent également.

L'édifice est construit à la manière des caravansérails, mais en forme de "L", ce qui est assez exceptionnel pour les bazars ottomans. Les échoppes intérieures communiquaient à l'origine, avec l'extérieur. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, les luxueux magasins intérieurs contrastent avec les échoppes extérieures (ouest et sud). A l'intérieur du "L", (est et nord), il n'y a pas de boutiques donnant sur la rue, mais un marché aux fleurs y est installé.
Les extrémités du bazar sont fermées par quatre portes monumentales, tandis que deux autres, plus petites, permettent d'atteindre les échoppes au sud et le marché aux fleurs.

A l'origine, on trouvait à l'intérieur du bazar non seulement des apothicaires et des épiciers, mais aussi deux tribunaux de commerce et des fontaines publiques. Aujourd'hui, les marchands de produits communs ont remplacés les épiciers (il en reste quand même plusieurs). Le fameux restaurant grec Pandelli (Pandeli) est installé à l'étage. Le restaurant accueilli des hôtes connus, tels que : Mustafa Kemal Ataturk, l'ex roi de Grèce, Aghata Christie, Trotski, etc.
 
Sur l'angle Sud-ouest du bazar, on trouve une autre boutique historique qui n'a rien perdu à sa bonne réputation : Mehmet Efendi, installée depuis 1871 dans cet angle et qui propose certainement le meilleur café d'Istamboul.
Les épices et herbes de bonne qualité, sont signées Arifoglu, tandis que la pastirma (viande séchée) que l'on trouve aussi en abondance, doit être la meilleure : Apikoglu. Le caviar turc, iranien ou russe, est généralement de bonne qualité, mais il est plus cher qu'au marché de Galatasaray. Enfin, les loukoums et les baklavas ne sont pas de meilleure qualité et il est également préférable de se les procurer au marché de Galatasaray ou pour les baklavas, chez Güllüoglu-Karaköy, à Galata.  
Le fameux Misir macunu, est  une pâte contenant 40 épices et du miel. Il a des vertus thérapeutiques et soigne un grand nombre de maladies. Il est vendu sous le nom d'Aphrodisiaque des Sultans.

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 Rinaldo Tomaselli 1999-2012 © Copyright Istanbul Insolite Ltd