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Palais des
Hospodars Cantacuzène
Résidence
Cantemir
Ulah Sarayi / Eflak
Hospodar Kantakuzenos Saray
Kandemir'in Evi
Il est
difficile d’imaginer ce que pouvait être la résidence de l’une des plus
grandes familles phanariotes en voyant les ruines actuelles. De plus, il est
également difficile de pénétrer à l’intérieur de la propriété, qui a été
malheureusement investie par des familles pauvres qui ne tiennent pas
particulièrement à déménager. Ainsi, seule la porte principale de la
propriété est visible avec, sur le mur à droite, une plaque de marbre sur
laquelle il est écrit en turc et en roumain, que ce lieu fut la résidence de
Dimitri Cantemir, hospodar de Valachie (1673-1723).
Les grandes familles du Phanar (Fener) descendaient de l’aristocratie
byzantine (romaine) qui, après la Conquête de 1453, étaient autorisées à
résider dans ce quartier en bénéficiant même d’une certaine autonomie.
Les deux principautés danubiennes de Valachie et de Moldavie, sous le
contrôle de l’Empire, étaient dirigées par des princes phanariotes jusqu’en
1821. Jusque dans les années 1940, toute la bourgeoisie, voire
l’aristocratie romaine (Empire romain d’Orient), vivait dans le quartier du
Phanar ou s’alignaient les propriétés des Paléologue, Cantacuzène,
Mavrocordato, Cantemir…
Aujourd’hui, le bilan d’un inventaire de ces propriétés paraîtrait bien
misérable, s’il y en avait un. Les projets voulant protéger les restes de ce
passé glorieux abondent depuis des années, mais jusqu’ici, rien n’a vu le
jour. Même le plan du fameux projet de réhabilitation des quartiers de Fener
et Balat, évite soigneusement les palais phanariotes, dont l’avenir plus ou
moins proche, révélera la totale disparition.
Juste après l’entrée princière (!), deux petits bâtiments se situent sur la
gauche, en terrasse. Le premier est à deux étages, l’autre n’en possède
qu’un seul. Les murs de ces deux structures longent la ruelle à escaliers,
qui contourne la propriété. Sur la droite, on trouve un bâtiment plus vaste,
possédant deux étages. Il fut transformé en monastère comme les autres
bâtiments de la propriété, puis abandonné et investie par des familles
pauvres après la 1ère Guerre Mondiale. Un passage permettait de
rejoindre l’église du Saint-Sépulcre (dite aussi Saint-Georges). En face, un
autre édifice ancien est planté à flan de coteau. Vaste, mais d’un étage
seulement, il fait suite à un troisième grand bâtiment, dont une partie a
disparue. Ce dernier comportait un rez-de-chaussée en pierre, et deux étages
en bois. A l’arrière, il ne comportait qu’un seul étage, toujours à flan de
colline. Pour accéder au bâtiment, on empruntait un grand escalier partant
de la première cour (juste après la porte de la propriété), pour arriver sur
une vaste terrasse dominant l’église du Saint-Sépulcre dont la cour est à 7
mètres en dessous. Un autre bâtiment de deux étages en bois, se situe au
bout de la cour à l’ouest. Il est précédé d’un petit clocher qui domine les
escaliers permettant de rejoindre la cour de l’église. Un passage permet de
circuler derrière les bâtiments en longeant un mur de 3 mètres de haut, qui
retient les jardins (autrefois) à fleurs où se trouvait une serre du coté
ouest, et une citerne du coté est. Enfin, d’autres escaliers à l’ouest,
permettaient de se rendre dans les jardins à terrasses où on cultivait des
fleurs et dont l’entrée était commandée par une autre citerne, tandis que
tout à fait en bas de la cote, se trouvait le vaste potager et un grand
réservoir d’eau. Au bout de la propriété Cantacuzène, se dresse l’ancienne
église de la famille, dont les structures calcinées sont bien visibles. La
Panaya Ulah Sarayi a brûlé en 1977. |