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Les juifs de
Turquie
Türk Museviler
Si les
Turcs de confession juive représentent de nos jours, un pourcentage infime
de la population de Turquie, ce ne fut pas toujours le cas, et sous l’Empire
ottoman, de grandes communautés prospéraient à travers tout le pays.
Certaines villes ottomanes, comptaient de larges communautés, comme
Constantinople, Smyrne, Antioche ou Brousse. Salonique, 3e ville
de l’empire, était majoritairement peuplée de juifs qui vivaient aux côtés
de communautés musulmane, orthodoxe, grégorienne et catholique.
On ne sait dire quand la première communauté juive s’est installée à
Istanbul, mais sans doute qu’elle était déjà présente lorsque Constantin
déplaça sa capitale de Rome à Constantinople en 351. Un des plus anciens
quartiers juifs de l’époque romaine, est la Chalcopratée où l’on édifia une
église au IVe siècle, sur les ruines d’une synagogue. Les Romaniotes (juifs
byzantins), étaient également présents sur la Corne d’Or et notamment dans
les environs des Blachernes, non loin du palais impérial. Une autre
communauté était installée dans la ville génoise de Galata. Il s’agissait de
Turcs convertis au judaïsme et de langue grecque : les Karaïtes.
Sous l’Empire ottoman, les communautés juives d’Istanbul (Constantinople),
purent prospérer dans la paix, grâce au statut particulier qu’elles
possédaient. Elles bénéficiaient d’une autonomie administrative et leur
culture, leur langue et leur religion, pouvaient être préservées.
En 1492, les juifs d’Espagne trouvèrent refuge dans l’Empire ottoman par
milliers. Cette nouvelle communauté absorba rapidement la communauté
romaniote et la langue espagnole s’imposa. Dès 1553, ce sont les marranes du
Portugal qui trouvèrent refuge dans l’empire, puis les ashkénazes
d’Allemagne, de Pologne et de l’Europe centrale. Les réfugiés juifs
continuèrent à affluer jusqu’à la fin du XIXe siècle, principalement
d’Europe orientale.
A la proclamation de la République, en 1923, une partie de la communauté
juive émigra vers l’Amérique du Sud et vers la France. Tandis qu’entre les
deux guerres, puis naturellement pendant la guerre 1939-45, la Turquie
redevenait une terre d’accueil pour les juifs traqués dans toute l’Europe.
Au côté de Mgr Roccalli, futur pape Jean XXIII, en poste à Istanbul et qui
délivrait des certificats de baptême, le gouvernement turc délivra des
dizaines de milliers de visas aux juifs de Grèce, de Bulgarie, de Hongrie,
de Transnistrie et de Roumanie.
A la création de l’Etat d’Israël, beaucoup de juifs de Turquie émigrèrent
vers la Terre-Sainte, laissant seulement quelques petites communautés dans
les principales villes turques.
Aujourd’hui, c’est à Istanbul que la communauté juive est la plus nombreuse
avec près de 30 000 personnes. D’autres communautés vivent à Izmir, à
Antioche, à Canakkale, à Edirne, à Brousse et à Ankara. Les Turcs juifs,
sont rarement présents hors des villes.
A Istanbul, il y a quatre communautés distinctes. Les séfarades de langue
espagnole, représentent 90% des juifs, le reste étant divisé entre les
ashkénazes de langue allemande, les marranes de langue italienne et les
karaïtes parlant un dialecte grec.
18 synagogues sont en activité et l’on compte plusieurs institutions juives,
des écoles, des fondations, des clubs de sport et d’autres associations. Un
musée est consacré à l’histoire des juifs de Turquie, dans une ancienne
synagogue à Galata. |