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Les Latins de
Turquie (Levantins)
Latinler / Levantenler
Depuis
l’époque romaine (Empire byzantin), le terme « latin » signifie, en Europe
orientale, l’appartenance à l’Eglise de Rome. Ainsi, les Occidentaux sont
qualifiés de Latins puisqu’ils sont sous administration ecclésiastique de la
Rome catholique. Ce terme s’étant aux ressortissants des pays protestants,
qui sont également issus de l’Eglise latine romaine.
Les premiers Latins qui s’installèrent à Constantinople et dans l’Empire
romain (d’Orient), de façon permanente, fut les Vénitiens qui obtinrent en
1082, un comptoir commercial dans la capitale, au bord de la Corne d’Or. Il
s’agissait d’une vraie ville dans la ville, avec des commerces, des églises
latines et un clergé, une échelle et une administration. Les Vénitiens ne
payaient quasiment pas d’impôts aux Romains (Byzantins) et leur
administration était autonome.
La présence vénitienne à Constantinople était problématique et de nombreux
conflits avec le gouvernement, débouchèrent sur le massacre des Latins en
1189. La vengeance vénitienne ne se fit pas attendre et en 1204, après avoir
détourné la IVe croisade sur la Ville des villes, ils prirent le pouvoir et
nommèrent Baudouin Ier, empereur de Constantinople. Les Latins gardèrent le
pouvoir jusqu’en 1261, puis les Byzantins rétablirent leur autorité sur
l’Empire romain, sans pour autant retrouver tous leurs territoires.
Ce sont les Génois, ennemis naturels des Vénitiens, qui reprirent la relève
commerciale et qui s’installèrent à Galata, sur la rive droite de la Corne
d’Or. Les Génois élevèrent des remparts et organisèrent leur comptoir, au
point d’avoir un port plus actif que celui de la capitale. Une colonie
importante d’Italiens et d’autres catholiques, s’installa dans les murs de
cette ville qui garda une autonomie, au-delà de la Conquête de
Constantinople en 1453.
Une autre colonie latine était installée dans les murs de la ville de
Constantinople, près de la porte d’Andrinople (Edirnekapi). Le gouvernement
ottoman avait donné l’ordre aux Latins, aux Grecs et aux Arméniens de la
ville de Caffa en Crimée, d’aller s’établir dans la capitale, afin de
repeuplée celle-ci. Les Latins possédaient dans ce quartier, deux églises
(Notre-Dame de Constantinople et Saint-Nicolas des Caffariotes).
Dès le milieu du XVIe siècle, la colonie latine de Galata s’enrichie
d’autres marchands occidentaux protégés par le système ottoman des
Capitulations, qui allaient déstabiliser économiquement l’empire, surtout au
XIXe siècle. Les nouveaux arrivants, essentiellement des Français, mais
aussi quelques Hollandais et Anglais, s’installèrent sur la colline de Péra,
qui domine Galata.
Pendant tout le XIXe siècle, Péra devait se pourvoir d’élégantes demeures,
d’hôtels particuliers et de palais, que la bourgeoisie et l’aristocratie
latines faisaient construire. Les Etats chrétiens y installèrent également
leurs ambassades.
Büyükdere, sur le Bosphore et Moda sur la rive anatolienne, devinrent des
lieux de villégiature pour la colonie latine.
Les Latins ne possédaient pas, en général, la nationalité ottomane, car ils
auraient perdu les avantages commerciaux qui dépendaient des Capitulations.
Ainsi, cette communauté pouvait ressentir les contrecoups de la politique
internationale. En 1914, quand l’Angleterre, la France, l’Italie et la
Russie déclarèrent la guerre à l’Empire ottoman, la majorité des Latins
quitta les villes du pays. Après la guerre et le partage de l’empire par les
puissances du moment, certains Latins revinrent s’installer dans les villes
de la nouvelle Turquie (1923), mais en nombre réduit toutefois.
Aujourd’hui, la population latine en Turquie se résume aux grandes villes,
notamment Istanbul, Izmir et Alexandrette, mais ne dépasse pas quelques
dizaines de milliers d’individus qui possèdent en principe, la nationalité
turque et qui ont gardé la langue française et la religion catholique.
Les Latins sont appelés aussi « Levantins », terme qui désigne uniquement
les personnes dont les origines, même lointaines, sont occidentales et
chrétiennes. |