|
Patriarcat
arménien et cathédrale Surp Vorodman
Ermeni Patrikhanesi ve Surp Vorodman Ermeni Gregoryen
Katedrali
Bien
avant les Byzantins, l’Eglise grégorienne ou apostolique arménienne, s’est
séparée de l’Eglise universelle (451). On invoque plusieurs raisons pour
lesquelles les
Arméniens se sont isolés des
autres chrétiens, dont l’une est de ne pas avoir envoyé de représentant au
concile de
Nicée. Une autre serait que l’Eglise
arménienne ne reconnaît pas la nature humaine du Christ. Quoiqu’il en soit,
il s’agissait avant tout d’échapper à la domination de Constantinople et de
l’Eglise nestorienne d’Iran. Sur les quatre patriarches de l’Eglise, seuls
deux ont le titre de catholicos. Le grand catholicos réside à Esmiadzin (Echmiadzin),
en Arménie tandis que le catholicos de Sis est à Beyrouth au Liban. Les deux
autres sont les patriarches de Jérusalem et de Constantinople.
Le patriarcat stambouliote possède 38 églises, des écoles et de nombreux
biens immobiliers pour une communauté estimée à 120 000 individus, banlieue
comprise. Sous l’Empire ottoman, les
Arméniens grégoriens formaient un
« Millet », soit une nation. Les sultans les désignaient même sous le
nom de « Nation fidèle ». Ils subirent néanmoins d’effroyables massacres en
1895-96, puis en 1915 (en pleine guerre) par l’armée ottomane et les bandes
kurdes, suite à un mouvement indépendantiste dont la Russie avait soutenu la
cause, tout en prévoyant une annexion des territoires de l'Arménie ottomane.
Les survivants des provinces orientales (région de Van, Erzurum, Erzican)
furent déportés dans le désert de Syrie.
Devenus citoyens turcs à part entière à l’Indépendance (1923), les
Arméniens (grégoriens) bénéficient
cependant de droits particuliers à leur culture, à l’enseignement, et au
culte. C’est une des principales minorités non musulmanes de Turquie.
Le patriarcat arménien d’Istamboul, est en fait un complexe composé d’un
bâtiment administratif et de la résidence du patriarche, d’une école, d’une
cathédrale (Surp Vorodman), d’une église et de trois chapelles (Surp
Harutyun, Surp Vortovoz Vorodman, Surp Haç). Enfin, à côté de l’école,
l’église Surp Asdvadzazin.
Une rue sépare le siège du patriarcat de la cathédrale qui est elle-même
composée de trois bâtiments formant chacun une église. L'église centrale,
qui est la principale est ouverte en permanence, tandis que l'église au
Nord, sert aux cérémonies spéciales. L'église au Sud n'est plus utilisée
depuis de nombreuses années et est en attente d'une restauration nécessaire.
L'ensemble, construit un peu à l'écart des maisons en bois, mais tout de
même à l'intérieur des remparts, était isolé du feu, fréquent dans les vieux
quartiers stambouliotes. Ainsi, les églises et la résidence patriarcale
n'ont jamais eu à souffrir d'incendie.
Le territoire patriarcal compte aussi deux écoles qui sont toujours en
activité. Aujourd'hui, le quartier ne compte que quelques familles
arméniennes stambouliotes, mais un nombre important d'Arméniens venus
récemment de la République arménienne, afin de trouver du travail à
Istanbul, ainsi que des Anatoliens et des Kurdes.
 |