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Autres noms connus : Antioche,
Antioche-de-Syrie, Antiochia, Antigonia,
Juliana, Justiniana.
Les origines d’Antioche sont macédoniennes. En
307 av. J.C., Antigone, un général et successeur
d’Alexandre-le-Grand, bâtit au bord du fleuve
Oronte (Asi), une ville à laquelle il donna son
nom : Antigonia. Mais peu de temps après,
Séleucos Ier Nikator, autre général
d’Alexandre-le-Grand, prit la région, rasa
Antigonia, et fonda en 300, la ville
d’Antioche-sur-Oronte, du nom de son père
(Antiochos).
Séleucie,
construite la même année, était destinée à
devenir la capitale des territoires sous le
contrôle de Séleucos, tandis qu’Antioche fut
peuplé par les anciens habitants de la ville d’Antigonia.
Les successeurs de Séleucos Ier transférèrent
rapidement leur capitale à Antioche, plus
centralisée et surtout moins vulnérable que
Séleucie
qui pouvait être attaquée par la mer.
A sa fondation, Antioche se situait sur une île
de l’Oronte, mais sous Séleucos II déjà, la
ville s’agrandit sur la rive gauche. Quatre
quartiers, séparés par des murailles, mais qui
avaient une enceinte commune, définissaient les
différentes ethnies de la ville : Syriens,
Gréco-macédoniens, Hébreux et Perses.
Dès le début de son existence, la ville se
couvrit de temples, d’édifices publics et de
monuments et elle connut une prospérité rapide.
Au IIe siècle de notre ère, la ville comptait
500 000 habitants.
Les querelles de succession des Séleucides
étaient nuisibles au commerce et les habitants
d’Antioche firent appel au roi d’Arménie,
Tigrane-le-Grand, qui vint occuper la ville
pendant 14 ans. En 64 av. J.C., les Romains
s’emparent d’Antioche, mais laissent une
certaine autonomie à la ville. Pendant la
période romaine, Antioche continua à être une
ville importante où les arts et la philosophie
se développaient, malgré plusieurs tremblements
de terre qui la détruisirent partiellement à
plusieurs reprises.
La ville eut également une place importante dans
l’évolution du christianisme, grâce notamment à
la nombreuse communauté juive qui s’y trouvait.
Saint Barnabé, saint Paul et saint Pierre y
demeurèrent et y formèrent la première
communauté chrétienne, malgré les persécutions.
Quand le christianisme devint religion d’Etat
sous Constantin-le-Grand, Antioche devint l’un
des évêchés principaux de l’empire et, dès 451,
l’un des cinq patriarcats de la Pentarchie, aux
côtés de Rome, Constantinople, Alexandrie et
Jérusalem.
Détruite par des tremblements de terre
successifs au début du VIe siècle, la ville fut
à chaque fois reconstruite, mais en 540 Chosroes
Ier, roi de Perse, s’en empare et déporte une
grande partie de sa population en Mésopotamie.
La ville est reprise par Justinien qui la
rebâtit et lui donne le nom de Theoupolis. Les
Byzantins ayant été battu par les Arabes à
Yarmuk en 638, elle passa en mains musulmanes
jusqu’à la reconquête byzantine, en 969. En
1079, la ville passe sous contrôle arménien
jusqu’en 1084, puis devient possession des
Seldjoukides.
Les Seldjoukides ne purent s’y maintenir
longtemps. En 1097, des troupes armées venues
des régions de l’Empire romain qui avaient été
envahies par les Barbares du nord de l’Europe,
fraîchement convertis au christianisme,
assiégeaient la ville d’Antioche. Musulmans,
chrétiens et juifs la défendirent
courageusement, mais après huit mois de siège,
la ville tomba aux mains des Croisés.
Antioche devint la capitale d’une principauté
franque qui durera 170 ans.
Malgré la domination franque, la ville continua à prospérer en
augmentant son commerce avec l’Europe
occidentale.
En 1268, Antioche fut arrachée aux Francs et
devint une possession des Mamelouks d’Egypte,
qui la détruisirent. Elle ne devait plus jamais
retrouver son importance et c’est une simple
petite ville de province que les Ottomans
prirent en 1516, aux Mamelouks.
La France hérita des territoires syriens lors du
dépeçage de l’Empire ottoman, organisé et
planifié en 1914, et qui plus est, avant que
l’empire n’entre en guerre. Les Français
s’empressèrent de morceler la Syrie, sur des
bases religieuses, en plusieurs sandjaks. Celui
d’Alexandrette était néanmoins contesté par les
Ottomans, puis par les forces républicaines de
Mustafa Kemal. De 1920 à 1938, le sandjak
d’Alexandrette garda une autonomie par rapport
au reste de la Syrie et devint indépendant
pendant les 9 mois précédant l’autodétermination
et le rattachement définitif à la République de
Turquie. Le sandjak d’Alexandrette est la seule
région d’Europe et du Proche Orient, où la
population locale a été consultée quant à son
appartenance territoriale, entre les deux
guerres.
Le musée du Hatay
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