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Province d'Antioche - Hatay

Population

La composition ethnique et religieuse de la province du Hatay (ancien sandjak d’Alexandrette) est l’une des plus riche et intéressante de Turquie. Située aux portes de l’Orient et sur les routes de toutes les invasions, la région a aussi toujours été convoitée. Les Akkadiens, les Hourrites et les Hittites furent parmi les premiers à s’y installer, puis ce fut le tour des Assyriens, des Perses, des Grecs, des Romains, des Seldjoukides, des Croisés latins, des Arabes, des Arméniens, des Byzantins et enfin, des Ottomans. Plus récemment les Egyptiens et les Français, vinrent compléter le tableau, sans oublier les Turkmènes, les Circassiens et les Bulgares, musulmans persécutés dans leur pays d’origine, qui vinrent s’y réfugier depuis que le Hatay est devenu turc en 1939. La région a compté également, depuis l’époque d’Alexandre, des tribus kurdes qui y pratiquaient la chasse, l’élevage et le pillage et, depuis le Moyen Age et sûrement ultérieurement, des tribus nomades turcomanes.

Depuis les conquêtes d’Alexandre-le-Grand et pendant la période romaine, la langue grecque était en usage dans les villes, mais dans les campagnes, c’était l’araméen qui dominait largement, et cela, jusqu’à la conquête arabe. Si le grec subsistait partiellement dans les villes, les campagnes passèrent progressivement à l’arabe, d’abord chez les musulmans, puis chez les chrétiens et les juifs. Quand les Croisés occupèrent la région et en firent une principauté, la langue grecque n’était utilisée que par les chrétiens qui dépendaient de Constantinople, soit une minorité dans les chrétiens-mêmes. La langue franque prit la place au sein de l’administration et de la bourgeoisie, en même temps que les colons s’installèrent dans les villes et fondèrent quelques places fortes. La langue franque fut en usage pendant près de deux siècles. Puis, à l’effondrement de la principauté latine d’Antioche, la langue arabe reprit sa place jusqu’à l’arrivée des Ottomans au XVIe siècle.

Si la langue turco-ottomane prit de l’importance dans l’administration et chez certains dignitaires, elle ne supplanta jamais l’arabe qui restait la langue principale aussi bien dans les villes que dans les campagnes. Le grec subsistait péniblement dans les villes ou les melkites l’exerçaient encore, aux côtés des Latins, qui étaient passés au français et des Syriens jacobites qui continuaient à parler l’araméen. Mais on peut dire que la région continua à s’arabiser pendant toute la période ottomane, à tel point qu’au dernier siècle de l’empire, la langue de communication entre le pouvoir et les notables locaux, était devenue le français !
La langue turque était surtout présente parmi les tribus turcomanes, nomades ou sédentarisées (parfois par la force, comme sous Abdulhamit II).

Lors de l’occupation française (1918-1939), la langue de l’administration était le français, les langues turque et arabe, passant largement au deuxième plan. Dès le rattachement de la province à la République turque, la seule langue reconnue fut le turc, l’Etat allant même jusqu’à interdire l’usage des autres langues, comme partout ailleurs en Turquie, sauf pour les minorités arménienne, grecque et juive. Ces exceptions dues au traité de Lausanne de 1923, n’étaient cependant pas très intéressantes pour les populations du Hatay. En effet, les juifs n’utilisaient pas l’espagnol, en usage dans les autres communautés juives de Turquie, mais l’arabe. Les Grecs d’Antioche étaient arabisés depuis longtemps et les Arméniens étaient présents que dans quelques localités du Mont Moise.

Aujourd’hui, la population du Hatay est divisée en deux groupes principaux : les arabophones majoritaires, et les turcophones. De petits groupes linguistiques subsistent, mais de moindre importance (langues kurde, arménienne, araméenne). Le français, présent depuis le Moyen Age, a totalement disparu et les quelques familles latines encore présente dans le Hatay, sont totalement arabisées, voire turquisées.

Les turcophones ne sont pas plus homogènes, du point de vue ethnique, que les arabophones. Les éléments composant la communauté turcophone, sont essentiellement d’origine turcomane, mais aussi circassienne, slave et araméenne. Un bon nombre est d’origine ottomane et donc de provenance ethnique impossible à déterminer.

Les arabophones sont bilingues à 90% et ont été scolarisés en langue turque, ce qui a eu pour effet, une intégration rapide dans la République turque, dès 1939. Les éléments composant la population de langue maternelle arabe, sont essentiellement des Araméens d’origines (juifs compris), ainsi que des Arabes venus dans la région plus tardivement et principalement dans les villes. On trouve également, surtout dans les Antiochiens chrétiens, des Grecs, des Arméniens et des Latins, tous arabisés, mais cependant assez peu nombreux.

Du point de vue religieux, l’Etat laïc turc n’entretient pas de statistique. Il est donc difficile de faire une répartition religieuse fiable. La majorité semble pourtant être de religion alévie nosaïri (alaouite). La seconde communauté par son importance, est musulmane et turcophone. L’Eglise orthodoxe de rite byzantin (melkite) est présente surtout à Alexandrette, Antioche, dans les villages de la vallée d’Altýnösü, dans les villages le long du fleuve Oronte et sur les deux versants du Mont Moise (Musa Daðý). L’Eglise grégorienne arménienne compte quelques milliers d’adeptes dans les régions du Mont Moise, à Antioche et surtout à Alexandrette. L’Eglise catholique latine est encore présente à Alexandrette et à Antioche, mais ses membres ne sont qu’au nombre de quelques centaines de personnes, comprenant également les melkites catholiques. Le rite est un curieux mélange du rite latin et de composants orientaux. Les Syriens orthodoxes (jacobites), sont insignifiants en nombre.

Les adeptes du chamanisme ne sont présents qu’en nombre minime, dans les populations d’origine nomade. Les Bahaïs sont également présents, sans toutefois que l’on puisse avancer des chiffres. Enfin, les juifs représentent plusieurs centaines de personnes, éparpillés entre Antioche, Alexandrette et Adana, en Cilicie voisine.

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Anciennes armoiries de la

Principauté d'Antioche

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Les Etats croisés

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