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Pamukkale - Hierapolis
Vallée du Méandre - Carie
De très loin
déjà, en remontant la vallée du Méandre, on voit au flanc de la montagne, comme une
saignée blanche. Sitôt passé le village d’Ecirli, la route, escaladant le plateau qui
domine le cours du Lycos, offre une vue étonnante sur un cirque de falaises blanches,
avec des étages de bassins aux bords ourlés, que lient des cascades pétrifiées en
stalactites.
C’est là en effet qu’aboutissent les ruisselets d’une eau surgie sur le plateau,
surchargée de sels, mais animée aussi par le jaillissement de bulles de gaz carbonique,
et dont la température est d’environ 35° . On a calculé que le dépôt de
calcaire devait atteindre 7200 m cubes par an, ce qui fait continuellement avancer la
falaise.
Ces propriétés ont été très tôt utilisées à des fins médicales et religieuse et
expliquent le développement, à l’époque romaine, d’une véritable industrie
textile : on y épurait la laine des moutons qui faisait, dans l’Antiquité comme
de nos jours, la richesse des plateaux.
Pourtant, les plus anciens témoignages concernant la ville, ne remontent guère avant la
période hellénistique, plus précisément l’installation d’une colonie militaire par
Eumène II de Pergame,
devenu maître du pays, après la défaite séleucide à Magnésie du Sipyle.
Avec les Romains, à partir de 133 de notre ère, c’est le début d’une période de
prospérité, assombrie par des catastrophes comme le tremblement de terre de 17 après
J.C., mais qui trouvera son apogée au IIe et IIIe siècles, particulièrement sous les
règnes de Septime Sévère et de Caracalla.
La population de la ville était composée surtout de Gréco-Romains et de Juifs, ce qui
explique en partie, l’implantation rapide du christianisme. L’apôtre Philippe y
séjourne et est martyrisé en 80. Pendant l’époque byzantine, un évêque y réside et
la ville garde par la suite assez d’importance pour qu’on édifie, vers le XIIe
siècle, un château fort qui domine la vallée et les plantations de coton, et qui
justifie le nouveau nom de l’agglomération, Pamukkale, la « forteresse de
coton ».
Le site de Pamakkale – Hierapolis, est classé patrimoine mondial par l’UNESCO.
Certains hôtels construits au sommet de la colline ont été détruits afin de mieux
préserver l’endroit. L’accès aux vasques de calcaire, a aussi été réduit.
Les ruines de Hierapolis sont constituées notamment des bains, où est installé le
musée, suivis d’un Nymphée à colonnade. Le martyrium de saint Philippe, qui a été
dégagé dans les années 60 par une équipe d’archéologues italiens, est l’un des
principaux monuments du site. Le théâtre, est bien conservé lui aussi, ainsi que la
nécropole qui compte 1200 tombeaux. D’autres restes intéressants sont à voir, comme
le temple d’Apollon et la rue à colonnades.
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