Ferres - Ferecik
Evros
Autres noms : Feres, Ferai, Pherres, Fareçik,
Feredjik, Vira, Viras
Le bastion romain sur la Via Egnetia, était
connu sous le nom de Viras ou Vira. En 1152, le
prince Isaac Comnène, fils de l’empereur romain
Alexis, fit construire un monastère et l’église
de la Panagia Kosmosoteira, entourés d’un
rempart et d’une forteresse. La ville commença à
se développer à l’intérieur de ses murailles, où
les habitants du voisinage trouvaient refuge
lors des invasions barbares (Bulgares,
Petchenègues, Hongrois, Avars, Latins).
En 1204, la ville fut saccagée par les Francs
(IVe croisade) qui pillèrent le monastère, mais
passa bientôt sous le contrôle des Romains de
Nicée.
Les Ottomans l’annexèrent à l’empire en 1361,
sous le sultan Soliman Ier. Jusqu’au début de
XXe siècle, la ville resta prospère. Elle était
un centre administratif ottoman, jusqu’à la
fondation de
Dedeağaç / Alexandroúpolis
en 1870.
Pendant et après les Guerres Balkaniques, Ferres
fut occupée par les Bulgares, puis par les Grecs
qui l’annexèrent à leur royaume en 1920. Suite
au traité de Lausanne de 1923, le gouvernement
grec a installé un nombre considérable de
réfugiés orthodoxes de Thrace orientale et
d’Asie Mineure, faisant ainsi basculer la
majorité religieuse de la ville. La population
musulmane qui, selon le traité de Lausanne,
pouvait rester en Thrace occidentale, s’est
considérablement réduite entre 1955 et 1974,
victime de persécutions. La situation s’est
nettement améliorée après la chute de la
dictature grecque en 1974, mais est toujours
sujette à des difficultés administratives,
exercées par les autorités locales.
Aujourd’hui, la petite ville de Ferres, offre
plusieurs monuments intéressants, notamment
l’église de la Panaya (transformée en mosquée en
1361, puis en église en 1920). Les fresques, qui
n’ont pas été détruites lorsque l’église était
un lieu de culte musulman, sont du XIIe siècle.
A l’entrée de la ville, les restes d’un aqueduc
(Isaakion), sont visibles, près du torrent Koca
Çesme (grande fontaine). A l’intérieur de la
ville, on peut voir plusieurs maisons ottomanes
et les ruines d’un hammam. Le delta de l’Evros (Meriç)
offre une faune exceptionnelle, des deux côtés
de la frontière. Certaines zones sont
militaires, mais d’autres sont déclarées
«réserve naturelle ». On a recensé de part et
d’autre de la frontière, plus de 300 espèces
différentes d’oiseaux.
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