La côte de Ganos
Ganoz bölgesi
La région côtière qui s’étend de
Şarköy
à
Tekirdağ,
démarque la rencontre des montagnes des Rhodopes
et de la mer de Marmara. Se sont les derniers
sursauts de cette chaîne de montagnes qui
recouvre une grande partie de la Thrace
historique, dont les dernières collines, se
jettent brutalement dans la mer. Une partie de
la côte est donc constituée de falaises qui
atteignent 500 mètres par endroits, en face de
l’île
de Marmara.
Cette côte a été habitée depuis la nuit des
temps, mais c’est surtout à partir du VIIIe
siècle av. J.C. que le peuple thrace s’y
établira de façon permanente. Entre 750 et 500,
des colons mégariens, troyens, lesbiens et
mycéniens, s’y établiront également, mais aucune
ville importante s’y développera, à part aux
extrémités (Şarköy
et
Tekirdağ).
En 168 av. J.C., la région devient romaine et
elle commence à se christianiser dès le Ier
siècle de notre ère. Dès le VIIIe siècle, toute
la Thrace doit faire face aux invasions barbares
et voit déferler successivement, les Bulgares,
les Coumans, les Hongrois, les Serbes, les
Arabes, les Petchenègues et les Croisés. A
chaque fois, les villages sont pratiquement
détruits, et la population se réfugie dans les
montagnes. L’invasion la plus meurtrière est
sans doute celle des Catalans qui s’installèrent
dans la région entre 1303 et 1311. La population
fut pratiquement exterminée et tous les villages
détruits, y compris ceux de la péninsule de
Gallipoli.
En 1363, la Thrace passe sous domination
ottomane et gagne une stabilité politique,
pendant près de 500 ans. La religion musulmane a
commencé à être pratiquée dans toute la région,
mais la large majorité des habitants garda la
religion chrétienne de rite byzantin. Grâce au
système ottoman des millet (nations), les
orthodoxes purent pratiquer librement leur
religion et obtinrent un statut en 1453 leur
permettant également de conserver la langue
grecque, qui doit sa survie à l’Empire ottoman.
Entre 1920 et 1922, la Grèce occupa la région
qui fut restituée aux Ottomans, juste avant la
proclamation de la République turque. En 1923,
les Ottomans orthodoxes durent quitter la Thrace
orientale selon le Traité de Lausanne. Tous les
villages de la côte se vidèrent complètement et
accueillirent les réfugiés musulmans de Thrace
occidentale et surtout de Macédoine, notamment
des Valaques musulmans. Tous les villages ont
changé de nom entre 1925 et 1928.
Aujourd’hui, la côte de Ganos a été préservée
grâce à son éloignement des grands centres.
Seules les petites villes de Barbaros et de
Kumbağ, près de
Tekirdağ,
sont devenues des stations balnéaires et
connaissent un réel développement. Les autres
villages, sont restés agricoles. Ils sont connus
pour leur production d’huile d’olive, leur
fromage et surtout pour leur excellent vin. En
outre, on produit également du tabac.
Certains villages sont accrochés dans la falaise
et sont vraiment typiques. A Gaziköy (Ganos), on
peut y voir les restes d’une petite forteresse.
Les villages de la côte, depuis Sarköy à
Tekirdag sont : Kirazli (Kerasia), Eriklice (Heraklitsa),
Mürefte (Myriophyta), Hoşköy (Chora), Güzelköy (Melen),
Gaziköy (Ganos), Uçmakdere (Vidimo), Yeniköy (Nikori),
Naim (Naip), Kumbağ (Komba) et Barbaros (Panados).
Voir aussi :
Tekirdag
et
Sarköy.
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