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Pergame
Bergama
Pergame est sans doute l’un des plus beaux sites
antiques de Turquie, mais aussi l’un des plus
étendu, dans un décor fabuleux.
On ne connaît pas vraiment les origines de la
fondation de Pergame qui a appartenu
successivement au Lydiens et aux Perses. La
dynastie du royaume commence avec Philétairos
(283-263 av. J.C.) et fini en 133 avant J.C.,
avec la mort d’Attale III. A cette date, la
ville et le royaume deviennent romains. Pergame
sera encore prospère à la période byzantine,
mais dès le début de la période seldjoukide, la
ville va décliner, pour se réduire à une petite
ville de province, ce qu’elle est encore
aujourd’hui.
La ville moderne de Bergama, ne couvre qu’une
partie du site, au fond de la vallée du Bergama
Çay, au-dessous de l’acropole qui domine une
colline à 335 m d’altitude. C’est là, que sont
concentrés les monuments les plus importants des
périodes hellénistique et romaine.
En arrivant de la côte, avant de pénétrer en
ville, on peut voir les tumuli de la nécropole
hellénistique et romaine, qui recouvrent les
tombes à chambres.
A gauche de la nécropole, une route d’un km et
demi, conduit à l’Asclépion, un des plus réputés
de l’Antiquité avec ceux d’Epidaure et de Cos.
Une voie sacrée, longue d’environ 1 km, large de
3,5 m et bordée en partie, de colonnades
doriques voûtées, conduisait de la ville basse
aux Propylées, construits sur le côté est du
sanctuaire, vers 150, sous Antonin le Pieux, par
le prêtre et historien, Claudius Charax. Les
Propylées étaient précédés vers la ville, d’une
cour entourée sur trois côtés, de portiques aux
colonnes corinthiennes. Les façades étaient
faites de quatre colonnes surmontées d’un
fronton. Ils communiquaient avec le sanctuaire
par un escalier de 13 marches.
Le temple d’Asclépios, élevé en 142 par le
consul Lucius Rufinus, avait la forme d’une
rotonde, inspirée sans doute du Panthéon. La
coupole en était décorée de mosaïques. Dans les
murs épais de 3,35 m, s’ouvraient
intérieurement, sept niches où étaient exposées
des statues (à Berlin aujourd’hui). A l’époque
paléochrétienne une basilique flanquée d’un
baptistère fut construite à l’emplacement du
temple.
Au centre de la cour, l’eau de la source sacrée
jaillissait d’une gueule de lion et se déversait
dans un bassin.
Près du pont de Musluk, se dressent encore les
ruines imposantes du Kızıl Avlu, la basilique
Rouge, église à trois nefs, dont les collatéraux
étaient surmontés de tribunes. Elle était
précédée d’un vaste atrium. Cette basilique,
dédiée à saint Jean ou à saint Paul, fut
aménagée dans un édifice de l’époque d’Hadrien,
qui avait été peut-être, un temple de Sérapis,
si l’on en juge par plusieurs colonnes décorées
de reliefs de style égyptien.
La porte principale de la ville hellénistique
appartenant à l’enceinte, due vraisemblablement
à Eumène II, se trouvait au sud, dans la plaine.
Elle révèle d’emblée le goût du faste théâtral
caractéristique de l’architecture des Attalides.
Défendue par des bastions angulaires, elle
comprenait une grande cour bordée de portiques
avec une fontaine et des bancs.
De là, une grande rue menait à l’agora de la
ville basse, aménagée aussi par Eumène II.
L’agora était une grande cour rectangulaire,
encadrée de portiques doriques à deux étages.
Des quartiers d’habitations s’étendaient de part
et d’autres de l’agora, au pied de l’acropole, à
l’abri des remparts.
En montant vers l’acropole, on atteint d’abord
les terrasses étagées du gymnase. Le long de la
rue, un mur de soutènement haut de 13 mètres,
supportait la terrasse inférieure, large
d’environ 10 mètres. Cette terrasse constituait
le gymnase des enfants.
La terrasse suivante, dite terrasse
intermédiaire, à 12 mètres au-dessus de la
première, comportait un temple ionique consacré
à Hermès et à Héraclès, protecteurs de
l’athlétisme. La terrasse comportait également
le gymnase des éphèbes (10 à 15 ans). Elle est
suivie de la terrasse supérieure à 14 mètres
au-dessus, où se trouvait le gymnase des
adultes, avec d’autres bâtiments, fontaines et
la statue du roi de Pergame. Au sud de cette
terrasse, il y avait une galerie souterraine de
212 mètres de long et 7 de large, qui servait de
piste de course.
Cette troisième terrasse était dominée par une
haute falaise rocheuse, que couronnait le temple
d’Héra Basileia, construit par Attale II en 150
avant J.C. Un autre temple consacré à Asclépios,
se dressait à l’est, sur un éperon rocheux.
A l’ouest du temple d’Héra, se situait le temple
de Déméter. Au nord du gymnase, la grande rue
s’infléchissait vers l’ouest et passait
au-dessus des sanctuaires d’Héra et de Déméter
pour contourner la croupe qui, par une pente
douce, se rattache à l’acropole. On traverse la
ville moyenne, qui fait l’objet de fouilles
actuellement. La rue remonte ensuite vers le
nord, suivant le tracé de l’enceinte d’Attale
Ier et qui aboutit à l’agora de la ville haute,
construite par Eumène II, sur une terrasse à 277
mètres d’altitude.
Il fallut d’importants travaux de remblai, à
l’emplacement de plusieurs édifices antérieurs
qui furent rasés et enterrés, pour aménager à 15
mètres au-dessus de l’agora, l’esplanade de
l’autel monumental de Zeus et d’Athéna, pour
commémorer les victoires du royaume de Pergame,
sur les Gaulois. Pierre par pierre, les
Allemands l’ont transporté à Berlin et
reconstitué, dans leur musée.
Sur l’acropole, on verra encore le sanctuaire
d’Athéna, construit par Eumène II, pour
commémorer ses victoires sur les Séleucides et
les Gaulois et transformé plus tard en église.
On verra aussi les restes de la fameuse
bibliothèque et le quartiers des palais, les
arsenaux et surtout le théâtre, remarquablement
logé et comportant 80 gradins.
Dans la ville moderne de Bergama, le musée
Archéologique regroupe énormément d’objets
retrouvés sur place, malgré le pillage allemand
du siècle passé.
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