Ile de Proconnèse - Marmara Adası
(Mer de Marmara)
Autres noms : Proconnesos,
Προικόννησος, Proconnesus, Prokonnesos, Prokonesos, Proconnesos, Marmora.
Les carrières de marbre ont donné
leur nom à l’île et à la mer de Marmara. Autrefois, l’île s’appelait Proconnèse
et la mer, Propontide. Une ville antique occupait au sud-ouest, l’endroit où s’élève
le village de Çınarlı (Galimi), parfois désigné sous le nom de Marmara Limanı. Le célèbre
poète Aristés était originaire de cette ville qui portait le même nom que l’île
(Proconnesos), ainsi que Deïochus de Proconnèse.
La ville était une colonie milésienne et a été détruite par une flotte phénicienne,
qui était au service du roi Darius. Reconstruite, Proconnèse prospéra à l’époque
hellénistique, puis à l’époque romaine, grâce à l’exportation de son marbre que l’on
retrouve dans toute l’Europe de l’Ouest, en Crimée et au Proche-Orient. Le fameux
tombeau du roi Mausole (mausolée), à Halicarnasse
est recouvert de marbre de Proconnèse, ainsi que les édifices d’Ephèse
et ceux des villes de Mysie. Plus tard les églises d’Asie Mineure, d’Italie, du sud
de la France et même du sud de la Suisse (Tessin), seront décorées avec cette pierre
qui a rendu célèbre cette petite île.
Les carrières permettent également aux villages de l’île de se développer, comme
Palatia, d’où l’on embarque le marbre.
A l’époque byzantine, l’île servait de lieu d’exil plutôt pour les
ecclésiastiques, alors que les membres de la famille impériale, étaient envoyés aux îles des
Princes. Ainsi, on y déporta Etienne le Jeune en 754, tout comme saint Nicéphore,
évêque de Constantinople qui s’opposait à l’empereur Léon l’Arménien. En 1058,
quatre ans après le grand schisme, le patriarche Michel Cérulaire se brouilla avec Isaac
Comnène, et fut exilé à son tour. En 1264, un autre patriarche, Asénios, devait aussi
se trouver prisonnier à Proconnèse.
Proconnèse était le siège de l’archevêché des îles. Plusieurs monastères se
trouvaient dans les montagnes.
A l’époque ottomane, l’île n’était peuplée pratiquement que d’orthodoxes de
langue grecque. Après les échanges de population en 1923, l’île n’a été
repeuplée que partiellement, par des réfugiés musulmans de Grèce. Marmara compte 5
villages et plusieurs hameaux. Au nord, le village de Saraylar (Palatia, en grec), a un
musée archéologique en plein air, où l’on peut y voir les découvertes faites dans la
région. Au lieu-dit Yana Çiftliği, on y trouve une église millénaire, assez
bien conservée. Depuis Saraylar, on peut suivre l’ancienne route menant au Nato Tepe,
montagne qui s’élève à 709 m d’altitude. Idéal pour le trekking.
Le village de Gündoğdu (Prastos en grec), à 5 km de Çınarlı, a su conserver ses
vieilles maisons. L’église et le cimetière chrétien sont encore visibles.
Avant les échanges de 1923, l’île comptait 36 églises, chapelles et monastères. Ces
bâtiments ont évidemment souffert du temps, mais une grande partie est encore debout.
Les fouilles archéologiques sous-marines, ont livré un nombre incroyable d’amphores et
d’autres objets qui se trouvaient à bord de bateaux qui ont fait naufrage au cours des
siècles. Seize sites ont été mis à jour autour de l’île de Marmara depuis 1993. Le
plus vieux bateau coulé est daté de 3200 avant J.C.
Le tourisme balnéaire est peu développé, les plages de l’île n’étant pas très
jolies par rapport à celle de l’île voisine d’Avşa (Ophiussa). Le tourisme vert commence lui,
a prendre de l’ampleur.
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