|
Üsküdar
Situé sur rive anatolienne du Bosphore, la mairie d’Üsküdar s'étend de
Pasalimani à Salacak. C'est le troisième principal centre de l’agglomération
stambouliote, après la ville intra-muros y compris Péra - Galata (Beyoglu)
et Kadiköy.
A l'époque byzantine le quartier actuel formait la ville de Chrysopolis (Hrisopolis)
signifiant "Ville d'Or". Cette dénomination a suscité plusieurs
interprétations. Son emplacement avait fait d'Üsküdar le lieu de perception
d'un droit de péage versé par les bateaux de commerce qui s'engageaient dans
le Bosphore.
A l'époque romaine, la ville pris le nom de Scutari, de la division
militaire et la caserne "Scutarion" qui s’y trouvaient.
En 508 av. J-C. Chrysopolis entra sous la domination du roi perse Darius.
Après la victoire maritime qu'il gagna sur les Perses en 410 av. J-C.,
Alcibiade fit construire un rempart autour de l'emplacement et perçut un
droit de péage proportionnel à la valeur des marchandises transportées par
les bateaux qui franchissaient le Bosphore.
A l'époque d'Alexandre le Grand (356-323av.JC), Scutari faisait partie avec
la ville de Chalcédoine (Halkedon) des frontières de la Petite Phrygie.
Üsküdar était la base principale des soldats musulmans lors des sièges de
Constantinople par les Arabes. Au Moyen Age, après s'être emparé de la
province romaine de Bithynie, le sultan ottoman Orhan, qui était le fils du
fondateur de l'Empire ottoman, arriva devant Hrisopolis considéré comme la
porte de Constantinople. Ayant épousé la princesse Théodora, il se serait
rendu avec ses troupes, selon la légende à Üsküdar pour rendre visite à
l'empereur romain qui était devenu son beau-père.
A la suite de la conquête de Constantinople en 1453, Mehmet II établit des
Turcs d'Anatolie pour remplacer les Grecs qui avaient quitté Üsküdar.
Compte
tenu du nombre de mosquées et des oratoires construits dans ce quartier, on
peut estimer qu'un dixième de la population totale d'Istamboul vivait à
Üsküdar aux XVl et XVII s. Üsküdar devint un véritable centre de commerce. C
'était le point de départ de la route commerciale qui traversait l'Anatolie
pour aboutir en Arménie et en Iran. C’était aussi le point d'embarcations
des campagnes militaires menées à l'Est. Les caravanes sacrées transportant
les cadeaux du sultan et qui étaient envoyées chaque année à La Mecque et
Médine, étaient préparées ici. |