Dans ces pays, lécriture est devenue un art
véritable, comme la peinture en Occident. Au-delà du sens des mots, lécriture
elle-même a gagné un sens esthétique. La couleur est absente dans lart de la
calligraphie. Ce serait donc une erreur de considérer celà comme de la peinture. Si
lécriture se transforme quelques fois en peinture, quand elle dessine une plante,
un animal, lhomme, elle nest jamais peinture, elle est quune
écriture-peinte.
Quant à la calligraphie turque, elle occupe une place
à part dans la calligraphie islamique. Les Turcs qui avaient connu et adopté
lalphabet arabe en embrassant la religion musulmane, (en général), réaliseront
une grande évolution dans lart de la calligraphie, à lépoque du Sultan Mehmet II Le
Conquérant, et ne tarderent pas à lélever au niveau dun art plastique,
dans un style tout à fait original que lon peut nommer : la calligraphie turque. Le premier grand calligraphe turc est sans conteste,
Seyh Hamdullah, (1431-1520). Cest lui qui étudia le premier, les regles
calligraphiques, les enrichit de nouvelles formes et instaura un nouveau style. Un autre
précurseur de la calligraphie turque de renom, Ahmet Karahisari, (1468-1556). Ces deux
maîtres et leurs diciples apporterent un style somptueux et donnerent un vrais départ a
la calligraphie turque. Que leurs écritures reproduisent un Besmélé,
(Je commence par le nom de Dieu), ou un verset ou encore le texte du Coran, cela ne change
rien. Cest effectivement lunique valeur plastique et non létymologie
qui est intéressante. Lart calligraphique de lIslam possede plusieurs genres
décriture : Talik, Celi, Nesih, Sülüs, Kufi, Tevki, Muhakkak, Rikaa,
Divani, etc. Quelques-uns de ces genres décriture produisent dautres
genres en sunissant : Celi-Talik, Celi-Divani, etc.
Quant au Tugra (signature de sultan), et à lécriture Divani,
ces genres calligraphiques sont spécifiquement turcs. Les enluminures des Tugra,
des Corans et des écritaux, très évolués après le XVIIIe siècle, occupent aussi une
place importante dans lart de la calligraphie et des manuscrits turcs.
La renaissance de lart islamique et en particulier celle de
lart calligraphique, sest produite et développée dans la société ottomane.
Lart de la calligraphie sétendait du
palais des Sultans jusquaux Tékkés, (Tekke), couvents des derviches, sur les écritaux des mosquées et des mausolées, sur les fontaines, les étoffes
tissées, les broderies et les tissus peints et devint bientôt lart le plus
important et le plus répandu des Turcs Ottomans. |



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