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La valeur de l’écriture islamique, dans le
domaine des arts plastiques, a été reconnue
assez tard en Occident. C’est a partir de 1950
seulement que cette écriture commence à attirer
un intérêt particulier et, évaluée de la
curiosité des orientalistes, elle acquiert
l’importance qu’elle mérite.
Il faut signaler qu’il existe deux civilisations
dans le monde ou l’écriture se transforme en art
: celle de l’Extrême-Orient, (Chine et Japon),
et celle des pays de l’Islam.
Dans ces pays, l’écriture est devenue un art
véritable, comme la peinture en Occident.
Au-delà du sens des mots, l’écriture elle-même a
gagné un sens esthétique. La couleur est absente
dans l’art de la calligraphie. Ce serait donc
une erreur de considérer cela comme de la
peinture. Si l’écriture se transforme quelques
fois en peinture, quand elle dessine une plante,
un animal, l’homme, elle n’est jamais peinture,
elle est qu’une “écriture-peinte”.
Quant à la calligraphie turque, elle occupe une
place à part dans la calligraphie islamique. Les
Turcs qui avaient connu et adopté l’alphabet
arabe en embrassant la religion musulmane, (en
général), réaliseront une grande évolution dans
l’art de la calligraphie, à l’époque du Sultan
Mehmet II Le
Conquérant, et ne tardèrent pas à
l’élever au niveau d’un art plastique, dans un
style tout à fait original que l’on peut nommer
: la calligraphie turque.
Le premier grand calligraphe turc est sans
conteste, Seyh Hamdullah, (1431-1520). C’est lui
qui étudia le premier, les règles
calligraphiques, les enrichit de nouvelles
formes et instaura un nouveau style. Un autre
précurseur de la calligraphie turque de renom,
Ahmet Karahisari, (1468-1556). Ces deux maîtres
et leurs disciples apportèrent un style
somptueux et donnèrent un vrai départ à la
calligraphie turque. Que leurs écritures
reproduisent un “Besmélé”, (Je commence
par le nom de Dieu), ou un verset ou encore le
texte du Coran, cela ne change rien. C’est
effectivement l’unique valeur plastique et non
l’étymologie qui est intéressante.
L’art calligraphique de l’Islam possède
plusieurs genres d’écriture : Talik,
Celi, Nesih, Sülüs, Kufi, Tevki, Muhakkak,
Rikaa, Divani, etc. Quelques-uns de ces
genres d’écriture produisent d’autres genres en
s’unissant : Celi-Talik, Celi-Divani, etc.
Quant au Tugra (signature de sultan), et
à l’écriture Divani, ces genres
calligraphiques sont spécifiquement turcs. Les
enluminures des Tugra, des Corans et des
écriteaux, très évolués après le XVIIIe siècle,
occupent aussi une place importante dans l’art
de la calligraphie et des manuscrits turcs.
La renaissance de l’art islamique et en
particulier celle de l’art calligraphique, s’est
produite et développée dans la société ottomane.
L’art de la calligraphie s’étendait du
palais des Sultans jusqu’aux Tékkés,
(Tekke), couvents des
derviches, sur les écriteaux des
mosquées
et des
mausolées,
sur les fontaines, les étoffes tissées, les
broderies et les tissus peints et devint bientôt
l’art le plus important et le plus répandu des
Turcs Ottomans. |