Plan du centre historique
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Historical center map
Fontaines d'Istamboul
(Fontaines publiques, fontaines sacrées, citernes)
(Çeşmeler - Sebiller - Ayazmalar - Sarnıçlar)

Les eaux d’Istamboul

Depuis la nuit des temps, l’eau a toujours été un élément primordial à Istamboul. Déjà à l’époque de l’antique Byzance, on avait du mal à maîtriser cet élément de survie dans ce qui était la capitale du monde civilisé. Un système compliqué de canaux, d’aqueducs et de bassins de distribution, convoyait l’eau jusqu’au centre de la ville où elle était stockée dans des citernes couvertes où à ciel ouvert. Ainsi, l’eau canalisée sur des centaines de kilomètres alimentait les fontaines publiques, les bains et les palais de la capitale.

Aussi fiable que peut paraître le système, l’eau ne se laissait pas domptée pour autant. Cernée pas la mer de trois côtés, Istamboul pouvait néanmoins avoir soif. En effet, le système de canalisations ne permettait pas d’alimenter suffisamment la ville lors de périodes de sécheresse ou de sièges.

De plus, il fallait compter avec la perte qu’il pouvait y avoir tout au long de l’acheminement, tandis que l’eau de pluie n’était pas récupérée. Ainsi, lors de violents orages comme Istamboul en connaît toujours, les inondations étaient fréquentes, immergeant parfois des quartiers entiers durant de plus ou moins longues périodes. On sait par exemple que, l’empereur byzantin ordonna de creuser une brèche dans les remparts à Samatya, car le quartier était encore sous l’eau plusieurs semaines après de violents orages. On imagine les problèmes sanitaires qui pouvaient se créer dans de pareilles situations.

Les fontaines publiques étaient utilitaires avant tout, néanmoins les patriciens et les empereurs en firent construire à toutes les époques et dans tous les quartiers de la capitale, à des fins d’embellissement. Les Ottomans se servirent des installations existantes après la chute de l’Empire romain en 1453. Ils réparèrent, améliorèrent et perfectionnèrent le système de canalisations, tout en construisant d’autres aqueducs dans les campagnes proches de la ville. Les citernes à l’intérieur de la capitale ne furent plus exclusives au stockage de l’eau et l’on construisit des barrages (bend) qui existent toujours. Soucieux d’embellir leur nouvelle capitale, les sultans ottomans successifs la dotèrent de très nombreuses fontaines publiques, de fontaines de charité (sebil) et de bains (hammams). Autour des édifices religieux, on vit s’ériger des fontaines aux ablutions, nécessaires à la pratique de la religion musulmane. Toutes ces fontaines, qui impressionnaient immanquablement le visiteur étranger, étaient des symboles de puissance politique autant que d’évolution sociale. Ainsi, à travers les siècles, Istamboul s’enrichit de milliers de fontaines, dont la plupart sont toujours debout, même si elles sont nombreuses à avoir été complètement abandonnées.

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Architecture des fontaines ottomanes

Au début de l’ère ottomane, les fontaines publiques étaient plus utilitaires que décoratives, mais pouvaient atteindre des dimensions assez importantes, ce qui leur donnait un air massif. Celle de la rue C.-F. Gökçay, non loin du Lycée allemand de Stamboul, présente toutes les caractéristiques des fontaines ottomanes primitives. Il s’agit d’un réservoir d’eau en pierre, dont seul un des quatre cotés est décoré d’inscriptions en ottoman. Si aujourd’hui la fontaine est encastrée dans les immeubles modernes voisins, ce ne fut pas toujours le cas, et elle possédait même un petit jardin à l’est. La fontaine en face de l’église arménienne de Beşiktaş est du même type de construction, mais située dans un angle de rue, et deux côtés étaient accessibles du temps où elle fonctionnait encore (XIXe siècle).
A partir du milieu du XVIe siècle, les fontaines publiques prirent de plus en plus une allure décorative. Des sultans, des princes et des reines-mères, ainsi que d’autres personnages importants, firent construire des fontaines monumentales ornant les rues et les places, parfois atteignant des dimensions impressionnantes, telles la fontaine du Sultan Ahmet III à Sultan Ahmet, celle de Tophane, de Fındıklı, de Beykoz ou de Azapkapı -
à Galata. La pierre brute cède la place au marbre sculpté et les fontaines trônent au milieu de places publiques, en évidence. Malgré ces chefs d’œuvres d’architecture, le plus souvent la fontaine publique reste à échelle humaine. La construction peut s’adosser à un autre bâtiment, comme pour la fontaine d’Eminönü à côté du bazar Egyptien. Parfois, elle fait preuve d’indépendance (Nouvelle Fontaine de Tophane, à Maçka), ou elle s’intègre à un édifice (mausolée du sultan Mustafa à Laleli). Bien sur, l’architecture des fontaines évolue selon les époques. Elles sont néo-classiques, de style Empire ou Art nouveau, selon les goûts du moment.

Les fontaines à fins religieuses

L’eau est un élément purificateur important pour les musulmans, les juifs et une partie des chrétiens. Les
bains turcs n’ont pas été construits innocemment et on les retrouvent généralement près des mosquées ou, comme à Balat, près des synagogues, non seulement dans un but d’hygiène, mais aussi pour les bains rituels.
Les fontaines situées près des mosquées servent aux ablutions. Certaines sont placées le long des murs (
mosquée de Soliman le Magnifique), d’autres sont indépendantes et trônent devant l’édifice (Sainte Sophie, Rüstem Pacha, Piyale Pacha).
Les sebil n’ont pas de rôle purificateur, mais peuvent être néanmoins classées dans les fontaines à fins religieuses. En effet, en général, il s’agit de constructions offertes par un personnage important vers la fin de sa vie, afin d’obtenir les faveurs célestes. L’eau, les jus de fruits et des boissons sucrées étaient distribués gratuitement aux passants. Plus tard, des fontaines publiques se virent dotées de sebil, dans les angles des édifices, comme celle du
sultan Ahmet III, à l’entrée du palais de Topkapı.

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Parmi la population pluriethnique d’Istamboul, les orthodoxes possèdent eux aussi un type de fontaine peu commun. Il s’agit d’ayazma, eau sacrée voire miraculeuse, que les fidèles récupèrent, consomment ou utilisent pour des ablutions. La source sur laquelle est construite la fontaine est généralement dédiée à un saint. L’ayazma peut se situer autour d’une église (Panaya de Galatasaray), à l’intérieur (Salmatomruki Panaya à Edirnekapı, Aya Terapon à Gülhane), ou former une construction indépendante (ayazma de Yenişehir – Dolapdere, ayazma de l’entrée du personnel du Swissôtel à Beşiktaş).
Les grégoriens possèdent également quelques sources sacrées (Surp Agop à Galatasaray, Surp Hrisgadabet à Balat), mais toutefois cette tradition est étrang
ère à la culture arménienne.
On dénombre quelque 512 ayazma à Istamboul.

Principales fontaines d'Istamboul (liste)

 

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