|
Aziz Panteleemon Melkit Katolik Kilisesi
vers 1870
Quartier de
Tarlabasi –
Mairie de Beyoglu
L’église Saint-Pantaléon est sans doute la plus
curieuse de toutes les églises d’Istanbul. En
effet, aucune des grandes Eglises présentes en
Turquie, ne la réclame alors qu’elle devrait
théoriquement être sous la juridiction de
l’Eglise catholique.
Autrefois, elle faisait partie du domaine
ecclésiastique du
patriarcat
orthodoxe de Constantinople (Phanar /
Fener), mais elle fut léguée à la
communauté
melkite.
Les melkites sont faiblement présents du coté
d’Urfa (Edesse), mais plus nombreux dans la
province d’Antioche (Hatay / Antakya).
Araméens arabisés,
ils sont restés fidèles au
patriarcat
orthodoxe de Constantinople, tandis
que la majorité de la population chrétienne de
ces régions, restait fidèle au patriarcat
d’Antioche représenté par l’Eglise
assyrienne (Suryani).
Déjà marginalisée au sein de l’Eglise
constantinopolitaine de langue et de culture
grecque, une petite partie des
melkites
se rattacha, en gardant la liturgie orientale, à
l’Eglise catholique romaine.
Ne formant pas une ‘nation’ (Milliyet), à
l’époque de l’Empire ottoman, les melkites
catholiques manquèrent de lieux de culte et
fréquentèrent, pour la plupart, les églises
catholiques latines. Après l’Indépendance, les
relations entre les melkites catholiques et le
gouvernement, ne furent pas toujours radieuses.
Ainsi, dans les années 1950, après la
nationalisation des biens turcs en Egypte par
Nasser, l’évêque melkite catholique dont
l’évêché couvrait la Turquie, Chypre et les pays
arabes, et qui se trouvait à Istanbul, fut prié
de déménager en Egypte.
La communauté melkite catholique déjà peu
représentée en Turquie, se retrouvait quasiment
sans direction, se qui contribua largement à sa
latinisation. A Antioche et à Alexandrette,
seules grandes villes de Turquie où les melkites
catholiques se trouvaient assez nombreux pour
s’organiser, quelques églises continuèrent à
fonctionner sous la dénomination d’ « église
catholique turque ». A Istanbul, la communauté
melkite catholique se dilua dans différentes
communautés catholiques orientales ou non,
tandis que quelques fidèles originaires de la
région d’Urfa, continuèrent à pratiquer en
l’église Saint-Pantaléon où la messe était dite
en dialecte arabe ou en araméen.
L’église Saint-Pantaléon est encore plus ou
moins ouverte au public, mais il est préférable
de s’y rendre à l’heure de la messe (17h00). |