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Patriarcat arménien
Ermeni Patrikhanesi
Cathédrale grégorienne Surp Vorodman
Surp Vorodman Ermeni Gregoryen Katedrali
Quartier de
Kumkapı -
Mairie : de Fatih
(Eminönü)
Bien avant les Byzantins, l’Eglise
grégorienne ou apostolique arménienne, s’est
séparée de l’Eglise universelle. On invoque
plusieurs raisons pour lesquelles les
Arméniens
se sont isolés des autres chrétiens, dont
une est de ne pas avoir envoyé de représentant
au concile de Nicée en 451. Une autre est, que
l’Eglise arménienne ne reconnaît pas la nature
humaine du Christ. Quoiqu’il en soit, il
s’agissait avant tout d’échapper à la domination
de Constantinople et de l’Eglise nestorienne
d’Iran. Sur les quatre patriarches de l’Eglise,
seuls deux ont le titre de catholicos. Le grand
catholicos réside à Eşmiadzin (Etchmiadzine), en
Arménie tandis que le catholicos de Sis est à
Beyrouth au Liban. Les deux autres sont les
patriarches de Jérusalem et de Constantinople.
L’Eglise grégorienne fonctionne avec le
calendrier julien et non grégorien. Noël est
célébré le 6 janvier, jour de l’Epiphanie. Le
patriarcat stambouliote possède 38 églises, des
écoles et de nombreux biens immobiliers pour une
communauté estimée à 120 000 individus, banlieue
comprise, mais sans prendre en compte les
Arméniens originaires d’Arménie, arrivés en
Turquie depuis les années 1990 et estimé par le
gouvernement à 70 000 personnes (pour tout le
pays), la plupart sans papier.

Patriarche et dignitaires devant le palais patriarcal de Kumkapı / Photo :
www.lraper.org
Pendant la période byzantine, les Arméniens ne
possédaient pas de patriarcat a l’intérieur de
l’empire. Considérés comme hérétiques, ils
n’avaient pas le droit non plus à leur culte.
L’arrivée des Ottomans, permit aux Arméniens de
pratiquer librement leur religion.
Sous l’Empire ottoman, les Arméniens grégoriens
formaient un « Millet », soit une nation.
Les sultans les désignaient même sous le nom de
« Nation fidèle ». Ils subirent néanmoins
d’effroyables massacres en 1895-96, puis en 1915
(en pleine guerre) par l’armée ottomane et les
bandes kurdes, suite à un mouvement
indépendantiste dont la Russie avait soutenue la
cause, tout en prévoyant une annexion des
territoires de l'Arménie ottomane.
Les survivants des provinces orientales (région
de Van, Erzurum, Erzincan) furent déportés dans
le désert de Syrie, dans des conditions
épouvantables.
La Russie, l'Angleterre et la France, après
s'être servi des Arméniens afin d'annexer ou
coloniser des morceaux de l'Empire ottoman,
abandonnèrent ses derniers à leur triste sort
lorsque les Ottomans, puis l’armée
révolutionnaire kémaliste, remportèrent
plusieurs batailles sur le front est. A
l’évacuation des territoires occupés en 1922,
beaucoup d’Arméniens suivirent les armées
étrangères dans leur retrait.
Devenus citoyens turcs à part entière à
l’Indépendance (1923), les Arméniens
(grégoriens) bénéficient de droits particuliers
à leur culture, à l’enseignement, et au culte.
C’est une des principales minorités non
musulmanes de Turquie.
Le patriarcat arménien d’Istanbul, est en fait
un complexe composé d’un bâtiment administratif
et de la résidence du patriarche, d’une école,
d’une cathédrale (Surp Vorodman), d’une église
et de trois chapelles (Surp Harutyun, Surp
Vortovoz Vorodman, Surp Haç). Enfin, à côté de
l’école, pour les enfants pieux, l’église Surp
Asdvadzazin.

Eglise patriarcale de Kumkapı / Photo :
www.lraper.org
Une rue sépare le siège du patriarcat de la
cathédrale qui est elle-même composée de trois
bâtiments formant chacun une église. L'église
centrale, qui est la principale est ouverte en
permanence, tandis que l'église au Nord, sert
aux cérémonies spéciales. L'église au Sud n'est
plus utilisée depuis de nombreuse année et est
en attente d'une restauration nécessaire.
L'ensemble, construit un peu à l'écart des
maisons en bois, mais tout de même à l'intérieur
des remparts, était isolé du feu, fréquent dans
les vieux quartiers stambouliotes. Ainsi, les
églises et la résidence patriarcale n'ont jamais
eu à souffrir d'incendie.
Le territoire patriarcal compte aussi deux
écoles qui sont toujours en activité, malgré le
peu d'Arméniens vivant dans ce quartier, à
présent, défavorisé et peuplé surtout
d'Anatoliens et de Kurdes.
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