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Patriarcat orthodoxe turc

 

 

 

 

Türk Ortodoks Patrikhanesi
1924
Quartier Karaköy / Galata Mairie de Beyoğlu
 


Le pape Eftim Ier : « je ne suis pas l’ami turc, je suis Turc fils de Turc »

Sous l’Empire ottoman les individus étaient liés à leur « nation » selon leur appartenance religieuse. Par exemple, les Juifs avaient leur propre « nation » dont le Grand Rabbinat devait rendre des comptes au pouvoir et était responsable. Il en va de même pour les grégoriens dont le représentant était le patriarche arménien.

Certains peuples n’étaient pas élevés au rang de nation, comme les alévis qui faisaient partie de la nation musulmane ou les Chaldéens catholiques qui dépendaient de la nation latine. Pour les Grecs, c’était un peu différent, puisque le terme « Romain » était exclusivement utilisé. Dignes représentants de l’Empire romain d’Orient, les habitants de Constantinople avant 1453 étaient tous des Romains, hellénisés peut-être, mais Romains quand même.

Ainsi, la nation romaine était représentée auprès du sultan par le patriarche œcuménique de Constantinople et de la Nouvelle-Rome. 
Ethniquement, la nation romaine, regroupait aussi bien des Romains d’Anatolie et de Thrace, des Crétois, des Chypriotes, des Grecs du Péloponnèse et d’Epire, des Albanais, des Arabes, des Macédoniens et des Turcs. Leurs seuls points communs étant la religion orthodoxe et le rite byzantin.

Ainsi, une ethnie pouvait se trouver sous différentes appellations, comme les Albanais, qui devenaient des Latins s’ils étaient catholiques, des Romains (Rum) s’ils étaient orthodoxes ou des Turcs s’ils étaient musulmans.

Les Karamanides et les Gagaouzes sont deux ethnies turques qui adoptèrent le christianisme et qui se trouvèrent ainsi sous l’autorité du patriarcat romain de Constantinople. Ils furent les grands perdants de l’échange des populations entre la Grèce et la Turquie en 1923-24, puisque les accords de Lausanne prévoyaient un échange des populations orthodoxes d’Anatolie et des populations musulmanes du Royaume de Grèce, à l’exception de la Thrace. Or, d’ethnie turque, mais de nation orthodoxe, ils durent quitter la terre de leurs ancêtres au même titre que les autres. Ainsi, on en trouve aujourd’hui en Grèce, dont un ancien président. Dans l’autre sens, des Grecs, des Crétois et des habitants des îles, durent eux aussi, quitter ces régions parce qu’ils étaient musulmans. En fait, des Hellènes convertis.

Les Karamanides et les Gagaouzes de Thrace et d’Istanbul, ne voulant pas connaître le même sort, demandèrent l’autorisation de créer leur propre patriarcat en 1924, ce qui fut accordé par Atatürk et pas reconnu par le patriarcat œcuménique (jusqu’à nos jours). Comme le patriarche de Constantinople ne voulait rien entendre au sujet de ce nouveau patriarcat, la plupart des Turcs orthodoxes resta fidèle à l’ancien. Atatürk et ses successeurs firent don de trois églises grecques au nouveau patriarcat turc, ce qui n’était pas pour améliorer les relations entre les deux patriarches.

Papa Eftim fut le premier des quatre patriarches orthodoxes turcs qui régnèrent sur cette Eglise. En 1991, c’est son petit-fils Efthemios III qui a prit le relais, suivit de 1995 à 2002 de Selçuk Ier.

Aujourd'hui, on peut affirmer que la direction de l'Eglise est entre les mains de Sevgi Erenol, nièce du dernier patriarche, et qui garde jalousement le pouvoir, tout en se distançant de plus en plus des autres Eglises de Turquie, y compris des Gagaouzes, et en versant dans le nationalisme turc extrême.

Ce sont les Grecs (Rum) réfugiés de la ville de Caffa en Crimée, qui construisirent une église à cet emplacement en 1475. Plusieurs fois détruite et reconstruite, le bâtiment actuel date de 1840. Depuis 1924, Notre-Dame de Caffa est l’église patriarcale des Turcs. Des épitaphes avec les caractères grecs, mais en langue turque, sont dans la galerie qui précède l’église. Elle est encore en activité pour la petite communauté dissidente des Turcs qui n’acceptent pas l’autorité du patriarche œcuménique de Constantinople et de la Nouvelle-Rome.
La messe est dite en turc, chose exceptionnelle dans une église orthodoxe, même en Turquie.


Eglise turque Sainte-Marie des Caffariotes

 

 

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