Ayazpasa-Gümüssuyu - Mairie de Beyoglu
L’Eglise assyrienne ou syrienne est héritière du patriarcat d’Antioche.
Elle est séparée de nos jours en deux groupes importants, les Jacobites ou
Eglise monophysite syrienne et les Syriens catholiques reconnaissants
l’autorité romaine. Les deux groupes revendiquent le trône patriarcal
d’Antioche.
Les Byzantins avaient voulu
se débarrasser de cette Eglise concurrente en envoyant exclusivement des
prêtres grecs dans cette région. L’empereur Justinien Ier fit emprisonner
tout le clergé vers 543, mais sa femme, l’impératrice Théodora envoya un
prêtre, Jacob Baradeos pour réorganiser cette Eglise dont le siège fut
installé à Mardin.
Au XVIIIe siècle ce fut au
tour de l’Eglise romaine de s’intéresser aux Assyriens afin d’étendre son
autorité sur les chrétiens d’Orient. En 1783, le patriarche d’Antioche
désigna son successeur en la personne de Michel Jarweh, évêque d’Alep qui
adopta le catholicisme.
Profitant d’une visite du
nouveau patriarche au pape de Rome, les anti-catholiques élirent un autre
patriarche et réorganisèrent l’Eglise avec l’aide du pouvoir ottoman. A son
retour de Rome, Michel Jarweh fut emprisonné à Mardin, mais réussit à
s’échapper et se réfugia dans un monastère au Liban d’où il prit la tête de
ce qui devait devenir le patriarcat syrien catholique. Il mourut en 1801 et
ses successeurs transférèrent le patriarcat à Alep, puis à Mardin et
finalement à Beyrouth.
La liturgie des Syriens
catholiques est en syriaque, dialecte araméen de la région d’Edesse (Urfa).
L’église du Sacré-Cœur et le
monastère furent construits en 1922 par les Jésuites. En 1983, l’ensemble
passa aux mains de la communauté assyrienne catholique qui officiait jusque
là dans une petite église près du Grand
Bazar. La Messe est dite en araméen, en arabe et en turc. |