Istanbul : N'en rêvez plus... Allez-y !
       

A comme Artisanat : L'industrialisation ne s'est pas généralisée en Turquie. L'artisanat est présent partout et demeure un des piliers de l'économie. Bien des objets sont fabriqués à l’ancienne et manuellement tout en restant à bas prix. Même les montagnes d'or et d'argenterie des bazars, sont confectionnées artisanalement dans de petits ateliers voisins. La main d'œuvre bon marché contribue à faire de la Turquie une place forte sur le marché européen de l'or. Les incontournables tapis sont manufacturés dans tout le pays et bien que la majeure partie sortent, désormais, des grands ateliers, on peut encore trouver, dans les villages anatoliens, de toutes petites productions familiales. La céramique, l'onyx, le cuir, l'écume de mer, le cuivre, sont autant de matières destinées à l'artisanat. Les objets en bois sont regroupés à Tahtakale, près de la mosquée de Rüstem Pacha, mais c'est en banlieue, à Eyüp, que l'on trouvera les plus beaux jouets.

Architecture : L'architecture stambouliote est un livre d'histoire s'étendant sur plus de 2000 ans. Toutes les époques sont représentées et les constructions donnent à la ville un aspect chaotique unique au monde, dominée dans les vieux quartiers, par de monumentales mosquées, dont les minarets déchirent le ciel.
Trésor inimitable de l'
architecture byzantine, l'ancienne basilique Sainte Sophie, trône sur la première des sept collines du vieux Constantinople. Pendant 1000 ans, elle fut la plus grande église du monde chrétien, puis, changeant de religion, mais pas de fonction, elle servit de modèle à toutes les mosquées ottomanes.

Influencés par les architectures italienne et française, les bâtiments publics érigés au XVIIIe et XIXe siècles, donneraient une impression de déjà-vu, si les maîtres d’œuvres n'avaient pensé y ajouter une touche orientale. C'est aussi le cas des demeures bourgeoises et
des palais privés (Camondo, Corpi, Cagloglu), alors que les maisons plus simples sont construites souvent en bois avec des oriels donnant là, un vrai style architectural local.

Les yali sont, eux aussi, en bois et on les retrouve presque exclusivement le long du Bosphore et sur les îles des Princes.  A noter qu'Istamboul est l'une des villes d'Europe où l'Art nouveau est des mieux représenté. Il a connu son essort en même temps qu'à Bruxelles et Amsterdam, sous le règne du sultan Abdülhamit II.

 

B comme Bosphore :
Long d'une trentaine de kilomètres, le Bosphore relie la mer Noire à la petite mer de Marmara en coupant la ville en deux. La moitié de son parcours est comprise dans la zone urbaine d'Istamboul. Deux courants superposés et en sens inverse, ont font des eaux poissonneuses dans lesquelles on peut observer de temps à autre des dauphins. La navigation est devenue, depuis quelques années, d'une inquiétante importance.
C'est par ici que l'on achemine toutes les marchandises destinées aux ports de Roumanie, de Bulgarie, d'Ukraine, de Russie et de Géorgie. Dans l'autre sens, c'est le pétrole d'Asie centrale que l'on fait passer. Ce défilé permanent de bateaux dont l'état est souvent douteux, ne plait guère aux Stambouliotes des quartiers bordant la voie d'eau. Des accidents ont déjà eu lieu et on pense à limiter le nombre des passages. Malheureusement, les eaux sont internationales et l'État turc ne peut réellement contrôler que les bateaux militaires, ce qui n'est pas, paradoxalement, le plus menaçant pour les riverains. Il est temps que les choses changent et que cette "rivière" redevienne turque !

Bazar : Tout le petit commerce est organisé autour des bazars que l'on retrouve dans chaque ville de Turquie. Celui d'Istamboul est particulièrement étendu, comme son nom l'indique : Grand Bazar. Avec ses 66 ruelles, c'est carrément une ville dans la ville. On ne compte pas moins de 2500 magasins et 1200 ateliers à quoi s'ajoutent cafés, restaurants, banques, postes, mosquées et fontaines. Mais le soir venu, la vie s'arrête et l'on referme les 19 portes à 19h00. Bijouterie, argenterie, antiquités, céramique, cuirs ou cuivres, on trouve tout ce dont peut rêver le touriste chineur. Pour le stambouliote moyen par contre, il convergera vers les centres commerciaux de banlieue où les prix seront plus à sa portée. Évolution des temps. On ne trouve aucun produit alimentaire dans le Kapali Çarsi (Grand Bazar), il faudra pour cela se rendre dans un marché de plein air (Pazar) ou au Bazar Égyptien (Misir Çarsisi). Ce dernier n'est autre que le marché aux épices, mais l'on trouve aussi des pâtisseries orientales, des essences et des herbes médicinales. A l'extérieur, le poisson frais, les fromages et la charcuterie garniront les étales dans un mélange de couleurs et d'odeurs mémorables.

 

Byzance : Ce fut le premier nom de la ville (jusqu'en 330), mais c'est surtout le nom d'un empire qui s'étendait jusqu'en Afrique et même aux confins de l'Inde actuelle. L'Empire byzantin (ou plus correctement, Empire romain d'Orient) s'est effondré définitivement en 1453 avec la prise de sa capitale par les Ottomans. Cependant, les Latins l'avaient déjà sérieusement amputé de ses territoires, suivit par les Bulgares, les Arabes et les Turcs. Tout le monde s'était mis d'accord pour en finir...

C comme Caravansérail : Palais des caravanes, est la traduction littérale de ces forteresses plantées un peu partout en Anatolie et en Roumélie. Anciens relais des caravanes sur la Route de la Soie, ils se suivent, hors des villes, tous les 25 kilomètres. A Istamboul, ils sont regroupés autour des bazars et on en dénombre plus de 180, de toutes les grandeurs, de toutes les époques et dans tous les états. L'abandon des caravanes au début du siècle avec l'arrivée des chemins de fer, a provoqué la transformation des bâtiments en ateliers. Aujourd'hui encore, on travaille, de façon archaïque, le cuivre, l'argent, l'or ou les tissus dans un décor digne d'un roman de Zola.

Chats et chiens :  les chats sont au moins aussi nombreux que les habitants d'Istamboul, et sont partout : dans les maisons, les rues, les parcs, les marchés. Les Stambouliotes s'occupent volontiers des chats errants et personne ne songe à leur faire le moindre mal. Ainsi on ne peut comprendre l'élimination des nouveau-nés, pratiquée en Europe occidentale et c'est considéré ici, comme une pratique barbare. Les réunions félines ont lieu aux positions stratégiques : boucheries, marchés aux poissons ou, pour les noctambules, sur les tas d'ordures dans les coins des rues. A Péra, la bourgeoisie miaulante se prélasse dans le Kedi Pasaji (passage des Chats), tandis que dans le quartier de Cihangir on a choisi le matou comme emblème. Les chiens des rues sont moins nombreux qu’à Bucarest et surtout plus gentils. Sous une nonchalance évidente, ils surveillent du coin de l’œil la rue où ils ont élu domicile, souvent sous l’enseigne de la boucherie ou celle du marchand d’abats. Dans les quartiers nord ou sur les côtes des quartiers asiatiques, ils côtoient leurs congénères « aisés » qui se baladent au bout d’une lesse.

Café : Istanbul connaît une concentration impressionnante de beaux cafés. Il est aussi important de consacré du temps à les découvrir qu'à visiter les musées, pour se faire une idée de la vie moderne de la capitale de l'Europe orientale. Les décorateurs font preuve d'imagination et même d'avant-gardisme, par contre, il n'est pas toujours facile de les localiser.

Certains, situés en hauteur, offrent des vues à couper le souffle, ce qui ajoute encore du charme au moment que l'on peut y passer. C'est à Péra - Beyoglu, le centre ville, que le choix sera le plus vaste.

Vous en découvrirez pour tous les âges, pour tous les styles et pour toutes les bourses. Dans les quartiers Nord, les prix atteignent facilement ceux des autres grandes villes d'Europe, voire plus. Ne compter pas avoir le meilleur pour le prix du médiocre. On peut vivre chèrement à Istanbul.

D comme Derviches : Les derviches tourneurs sont une sorte de confrérie musulmane soufie, qui par des danses mystiques rentre en communion avec Dieu. Divisées en plusieurs branches, la plus connue est sans doute celle des Mevlevi. Il existe aussi une branche appelée derviches hurleurs, dont les membres tombent en transe au bout d'une longue période de chants ressemblants à des hurlements. Considérés comme secte par l'Islam orthodoxe (sunnite), les derviches furent interdits en 1925 par les lois d'Atatürk visant à anéantir le rôle qu'ils avaient joué dans la politique de l'Empire. Les couvents furent fermés, mais on continuait à pratiquer en secret jusque dans les années 1950, où une certaine tolérance leur permit de réintégrer leurs anciens lieux de culte. Aujourd'hui, c'est surtout à Istamboul, mais aussi dans certaines villes de province que l'on peut assister à des cérémonies.

E comme Enflasiyon : Pendant des années l'inflation à atteint des sommets record (150 % en 1998). Les efforts du gouvernement pour réduire ce taux furent visibles, et en 2000 on arrivait à 40 %. Mais, en avril 2001, une terrible crise financière ramenait ce taux à 80 % faisant perdre aux Stambouliotes 40 % de leur pouvoir d’achat en un seul mois, alors qu’ils avaient déjà perdu environ 35 % en une année. 

Grâce à une politique stricte du gouvernement, l'inflation a été stoppée nette en 2002, pour arriver en 2004 à un taux tout à fait acceptable de 6% environ. Cette stabilité récente, a permi de dévaluer la livre turque et de liquider 6 zéros aux billets de banque.




 

F comme Fleurs : Qui a osé dire que la tulipe venait de Hollande ? Cette fleur d'Anatolie occupe une part importante dans la culture du pays. On la retrouve partout : sur la céramique, les tapis, les miniatures et bien sûr, dans les jardins impériaux. La tulipe ne détient pourtant pas le monopole, la rose à sa place aussi dans le cœur et surtout dans la bouche des Turcs. L'eau de rose est une spécialité de la région de Sparte (Isparta) et c'est là aussi qu'on récolte les pétales qui serviront à confectionner la fameuse confiture de pétales de rose. L'orchidée, quant à elle sert à la confection d'une boisson qui se boit qu'en hiver et très chaud : le sahlep. Si les glaces en Turquie ont une aussi bonne réputation, le sahlep n’y est pas pour rien, car elles en contiennent.

G comme Galatasaray : A l'étranger on connaît ce nom par l'équipe de football qui le porte, mais c'est avant tout un des quartiers de la vieille ville. Autrefois on écrivait "Galata Sérail" pour désigner les hauteurs près de la ville de Galata, où un riche Génois s'était fait construire un petit palais à l'endroit même où s'élève de nos jours le lycée francophone de Galatasaray. La zone ne fut urbanisée qu'au XVIe siècle, mais c'est surtout au XIXe que le quartier prit son importance avec l'installation du lycée impériale et de nombreux commerçants. C'est à cette époque que s'opère un nouveau déplacement du centre-ville et Péra, dont Galatasaray fait partie, devient le centre des affaires. En 1907, le lycée fonde son équipe de football et plus tard, son université. La place de Galatasaray est un lieu animé et tout près se trouve le marché aux Poissons (Balik Pazari) et ses nombreux restaurants toujours bondés en soirée.

Gastronomie : La cuisine du pays, c'est la cuisine d'un empire, c'est dire si elle est variée. A tort, on pense que les spécialités turques sont fort épicées et conviennent peu à la sensibilité des palets des gens du Nord. Tout faux. Seuls les plats d'influence arabe sont piquants (sud-est), mais dans les régions du centre, du nord et de l'ouest de la Turquie, on préfère garder intacte le goût des aliments. Les viandes et le poisson, sont généralement grillés et non mijotés. Évidemment, le kebab tient le haut de l'affiche, mais n'a pas l'exclusivité. Le plus connu est le döner kebab qui est généralement servit sur assiette avec des crudités ou en sandwich. Le Sis kebab est une brochette d'agneau grillé. Les fruits et légumes sont d'une qualité exceptionnelle et il ne faut surtout pas s'en priver. Ne pas oublier la fleur de la cuisine turque : les fameux meze. Ce sont des entrées ou hors d'œuvres typiquement méditerranéens généralement servi froids, dans des restaurants appelés "meyhane". Le tout est accompagné par la boisson nationale, le raki, qui tire à 45°.
A Istanbul, on assiste depuis quelques années, à un renouveau de la cuisine typiquement stambouliote. Ainsi, dans certains bons restaurants, on vous propose des plats d'influence arménienne, séfarade, grecque, levantine, etc. Cette cuisine met en valeur les différentes origines de la cuisine turco-ottomane et permet de savourer des plats d'une exceptionnelle finesse, qui devançent de loin, le traditionnel kébab qui est le plus courant et le plus commun.

Gens connus de Turquie : Alice Sapritch, Dario Moreno, Henri Langlois, Alexandre Vallaury, Édouard Balladur, André Chénier, Calousté Gülbenkyan, Aristode Onassis, Avraham de Camondo, Françoise Giroud, Famille Collaro, Ignazio Corpi, Yasar Kemal, Kenizé Mourad, Isabelle Adjani, Rinaldo Carli, Giorgio de Chirico, Mgr. Paul Pisani, Tarkan, le Comte Ostrorog, le Duc de Naxos, Familles Agiman, Béhar, Alléon, Asseo, De Castro, Leonidas, de Hochepied, Linche, Roux, Clary, Cambi, Baudouy, Tubini, Lafontaine, Baltazzi, Ben Mayor, Hadjar, Crespin, Glavany, Botter, Perone, Testa, Timoni, Dàndria, Camozza, Mota, Dhé, Olivieri, Franchini, Chabert, Deval, della Crutta, Fonton, de Bouligny. Eh oui ! Tous, sont nés en Turquie et la plupart à Istamboul. Méfiez-vous des clichés...

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Dario Moreno, un Turc connu dans le monde francophone

H comme Harem : Ce mot a toujours fait fantasmer les Occidentaux. On a l'habitude de l'attribuer à un groupe de femmes, mais en fait, le harem est le bâtiment où vivaient les épouses et concubines des sultans et autres dignitaires. Le harem n'est pas une invention musulmane comme on le croit souvent. Il existait des harems déjà sous Byzance et les femmes en sortaient que rarement et voilées. Les gynécées, comme on les appelait en ce temps-là, n'étaient pas l'exclusivité des riches. Les maisons étaient toujours divisées en deux parties : une pour les hommes, l'autre pour les femmes. Les Turcs n'ont fait que s'adapter aux habitudes des peuples rencontrés lors de leur lente descente vers l'Ouest. Toutes les femmes du harem impérial étaient d’origine chrétienne, la loi coranique interdisant la réduction à l’esclavage des musulmans. Si les harems des sultans ont pu contenir jusqu'à 400 femmes, ils s'étaient considérablement réduits au XIXe pour disparaître totalement au début du XXe siècle. La polygamie est interdite en Turquie depuis 1908. Ne rêvez pas !

Hammam : Les bains turcs ou hammams furent très populaires à Istamboul avant de l'être dans le reste de l'Europe. Si à l'origine ils jouaient le rôle de salle de bain, ils faisaient aussi office de lieu de délassement et de rencontres. Certains peuvent atteindre de grandes dimensions (Tahtakale, Hürrem Hanim, Mahmut Pacha), d'autres sont minuscules. Les plus petits n'ont pas de sections séparées et on alterne les jours ou les heures, pour les femmes et les hommes. Aujourd'hui leur nombre a considérablement diminué et les Turcs les fréquentent de moins en moins.

I comme Istanbul : La ville a tellement changé de nom et d'orthographe, que l'on hésite toujours à employer la phonétique française. C'est en 1930, que l'on décide de remplacer l'ancien nom de Constantinople par l'actuel et de ne laisser qu'une seule langue nationale, le turc, dans la nouvelle république. Si la mort de l'Empire ottoman est attesté en 1923, son enterrement aura lieu sept ans plus tard, avec la disparition des quatre langues utilisées jusque là : l'ottoman, le grec, l'arménien et le français. Dès lors, on voit la suppression progressive des pancartes, des affiches et même des journaux en langues désormais étrangères et le tout est remplacé en turc. On pousse un peu à l'extrême, voire au ridicule : Bonmarse, Bazar dü Levan, Bijuteri Kohen, Sarküteri dö Pera, Er Frans... Il en va de même pour le nom de la ville. Constantinople ou la forme turque de Konstantiniye, sont désormais interdits. Seul Istamboul est autorisé, mais exclusivement en phonétique turque : Istanbul. Ce nom est attribué pour l'ensemble de l'agglomération couvrant les quatre villes de Constantinople, Galata - Péra, Scutari et Chalcédoine. A l'origine, ce nom désignait le vieux quartier des mosquées et palais impériaux, soit, en français : Stamboul.
 

J comme Janissaire : Ce corps d’élite des armées ottomanes a fait trembler toute l’Europe. Les membres étaient, à l’origine, des esclaves qui avaient été capturés dans les pays autours de l’Empire, spécialement dans les Balkans et dans les pays slaves, d’où l’origine du mot « esclave ».

K comme
Kemal Atatürk : Déjà pendant la bataille des Dardanelles, Mustafa Kemal Atatürk, s'était fait remarquer pour sa bravoure. L’année 1918 marque la fin de la guerre et l'occupation de ce qui reste de l'Empire. L'Italie, l'Angleterre, la France et la Grèce sont du côté des vainqueurs et occupent la presque totalité du pays. Istamboul est sous contrôle international. La Grèce, qui occupe déjà presque toute la côte égéenne avec Izmir, passe à l'attaque et pousse son armée jusqu'au milieu de l'Anatolie. Les troupes républicaines turques repoussent l'armée grecque qui abandonne Izmir en 1922. En 1923, Atatürk proclame la république laïque et le sultan est déposé. S'en suit une formidable réforme entre 1923 et 1934 touchant aussi bien l'administration que la religion ou l'enseignement. On adopte l'alphabet latin, le système métrique, le calendrier chrétien (grégorien). Les femmes obtiennent le droit de vote en 1934 ! Atatürk ancre définitivement la nouvelle république Turque en Europe. On comprend pourquoi ce héros est vénéré dans tout le pays encore aujourd'hui. Non seulement il a permit à la Turquie d'avoir son indépendance, mais il l'a fait passer d'un système moyenâgeux a système démocratique et moderne.
                    Keyif : C’est le repos du guerrier sans la guerre. Comment décrire mieux ce farniente oriental qui consiste à se relâcher totalement et régulièrement ? Le stress occidental n’est pas encore à son apogée sous ces latitudes. On lutte avec acharnement ! Même si la vie moderne oblige les gens à être de plus en plus efficace, ils prennent toujours leur temps à boire le thé, s’arrêter manger une pâtisserie quelque part ou simplement fumer leur cigarette en regardant passer les bateaux sur la
Corne d’Or… Mais attention, pas de temps à perdre, il faut repartir, continuer ce qu’on a commencé, se déplacer dans une foule toujours dense, courir … peut-être. Sinon ? On va rater le prochain Keyif. 

L comme Langue : Le turc est évidemment la langue officielle de la Turquie. Les origines ne sont pas indo-européennes, comme la plupart des langues d'Europe, mais ouralo-altaïques. Depuis 1928, ce sont les caractères latins qui ont remplacé l'alphabet arabe et, du même coup, l'ottoman qui est la forme ancienne du turc parlé aujourd'hui. La langue fut l'un des ciments utilisés pour l'unité du pays après la guerre d'indépendance menée par
Mustafa Kemal Atatürk de 1919 - 1922.

Pourtant la nouvelle république ne fut pas la première a adapté la langue turque à l'alphabet latin. Dès 1863, l'Azerbaïdjan prend ses distances avec l'alphabet arabe.

Sous l'Empire, les langues reconnues étaient nombreuses, mais toutes n'avaient pas la même importance et la plupart n'étaient utilisées que localement. Seuls l'ottoman, le grec, l'arménien et le français étaient à peu près usitées sur tout le territoire. En Turquie actuelle, il reste environ 50 langues parlées formant une mosaïque de culture haute en couleur. Mais l'État turc, calquant son modèle sur la France, met du temps à reconnaître des droits particuliers aux différentes ethnies du pays. Le grec, l'arménien et le français bénéficient toutefois d'un statu à part et sont officiellement reconnus en Turquie. Mais on parle aussi le laze, le rom, le polonais, le gréco-karaïte, le kurde, l'araméen, l'arabe, le bulgare, le syriaque, le russe, l'ossète, le tade, l'abkhaze, le pomak, le yidish, le ladino et bien d'autres.

M comme Musique : La musique est une part importante dans la vie des Turcs. Ici, les Anglo-saxons, n’ont pas réussit leur invasion. La variété turque tient le haut de l’affiche et ne concède qu’une part minime à la musique étrangère. Elle ne s’exporte toutefois pas très bien, seuls quelques chanteurs, comme Tarkan, ont réussit une carrière internationale. Quelques autres sont connus dans les pays limitrophes, particulièrement en Grèce, en Bulgarie et un peu plus loin, au Liban et en Israël. Comme le pays est grand et la population diversifiée, il est normal que l’on retrouve des sons très variés.

Mosaïque : Si vous aimez la mosaïque antique ou byzantine, vous pouvez partir à la chasse au trésor. En effet, elles ne sont pas toutes dans les musées. Beaucoup d’églises byzantines sont éparpillées en ville et complètement ignorées des touristes et des Stambouliotes. Il est possible, au détour d’une rue, que vous tombiez sur un de ces bâtiments qui n’est pas mentionné dans les guides. Le mieux, est de chercher l’imam ou le responsable qui traîne toujours autour de l’église devenue mosquée. Avec des gestes, faîtes comprendre que vous voulez entrer, puis déchaussez-vous. Ne comptez pas sur la personne qui vous a ouvert la porte, pour vous donner des explications. Cela restera un mystère, mais vous aurez vu quelque chose d’unique.
A Istanbul, les mosaïques antiques sont principalement dans
les musées. Il faudra partir en campagne pour en découvrir sur des sites qui n’ont, dans la plupart des cas, jamais été fouillés. Là, le spectacle est saisissant, souvent les mosaïques sont à ciel ouvert et sont exposées aux dommages du temps. On serait tenté d’en prendre un bout, mais attention, ce geste est sévèrement punit en Turquie.



 

N comme Narghilé : La fameuse pipe à eau autrefois si chère aux Orientaux, n'a pas complètement disparue, elle est même redevenue à la mode ces dernières années. Si pendant longtemps, il était rare de trouver un endroit où l'on pouvait tirer sur une pipe à la faàon des Ottomans, aujourd'hui les cafés se sont multipliés et il est dorénavant possible de tenter cette expérience dans tous les quartiers de la ville, en évitant bien sûr, les endroits réservés aux touristes du côté de Sultanahmet.
C'est à
Tophane que la concentration de cafés à narghilé est la plus dense et, c'est certainement l'endroit préféré des Stambouliotes.

O comme Orient et Occident : Où commence l'un et où se termine l'autre ? Cela dépend de quoi on parle. Même si la grande partie de son territoire se trouve sur le continent asiatique, la Turquie est résolument un pays d'Europe par sa culture et par son passé. Elle est l'héritage de deux empires qui s'étendaient sur trois continents dont Constantinople était la capitale. L'aspect religieux est-il déterminant ? Si les cloches des églises chrétiennes retentissent dans les monts du Liban et les plaines de Syrie et d'Iraq, les minarets se font entendre jusque dans le centre de la Yougoslavie, les bords de l'Adriatique et les collines de Bulgarie. L'Occidental moyen a pris l'habitude de fixer les frontières de l'Europe aux confins des Empires ottoman et austro-hongrois. Ce sont aussi les frontières des zones d'influences catholiques (Croatie, Hongrie) et orthodoxes (Roumanie, Serbie). Ou encore celles des empires romain d'Orient et d'Occident. Eh oui ! L’histoire n'est qu'un éternel recommencement. Mais c'est aussi injuste de s'approprier un continent entier, alors qu'il a toujours été divisé. N'est-il pas temps de reconnaître qu'il y a deux Europe, deux entités : l'orientale et l'occidentale ?

P comme Pâtisserie : La variété des desserts est impressionnante. Bien sûr, il ne faut pas craindre la surdose de sucre, en Orient on aime la douceur plus qu’ailleurs. Et puis, la grandeur des pâtisseries est respectable, rien à voir avec les miniatures que l’on trouve chez les maîtres pâtissiers du nord de l'Europe.

 

 Ce sont des montagnes ! Il y a deux sortes de pâtisseries, celles typiquement orientales, baignant généralement dans le sirop de sucre et celles à la crème, style occidental. Elles méritent toutes d’être goûtées. Vous trouverez aussi de l’originalité : le dessert de poulet, par exemple, ou le dessert aux anchois. Pour être honnête, il y a meilleur ! Le Kayak, crème de lait de bufflonne est un délice. Les confiseries sont excellentes aussi. La Helva (pâte de sésame), le nougat, la pâte d’amende, autant de bonnes choses qui ne laisse personne indifférent.

Q comme Quatre : Le nombre le plus commun de minarets des mosquées impériales. Les autres en possèdent que deux, voire un seul. A Istamboul, on trouve cependant une exception à la règle. La mosquée du Sultan Ahmet, plus connue sous le nom de mosquée Bleue, en a six. Lors de sa construction, le sultan voulait que son œuvre soit comparable à la grande mosquée de La Mecque, qui était la seule au monde a en posséder six minarets. Ce manque de modestie, provoqua la colère des religieux et le sultan se vit dans l’obligation d’en faire ériger un supplémentaire à La Mecque. La mosquée Bleue est donc la seule au monde a en posséder six aujourd’hui et c’est sûrement là, une des raisons de son succès injustifié auprès des touristes. La mosquée Bleue est, en effet, une copie des mosquées impériales construites par Sinan dont la plus belle est sans doute celle de Soliman le Magnifique (Süleymanie).

R comme
Religion : L'islam, avec toutes ses branches, est la religion nettement dominante en Turquie et on peut estimer à près de 60 % de la population d'origine musulmane, sans pour autant avoir des chiffres fiables. Bien qu'ayant des racines chiites, les alévis forment un groupe religieux bien à part et représente entre 25 et 30 % des Turcs, divisés en deux branches principales : les Nusaïri et les Kilzilbas. La population chrétienne a fortement diminué dès 1923, puis entre 1955 et 1980. Sa courbe se redresse depuis quelques années, mais n'atteint pas 10 % des Turcs. C'est dans l'Est du pays et les centres urbains, que vivent la plupart des chrétiens d'Orient (jacobites, chaldéens, melkites, maronites, nestoriens), mais la plus grande communauté est sans conteste arménienne grégorienne. Les orthodoxes byzantins (Romains, dit Grecs), sont encore présents à Istamboul et sur les îles des mers de Marmara et de l’Égée. Dans la province d'Antioche, on trouve aussi des Arabes dépendants du patriarcat constantinopolitain. Les orthodoxes des Eglises autocéphales (Turcs, Serbes, Macédoniens, Russes, Albanais, Bulgares, Géorgiens) se trouvent plutôt dans les villes.

Les églises occidentales sont représentées dans tout le pays (catholiques, protestants), mais ne prennent qu'un faible pourcentage sur la population totale de Turquie.

 Les juifs ne sont présents que dans les villes (Istamboul, Brousse, Ankara, Çanakkale, Edirne, Antioche, Izmir). Ils sont généralement séfarades, sauf quelques minorités ashkénaze, caraïte et marrane. Toutes ces communautés sont représentées à Istamboul, capitale de plusieurs empires, carrefour des peuples, et de deux continents. Cependant, si la religion donne une identité culturelle, elle ne marque pas fondamentalement la vie de cet état laïc. Tout fonctionne comme dans n'importe quel autre pays européen (calendrier, repos hebdomadaire, interdiction du foulard islamique dans les écoles, etc.). Même si la culture de base change profondément de l'Europe occidentale, elle est commune à n'importe quelle religion pratiquée en Turquie, même à ceux qui n'en ont pas.

S comme Sérail : L’ancienne demeure des sultans. Contrairement aux idées reçues, les sérails ressemblent largement aux autres palais d’Europe. D’ailleurs le mot turc « saray » veut dire palais et pas autre chose. A Istamboul, deux sérails sont construits dans un style tout à fait oriental (byzantin ou perse). Le plais de Topkapi et celui de Yildiz. Curieusement, il s’agit du premier et du dernier de la série des palais construits par la dynastie des Osmanli, depuis la conquête de la ville en 1453 jusqu’à la révolution de 1919. Ces deux sérails, ne se présentent pas comme constructions monumentales, mais en une série de kiosques et de pavillons autour d’une cour ou d’un parc. La famille impériale des Osmanli avait sa particularité elle aussi. Le sang bleu n’était pas un critère de sélection. Toutes les femmes étaient d’anciennes esclaves chrétiennes et la plus habile du harem, arrivait à devenir favorite pour ensuite essayer de mettre son fils sur le trône et ainsi avoir un contrôle sur les affaires de l’Etat. C’était donc la mère du sultan, la Valide, ancienne esclave chrétienne qui veillait sur l’Empire.
S comme  Sécurité : On a toujours des doutes quant à la sécurité en Turquie et pourtant Istamboul reste la grande ville la plus sûre d'Europe. Ne comptez pas impressionner votre entourage à votre retour en leur racontant vos "aventures" dans les bas-fonds d'Istamboul. Ici même le vol à la tire reste rare. Il faut dire que la présence policière est dissuasive. Il n'y a pas de risque pour votre voiture, les cambriolages sont rares et le vol inexistant. On sera un peu plus prudent dans les quartiers gitans et kurdes (Tarlabasi, Sultanahmet), et sans tomber dans la parano, dans les endroits où la foule est dense. Les mesures de précaution sont les mêmes qu'ailleurs, mais il faudra être un peu plus attentif à la petite arnaque généralisée chez les chauffeurs de taxi et chez les commerçants près des grands monuments (mosquée Bleue, Grand Bazar, etc.), et surtout par les guides des grandes agences de voyages qui racontent n’importe quoi pour toucher des commissions chez les commerçants.


T comme Toilettes turques : Deux appuis, un trou et une inondation quand on tire la chasse ; qui ne connaît pas les agréables chiottes à la turque ? Et bien il en reste quand même beaucoup dans le pays, surtout dans les lieux publics, moins dans les restaurants, mais pas chez les particuliers. Petit à petit, elles disparaissent du paysage au profit du « klozet ». C’est quand même plus pratique et la position est moins pénible, surtout quand on a bu un coup, il n’y a peu de risque de renversement. Il faut noter que le WC à cuvette en Turquie, possède une particularité intéressante. Il s’agit d’un petit jet que l’on actionne à partir d’un robinet placé contre le mur, et qui arrose les fesses. Frotter, rincer et tout est propre. On peut dire que c’est hygiénique et rafraîchissant. D’ailleurs on ne comprend pas pourquoi on a pas encore généralisé ces nouvelles toilettes à la turque en Europe. Il y a un marché à prendre !

Thé : C’est de loin la boisson la plus consommée dans le pays. Même si vous n’aimez pas le thé, vous y échapperez pas. On le boit partout. Aussi si bien chez les gens, qu’au restaurant, en faisant ses courses, en se baladant dans la ville, sur les bateaux, chez le coiffeur, cela ne fini pas. Il faut dire qu’il est bon et en été, cela passe la soif. La production se fait dans l’Est de la mer Noire et bizarrement, on ne l’exporte presque pas, mais on trouve les deux principales marques à Paris, chez Frères Mariage, dans le Marais. Si vous voulez en ramener chez vous, vous pourrez l’acheter dans n’importe quel bakkal (épicerie), mais pour retrouver le goût de celui que vous aurez bu durant votre séjour, il faudra aussi acheter la double théière en vente partout, à moindre frais.
Maintenant que vous avez tout en main, vous allez remplir le récipient inférieur d’eau. Mettre le thé dans le récipient supérieur avec un peu d’eau.
Sur feu doux, porter à ébullition. Prendre l’eau du bas pour remplir à raz bord le récipient supérieur, puis ajouter l’eau manquante au récipient inférieur. Porter encore une fois à ébullition, et le tour est joué. Vous pourrez servir le thé à la turque avec les baklavas et les loukoums que vous aurez ramenés.
Sachez quand même que le thé turc est noir. On propose aussi un peu partout aux touristes de l’elma çay, qui est une espèce de thé aux pommes complètement chimique et sans intérêt. Vous pourrez essayer une infusion appelée ada çay ou thé des îles, qui a bon goût.

U comme Üsküdar : L'ancienne Scutari, dont nous parlaient les voyageurs du XIXe siècle. C'était autrefois une ville grecque à part entière dont les Ottomans s'en emparèrent un siècle avant la capitale de l'Empire byzantin, de l'autre côté du Bosphore. Les habitants grecs ayant fuis devant l'arrivée des troupes, la ville se repeupla petit à petit, d'une population presque entièrement musulmane. Seuls l'Est conservait quelques quartiers arméniens et grecs. Aujourd'hui encore, la religion est très présente à Üsküdar, surtout dans les zones populaires.
Le centre conserve de vieilles maisons en bois, dont celle du célèbre magnat du pétrole, l'Arménien Calousté
Gülbenkyan. De plus, mosquées et bazars valent le détour, ainsi que l'un des plus grands cimetières du monde musulman : Karaca Ahmet


V comme Venise : Non, Istamboul n'est pas la Venise du Sud, ni de l'Est ni de nulle part. Formule peu supportable que l'on colle à n'importe qu'elle ville, pourvu qu'on y trouve de l'eau. Venise a toujours été la rivale d'Istamboul et l'a constamment jalousé, poussant jusqu'à venir la dépouiller de ses trésors enviés du monde entier. La Perle du Bosphore, ne s'en est jamais tout à fait remise, mais grâce à l'aide de son nouveau sultan, petit à petit, elle finit par manger presque tous les territoires vénitiens en Méditerranée. Déjà les empereurs byzantins avaient à lutter contre les villes commerçantes italiennes.

 

Au XIe siècle, pour leur aide contre les Normands, les Vénitiens obtiennent le droit de commercer dans tout l'Empire sans payer d'impôts. Dans la capitale, le quartier latin se situe sur la Corne d'Or et prend une nette importance au XIIe siècle.
Les Vénitiens deviennent incontrôlables. Ils saccagent et pillent à plusieurs reprises les quartiers grecs. Pour contrebalancer la puissance vénitienne, l'empereur accorde les mêmes avantages aux Pisans qui vont, en fait, s'allier aux Vénitiens.
On estime à 60 000 personnes la communauté latine à la fin du XIIe siècle. Comme le problème persistait, l'empereur décida de le régler radicalement en ordonnant à ses troupes de les massacrer tous (1189). Ce bain de sang déplu particulièrement au doge de Venise qui réussit à détourner en 1204, la quatrième croisade sur la ville des villes.

                        
 La haine des Latins pour les Grecs les incite à faire preuve d'une cruauté barbare : c'est le plus grand pillage du Moyen Age en reliques et objets d'art. Si Venise sort de cet épisode riche et territorialement agrandie, ce ne fut pas le coup de grâce pour Constantinople. Elle repasse en main byzantine en 1261, puis en mains ottomanes en 1453. Avec les Turcs, Constantinople redevient la capitale d'un état puissant et craint de l'Europe entière, y compris de la république de Venise qui finit par perdre tous ces territoires au sud de l'Istrie, au profit de sa rivale. Lente vengeance, mais combien efficace. En 1797, la Sérénissime s'effondre définitivement sous l'invasion française. Après plus de mille ans d'existence en tant que capitale, elle est annexée d'abord par l'Autriche-Hongrie, puis par l'Italie. Constantinople perdra à son tour son rôle de capitale 126 ans plus tard. Nos vieilles représentantes des deux Europe, la Sublime et la Sérénissime, l'orientale et l'occidentale, l'opulente et la clinquante, les voici aujourd'hui toutes deux réduites, à de simples villes de province.


 

Vodka : Qui a dit que la bonne vodka devait être russe ? La Turquie s'étire des Balkans au Caucase et est donc directement dans la zone d'influence "vodka". Ici on la préfère douce, mélangée à un jus de fruit, celui de griotte particulièrement (votka visne). Les vodkas étrangères envahissent naturellement le marché et il faudra préciser : "yerli", pour s'assurer de la provenance turque de la boisson. Si vous dites "Kibrisli votkasi", on vous servira un breuvage intéressant : la vodka chypriote.

W comme Wagons-Lits :
L'Orient-Express, le plus mythique des trains de luxe arrive encore deux fois l'an à la gare de Sirkeci. Au début du siècle, toutes les têtes couronnées d'Europe, les espions de tous bords et les stars de l'époque, arrivaient à ce terminus, dont l'architecture ressemblant à une pièce montée débordant de crème chantilly. Tout ce petit monde séjournait au Péra Palace, construit en 1892 par la Compagnie des Wagons-Lits. Agatha Christie y écrivit, dans la chambre 411, son roman "Le Crime de l'Orient-Express". Cet hôtel est toujours ouvert et mérite un petit détour si vous passez aux Petits-Champs, le quartier qui connu ses heures de gloires, quand la mode était aux voyages en Orient.

X comme Xénie : Déjà du temps des Byzantins l'on connaissait le bakchich sous le nom de xénie, mais cette pratique s'était au fil des âges, atténuée pour avoir presque totalement disparu aujourd'hui. Il ne s'agissait pas de distribuer de l'argent à n'importe qui, n'importe comment, mais simplement de donner un pourboire pour un service rendu. Alors, ne vous prenez pas pour un Américain, même si le niveau de vie peut être très bas dans certains quartiers, il est inutile d'essayer de se donner bonne conscience en larguant les dollars. Cependant, on laisse un pourboire (raisonnable), au chauffeur de taxi qui n'essaie pas d'arnaquer le touriste naïf (c'est rare). On arrondit la somme à la dizaine supérieure (pour les centimes / kurus), par exemple : 1.32 TL devient 1.40 TL. Mais il faudra prévoir la monnaie, autrement il y a de fortes chances pour que cela se transforme en 2.-- TL. Dans les cafés on ne laisse pas de pourboire et dans les restaurants c'est selon son envie, mais encore une fois, rien n'est obligatoire, sauf, et c'est autre chose, le service qui est généralement inclus et de 10%.
Y comme Yok : « Yok» exprime une négation au centuple. Pour vous dire non, les Turcs haussent le sourcil, rejettent la tête en arrière et vous lancent un regard de pierre comme s’ils souhaitaient vous voir tomber raide mort. Cela ne facilite pas les rapports humains, mais c’est clair : tout est dit et la conversation est terminée.

Z comme Zéro : C'est la note que l'on peut attribuer à l'Office du Tourisme et à la municipalité métropolitaine pour leur manque d'initiative dans l'exploitation des musées et des monuments. Sans même parler de l'entretien inexistant, rien ne facilite la visite de la ville aux touristes turcs et étrangers. Par contre on sait où le couteau coupe ! Les entrées de Sainte-Sophie et des palais impériaux sont chères et injustifiées. On peut se demander où passe tout cet argent ? Dans les grands musées, beaucoup de salles restent fermées, soi-disant pour cause de "restauration". A d'autres... Le palais de Dolmabahçe et le harem du palais de Topkapi méritent un boycott de la part des touristes. Des visites obligatoires, uniquement en dialecte genre anglais et au pas de course, laisseront un souvenir amer. Certains bâtiments restent fermés toute l'année et après avoir passer des heures à les chercher dans la ville, on a la joie de s'entendre dire qu'il n'est pas possible de les visiter. On peut aussi s'adresser aux tour-opérateurs, mais là, on tombe carrément dans le médiocre. On passera plus de temps à visiter leurs magasins que les monuments. L'arnaque est garantie. Un zéro donc pour l'organisation du tourisme à Istanbul.
 

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