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Si cest
la première fois que vous entreprenez un voyage dans la Ville des villes, vous risquez
dêtre agréablement surpris par Istamboul. A chaque détour de rue, cest une
rencontre avec lhistoire, celle du continent européen dabord, mais aussi
celle avec un grand H, lHistoire de notre culture, celle qui commence avec les
Hittites, les Hellènes, les tribus gauloises, pour passer au raffinement romain ou
byzantin sans oublier celui des Ottomans.
Pour bien comprendre la Ville, il faudrait se pencher un peu davantage sur
lhistoire, que ce qui est généralement enseigné dans les écoles dEurope
occidentale. Il faudrait se poser quelques questions sur les origines dun Dario Moreno ou
dune Alice
Sapritch, se souvenir de Mayerling et de la maîtresse constantinopolitaine de Rudolf
de Habsbourg. Se souvenir encore des origines des membres de gouvernements français,
comme Edouard
Balladur ou Françoise Giroud. Faire encore appel à sa mémoire pour savoir
doù venait Aristote Onassis,
le célèbre armateur, Henri Langlois,
fondateur de la cinémathèque française ou le magnat du pétrole, Calouste
Gülbenkian
Nous
nirons pas si loin, parce que ce site na pas la vocation dêtre
historique ni de démontrer que la Turquie avec Istamboul, doit un jour faire partie
intégrante de lUnion européenne. Nous ajoutons seulement que, si lEurope
devait avoir une capitale, ça serait incontestablement Istamboul.
Istamboul nest pas, comme le disent certains guides touristiques bon marché, entre
Orient et Occident. Cest tout bonnement une ville dEurope orientale, dont la
Turquie est loin dêtre le seul pays à en faire partie. Le rôle dIstamboul
nest pas national, car culturellement autant quéconomiquement, la Ville
draine un dynamisme qui sétant dans tous les pays alentours, jusquau
cur des Balkans et à celui du Caucase.
Religieusement,
puisque le sujet intrigue encore certains Européens, Istamboul est avant tout, la
capitale du monde orthodoxe. Le patriarcat y
est installé depuis la nuit des temps et sous lEmpire ottoman, il avait un rôle
essentiel dans toute lEurope orientale. Bien que la ville soit majoritairement musulmane, cela ne
préoccupe en général que les étrangers. Les mêmes se soucient pourtant rarement de
lappartenance religieuse de Montréal ou de Tombouctou.
Malgré les remous de l’histoire,
la Ville est toujours très cosmopolite
et, à lappel du muezzin, répondent les cloches des églises ou
lindifférence du passant.
Dans les rues de la métropole du Bosphore, on y croise
des gitanes au décolleté aguichant, des femmes en tcharchaf
noir, des lycéennes en
mini-jupe, des papis portant la kippa, des surs catholiques et des prêtres
orthodoxes, des travestis avec des talons aiguilles, des bureaucrates en costume et
cravate, des secrétaires en tailleur de marque ou des aghas kurdes tout droit arrivés de
leurs montagnes : Istamboul est une ville-monde ! Sans forcément se mélanger,
une population de toute origine ethnique, religieuse et sociale sy côtoie et
sy tolère. A Istamboul, un tchador ne choque ni plus, ni moins quune
mini-jupe en lycra.
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