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Histoire de la Turquie - Chronologie des principaux évènements historiques
| 1800-1930 | |
| 1789-1807 | Règne de Selim III. |
| 1798-1801 | Invasion française en Egypte ottomane. Les troupes de Bonaparte doivent se retirer en septembre 1801, après capitulation. |
| 1802
|
La Grande-Bretagne
sempare dAden est en fait une colonie. Le roi de Kartli lègue à sa mort, son royaume à la Russie |
| 1803 | La Russie occupe la Mingrélie, royaume géorgien du Caucase. |
| 1804
|
Les Wahhabites semparent
des Lieux Saints, les Ottomans perdent le contrôle du Hedjaz. Révolte en Serbie alimentée par les Serbes de la Voïvodine autrichienne et appuyée par la Russie. La Russie absorbe les principautés caucasiennes dImérethie et de Gourie |
| 1806
|
Disparition
de lEmpire romain germanique. |
| 1807 | Le 29 mai, déposition du sultan Selim III après une révolte de larmée et des religieux, contre ses réformes. Mustafa IV est proclamé sultan. |
| 1808 | Assassinat du sultan Selim au palais, ce qui provoque une contre-révolution. Le sultan Mustafa IV est déposé et Mahmut II est proclamé sultan. |
| 1808-1839 | Règne du sultan Mahmut II. |
| 1810
|
Révoltes en Serbie, au
cur de lEmpire ottoman, contre le pouvoir central, soutenues notamment par la
Russie. LAbkhazie est annexée par la Russie, ainsi que les khanats de lAzerbaïdjan iranien |
| 1812 | Traité de Bucarest consacrant la perte de la Bessarabie au profit de la Russie |
| 1815 | Annexion par lAutriche-Hongrie, des territoires dalmates. |
| 1817 | Autonomie de la Serbie. |
| 1821
|
Alexandre Ypsilanti, avec
laide dune fraction pro-russe du patriarcat phanariote, organise une petite
armée grecque en Russie et envahit la Roumanie. Les Roumains ne suivent pas et se
retournent contre larmée phanariote, sous la direction de Tudor Vladimirescu, qui
est arrêté par les rebelles et exécuté. La Roumanie reste ottomane, mais les
Phanariotes en perdent définitivement leur pouvoir (suppression de lautonomie). Révolte en Grèce sous limpulsion des frères constantinopolitains Ypsilanti, avec le soutien des Grecs dOdessa, du patriarche de Constantinople et des puissances étrangères. |
| 1826 | Le 15 juin, massacre des janissaires et suppression de leur corps darmée, par Mahmut II. |
| 1827
|
Insurrection en Grèce soutenue par la France, la Grande-Bretagne et la Russie. Le gouvernement central fait appel à la flotte du khédive dEgypte. La répression égyptienne est violente et entraîne lintervention des puissances qui brûlent les navires égypto-ottomans à Navarin. Larmée russe attaque par la Bessarabie et descend jusquà Edirne (Andrinople). |
| 1829
|
La Russie impose un traité à lEmpire ottoman
(traité dAndrinople), qui consacre lindépendance de la Grèce et
lannexion par la Russie du delta du Danube et de la Meskhétie, dans le Caucase
ottoman (Akhaltsikh, Akhalkalaki et Sourmalou). |
| 1830
|
Indépendance de la Grèce. Mehmet Ali pacha, vice-roi dEgypte (province ottomane autonome) occupe la province de Syrie Invasion de lAlgérie ottomane par la France. |
| 1831 | Premier journal officiel le Takvim-i Vekayi. |
| 1832 | Le Traité de Londres ratifie lindépendance de la Grèce et érige lîle de Samos, qui avait participé à linsurrection grecque, en principauté autonome. |
| 1835 | Renforcement du pouvoir ottoman en Cyrénaïque et en Tripolitaine. |
| 1838-1839 | La Porte signe une série daccords avec les puissances étrangères qui ouvrent le marché intérieur et qui va entraîner lempire dans une dépendance économique |
| 1839-1861 | Règne du sultan Abdülmecid Ier |
| 1839 | Proclamation du rescrit de
Gülhane annonçant de grandes réformes dans lempire (Tanzimat). Egalité de tous
les sujets de lEmpire ottoman. La province de Syrie tombe à nouveau sous lautorité de Constantinople après loccupation par Mehmet Ali dEgypte. |
| 1840 | Le Hedjaz est de nouveau
occupé par les Ottomans. Installation des réfugiés polonais, dont leur pays est occupé par la Russie, dans la région anatolienne du Bosphore (Polonezköy - Adampol) |
| 1840-1841 | Crise dOrient. Lutte de
pouvoir entre la France et lAngleterre pour le contrôle de lEgypte ottomane. Reconnaissance du pouvoir héréditaire à Mehmet Ali sur lEgypte ottomane. |
| 1849 | Implantation de larmée ottomane sur les côtes du Yémen (Tihama). |
| 1853
|
Déclaration du tsar Nicolas Ier à lambassadeur anglais Hamilton Seymour : « Nous avons sur les bras un homme malade. Ce serait un grand malheur sil devait nous échapper. Entendons-nous pour partager son héritage. » A partir de cette date, lEmpire ottoman sera désigné comme « lhomme malade de lEurope ». |
| 1853-1856
|
Guerre de Crimée qui éclate sur une question religieuse : la dispute de la garde des Lieux saints à Jérusalem entre catholiques latins (soutenus par la France) et orthodoxes (soutenus par la Russie). La Russie a également des visées territoriales sur lEmpire ottoman. Soutien de la France et de lAngleterre à lintégralité du territoire ottoman. |
| 1855 | Première communication télégraphique entre Constantinople et le reste de lEurope. |
| 1856
|
Traité de Paris (mars). La
mer Noire est démilitarisée (la Russie ne peut y entretenir une flotte de guerre).
LEmpire ottoman est admis dans le concert européen et le principe de
non-intervention dans les affaires ottomanes, est consigné dans le texte du traité.
Réunion des principautés de Valachie et de Moldavie qui formeront la nouvelle
principauté autonome de Roumanie Renforcement des principes des réformes du Tanzimat (liberté des cultes, légalité civile, représentation accrue des non-musulmans dans les institutions et ladministration de lEtat. Lemprise économique des Européens occidentaux, sintensifie sur lEmpire ottoman avec la construction de la ligne de chemin de fer Smyrne-Aydin, la création de la Banque ottomane, tous deux à capitaux anglais. Début de lendettement de lEmpire ottoman avec un emprunt de 2,5 millions de livres turques pour couvrir les frais de guerre. Dépenses inconsidérées des sultans Abdülmecid et Abdülaziz, et de la plupart des membres de la famille impériales qui se font construire de somptueux palais le long du Bosphore et de la Corne dOr. |
| 1858 | Promulgation du nouveau code
pénal et dun nouveau code foncier. La Svanetie (Caucase) est annexée par la Russie. Nombreux réfugiés svanes dans lEmpire ottoman, qui sont installés notamment sur la mer Noire. |
| 1859 | Le cheikh Chamyl, chef des résistants du Daghestan à linvasion russe, est capturé. |
| 1860 | Tentative de sédentarisation des tribus kurdes et druzes. |
| 1861-1876 | Règne du sultan Abdülaziz. |
| 1861-1864 | Les principales communautés religieuses autonomes (millet), sont encouragées par lEtat, à se doter de constitutions. Le système des millet, nations religieuses autonomes, devient encore plus institutionnalisé. |
| 1862 | Visite officielle du sultan Abdülaziz et de ses neveux, le prince héritier Murad et le prince Abdülhamid, en Egypte, où la population leur réserve un accueil chaleureux. |
| 1863 | La Grèce tombe dans le giron de lAngleterre, qui lui fait cadeau des îles ioniennes quelle occupait. |
| 1864-1867 | Réorganisation de ladministration provinciale. |
| 1864 | Les Circassiens qui résistaient toujours à linvasion russe dans le Caucase, déposent les armes. Un nombre considérable de réfugiés arrivent dans lEmpire ottoman. Ils sont installés notamment dans les provinces orientales dAsie Mineure. |
| 1865
|
Création de la société secrète des Jeunes
Ottomans par des journalistes |
| 1867
|
Voyage officiel du sultan Abdülaziz et des princes Murad, Yusuf |
| 1868 | Création du Conseil
dEtat afin de préparer les règlements et les lois. Ouverture du lycée impérial de Galatasaray (de langue française). |
| 1869 | Mort du grand vizir Fuad Pacha, lun des plus grands
réformateurs ottomans. |
| 1870 | Renforcement du sentiment religieux dans les populations musulmanes de lempire, provoqué par larrivée massive des réfugiés musulmans de Crimée et du Caucase, les révoltes incessantes des orthodoxes des Balkans et par les privilèges accordés aux chrétiens, par le gouvernement ottoman. Les musulmans à lextérieur de lEmpire ottoman, victimes de la colonisation impérialiste occidentale, demandent laide du sultan-calife. |
| 1871
|
Conférence de Londres. Les Russes obtiennent la révision du traité de Paris. Ils peuvent dorénavant entretenir une flotte de guerre en mer Noire et des bases militaires. La Russie sinvestie dune mission de soutien des peuples slaves (panslavisme) afin de donner une nouvelle dimension à lexpansionnisme russe au détriment de lEmpire ottoman. |
| 1872 | Le prince-héritier Murad, entre en franc-maçonnerie et se lie à la société secrète des Jeunes Ottomans. |
| 1873-1874 | Famine en Anatolie orientale. |
| 1875
|
Révolte des paysans
orthodoxes dHerzégovine (juillet) et de Bosnie (août), encouragée par la Serbie
autonome, la Russie et lAutriche. Cette révolte provoque une série de crises
politiques et financières dans la capitale. Le Monténégro autonome vient à laide
des rebelles, suivit de la Serbie autonome. Le 6 octobre 1875, le grand vizir Mahmud Nedim annonce la cessation partielle de paiement de lEtat. Les porteurs de bons ottomans, recevront la moitié des intérêts dus pendant cinq ans. Toute lEurope traverse une dépression économique, et la banqueroute de lEtat ottoman entraînera une flambée de la turcophobie dans lopinion publique. |
| 1876
|
La révolte de
Bosnie-Herzégovine prend de lampleur et attire lattention de
lAutriche-Hongrie et de la Russie, qui ont toutes deux des visées territoriales
dans les Balkans ottomans Le Monténégro est en état de rébellion. Mai : des révolutionnaires bulgares, soutenus par la Russie et la Serbie, déclenchent une insurrection dans la région de Filibe (Plovdiv). Massacres des paysans musulmans par centaines, dans la région. La répression des autorités sera brutale, faisant des milliers dautres victimes, et va susciter des réactions très vives dans lopinion publique dEurope occidentale. Les consuls dAllemagne et de France à Salonique, seront assassinés le 6 mai par une foule en colère. Le 10 mai, grande manifestation populaire devant la mosquée du Conquérant (Fatih), contre le sultan, le grand vizir et le gouvernement, incapables de protéger les musulmans des Balkans. Le 30 mai, deux bataillons prennent position autour du palais impérial de Dolmabahçe et procèdent à larrestation du sultan Abdülaziz qui est destitué et remplacé par le Murad V. Le 2 juin, le sultan Murad V se rend à Sainte-Sophie, acclamé par lensemble de la population stambouliote, musulmans, juifs et chrétiens réunis. Le 4 juin, Abdülaziz est trouvé mort dans sa résidence de Feriye. Les médecins concluent au suicide, mais il sagit dun assassinat commandité par le vizir Midhat pacha. Le 30 juin, le prince Milan de Serbie, déclare la guerre à lEmpire ottoman, suivi par le Monténégro, le lendemain. La Russie envoie des « volontaires » et des conseillers militaires en Serbie et au Monténégro. Le 31 août, déposition du sultan Murad V, incapable de régner pour cause de maladie nerveuse, de troubles mentaux et dalcoolisme. Abdülhamid II est proclamé sultan. Septembre, publication à Londres de « Bulgarian Horrors », qui sera un des instruments de la propagande anglaise contre lEmpire ottoman. Octobre-novembre : Larmée ottomane remporte de larges succès face à la Serbie, et reprend en quelques mois le Sandjak de Yenipazar (Novipazar), Aleksinatz et marche sur Belgrade. Le prince Milan appelle la Russie au secours, ce qui attire lattention des Anglais, bien décidés à ne pas laisser lexpansionnisme russe sans limite dans les Balkans. Les Anglais proposent une conférence internationale à Constantinople afin dimposer des réformes dans les Balkans, ce qui signifie une véritable ingérence dans les affaires ottomanes. Le 23 décembre, proclamation de la Constitution. Abolition de labsolutisme, égalité de tous devant la loi, reconnaissance aux Ottomans chrétiens des droits et des devoirs à égalité. LEmpire ottoman devient officiellement une monarchie constitutionnelle. Le 23 décembre, ouverture de la Conférence de la Corne dOr, au palais de lAmirauté, réunissant la Russie, la Grande-Bretagne, lAllemagne, lAutriche-Hongrie, lItalie, la France et les représentants ottomans. Les puissances étrangères veulent imposer des modifications de frontières en Serbie et au Monténégro et veulent créer deux préfectures en Bulgarie afin de séparer les musulmans et les chrétiens. Les Ottomans naccepteront pas lingérence étrangère ni latteinte à lintégrité territoriale de lempire. |
| 1877
|
Le 15 janvier, convention
secrète entre la Russie et lAutriche-Hongrie (partage des Balkans) : en cas de
guerre russo-ottomane, le gouvernement austro-hongrois resterait neutre en échange de
quoi, il pourrait occuper la Bosnie-Herzégovine. La Russie sengage à ne pas
intervenir dans la partie occidentale des Balkans.
Le 20 janvier, la Conférence de la Corne dOr se termine par un échec. Le 28 février, signature du traité de paix avec le prince Milan, qui craint que la Serbie autonome, ne fasse les frais des accords austro-russes. Le 18 mars, nouvelle convention entre la Russie et lAutriche-Hongrie : LAutriche se réserve le droit dannexer la Bosnie-Herzégovine, la Russie, dannexer la Bessarabie perdue au traité de Paris. Aucun grand Etat slave ne pourrait être formé dans les Balkans. En cas de désintégration de lEmpire ottoman, la Grèce annexerait la Thessalie, le nord de lEpire et la Crète, alors que Constantinople deviendrait une ville franche. Mars : Dostoïevski écrit dans un journal : « Constantinople doit être à nous, afin de libérer lorthodoxie de la barbarie musulmane et de lhérésie occidentale ». Il est le porte-parole dune opinion publique russe autant turcophobe quanti-occidentale. Le 24 avril, après la signature dune convention avec la Roumanie, les troupes russes pénètrent dans lempire en franchissant le Pruth. Dans le Caucase, les armées russes se dirigent vers Ardahan, Beyazit et Kars. Les troupes russes ne rencontrent que peu de résistance à leur avance, à travers la Roumanie et de la Bulgarie. Après quelques défaites des armées russes en juillet, le front oriental cède avec la prise de Kars, puis le 10 décembre, cest autour de la ville de Plevna en Roumélie. Les victoires militaires russes incitent les Serbes à reprendre les armes contre les Ottomans. Ils prennent Pirot, Nich et font leur jonction avec les Russes à Sofia. |
| 1878
|
Au mois de janvier, cest
autour des Monténégrins de profiter des défaites ottomanes : ils occupent Bar
(Antivari) et Ülgün sur lAdriatique. La Grèce, décide au dernier moment de
participer à la guerre contre lEmpire, dans lespoir dannexer
lEpire et la Thessalie. Les Russes prennent la ville dEdirne le 20 janvier et
se dirigent vers Constantinople. Larmistice est signé à Edirne le 31 janvier, mais
les troupes russes avancent encore vers la capitale ottomane jusquen février et
stationnent à Yesilköy (San Stefano), à dix kilomètres de Constantinople. Les Anglais,
soucieux de voir les Russes dans la zone des Détroits, passent avec leur flotte les
Dardanelles et jettent lancre au large des îles des Princes. Abdülhamid renvoie le parlement (février). Traité de San Stefano. La Russie impose à lEmpire ottoman, la création dune grande Bulgarie, sétendant sur la Macédoine, avec un accès à la mer Egée. Elle aura le statut dEtat autonome et sera occupée pendant deux ans par larmée russe. La Roumanie, la Serbie et le Monténégro seront reconnus comme Etats indépendants. La Russie annexe la Bessarabie et donne en compensation la Dobroudja à la Roumanie. Le Monténégro triple son territoire et obtient un accès à lAdriatique. La Crète et la Bosnie-Herzégovine deviennent autonomes. Ardahan, Batoum, Kars et Bayezit sont annexés par la Russie. Un statut particulier doit être appliqué dans les régions dAnatolie orientale, favorisant les populations arméniennes et les protégeant contre les Kurdes. LEmpire ottoman, à titre de dommages de guerre, se voit contraint à payer 35 millions de livres turques à la Russie. Le traité de San Stefano sera ratifié le 17 mars. Les puissances dEurope occidentale, notamment lAutriche-Hongrie et lAngleterre, réussissent à forcer les Russes à réviser le traité de San Stefano. Bismarck, en médiateur, propose une conférence à Berlin. Le gouvernement anglais propose de soutenir les Ottomans au futur congrès de Berlin et promet dintervenir en cas dattaque russe en Anatolie orientale. Les conditions en sont : des réformes avec laide de la Grande-Bretagne dans les provinces arméniennes, et que lîle de Chypre soit occupée provisoirement par les Britanniques. Le 20 mai, putsch manqué, organisé par lex-directeur du lycée de Galatasaray, Ali Suavi. Le 4 juin, signature de la convention secrète entre les Anglais et les Ottomans : lîle de Chypre est sous administration anglaise, dans le cadre de lEmpire ottoman. Le 13 juin, ouverture du congrès de Berlin et trahison des Anglais qui viennent de mettre la main sur Chypre. Ils proposent loccupation de la Bosnie-Herzégovine par lAutriche-Hongrie et un gain territorial grec en Epire et en Thessalie. Le « Congrès de la Honte », comme il convient de lappeler a pour acteurs les mêmes participants quau traité de Paris (Russie, Autriche-Hongrie, Italie, Allemagne, Grande-Bretagne, Empire ottoman et France). Les représentants ottomans, Alexandre Karatodori et Mehmet Ali pacha, un Prussien naturalisé, sont traités avec mépris, comme tous les peuples des Balkans dont lavenir dépend du traité, et qui nont pas été invités à participer à la conférence. Le 13 juillet, signature du traité de Berlin, qui remplace celui de San Stefano. LAngleterre et lAutriche-Hongrie sont les grandes gagnantes. Ces deux Etats obtiennent dimportants gains territoriaux, alors quils nont pas participé à la guerre. LEmpire ottoman, perd plus de 200 000 km² avec une population de près de cinq millions et demi dhabitants. La Bulgarie, réduite aux frontières du Danube et aux Rhodopes, est érigée en principauté, dépendante de lempire. Au Sud, une province autonome, avec un gouverneur chrétien est crée (Roumélie orientale). La Serbie est déclarée indépendante et sagrandit de la région de Nich. Le Monténégro sagrandit du port de Bar (Antivari). Le Sandjak de Novipazar (Yenipazar) est occupé militairement par lAutriche-Hongrie. La Russie conserve les provinces de Kars et dArdahan. La Grèce obtient une révision de frontières avec des gains territoriaux importants en Thessalie, moindres en Epire. Les Arméniens ottomans obtiennent un contrôle des réformes et améliorations promises par la Porte dans les provinces dAnatolie orientale, et une protection contre les Circassiens et les Kurdes. Ils nobtiennent pas lautonomie quils espéraient. Les Arméniens de Zeytinlik (Zeïtoune) se révoltent ainsi que les Druzes du Hauran. Troubles en Anatolie orientales. Larmée étant au front, les tribus kurdes se sont livrées librement au pillage des villages arméniens et des révoltes se sont produites dans le Dersim, à Siirt, à Mus et à Hakkari. |
| 1879
|
Résistance de la population orthodoxe et musulmane
à loccupation |
| 1879-1880 | Famine en Anatolie orientale, particulièrement dans les provinces de Van, de Diyarbakir et dErzurum. |
| 1880
|
Malgré la résistance des Albanais ottomans, la
ville dÜlgün (Dulcigno) est occupée par le Monténégro, puis annexée,
après les menaces navales des puissances occidentales. |
| 1881
|
Naissance de Mustafa Kemal à
Salonique. Troubles en Albanie et mouvement indépendantiste en Syrie (Beyrouth et Damas), soutenus par les Anglais. Manifestation au Caire contre les Européens occidentaux, les Turco-circassiens (classe dirigeante) et le khédive. En décembre, un accord est signé entre le gouvernement et les créanciers étrangers de lEtat. Un conseil dadministration de la Dette publique ottomane est crée. Il deviendra plus tard, une sorte dEtat financier dans lEtat, qui contrôlera un tiers des revenus de lempire, employant plus de sept mille personnes. Pièce maîtresse de limpérialisme occidental dans lEmpire ottoman. Invasion du Beylik de Tunisie par les Français, provoquant un afflux de réfugiés en Tripolitaine (plus de 100 000 personnes), où la résistance tunisienne sorganise avec laide du sultan. Le gouvernement ottoman, ne reconnaîtra pas le « protectorat » français sur la Tunisie et considérera les Tunisiens comme citoyens ottomans à part entière. Renforcement de la présence ottomane en Cyrénaïque et en Tripolitaine, face aux menaces françaises et italiennes. Arrivée en Anatolie de 500 000 réfugiés du Caucase russe, essentiellement des Mégréliens, des Circassiens et des Géorgiens, de confession musulmane. |
| 1882
|
11 juillet, les Anglais
bombardent Alexandrie prétextant de rétablir lordre en Egypte en proie à de
violents troubles contre le khédive et LEmpire ottoman, doit se trouver de nouveaux alliés parmi les puissances européennes et se rapproche du seul Etat nayant pas de visées territoriales dans les possessions ottomanes : lAllemagne. Une dizaine de conseillers allemands arrivent à Constantinople, rompant lisolement diplomatique dans lequel se trouvait le sultan Abdülhamit depuis le congrès de Berlin. Fondation de la Chambre ottomane du Commerce. Fondation en Palestine ottomane, de lorganisation nationaliste juive, les Amants de Sion, colonie agricole destinée à accueillir les survivants des pogroms en Europe centrale. Plusieurs milliers de juifs sinstallent Palestine, à Constantinople, à Smyrne, à Salonique et à Edirne. |
| 1883-1885 | Révolte au Soudan ottoman. Le khédive dEgypte en perd le contrôle. |
| 1883
|
La Dette publique fonde la
Régie des Tabacs qui a le monopole des tabacs, une des principales richesses de
lEmpire ottoman. La Régie comptera jusquà 8 800 employés, essentiellement
des Ottomans, les cadres étant uniquement des Européens occidentaux. Fondation de lAcadémie des Beaux-Arts à Constantinople. |
| 1884 | Lancien grand vizir Midhat pacha est retrouvé assassiné dans sa prison. |
| 1884
|
LAllemagne augmente ses
livraisons darmes à lEmpire ottoman. En lespace de quelques années, la
France et lAngleterre se sont trouvées évincées du marché militaire ottoman. Des révolutionnaires bulgares attaquent le palais du gouverneur à Filibe, en Roumélie orientale. Le gouverneur en est chassé, tandis que le prince de Bulgarie, Alexandre de Battenberg, se fait proclamer « prince de la Bulgarie du Nord et du Sud ». La Roumélie orientale est annexée, mais le sultan Abdülhamit nintervient pas. La Bulgarie reste vassale de lempire. Les puissances étrangères augmentent leur présence commerciale et culturelle dans lempire. Multiplications des consulats, ouverture de bureaux de poste étrangers, augmentation des écoles étrangères ouvertes par des ordres religieux catholiques et des missions protestantes. Plusieurs dizaines de milliers délèves, généralement des Ottomans non-musulmans, fréquentent les écoles françaises. Les missions protestantes américaines se développent en Anatolie orientale. Les missionnaires construisent également des églises, des dispensaires, des imprimeries. |
| 1885 | Création à Van du parti Armekan à tendance autonomiste |
| 1886 | Création
de la Société Saint-Sava en Macédoine, société à but culturelle |
| 1887
|
Création à Genève du parti
révolutionnaire socialiste arménien le Hintchak. Les membres, originaire essentiellement
du Caucase, réclament lindépendance des territoires ottomans peuplés
dArméniens et encouragent le terrorisme et la lutte armée, afin dy parvenir. La politique de russification entreprise par Alexandre III, entraîne un flot de réfugiés en Anatolie et en Macédoine, principalement des Tatares de Crimée, des Tatars de Kazan et des Abkhazes, des Azéris et des Ossètes du Caucase. |
| 1888 | Création de la Banque
Agricole (Ziraat Bankasi) afin daccroître le développement de lagriculture
dans lempire. La concession du chemin de fer dAnatolie est accordée à la Deutsche Bank. |
| 1889
|
Avril mai, le chef
kurde Musa Bey, se livre à des violences contre les villages arméniens de la région de
Mus. Villages incendiés et rapts de femmes. De telles violences sont assez habituelles en
Anatolie orientale, mais elles prennent des proportions qui font réagir la population
arménienne de tout lEmpire. Musa Bey sera traduit en justice à Constantinople,
mais sera acquitté à la surprise générale. Avril septembre, des bandes arméniennes déguisés en Kurdes, traversent la frontière en provenance dIran. Juin, lAlbanais Ibrahim Temo, le Circassien Mehmet Resid, le Kurde Abdullah Cevdet et le Turc Ishak Sükuti, fondent le mouvement des Jeunes Turcs. Ils vont lutter contre le pouvoir du sultan Abdulhamid II. Le directeur de lInstruction publique de la préfecture de Brousse, en voyage officiel lors de lexposition universelle à Paris, demande lasile politique en France. Ahmet Riza fondera à Paris, laction militante du mouvement des Jeunes Turcs. Juillet, le bateau Ertugrul quitte le port de Constantinople pour une visite officielle au Japon. Léquipage est touché par une épidémie de choléra au Japon et le bateau coulera lors dun ouragan, au retour. 69 survivants sur 610 membres déquipage. Août : le premier train de lOrient Express entre en gare de Sirkeci. Abrogation du pacte dHalepa, attribuant à la Crète une autonomie et un gouverneur orthodoxe à la suite de troubles indépendantistes. Novembre, visite officielle de lempereur dAllemagne, le Kaiser Guillaume II, qui symbolise le rapprochement des deux pays après les invasions françaises et anglaises dans certaines parties de lempire, qui a provoqué la fin des alliances traditionnelles. |
| 1890
|
Création à Tiflis de la
Fédération révolutionnaire arménienne (Dashnak / Tasnak). Ce nouveau parti demande des
réformes pour les provinces arméniennes ottomanes, mais pas lindépendance. Juillet, le parti arménien Hintchak organise une grande manifestation à Constantinople. Les participants occupent le patriarcat arménien de Kumkapi et forcent le patriarche à les accompagner au palais du sultan, pour y déposer une pétition. Lintervention policière fait plusieurs victimes. Le parti arménien Dashnak fortement implanté en Iran, organise la propagande anti-ottomane en Anatolie orientale, dans lespoir de soulever la population locale. Le parti Dashnak cherche également à rallier les Kurdes à leur cause, sans succès. |
| 1891
|
Le sultan Abdulhamid II crée
une cavalerie kurde (Hamidiye) sur le modèle des Cosaques russes, en espérant canaliser
le pouvoir des aghas de lAnatolie orientale. Lagitation arménienne prend de lampleur en Anatolie centrale et orientale, tandis quun courant arménophile sétant en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et en Suisse, encouragé par les missions protestantes dans lempire. Les ambassadeurs ottomans à Washington (lorthodoxe Mavroyeni pacha) et à Londres (le catholique Rüstem pacha), essaient de contrecarrer les projets missionnaires, visant à monter lopinion publique des Européens occidentaux et des Américains, contre lEmpire ottoman. La Grande-Bretagne et lIran financent les mollahs chiites dIraq afin de provoquer des troubles contre le pouvoir ottoman dans la région des villes saintes chiites et la Basse Mésopotamie. Envoi de missionnaires hanéfites à Bagdad pour convertir les populations chiites, sur le modèle des missions européennes et américaines, fortement présentes en Anatolie orientale. Dautres missions seront envoyées dans les régions à forte présence alévie, yézidie ou nosaïrie afin de convertir ces populations considérées comme hérétiques en fait, non musulmanes -, à lislam sunnite. Dautres missions hanéfites seront également envoyées en Syrie, en Paphlagonie (Sivas) et en Transjordanie, afin de contrer les missions catholiques et protestantes très actives. La Ligue pangermaniste, envisage dinstaller des colons allemands en Anatolie. Le projet naboutira pas, mais une petite colonie sera finalement installée dans la région du Caucase ottoman |
| 18 92
|
Fondation de lEcole des
Tribus à Constantinople afin daugmenter le niveau dinstruction des tribus
nomades ou semi-sédentarisées de lempire (Kurdes, Albanais, Bédouins, Arabes,
etc.). Le commandant du Régiment des Réformes, Ömer Vehbi pacha, tente par la force de convertir les Yézidis à lislam et saccage avec la troupe, le sanctuaire sacré de Lalis. Il est rappelé à Constantinople par le sultan |
| 1893
|
LAffaire Dreyfus en
France, scandalise la population ottomane et des manifestations de soutien à la
communauté juive, sont organisées dans les trois principales villes de lempire
(Constantinople, Smyrne et Salonique). Construction dune chapelle commémorative à San Stefano (Yesilköy), dans la banlieue de Constantinople, où les Russes sétaient avancés en 1878. Création de lOrganisation intérieure de la Macédoine, visant à émanciper la Macédoine de la domination ottomane. Aboutissement du véritable premier recensement de la population ottomane, commencé en 1891. Lempire compte 17,5 millions dOttomans, dethnies et de religions différentes. Décroissement de la population musulmane de lEmpire, à peine compensée par larrivée des réfugiés du Caucase russe et des Balkans. |
| 1894
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Insurrection dans le sud de
lAssyr (Yémen). Tentative dassassinat contre le patriarche arménien de Constantinople, Mgr Asikyan (Achikian), jugé trop pro-ottoman, par un révolutionnaire arménien. 10 juillet, violent tremblement de terre à Constantinople faisant des milliers de victimes et des dommages considérables. La censure hamidienne interdit de communiquer le nombre total des victimes et des réfugiés. Laide est distribuée sans égard à lappartenance communautaire. Juillet, soulèvement arménien dans le Sasun, préfecture de Bitlis, contre les chefs des nomades kurdes qui veulent leur faire payer tribut aux paysans arméniens. Encouragés par des activistes du parti Hintchak, les Arméniens se révoltent également contre le pouvoir ottoman, ce qui entraîne lintervention de larmée et de la cavalerie kurde, les Hamidiye. La région est pacifiée. On compte plusieurs centaines de victimes du côté arménien (entre 265 et 500, selon les sources). Un mouvement arménophile sorganise en Europe et aux Etats-Unis sous pression des Eglises protestantes. En Angleterre, lEvangelical Alliance, pousse le gouvernement à agir contre les Ottomans. LAngleterre, la France et la Russie, forment une Commission dEnquêtes et font pression sur le gouvernement ottoman, pour engager des réformes dans les provinces arméniennes. Ces réformes, devraient aboutir à long terme, à lindépendance de lArménie ottomane. Les pressions des Européens occidentaux, font naître un sentiment anti-arménien dans les populations musulmanes de lEmpire, sentiment inconnu jusque là. Juillet, amnistie accordée aux détenus politiques arméniens. Juillet-août, la Russie et la France changent sensiblement leur politique face à lEmpire ottoman. Pour les premiers, il nest pas question dune Arménie indépendante dans le Caucase, dont la partie russe est peuplée de nombreux Arméniens en voie de russification. La France suit son nouvel allié russe afin de préserver ses intérêts économiques dans lEmpire ottoman. Négociations secrètes entre lAngleterre et lAllemagne sur le partage de lEmpire ottoman. Le plan anglais est repoussé par lAllemagne. Création en Grèce de la Société nationale (Ethniki Hetairia) dans les visées sont le rattachement de la Macédoine et de la Crète, au royaume de Grèce. |
| 1895
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Création à Sofia du Comité
suprême extérieur de la Macédoine, visant à rattacher la Macédoine à la Bulgarie. Fondation de lEglise copte catholique. Mai, des troubles éclatent en Crète, un gouverneur orthodoxe y est nommé par la Porte (Alexandre Karatodori pacha). Juin-juillet, troubles chez les Druzes du Hauran, soutenus par lAngleterre, larmée y est envoyée, mais subit de lourdes pertes. Des centaines de soldats ottomans sont massacrés. 30 septembre, le parti arménien Hintchack organise une manifestation à Constantinople, devant le patriarcat arménien de Kumkapi afin dobtenir des réformes en Anatolie orientale et pour protéger les Arméniens contre les Kurdes. La manifestation qui se veut pacifique, regroupe néanmoins des membres armés du parti Hintchack, dont le but est de créer des troubles dans la capitale, afin de faire intervenir les puissances étrangères. La manifestation dégénére aux abords de la Sublime Porte (siège du gouvernement) et plusieurs dizaines de victimes sont dénombrées du côté arménien ainsi que du côté des forces de lordre. 17 octobre, proclamation des réformes à engager dans les six provinces arméniennes. Les Kurdes seront dorénavant étroitement surveillés par les autorités ottomanes en place. Pour les musulmans, les réformes signifient lindépendance de lAnatolie orientale à courts termes. 21 octobre, des émeutes anti-arméniennes commencent à Erzincan et se propagent à toute lAnatolie orientale : Urfa, Malatya, Diyarbakir, Harput, Sivas, Antep, Amasya, Kayseri. Les pogroms commis parfois avec le soutien des autorités locales, feront, selon les estimations des missions protestantes américaines sur place, près de 37 000 victimes du côté arménien et 1 800 du côté musulman. Le gouvernement est resté quasiment impuissant, sauf dans les villes de Mus, Ankara, Tokat, Mersin, Mardin et Van, où les gouverneurs ont pu maintenir lordre. Lopinion publique dEurope occidentale est déchaînée contre la barbarie turque et musulmane au moment où sopère un génocide contre les Amérindiens aux Etats-Unis et où les soldats du roi Léopold II au Congo, rapportent à leurs officiers, 1357 mains coupées, lors dune opération de répression. Troubles dans la ville arménienne de Zeytin (Zeïtoune) en Cilicie, qui prendront fin après quatre mois de résistance à larmée, en février 1896. |
| 1896
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Février, les Druzes du Liban,
se soumettent à lautorité ottomane. Mai, des émeutes éclatent à La Canée et à Candie (Crète), des centaines de Crétois musulmans sont massacrés par la population orthodoxe, partisane de lannexion de lîle au royaume de Grèce (enosis). Juin, émeutes arméniennes à Van. Intervention de larmée qui subit de lourdes pertes. Août, profitant de la situation précaire de lempire, des militants macédoniens provoquent des incidents à la frontière bulgare contre les autorités ottomanes. Le 26 août, 26 terroristes arméniens, membres du parti Dashnak semparent du siège central de la Banque Ottomane à Galata, symbole de limpérialisme financier européen dans lempire. En sen prenant directement aux intérêts financiers des puissances étrangères, les terroristes pensent faire intervenir les Européens en leur faveur, auprès du sultan. Cent cinquante personnes sont prises en otage et le sultan doit négocier directement avec les terroristes qui pourront partir libres à bord dun bateau français, en direction de Marseille. Dès que la nouvelle de loccupation de la banque est connue en ville, il sensuit un massacre contre la population arménienne, commenté par les portefaix et les dockers albanais de Galata. Selon Louis Rambert, administrateur de la Régie des Tabacs située sous le même toit que la Banque Ottomane, les pogroms auraient fait près de 8000 victimes dans toute la ville. Après laction terroriste du Dashnak et les pogroms à Istamboul, les puissances européennes envisagent de renverser le sultan Abdülhamid II, à qui on fait porter la responsabilité des événements. Le parti des Jeunes-Turcs représenté par le Comité dUnion et Progrès, dont la plupart des membres sont en exil en France, en Angleterre et en Egypte occupée, sorganise contre le sultan, en vue de le renverser. Décembre, un complot contre le sultan est découvert. Il sen suit une vague darrestations (350 personnes), dans les milieux de larmée, la police, ladministration. Le parti des Jeunes Turcs porte la responsabilité. Les deux partis socialistes arméniens sont discrédités dans lopinion publique arménienne. Ils ont nettement contribués à la crise de 1894-1896 qui a entraîné des pogroms contre la population arménienne, en Anatolie orientale et à Constantinople. Les troubles en Anatolie orientale ont provoqué un exode important de la population arménienne vers la Transcaucasie et en Iran (60 000 à 80 000 personnes) et vers les Etats-Unis (12 000 personnes). |
| 1897
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Février, de nouveaux combats
ont lieu à La Canée entre les forces de lordre et les partisans du rattachement de
lîle au royaume de Grèce. Le quartier musulman est incendié et la Grèce envoie
un corps expéditionnaire. Les puissances européennes débarquent des troupes.
Lopinion publique grecque est partisane de la « Megali Idea » (Grande Idée),
cest-à-dire dannexer toutes les parties de lEmpire ottoman où vivent
des populations orthodoxes hellénophones et Constantinople. Le 17 avril, après que des troupes grecques ont passé la frontière en Thessalie, le gouvernement déclare la guerre. Les troupes ottomanes avancent rapidement sur Larissa, tandis que le gouvernement grec rappelle larmée installée en Crète. Les puissances européennes (Grande-Bretagne, Italie, Russie et France), qui soutiennent presque ouvertement la Grèce, font pression sur le gouvernement ottoman pour signé larmistice (19 mai). La Crète reste une province autonome de lEmpire ottoman, mais les Crétois musulmans commencent à émigrer en masse vers les côtes dAnatolie. Juin-juillet, un complot du parti Jeunes Turcs est déjoué à Constantinople. Les responsables sont exilés en Tripolitaine. |
| 1898
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Les Etats-Unis dAmérique demandent au sultan-calife Abdülhamit II,
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| 1899
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Le 23 décembre, un accord est signé pour la construction du chemin de |
| 1900
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La capitale ottomane atteint ses 900 000 habitants, sans les faubourgs. |
| 1901
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Affaire Lorando et Tubini. Ces
deux banquiers ottomans nont pu récupérer largent prêté au gouvernement.
Ayant, comme beaucoup dOttomans originaires dEurope occidentale, également la
nationalité française, les deux banquiers en appellent à la France pour recouvrer leur
créance. La France envoie des bateaux de guerre stationnés à Toulon, vers lîle
de Mytilène (Lesbos) et les Français occupent les douanes. La France obtient le
recouvrement de la dette contractée par le gouvernement ottoman auprès des banquiers
levantins et la reconnaissance officielle de toutes les institutions religieuses et
culturelles françaises (jusque là illégalement installées), sur le territoire ottoman.
Les autres puissances ne soutiennent pas lEmpire ottoman, mais au contraire,
sempressent, elles aussi, de faire reconnaître officiellement leurs propres
institutions. Restriction de limmigration juive en Palestine, malgré une entrevue entre le sultan et Théodore Herzl, fondateur du mouvement sioniste. Une commission mixte trace la frontière entre la colonie anglaise dAden et le Yémen ottoman. Les deux territoires seront réunis quen 1990. |
| 1902
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Congrès des Jeunes Turcs à
Paris. En violation flagrante des lois internationales, la France offre la possibilité à
lopposition ottomane, de se réunir sur son territoire afin dorganiser un coup
dEtat contre lEmpire ottoman. Le mouvement Jeunes Turcs qui prendra le pouvoir
plus tard, et lun des responsables des massacres dArméniens en 1915. Le mouvement Jeunes Turcs prend de lampleur chez les exilés ottomans de Genève, Londres et Paris, avec le soutien des gouvernements locaux. Le 23 septembre, insurrection bulgare dans la province de Salonique. Les forces de lordre arrivent à rétablir la situation, tandis que de nombreux insurgés se réfugient en Bulgarie. LAutriche-Hongrie et la Russie, qui ont chacune des visées territoriales en Macédoine, prévoient un plan de réformes quils imposeront aux Ottomans en 1903, avec lapprobation de la Grande-Bretagne, de la France et de lItalie, autres puissances ayant des vues dans les Balkans. Abd-ul-Aziz Ibn Saud, reprend Riyad et le Najd aux Ottomans. Il pose ainsi les bases de lArabie Saoudite |
| 1903
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Janvier, mort du beau-frère
du sultan, Damat Mahmut Celaleddin pacha à Bruxelles. Il fut un membre actif du mouvement
Jeunes Turcs, contre le régime dAbdülhamid II. Avril, la ville de Salonique est en proie à de violents troubles provoqués par des indépendantistes bulgares, grecs et serbes. Une bombe saute à la succursale de la Banque Ottomane, un navire français est coulé dans le port, les conduites de gaz explosent, les postes ottomanes sont attaquées. Des bombes explosent dans des lieux publics (cafés, gares, banques). Le 2 août, insurrection générale en Macédoine. Les postes de police et les petites garnisons, sont attaqués. Les voies de communications sont coupées (voie de chemin de fer, ponts, etc.). Les villes de Monastir et Krutchevo sont contrôlées par les insurgés. Pillage et destruction des villages musulmans. Le gouvernement ottoman a du mal à intervenir, sachant quune offensive contre les insurgés entraînerait lintervention immédiate des Russes, de lAutriche-Hongrie et certainement dautres puissances, officiellement pour protéger les populations chrétiennes, mais plus clairement, pour sy installer. Linsurrection de la Macédoine sétant à la Thrace orientale. Le consul de Russie à Monastir est assassiné par un soldat ottoman. Le 30 septembre, rencontre du tsar Nicolas II et de lempereur austro-hongrois François-Joseph de Habsbourg, à Mürzsteg, pour élaborer un nouveau plan pour la Macédoine. Le plan prévoit notamment, le re-découpage des trois provinces de Macédoine, selon des critères ethniques et religieux. |
| 1904
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Insurrection au Yémen ottoman
conduite par limam Yahya et poussée par la Grande-Bretagne qui occupe déjà Aden.
La ville de Sanaa est assiégée par 30 000 hommes de limam Yahya. La population est
affamée. La garnison se rend en avril. Le 29 août, mort du sultan Murad V au palais de Çiragan où il était enfermé depuis sa déposition en 1876. Il ny aura pas de cérémonie officielle pour ses funérailles, ce qui scandalisera lopinion publique ottomane. |
| 1905-1907 | Guerre Arméno-Tatare dans le Zanguezour (Caucase). |
| 1905
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La Russie perd son
linfluence dans les Balkans suite à une révolution intérieure et à la défaite
de la guerre contre le Japon. La Grande-Bretagne sintéresse de plus près à la
Macédoine. Les Bulgares de Macédoine deviennent plus conciliants à la suite daccords entre le gouvernement ottoman et la principauté autonome de Bulgarie, tandis que des bandes grecques, serbes et valaques, continuent de semer la terreur dans les trois provinces. Les puissances étrangères profitent de la situation en Macédoine, pour accroître leur contrôle sur le gouvernement ottoman. Le 29 juillet, le sultan Abdülhamid II échappe de justesse à un attentat commandité par des révolutionnaires arméniens. Lanarchiste stambouliote Edouard Jorris, dorigine belge et sympathisant de la cause arménienne avait déposé une bombe dans une voiture stationnée près de la tour de lhorloge de Yildiz, lors de la cérémonie du Selamlik. 41 personnes étaient impliquées dans le complot. Edouard Jorris sera pardonné par le sultan et envoyé comme agent de renseignements en Europe occidentale, pour le compte de la Porte. Le 27 octobre, le sultan refuse le plan de contrôle financier des puissances étrangères sur la Macédoine. La Russie, la France, la Grande-Bretagne et lAutriche-Hongrie rassemblent une flotte au Pirée, puis feront une démonstration navale devant lîle de Lemnos et celle de Lesbos. LAllemagne refuse de cautionner les autres puissances. Le 4 décembre, le sultan cède aux menaces européennes, une commission internationale sera envoyée en Macédoine et aura le contrôle des finances sur les trois provinces. Le mouvement dopposition des Jeunes Turcs sorganise. Les membres infiltrent larmée, la police et ladministration, tandis que des accords secrets sont passés avec les milieux nationalistes arméniens. |
| 1906
|
Reprise de la ville yéménite
de Sanaa, mais pertes énormes dans les rangs ottomans suite aux épidémies et aux
combats (30 000 victimes). Incidents dans le Sinaï ottoman occupé, avec lEgypte, par la Grande-Bretagne. Manifestations de la population égyptienne au Caire et à Alexandrie, en faveur des Ottomans, violemment réprimées par les forces doccupation. La Grande-Bretagne reçoit le soutien de la France et de la Russie. Larmée ottomane doit se retirer à Aqaba le 2 octobre. Formation de bandes albanaises dans la province macédonienne du Kosovo, qui se battent parfois contre les forces gouvernementales, parfois contre les bandes grecques, bulgares, valaques ou serbes. Les deux organes des Jeunes Turcs, le Comité Union et Progrès et la Société pour lInitiative privée et la Décentralisation, se renforcent en salliant au parti nationaliste arménien Dachnak. Création à Salonique de la Société ottomane de la Liberté, société secrète visant à rétablir la constitution. |
| 1906-1907 | Troubles sociaux en Anatolie (Diyarbakir, Van, Erzurum, Trébizonde). Les révolutionnaires demandent le rétablissement de la Constitution et sont encouragés par les succès des révolutions russes et iraniennes. |
| 1907
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La France, toujours en
violation des lois internationales, autorise un second congrès à Paris, réunissant les
forces dopposition au gouvernement ottoman : les Jeunes Turcs avec leurs
organes Union et Progrès et la Société pour lInitiative privée et la
Décentralisation, et les révolutionnaires socialistes arméniens du Dashnak. LAutriche-Hongrie et la Russie cherchent à imposer un projet de réforme de la justice pour la Macédoine. LAngleterre renforce la police internationale stationnée dans les trois provinces macédonienne. Elle demande aussi la diminution du nombre de soldats ottomans en Macédoine. Création de la compagnie pétrolière Anglo-Persian Oil Compagny, qui deviendra la British Petroleum (BP), qui jouera un rôle essentiel dans loccupation de la Mésopotamie, par lAngleterre, dès 1914. |
| 1908
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La population juive de Palestine est passée de 24
000 personnes en Février, le sultan accorde à
lAutriche-Hongrie, la concession de la construction du chemin de fer à travers le
Sandjak de Novipazar vers Salonique. Cette décision entraîne un rapprochement de la
Russie et de lAngleterre. |
| 1909
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Avril, la tension monte entre
le gouvernement (Comité Union et Progrès majoritaire) et lopposition, notamment le
parti religieux Union islamiste. Le 7 avril, assassinat dun du rédacteur en chef de La Liberté, principal journal dopposition aux Jeunes Turcs, sur le pont de Galata. Enorme manifestation lors des funérailles, le lendemain 8 avril, hostile au Comité dUnion et Progrès. Dans la nuit du 12 au 13 avril, soulèvement militaire contre le gouvernement qui prend la fuite. Le 14, la capitale ottomane est aux mains des rebelles. La province suit le mouvement. Le 14 avril, des émeutes se produisent à Adana, au cours desquelles plusieurs milliers dArméniens sont massacrés. Le Comité dUnion et Progrès a perdu la ville de Constantinople, mais contrôle la situation en Macédoine. Une armée daction, dirigée par Mahmut Sevket, marche sur la capitale. Le 24 avril, larmée daction stationnée à San Stefano (Yesilköy) depuis le 19, attaque la capitale et force les rebelles à se rendre. Les combats font 400 victimes et plus de 800 blessés. Le 26 avril, Le sultan Abdülhamid II est déposé et remplacé par son frère, le sultan Mehmet V Resad. |
| 1909-1918 | Règne du sultan Mehmet V Resad. |
| 1911
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Après une période
daffaiblissement due à la crise de 1909, lopposition refait surface au
parlement avec lEntente libérale. Octobre, lItalie envahie la Tripolitaine ottomane, la Cyrénaïque, puis occupe les îles du Dodécanèse. LAlbanie se révolte contre le pouvoir central |
| 1912
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Après la crise marocaine de
1911, lItalie est autorisée par les puissances à annexer la Tripolitaine et la
Cyrénaïque. Le 18 octobre, les Etats balkaniques, sommés par la Russie et lAngleterre de sentendre, attaquent lEmpire ottoman, en vue de se partager la Macédoine. La Grèce, la Serbie, le Monténégro et la Bulgarie, sallient contre les Ottomans. En quelques semaines les Bulgares prennent Edirne. La Grèce occupe lEpire et menace Salonique avec une autre armée bulgare au Sud. Le 9 novembre, Salonique, deuxième ville de lEmpire est envahie par les Grecs. Indépendance de lAlbanie, dorénavant coupée du reste de lEmpire. Des émissaires russes approchent Simko Agha, le chef kurde qui contrôle à partir de Qotur à la frontière ottomano-persane, la route reliant Van à Tabriz. Inondé de roubles et darmes, Simko est capable de créer une fédération kurde allant du Mont Ararat jusquau lac dOurmia. Les Kurdes commencent à attaquer les villages arméniens dans la haute vallée de lEuphrate, ce qui permet à la Russie dintervenir en leur faveur. Novembre, le Catholicos des Arméniens, patriarche dEtchmadzine, en territoire russe, adresse un appel à la Russie demandant le « protectorat » russe sur les Arméniens de lEmpire ottoman. Le gouvernement ottoman engage des réformes en Arménie ottomane, qui sont jugées insuffisantes par les Russes, qui réclament des gouverneurs européens occidentaux et russes, pour les vilayets orientaux. |
| 1913
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En début dannée, les
Bulgares parviennent à Catalca à 40 km de Constantinople. Raison pour que tous les
alliés de la Bulgarie, plus la Roumanie, se liguent contre elle. Elle perdra alors la
plus grande partie de la Macédoine, le sud de la Dobroudja au profit de la Roumanie, et
les Ottomans récupèrent la Thrace orientale avec Edirne. Elle conserve toutefois un
accès à la mer en Thrace occidentale. Janvier, attaque de la Sublime Porte. Le Comité dUnion et Progrès provoque un coup de force. Son instigateur, Enver Bey, pénètre avec des hommes armés dans la salle du Conseil des Ministres et oblige le gouvernement à démissionner. Les Jeunes Turcs installent une dictature sous leur contrôle, tandis que le grand vizir Mahmut Sevket pacha sera assassiné en juin. Les guerres balkaniques feront trois perdant (Empire ottoman, Autriche-Hongrie et Bulgarie), qui sallieront en 1914, surtout contre la Russie, la Grèce et la Serbie. Mai, Ibn Saud de la dynastie saoudienne, occupe le sandjak ottoman dAl-Hassa, atteignant le Golfe persique entre le Koweït et le Qatar. Le 3 juillet, conférence des ambassadeurs des grandes puissances à Constantinople, sur les bords du Bosphore pour régler la question arménienne. LAutriche et lAllemagne demandent une participation ottomane, qui est refusée par la Russie, parce que « la participation du représentant ottoman apportera un profond désenchantement dans le milieu des Arméniens ». Le 29 juillet 1913, traité de Qatar qui reconnaît la suzeraineté ottomane sur le Najd (émirat saoudien). Les Ottomans abandonnent leurs revendications sur le Qatar. Le traité fixe aussi les frontières du Koweït, à lintérieur duquel, ladministration ottomane ne pourra plus intervenir sans le consentement du gouverneur britannique. |
| 1914
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Le 7 mars, les puissances
dEurope occidentale imposent un roi au nouvel Etat albanais : lAllemand
Wilhelm von Wied. Le 28 juin, assassinat de lArchiduc François-Ferdinand dans la ville de Sarajevo, annexée par lAutriche-Hongrie 5 ans plus tôt, par un nationaliste serbe. LAutriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie et la guerre générale éclate le 6 août. La Roumanie et la Grèce restent neutres. Juillet, le parti arménien Dashnak convoque son 8e congrès à Erzurum quand la guerre éclate à la limite de lEurope orientale et de lEurope occidentale. A la fin du congrès, une délégation Jeunes Turcs, proposent aux Arméniens leur participation à la guerre (lempire ny entrera quen novembre), contre les Russes, leur offrant en contrepartie un Etat autonome comprenant les territoires transcaucasiens et des districts des provinces dErzurum, de Van et de Bitlis. On leur répond que le parti Dashnak a choisi la neutralité. Au même moment, le patriarche dEtchmiadzine (Etçemiyadzin), lance un appel à la Russie pour protéger les Arméniens du Caucase. Les Arméniens ottomans proposent des unités de volontaires pour aider les troupes russes. Septembre, accords secrets entre le Chérif de La Mecque et la Grande-Bretagne, contre lEmpire ottoman. Le 2 octobre, lAngleterre met au point le plan de partage de la Mésopotamie, un mois avant lentrée en guerre de lEmpire ottoman. Le plan débute par linvasion de Basra (Bassora) en Iraq. Le 24 octobre, le 2e détachement des volontaires arméniens ottomans, dont le commandant est un député arménien au parlement ottoman, part dIgdir en direction de Van. Ce détachement sera arrêté par larmée ottomane le 1er novembre. Mais un autre détachement mené Antranik, traverse Khoy et Qotur avant doccuper Saray à 70 km de Van. Larmée russe occupe le 24 novembre la ville de Baskale ou les habitants arméniens massacrent la population musulmane. Le 3 novembre, les forces britanniques débarquent dans le sud de lIraq, tandis que le cheikh du Koweït, allié à lAngleterre, occupe les forts de Safwan et dUmm Qasr, ainsi que lîle de Bubiyan (que les Koweïtiens ne quitteront jamais). La Grande-Bretagne offre la garantie de lindépendance du Koweït « sous protection britannique ». Le 11 novembre, la France, la Grande-Bretagne et la Russie déclarent la guerre à lEmpire ottoman, qui se voit contraint de se ranger du côté de lAutriche-Hongrie et de lEmpire allemand. Le même mois, lAngleterre, la Russie et la France se partage lEmpire ottoman : La Thrace, la rive droite des détroits, le Caucase et Constantinople à la Russie. La Cilicie, la Syrie et la Palestine à la France. La Mésopotamie et le golfe persique à lAngleterre. La Grande-Bretagne, qui occupe lEgypte ottomane depuis 1883, lannexe purement et simplement. Elle négocie et traite avec le Chérif de La Mecque, qui reçoit des armes, tout comme la province du Najd et les chefs yéménites. |
| 1915
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Janvier, larmée
ottomane perd 70 000 hommes dans loffensive de Sarikamis. Février-mars, offensive des troupes russes, françaises et anglaises, dans les Dardanelles. Larmée ottomane les repousse. Mars, accords secrets qui attribuent Constantinople à la Russie et la Grande Syrie (du Taurus à Gaza), à la France. Avril, les Français et les Anglais attaquent une deuxième fois les Dardanelles. Les Ottomans les repoussent une seconde fois. Le 20 avril, révolte des Arméniens de Van contre les Ottomans, massacres des musulmans de la ville. Mai, sur le front oriental de nombreux révolutionnaires arméniens se joignent à larmée russe. Talat pacha, Ministre de lIntérieur, prend la décision de déplacer la population arménienne dAnatolie orientale, vers la Mésopotamie. Le déplacement tourne au drame quand les convois se font attaquer par des pillards et des tribus kurdes et les membres de lOrganisation spéciale (groupe de volontaires placés sous le contrôle dEnver pacha, Ministre de la Guerre). Les historiens estiment entre 600 et 800 000 le nombre des victimes du massacre collectif sur une population totale dun million et demi dArméniens ottomans. Le 4 août, larmée russe et la population arménienne évacuent Van. 300 000 Arméniens se réfugient dans le Caucase russe pendant les hostilités. Octobre, les forces anglaises et françaises se retirent des Dardanelles et vont immédiatement violer la neutralité grecque en occupant la Macédoine et lEpire. La Bulgarie qui reçoit les territoires ottomans à louest de la Maritza, entre en guerre aux côtés des empires centraux. |
| 1916
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LAngleterre et les chefs
arabes du Proche Orient, narrivent pas à tomber daccord sur la Syrie et la
Haute Mésopotamie. Les premiers veulent en attribuer une partie à leurs alliés
français, tandis que les seconds veulent incorporer la Grande Syrie, avec le Liban, au
futur royaume arabe. Février, accords Sykes-Picot, sur le partage de lAnatolie orientale et du Proche Orient. Le 5 juin, révoltes dans les provinces arabes contre les autorités ottomanes, avec le soutien de lAngleterre, qui aboutiront à un quasi-fiasco. Juillet, alors que les forces russes occupent ou réoccupent la quasi-totalité des six provinces arméniennes ottomanes, le ministre russe des Affaires étrangères, envoie une note au tsar disant : « puisque la population arménienne, qui natteignait avant la guerre que le quart de la population totale, a encore diminué au cours des deux dernières années, je propose une administration directe au lieu dune autonomie, afin de ne pas saliéner les populations musulmanes ». |
| 1917
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Le 18 avril, accords de
Saint-Jean-de-Mauricienne, octroyant à lItalie une large zone au sud-ouest de
lAnatolie, allant de Smyrne (attribué à la Grèce) à la Cilicie (attribuée à la
France). Juin, les troupes anglaises et françaises occupent Athènes et déposent le roi (violation de la neutralité grecque). Octobre, la révolution russe éclate et apporte un soulagement sur le front oriental. Dénonciation par le pouvoir des Soviets de tous les accords secrets. Le 2 novembre, déclaration Balfour : « le gouvernement de Sa Majesté considère favorablement létablissement dun foyer national en Palestine pour la race juive » (sans préciser ni le statut futur, ni les limites de cette région). |
| 1918-1922 | Règne du sultan Mehmet VI Vahideddin |
| 1918
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Le 10 février, le sultan
Abdülhamid II meurt au palais de Beylerbeyi. Mars 1918, le traité de Brest-Litovsk est signé avec lUnion Soviétique. LEmpire ottoman recouvre ses territoires perdus en 1878 (provinces de Kars et dArdahan). Le 28 mai, naissance de la république de Géorgie (protectorat allemand), de lArménie (protectorat ottoman) et de lAzerbaïdjan. Juillet, les villages musulmans du Zanguezour sont pillés et la population massacrée, par des bandes arméniennes. Septembre, les Anglais et les Français attaquent la Bulgarie à partir de Salonique. Les Bulgares déposent les armes le 3 octobre. LEmpire ottoman, dont la capitale est directement menacée, est obligé de demander larmistice qui sera signé à Moudros, le 30 octobre. Dans la nuit du 1er au 2 novembre, les dirigeants Jeunes Turcs senfuient du pays. Le 4 novembre lempire Austro-hongrois éclate. |
| 1919-1922 | Guerre dindépendance. République turque contre lEmpire ottoman, la France, lItalie, la Grèce et la Grande-Bretagne. Larmée révolutionnaire turque engage la guerre contre les puissances étrangères occupantes et contre la monarchie ottomane. |
| 1919
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Traité de Saint-Germain. Les
pays balkaniques restés fidèles à lAngleterre, se voient récompensés. La Serbie
qui avait déjà doublé son territoire en 1913, le triple de nouveau en annexant la
Bosnie-Herzégovine, la Voïvodine, la Slavonie au nord de la Save, la Dalmatie, la
Croatie et la Slovénie. Elle absorbe en même temps le Monténégro et récupère sur la
Bulgarie, la région macédonienne de Strumitza. Elle devient également le royaume des
Serbes, des Croates et des Slovènes. Un conflit avec lItalie éclatera au sujet des
villes de Fiume et de Trieste. La Roumanie conserve la Bessarabie, mais doit céder la Dobroudja à la Bulgarie. Elle occupe la Transylvanie au printemps 1919. Elle revient aux frontières de 1913 avec la Bulgarie, en gardant la Bukovine et le Banat. La Grèce récupère la Thrace occidentale sur la Bulgarie et occupe la Thrace orientale ottomane, jusquà Silivri, aux portes de Constantinople et la ville et la région de Smyrne. Développement du mouvement kémaliste en Anatolie, qui lutte contre loccupation étrangère de lEmpire ottoman. Juillet, un premier congrès se réuni à Erzurum et groupe des représentant de lAnatolie orientale qui sopposent à la création dune grande Arménie. Septembre, le congrès de Sivas élargit à toute lAnatolie et à la Thrace, la volonté de former un Etat national turc à lintérieur des limites de larmistice du 30 octobre 1918. La frontière orientale serait celle du traité de Brest-Litovsk. Accord signé entre la Grèce et la Bulgarie visant à un échange de populations. 25 000 Grecs de Bulgarie sont échangés contre 60 000 Slaves de Macédoine. Le 25 août à la conférence de paix de Paris, marchandage sur lArménie ottomane, qui sera finalement abandonnée par les Anglais qui renforceront leur présence dans la région pétrolifère de Mossoul. Le 27 novembre, la France crée le Sandjak dAlexandrette sous administration française. La population locale, Turkmènes et Arabes, est unie contre loccupant. |
| 1920
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Le 24 janvier, accord de San
Remo sur le partage du pétrole de Mésopotamie entre lAngleterre et la France et
sur la fixation de la frontière Palestine-Syrie et sur les frontières de
lArménie. Le 8 mars, le Congrès Syrien, proclame Fayçal, parent du Chérif de La Mecque, roi de Syrie. Celui-ci se met tout de suite en conflit ouvert avec la France. Mai la France demande larmistice à larmée révolutionnaire turque de Mustafa Kemal, en Cilicie. Dès loccupation de la Cilicie, les forces françaises étaient attaquées par la résistance et ne pouvaient se maintenir que dans quelques villes du littoral. Les Wahhabites saoudiens sous le commandement dIbn Saud, profitent de leur protection anglaise pour soumettre des tribus arabes et de nombreux territoires dans le Golfe persique, dans le Djabal Shammar et au Hedjaz. Juillet, une révolte éclate en Mésopotamie contre loccupant anglais. Le 2 juillet, première aide russe au gouvernement révolutionnaire. Ankara reçoit de larmement et 500 kg dor de Moscou. Traité de Sèvres. La ville dIzmir (Smyrne) est accordée à la Grèce qui, après avoir mis la main sur la 2e ville de lempire en 1912 (Salonique), prend pied dans la 3e ville ottomane. La Grande-Bretagne maintient sa pression sur la Grèce et lencourage à avancer en Asie Mineure. Décembre 1920, lAlbanie rentre dans la Société des Nations. La France vote contre afin de soutenir la Grèce et la Serbie. |
| 1921
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Le 9 mars, première
participation kémaliste à une conférence internationale celle de Londres -, où
la France renonce à la Cilicie, mais pas encore au Sandjak dAlexandrette, tout en
essayant de maintenir ses privilèges économiques et culturels en Turquie. Laccord
sera repoussé par Ankara, à cause justement des privilèges français sur la Cilicie. Le 21 septembre, larmée grecque est stoppée par larmée révolutionnaire kémaliste. Elle commence une retraite sur Izmir. |
| 1922-1924 | Califat dAbdülmecid II. |
| 1922
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Larmée grecque est
jetée hors dAsie Mineure, et le gouvernement grec doit demander une armistice le 22
septembre (Mudanya, signée en octobre). Evacuation de la Thrace orientale et
dIzmir. LAlbanie récupère lEpire du Nord occupée par la Grèce. Août, les trois royaumes hachémites de Transjordanie, dIraq et de lHedjaz, installés par la Grande-Bretagne, sont directement menacés par les Wahhabites saoudiens. Le 10 octobre, lAngleterre crée un royaume en Mésopotamie-Iraq, et y installe le roi Fayçal chassé de Syrie par les Français. Le gouvernement révolutionnaire dAnkara, continue à revendiquer Mossoul. Le 22 novembre, conférence dUqair en présence des saoudiens, des iraqiens, et de quelques chefs de tribus, les Anglais impose la frontière entre lArabie saoudite et lIraq. Elle sera tracée en ligne droite par le représentant anglais. Deux « zones neutres », sont également décidées entre les deux pays, officiellement pour les tribus nomades, mais officieusement parce que le sous-sol est censé contenir du pétrole, sans que celui-ci soit clairement localisé. |
| 1923
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Le 15 mars, Mustafa Kemal
visite pour la première fois Adana libérée de loccupation française. Traité de Lausanne. Tout en mettant un terme à la guerre gréco-turque, le traité de Lausanne est un acte de reconnaissance par la communauté internationale de lEtat turc. En marge de la conférence de Lausanne, un accord entre le royaume de Grèce et la République turque a été signé, visant à échanger les populations orthodoxes de Turquie et musulmanes de Grèce. La Thrace occidentale et la ville de Constantinople, ne sont pas concernées par laccord. Le 23 octobre, proclamation de la République. Abolition de la monarchie. |
| 1924 | La Grande Assemblée nationale dAnkara, abolit le califat. |
| 1925
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LArabie saoudite attaque
la Transjordanie et le Hedjaz quelle annexe. Les Lieux Saints sont aux mains des
Wahhabites, que les Anglais ont projeté au pouvoir. Le 14 mars, le royaume dIraq, sous protectorat britannique est contrait de céder ses droits sur le pétrole de son territoire. La nouvelle répartition des parts est de 23.75 % chacun, pour la France (Compagnie française des pétroles) et pour les Etats-Unis (Esso et Mobil). La Grande-Bretagne, avec BP et la Shell, prend 47,5 %, tandis que Calouste Gülbenkian, reçois 5%. La guerre de 1914-1918, tant désirée par la Grande-Bretagne et dautres puissances impérialistes, commençait à porter ses fruits. LIraq nationalisera le pétrole de son territoire quen 1972. Avec du recul, on constatera que cest bien le pétrole qui mena de bout en bout la politique de lAngleterre et celle de la France en Asie Mineure et au Proche Orient. Même des implications qui pouvaient paraître lointaines, comme lexpédition grecque en Asie Mineure, la protection des Arméniens de lempire ou limplantation sioniste en Palestine, vues de Londres, nétaient que des éléments dans le grand échiquier du jeu pétrolier. Le 22 décembre, les Wahhabites occupent Médine, Ibn Saud est proclamé roi du Hedjaz et sultan du Najd. LUnion Soviétique, la France et lAngleterre sempressent de le reconnaître. |
| 1926 | Le 30 mai, signature à Ankara
de la « convention damitié et de bon voisinage entre la Turquie et la
Syrie », entre les autorités turques et françaises. Proclamation dindépendance du Sandjak dAlexandrette. |
| 1930
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Constantinople devient
officiellement Istamboul (Istanbul), nom turquisé de Stamboul, qui désignait jusque là,
uniquement le bout de la presquîle de Constantinople. Révoltes kurdes dans les provinces orientales de Turquie. Les partis kurde Khoybun et arménien Dashnak, se concertent en Syrie sous occupation française. |
A suivre |
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Rinaldo Tomaselli
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