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Histoire de la Turquie - Chronologie des principaux évènements historiques

 

 

1800-1930
1789-1807 Règne de Selim III.
1798-1801 Invasion française en Egypte ottomane. Les troupes de Bonaparte doivent se retirer en septembre 1801, après capitulation.
1802

 

La Grande-Bretagne s’empare d’Aden est en fait une colonie.
Le roi de Kartli lègue à sa mort, son royaume à la Russie
1803 La Russie occupe la Mingrélie, royaume géorgien du Caucase.
1804

 

Les Wahhabites s’emparent des Lieux Saints, les Ottomans perdent le contrôle du Hedjaz.
Révolte en Serbie alimentée par les Serbes de la Voïvodine autrichienne et appuyée par la Russie.
La Russie absorbe les principautés caucasiennes d’Imérethie et de Gourie
1806

 

Disparition de l’Empire romain germanique.
Ossétie est absorbée par la Russie.

1807 Le 29 mai, déposition du sultan Selim III après une révolte de l’armée et des religieux, contre ses réformes. Mustafa IV est proclamé sultan.
1808 Assassinat du sultan Selim au palais, ce qui provoque une contre-révolution. Le sultan Mustafa IV est déposé et Mahmut II est proclamé sultan.
1808-1839 Règne du sultan Mahmut II.
1810

 

Révoltes en Serbie, au cœur de l’Empire ottoman, contre le pouvoir central, soutenues notamment par la Russie.
L’Abkhazie est annexée par la Russie, ainsi que les khanats de l’Azerbaïdjan iranien
1812 Traité de Bucarest consacrant la perte de la Bessarabie au profit de la Russie
1815 Annexion par l’Autriche-Hongrie, des territoires dalmates.
1817 Autonomie de la Serbie.
1821

 

 

Alexandre Ypsilanti, avec l’aide d’une fraction pro-russe du patriarcat phanariote, organise une petite armée grecque en Russie et envahit la Roumanie. Les Roumains ne suivent pas et se retournent contre l’armée phanariote, sous la direction de Tudor Vladimirescu, qui est arrêté par les rebelles et exécuté. La Roumanie reste ottomane, mais les Phanariotes en perdent définitivement leur pouvoir (suppression de l’autonomie).
Révolte en Grèce sous l’impulsion des frères constantinopolitains Ypsilanti, avec le soutien des Grecs d’Odessa, du patriarche de Constantinople et des puissances étrangères.
1826 Le 15 juin, massacre des janissaires et suppression de leur corps d’armée, par Mahmut II.
1827

 

Insurrection en Grèce soutenue par la France, la Grande-Bretagne et la Russie. Le gouvernement central fait appel à la flotte du khédive d’Egypte. La répression égyptienne est violente et entraîne l’intervention des puissances qui brûlent les navires égypto-ottomans à Navarin. L’armée russe attaque par la Bessarabie et descend jusqu’à Edirne (Andrinople).
1829

 

 

La Russie impose un traité à l’Empire ottoman (traité d’Andrinople), qui consacre l’indépendance de la Grèce et l’annexion par la Russie du delta du Danube et de la Meskhétie, dans le Caucase ottoman (Akhaltsikh, Akhalkalaki et Sourmalou).
Le sultan interdit les costumes orientaux et rend obligatoire l’habit et l’uniforme occidental. Le fez remplace toutes les formes de turbans. L’habit traditionnel de chaque communauté est autorisé uniquement pour les femmes et les hommes de religion.

1830 

 

Indépendance de la Grèce.
Mehmet Ali pacha, vice-roi d’Egypte (province ottomane autonome) occupe la province de Syrie
Invasion de l’Algérie ottomane par la France.
1831 Premier journal officiel le Takvim-i Vekayi.
1832 Le Traité de Londres ratifie l’indépendance de la Grèce et érige l’île de Samos, qui avait participé à l’insurrection grecque, en principauté autonome.
1835 Renforcement du pouvoir ottoman en Cyrénaïque et en Tripolitaine.
1838-1839 La Porte signe une série d’accords avec les puissances étrangères qui ouvrent le marché intérieur et qui va entraîner l’empire dans une dépendance économique
1839-1861 Règne du sultan Abdülmecid Ier
1839 Proclamation du rescrit de Gülhane annonçant de grandes réformes dans l’empire (Tanzimat). Egalité de tous les sujets de l’Empire ottoman.
La province de Syrie tombe à nouveau sous l’autorité de Constantinople après l’occupation par Mehmet Ali d’Egypte.
1840 Le Hedjaz est de nouveau occupé par les Ottomans.
Installation des réfugiés polonais, dont leur pays est occupé par la Russie, dans la région anatolienne du Bosphore (Polonezköy - Adampol)
1840-1841 Crise d’Orient. Lutte de pouvoir entre la France et l’Angleterre pour le contrôle de l’Egypte ottomane.
Reconnaissance du pouvoir héréditaire à Mehmet Ali sur l’Egypte ottomane.
1849  Implantation de l’armée ottomane sur les côtes du Yémen (Tihama).
1853

 

Déclaration du tsar Nicolas Ier à l’ambassadeur anglais Hamilton Seymour : « Nous avons sur les bras un homme malade. Ce serait un grand malheur s’il devait nous échapper. Entendons-nous pour partager son héritage. » A partir de cette date, l’Empire ottoman sera désigné comme « l’homme malade de l’Europe ».
1853-1856

 

Guerre de Crimée qui éclate sur une question religieuse : la dispute de la garde des Lieux saints à Jérusalem entre catholiques latins (soutenus par la France) et orthodoxes (soutenus par la Russie). La Russie a également des visées territoriales sur l’Empire ottoman. Soutien de la France et de l’Angleterre à l’intégralité du territoire ottoman.
1855 Première communication télégraphique entre Constantinople et le reste de l’Europe.
1856

 

 

 

 

Traité de Paris (mars). La mer Noire est démilitarisée (la Russie ne peut y entretenir une flotte de guerre). L’Empire ottoman est admis dans le concert européen et le principe de non-intervention dans les affaires ottomanes, est consigné dans le texte du traité. Réunion des principautés de Valachie et de Moldavie qui formeront la nouvelle principauté autonome de Roumanie
Renforcement des principes des réformes du Tanzimat (liberté des cultes, l’égalité civile, représentation accrue des non-musulmans dans les institutions et l’administration de l’Etat.
L’emprise économique des Européens occidentaux, s’intensifie sur l’Empire ottoman avec la construction de la ligne de chemin de fer Smyrne-Aydin, la création de la Banque ottomane, tous deux à capitaux anglais.
Début de l’endettement de l’Empire ottoman avec un emprunt de 2,5 millions de livres turques pour couvrir les frais de guerre. Dépenses inconsidérées des sultans Abdülmecid et Abdülaziz, et de la plupart des membres de la famille impériales qui se font construire de somptueux palais le long du Bosphore et de la Corne d’Or.
1858 Promulgation du nouveau code pénal et d’un nouveau code foncier.
La Svanetie (Caucase) est annexée par la Russie. Nombreux réfugiés svanes dans l’Empire ottoman, qui sont installés notamment sur la mer Noire.
1859 Le cheikh Chamyl, chef des résistants du Daghestan à l’invasion russe, est capturé.
1860 Tentative de sédentarisation des tribus kurdes et druzes.
1861-1876 Règne du sultan Abdülaziz.
1861-1864 Les principales communautés religieuses autonomes (millet), sont encouragées par l’Etat, à se doter de constitutions. Le système des millet, nations religieuses autonomes, devient encore plus institutionnalisé.
1862 Visite officielle du sultan Abdülaziz et de ses neveux, le prince héritier Murad et le prince Abdülhamid, en Egypte, où la population leur réserve un accueil chaleureux.
1863 La Grèce tombe dans le giron de l’Angleterre, qui lui fait cadeau des îles ioniennes qu’elle occupait.
1864-1867 Réorganisation de l’administration provinciale.
1864 Les Circassiens qui résistaient toujours à l’invasion russe dans le Caucase, déposent les armes. Un nombre considérable de réfugiés arrivent dans l’Empire ottoman. Ils sont installés notamment dans les provinces orientales d’Asie Mineure.
1865

 

Création de la société secrète des Jeunes Ottomans par des journalistes et des écrivains, dont le poète Namik Kemal. Contraints de s’exiler, les membres de cette société continueront à conspirer contre l’empire, dans les principales villes d’Europe occidentale (Paris, Genève, Londres).
Epidémie de choléra au Hedjaz, 30 000 pèlerins y trouvent la mort.

1867

 

 

 

Voyage officiel du sultan Abdülaziz et des princes Murad, Yusuf Izzeddin et  Abdülhamid en Europe occidentale (Paris, Londres, Berlin, Vienne).
L’empire concède aux étrangers le droit de propriétés foncières, qui entraînera par la suite la question d’une colonisation foncière, prélude à une colonisation pure et simple, qui inquiète les milieux gouvernementaux.
Révoltes des paysans chrétiens en Herzégovine et en Crète, contre l’administration centrale et contre la bourgeoisie musulmane.
La Serbie occupe définitivement Belgrade, ancienne place forte hongroise. En compensation, l’Autriche-Hongrie, par le baron von Hirsch, obtient la concession des chemins de fer de Roumélie.
Une armée ottomane débarque dans la région d’Antioche-Alexandrette afin de « pacifier » et sédentariser les tribus turkmènes. A cet effet, les villes d’Islahiye, d’Hassa et Reyhaniye sont fondées dans la vallée du Karasu, affluant de l’Oronte.

1868 Création du Conseil d’Etat afin de préparer les règlements et les lois.
Ouverture du lycée impérial de Galatasaray (de langue française).
1869

Mort du grand vizir Fuad Pacha, l’un des plus grands réformateurs ottomans.
Ouverture du canal de Suez.

1870 Renforcement du sentiment religieux dans les populations musulmanes de l’empire, provoqué par l’arrivée massive des réfugiés musulmans de Crimée et du Caucase, les révoltes incessantes des orthodoxes des Balkans et par les privilèges accordés aux chrétiens, par le gouvernement ottoman. Les musulmans à l’extérieur de l’Empire ottoman, victimes de la colonisation impérialiste occidentale, demandent l’aide du sultan-calife.
1871

 

Conférence de Londres. Les Russes obtiennent la révision du traité de Paris. Ils peuvent dorénavant entretenir une flotte de guerre en mer Noire et des bases militaires. La Russie s’investie d’une mission de soutien des peuples slaves (panslavisme) afin de donner une nouvelle dimension à l’expansionnisme russe au détriment de l’Empire ottoman.
1872 Le prince-héritier Murad, entre en franc-maçonnerie et se lie à la société secrète des Jeunes Ottomans.
1873-1874 Famine en Anatolie orientale.
1875

 

 

Révolte des paysans orthodoxes d’Herzégovine (juillet) et de Bosnie (août), encouragée par la Serbie autonome, la Russie et l’Autriche. Cette révolte provoque une série de crises politiques et financières dans la capitale. Le Monténégro autonome vient à l’aide des rebelles, suivit de la Serbie autonome.
Le 6 octobre 1875, le grand vizir Mahmud Nedim annonce la cessation partielle de paiement de l’Etat. Les porteurs de bons ottomans, recevront la moitié des intérêts dus pendant cinq ans. Toute l’Europe traverse une dépression économique, et la banqueroute de l’Etat ottoman entraînera une flambée de la turcophobie dans l’opinion publique. 
1876

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La révolte de Bosnie-Herzégovine prend de l’ampleur et attire l’attention de l’Autriche-Hongrie et de la Russie, qui ont toutes deux des visées territoriales dans les Balkans ottomans
Le Monténégro est en état de rébellion.
Mai : des révolutionnaires bulgares, soutenus par la Russie et la Serbie, déclenchent une insurrection dans la région de Filibe (Plovdiv). Massacres des paysans musulmans par centaines, dans la région. La répression des autorités sera brutale, faisant des milliers d’autres victimes, et va susciter des réactions très vives dans l’opinion publique d’Europe occidentale. Les consuls d’Allemagne et de France à Salonique, seront assassinés le 6 mai par une foule en colère.
Le 10 mai, grande manifestation populaire devant la mosquée du Conquérant (Fatih), contre le sultan, le grand vizir et le gouvernement, incapables de protéger les musulmans des Balkans. Le 30 mai, deux bataillons prennent position autour du palais impérial de Dolmabahçe et procèdent à l’arrestation du sultan Abdülaziz qui est destitué et remplacé par le Murad V.
Le 2 juin, le sultan Murad V se rend à Sainte-Sophie, acclamé par l’ensemble de la population stambouliote, musulmans, juifs et chrétiens réunis.
Le 4 juin, Abdülaziz est trouvé mort dans sa résidence de Feriye. Les médecins concluent au suicide, mais il s’agit d’un assassinat commandité par le vizir Midhat pacha.
Le 30 juin, le prince Milan de Serbie, déclare la guerre à l’Empire ottoman, suivi par le Monténégro, le lendemain. La Russie envoie des « volontaires » et des conseillers militaires en Serbie et au Monténégro.
Le 31 août, déposition du sultan Murad V, incapable de régner pour cause de maladie nerveuse, de troubles mentaux et d’alcoolisme. Abdülhamid II est proclamé sultan.
Septembre, publication à Londres de « Bulgarian Horrors », qui sera un des instruments de la propagande anglaise contre l’Empire ottoman.
Octobre-novembre : L’armée ottomane remporte de larges succès face à la Serbie, et reprend en quelques mois le Sandjak de Yenipazar (Novipazar), Aleksinatz et marche sur Belgrade. Le prince Milan appelle la Russie au secours, ce qui attire l’attention des Anglais, bien décidés à ne pas laisser l’expansionnisme russe sans limite dans les Balkans. Les Anglais proposent une conférence internationale à Constantinople afin d’imposer des réformes dans les Balkans, ce qui signifie une véritable ingérence dans les affaires ottomanes.
Le 23 décembre, proclamation de la Constitution. Abolition de l’absolutisme, égalité de tous devant la loi, reconnaissance aux Ottomans chrétiens des droits et des devoirs à égalité.  L’Empire ottoman devient officiellement une monarchie constitutionnelle.
Le 23 décembre, ouverture de la Conférence de la Corne d’Or, au palais de l’Amirauté, réunissant la Russie, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, l’Italie, la France et les représentants ottomans. Les puissances étrangères veulent imposer des modifications de frontières en Serbie et au Monténégro et veulent créer deux préfectures en Bulgarie afin de séparer les musulmans et les chrétiens. Les Ottomans n’accepteront pas l’ingérence étrangère ni l’atteinte à l’intégrité territoriale de l’empire.
1877

 

 

 

 

 

 

 

Le 15 janvier, convention secrète entre la Russie et l’Autriche-Hongrie (partage des Balkans) : en cas de guerre russo-ottomane, le gouvernement austro-hongrois resterait neutre en échange de quoi, il pourrait occuper la Bosnie-Herzégovine. La Russie s’engage à ne pas intervenir dans la partie occidentale des Balkans.           
Le 20 janvier, la Conférence de la Corne d’Or se termine par un échec.
Le 28 février, signature du traité de paix avec le prince Milan, qui craint que la Serbie autonome, ne fasse les frais des accords austro-russes.
Le 18 mars, nouvelle convention entre la Russie et l’Autriche-Hongrie : L’Autriche se réserve le droit d’annexer la Bosnie-Herzégovine, la Russie, d’annexer la Bessarabie perdue au traité de Paris. Aucun grand Etat slave ne pourrait être formé dans les Balkans. En cas de désintégration de l’Empire ottoman, la Grèce annexerait la Thessalie, le nord de l’Epire et la Crète, alors que Constantinople deviendrait une ville franche.
Mars : Dostoïevski écrit dans un journal : « Constantinople doit être à nous, afin de libérer l’orthodoxie de la barbarie musulmane et de l’hérésie occidentale ». Il est le porte-parole d’une opinion publique russe autant turcophobe qu’anti-occidentale.
Le 24 avril, après la signature d’une convention avec la Roumanie, les troupes russes pénètrent dans l’empire en franchissant le Pruth. Dans le Caucase, les armées russes se dirigent vers Ardahan, Beyazit et Kars. Les troupes russes ne rencontrent que peu de résistance à leur avance, à travers la Roumanie et de la Bulgarie. Après quelques défaites des armées russes en juillet, le front oriental cède avec la prise de Kars, puis le 10 décembre, c’est autour de la ville de Plevna en Roumélie. Les victoires militaires russes incitent les Serbes à reprendre les armes contre les Ottomans. Ils prennent Pirot, Nich et font leur jonction avec les Russes à Sofia.
1878

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au mois de janvier, c’est autour des Monténégrins de profiter des défaites ottomanes : ils occupent Bar (Antivari) et Ülgün sur l’Adriatique. La Grèce, décide au dernier moment de participer à la guerre contre l’Empire, dans l’espoir d’annexer l’Epire et la Thessalie. Les Russes prennent la ville d’Edirne le 20 janvier et se dirigent vers Constantinople. L’armistice est signé à Edirne le 31 janvier, mais les troupes russes avancent encore vers la capitale ottomane jusqu’en février et stationnent à Yesilköy (San Stefano), à dix kilomètres de Constantinople. Les Anglais, soucieux de voir les Russes dans la zone des Détroits, passent avec leur flotte les Dardanelles et jettent l’ancre au large des îles des Princes.
Abdülhamid renvoie le parlement (février).
Traité de San Stefano. La Russie impose à l’Empire ottoman, la création d’une grande Bulgarie, s’étendant sur la Macédoine, avec un accès à la mer Egée. Elle aura le statut d’Etat autonome et sera occupée pendant deux ans par l’armée russe. La Roumanie, la Serbie et le Monténégro seront reconnus comme Etats indépendants. La Russie annexe la Bessarabie et donne en compensation la Dobroudja à la Roumanie. Le Monténégro triple son territoire et obtient un accès à l’Adriatique. La Crète et la Bosnie-Herzégovine deviennent autonomes. Ardahan, Batoum, Kars et Bayezit sont annexés par la Russie. Un statut particulier doit être appliqué dans les régions d’Anatolie orientale, favorisant les populations arméniennes et les protégeant contre les Kurdes. L’Empire ottoman, à titre de dommages de guerre, se voit contraint à payer 35 millions de livres turques à la Russie. Le traité de San Stefano sera ratifié le 17 mars.
Les puissances d’Europe occidentale, notamment l’Autriche-Hongrie et l’Angleterre, réussissent à forcer les Russes à réviser le traité de San Stefano. Bismarck, en médiateur, propose une conférence à Berlin.
Le gouvernement anglais propose de soutenir les Ottomans au futur congrès de Berlin et promet d’intervenir en cas d’attaque russe en Anatolie orientale. Les conditions en sont : des réformes avec l’aide de la Grande-Bretagne dans les provinces arméniennes, et que l’île de Chypre soit occupée provisoirement par les Britanniques.
Le 20 mai, putsch manqué, organisé par l’ex-directeur du lycée de Galatasaray, Ali Suavi.
Le 4 juin, signature de la convention secrète entre les Anglais et les Ottomans : l’île de Chypre est sous administration anglaise, dans le cadre de l’Empire ottoman.
Le 13 juin, ouverture du congrès de Berlin et trahison des Anglais qui viennent de mettre la main sur Chypre. Ils proposent l’occupation de la Bosnie-Herzégovine par l’Autriche-Hongrie et un gain territorial grec en Epire et en Thessalie. Le « Congrès de la Honte », comme il convient de l’appeler a pour acteurs les mêmes participants qu’au traité de Paris (Russie, Autriche-Hongrie, Italie, Allemagne, Grande-Bretagne, Empire ottoman et France). Les représentants ottomans, Alexandre Karatodori et Mehmet Ali pacha, un Prussien naturalisé, sont traités avec mépris, comme tous les peuples des Balkans dont l’avenir dépend du traité, et qui n’ont pas été invités à participer à la conférence.
Le 13 juillet, signature du traité de Berlin, qui remplace celui de San Stefano. L’Angleterre et l’Autriche-Hongrie sont les grandes gagnantes. Ces deux Etats obtiennent d’importants gains territoriaux, alors qu’ils n’ont pas participé à la guerre. L’Empire ottoman, perd plus de 200 000 km² avec une population de près de cinq millions et demi d’habitants. La Bulgarie, réduite aux frontières du Danube et aux Rhodopes, est érigée en principauté, dépendante de l’empire. Au Sud, une province autonome, avec un gouverneur chrétien est crée (Roumélie orientale). La Serbie est déclarée indépendante et s’agrandit de la région de Nich. Le Monténégro s’agrandit du port de Bar (Antivari). Le Sandjak de Novipazar (Yenipazar) est occupé militairement par l’Autriche-Hongrie. La Russie conserve les provinces de Kars et d’Ardahan. La Grèce obtient une révision de frontières avec des gains territoriaux importants en Thessalie, moindres en Epire. Les Arméniens ottomans obtiennent un contrôle des réformes et améliorations promises par la Porte dans les provinces d’Anatolie orientale, et une protection contre les Circassiens et les Kurdes. Ils n’obtiennent pas l’autonomie qu’ils espéraient.
Les Arméniens de Zeytinlik (Zeïtoune) se révoltent ainsi que les Druzes du Hauran.
Troubles en Anatolie orientales. L’armée étant au front, les tribus kurdes se sont livrées librement au pillage des villages arméniens et des révoltes se sont produites dans le Dersim, à Siirt, à Mus et à Hakkari.
1879

 

 

 

 

 

Résistance de la population orthodoxe et musulmane à l’occupation autrichienne de la Bosnie et de l’Herzégovine. Le sultan Abdülhamid n’intervient pas.
L’Angleterre a des projets de construction d’une ligne de chemin de fer en Mésopotamie et entrevoit la possibilité d’un protectorat sur la « Turquie d’Asie ».
L’Angleterre refuse de financer les réformes prévues en Asie Mineure, par la convention de Chypre.
En juillet, les Anglais et les Français contraignent le sultan à destituer le khédive d’Egypte, Ismail pacha, qui est remplacé par Tefvik pacha, plus docile.
Dès la fin de l’année 1879, l’Angleterre, autrefois la meilleure alliée de l’empire, devient son principal ennemi. Il devient urgent à trouver d’autres alliés. L’Autriche-Hongrie lorgne sur Salonique et la France sur la Syrie, tout en soutenant la Grèce contre l’empire.
Entre 1877 et 1879, les réfugiés musulmans, fuyant les massacres, refluent par centaines de milliers vers la Macédoine et la Thrace. Ils sont originaires de Valachie, de Moldavie, de Bessarabie, de Serbie, de Bulgarie, de Thessalie et du Monténégro. On estime à 1 500 000 le nombre total des réfugiés balkaniques.

1879-1880 Famine en Anatolie orientale, particulièrement dans les provinces de Van, de Diyarbakir et d’Erzurum.
1880

 

 

 

Malgré la résistance des Albanais ottomans, la ville d’Ülgün  (Dulcigno) est occupée par le Monténégro, puis annexée,   après les menaces navales des puissances occidentales.
Révolte du chef kurde, l’agha Ulbeydullah bien décidé à ne pas laisser s’implanter un Etat arménien dans la région. Il crée une ligue en espérant jouir d’une autonomie à la bulgare. En octobre, il entreprend une expédition contre l’Iran, mais pris en tenaille entre l’armée iranienne et l’armée ottomane, il sera capturé et emmené à Constantinople.
La Grande-Bretagne signe un traité avec l’émir de Bahrein et accentue sa présence dans le Golfe persique.
Inquiétant accroissement de la population d’origine italienne en Tunisie (plus de 10 000 personnes). 

1881

 

 

 

 

 

Naissance de Mustafa Kemal à Salonique.
Troubles en Albanie et mouvement indépendantiste en Syrie (Beyrouth et Damas), soutenus par les Anglais.
Manifestation au Caire contre les Européens occidentaux, les Turco-circassiens (classe dirigeante) et le khédive.
En décembre, un accord est signé entre le gouvernement et les créanciers étrangers de l’Etat. Un conseil d’administration de la Dette publique ottomane est crée. Il deviendra plus tard, une sorte d’Etat financier dans l’Etat, qui contrôlera un tiers des revenus de l’empire, employant plus de sept mille personnes. Pièce maîtresse de l’impérialisme occidental dans l’Empire ottoman.
Invasion du Beylik de Tunisie par les Français, provoquant un afflux de réfugiés en Tripolitaine (plus de 100 000 personnes), où la résistance tunisienne s’organise avec l’aide du sultan. Le gouvernement ottoman, ne reconnaîtra pas le « protectorat » français sur la Tunisie et considérera les Tunisiens comme citoyens ottomans à part entière.
Renforcement de la présence ottomane en Cyrénaïque et en Tripolitaine, face aux menaces françaises et italiennes.
Arrivée en Anatolie de 500 000 réfugiés du Caucase russe, essentiellement des Mégréliens, des Circassiens et des Géorgiens, de confession musulmane.
1882

 

 

 

11 juillet, les Anglais bombardent Alexandrie prétextant de rétablir l’ordre en Egypte en proie à de violents troubles contre le khédive et l’administration franco-britannique des finances. Puis, occupation de l’Egypte ottomane par les Anglais (violation de l’intégrité territoriale ottomane).
L’Empire ottoman, doit se trouver de nouveaux alliés parmi les puissances européennes et se rapproche du seul Etat n’ayant pas de visées territoriales dans les possessions ottomanes : l’Allemagne. Une dizaine de conseillers allemands arrivent à Constantinople, rompant l’isolement diplomatique dans lequel se trouvait le sultan Abdülhamit depuis le congrès de Berlin.
Fondation de la Chambre ottomane du Commerce.
Fondation en Palestine ottomane, de l’organisation nationaliste juive, les Amants de Sion, colonie agricole destinée à accueillir les survivants des pogroms en Europe centrale. Plusieurs milliers de juifs s’installent Palestine, à Constantinople, à Smyrne, à Salonique et à Edirne.
1883-1885 Révolte au Soudan ottoman. Le khédive d’Egypte en perd le contrôle.
1883

 

La Dette publique fonde la Régie des Tabacs qui a le monopole des tabacs, une des principales richesses de l’Empire ottoman. La Régie comptera jusqu’à 8 800 employés, essentiellement des Ottomans, les cadres étant uniquement des Européens occidentaux.
Fondation de l’Académie des Beaux-Arts à Constantinople.
1884 L’ancien grand vizir Midhat pacha est retrouvé assassiné dans sa prison.
1884

 

 

 

 

L’Allemagne augmente ses livraisons d’armes à l’Empire ottoman. En l’espace de quelques années, la France et l’Angleterre se sont trouvées évincées du marché militaire ottoman.
Des révolutionnaires bulgares attaquent le palais du gouverneur à Filibe, en Roumélie orientale. Le gouverneur en est chassé, tandis que le prince de Bulgarie, Alexandre de Battenberg, se fait proclamer « prince de la Bulgarie du Nord et du Sud ». La Roumélie orientale est annexée, mais le sultan Abdülhamit n’intervient pas. La Bulgarie reste vassale de l’empire.
Les puissances étrangères augmentent leur présence commerciale et culturelle dans l’empire. Multiplications des consulats, ouverture de bureaux de poste étrangers, augmentation des écoles étrangères ouvertes par des ordres religieux catholiques et des missions protestantes. Plusieurs dizaines de milliers d’élèves, généralement des Ottomans non-musulmans, fréquentent les écoles françaises. Les missions protestantes américaines se développent en Anatolie orientale. Les missionnaires construisent également des églises, des dispensaires, des imprimeries.
1885 Création à Van du parti Armekan à tendance autonomiste
1886

Création de la Société Saint-Sava en Macédoine, société à but culturelle pour la prise de conscience nationale serbe en Macédoine.

1887

 

Création à Genève du parti révolutionnaire socialiste arménien le Hintchak. Les membres, originaire essentiellement du Caucase, réclament l’indépendance des territoires ottomans peuplés d’Arméniens et encouragent le terrorisme et la lutte armée, afin d’y parvenir.
La politique de russification entreprise par Alexandre III, entraîne un flot de réfugiés en Anatolie et en Macédoine, principalement des Tatares de Crimée, des Tatars de Kazan et des Abkhazes, des Azéris et des Ossètes du Caucase.
1888  Création de la Banque Agricole (Ziraat Bankasi) afin d’accroître le développement de l’agriculture dans l’empire.
La concession du chemin de fer d’Anatolie est accordée à la Deutsche Bank.
1889

 

 

 

 

 

 

Avril – mai, le chef kurde Musa Bey, se livre à des violences contre les villages arméniens de la région de Mus. Villages incendiés et rapts de femmes. De telles violences sont assez habituelles en Anatolie orientale, mais elles prennent des proportions qui font réagir la population arménienne de tout l’Empire. Musa Bey sera traduit en justice à Constantinople, mais sera acquitté à la surprise générale.
Avril – septembre, des bandes arméniennes déguisés en Kurdes, traversent la frontière en provenance d’Iran.
Juin, l’Albanais Ibrahim Temo, le Circassien Mehmet Resid, le Kurde Abdullah Cevdet et le Turc Ishak Sükuti, fondent le mouvement des Jeunes Turcs. Ils vont lutter contre le pouvoir du sultan Abdulhamid II. Le directeur de l’Instruction publique de la préfecture de Brousse, en voyage officiel lors de l’exposition universelle à Paris, demande l’asile politique en France. Ahmet Riza fondera à Paris, l’action militante du mouvement des Jeunes Turcs.
Juillet, le bateau Ertugrul quitte le port de Constantinople pour une visite officielle au Japon. L’équipage est touché par une épidémie de choléra au Japon et le bateau coulera lors d’un ouragan, au retour. 69 survivants sur 610 membres d’équipage.
Août : le premier train de l’Orient Express entre en gare de Sirkeci.
Abrogation du pacte d’Halepa, attribuant à la Crète une autonomie et un gouverneur orthodoxe à la suite de troubles indépendantistes.
Novembre, visite officielle de l’empereur d’Allemagne, le Kaiser Guillaume II, qui symbolise le rapprochement des deux pays après les invasions françaises et anglaises dans certaines parties de l’empire, qui a provoqué la fin des alliances traditionnelles.
1890

 

 

Création à Tiflis de la Fédération révolutionnaire arménienne (Dashnak / Tasnak). Ce nouveau parti demande des réformes pour les provinces arméniennes ottomanes, mais pas l’indépendance.
Juillet, le parti arménien Hintchak organise une grande manifestation à Constantinople. Les participants occupent le patriarcat arménien de Kumkapi et forcent le patriarche à les accompagner au palais du sultan, pour y déposer une pétition. L’intervention policière fait plusieurs victimes.
Le parti arménien Dashnak fortement implanté en Iran, organise la propagande anti-ottomane en Anatolie orientale, dans l’espoir de soulever la population locale. Le parti Dashnak cherche également à rallier les Kurdes à leur cause, sans succès.
1891

 

 

 

 

 

 

Le sultan Abdulhamid II crée une cavalerie kurde (Hamidiye) sur le modèle des Cosaques russes, en espérant canaliser le pouvoir des aghas de l’Anatolie orientale.
L’agitation arménienne prend de l’ampleur en Anatolie centrale et orientale, tandis qu’un courant arménophile s’étant en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et en Suisse, encouragé par les missions protestantes dans l’empire. Les ambassadeurs ottomans à Washington (l’orthodoxe Mavroyeni pacha) et à Londres (le catholique Rüstem pacha), essaient de contrecarrer les projets missionnaires, visant à monter l’opinion publique des Européens occidentaux et des Américains, contre l’Empire ottoman.
La Grande-Bretagne et l’Iran financent les mollahs chiites d’Iraq afin de provoquer des troubles contre le pouvoir ottoman dans la région des villes saintes chiites et la Basse Mésopotamie.
Envoi de missionnaires hanéfites à Bagdad pour convertir les populations chiites, sur le modèle des missions européennes et américaines, fortement présentes en Anatolie orientale. D’autres missions seront envoyées dans les régions à forte présence alévie, yézidie ou nosaïrie afin de convertir ces populations considérées comme hérétiques – en fait, non musulmanes -, à l’islam sunnite. D’autres missions hanéfites seront également envoyées en Syrie, en Paphlagonie (Sivas) et en Transjordanie, afin de contrer les missions catholiques et protestantes très actives.
La Ligue pangermaniste, envisage d’installer des colons allemands en Anatolie. Le projet n’aboutira pas, mais une petite colonie sera finalement installée dans la région du Caucase ottoman
18 92

 

Fondation de l’Ecole des Tribus à Constantinople afin d’augmenter le niveau d’instruction des tribus nomades ou semi-sédentarisées de l’empire (Kurdes, Albanais, Bédouins, Arabes, etc.).
Le commandant du Régiment des Réformes, Ömer Vehbi pacha, tente par la force de convertir les Yézidis à l’islam et saccage avec la troupe, le sanctuaire sacré de Lalis. Il est rappelé à Constantinople par le sultan
1893

 

 

 

L’Affaire Dreyfus en France, scandalise la population ottomane et des manifestations de soutien à la communauté juive, sont organisées dans les trois principales villes de l’empire (Constantinople, Smyrne et Salonique).
Construction d’une chapelle commémorative à San Stefano (Yesilköy), dans la banlieue de Constantinople, où les Russes s’étaient avancés en 1878.
Création de l’Organisation intérieure de la Macédoine, visant à émanciper la Macédoine de la domination ottomane.
Aboutissement du véritable premier recensement de la population ottomane, commencé en 1891. L’empire compte 17,5 millions d’Ottomans, d’ethnies et de religions différentes. Décroissement de la population musulmane de l’Empire, à peine compensée par l’arrivée des réfugiés du Caucase russe et des Balkans.
1894

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Insurrection dans le sud de l’Assyr (Yémen).
Tentative d’assassinat contre le patriarche arménien de Constantinople, Mgr Asikyan (Achikian), jugé trop ‘pro-ottoman’, par un révolutionnaire arménien.
10 juillet, violent tremblement de terre à Constantinople faisant des milliers de victimes et des dommages considérables. La censure hamidienne interdit de communiquer le nombre total des victimes et des réfugiés. L’aide est distribuée sans égard à l’appartenance communautaire.
Juillet, soulèvement arménien dans le Sasun, préfecture de Bitlis, contre les chefs des nomades kurdes qui veulent leur faire payer tribut aux paysans arméniens. Encouragés par des activistes du parti Hintchak, les Arméniens se révoltent également contre le pouvoir ottoman, ce qui entraîne l’intervention de l’armée et de la cavalerie kurde, les Hamidiye. La région est pacifiée. On compte plusieurs centaines de victimes du côté arménien (entre 265 et 500, selon les sources). Un mouvement arménophile s’organise en Europe et aux Etats-Unis sous pression des Eglises protestantes. En Angleterre, l’Evangelical Alliance, pousse le gouvernement à agir contre les Ottomans. L’Angleterre, la France et la Russie, forment une Commission d’Enquêtes et font pression sur le gouvernement ottoman, pour engager des réformes dans les provinces arméniennes. Ces réformes, devraient aboutir à long terme, à l’indépendance de l’Arménie ottomane. Les pressions des Européens occidentaux, font naître un sentiment anti-arménien dans les populations musulmanes de l’Empire, sentiment inconnu jusque là.
Juillet, amnistie accordée aux détenus politiques arméniens.
Juillet-août, la Russie et la France changent sensiblement leur politique face à l’Empire ottoman. Pour les premiers, il n’est pas question d’une Arménie indépendante dans le Caucase, dont la partie russe est peuplée de nombreux Arméniens en voie de russification. La France suit son nouvel allié russe afin de préserver ses intérêts économiques dans l’Empire ottoman.
Négociations secrètes entre l’Angleterre et l’Allemagne sur le partage de l’Empire ottoman. Le plan anglais est repoussé par l’Allemagne.
Création en Grèce de la Société nationale (Ethniki Hetairia) dans les visées sont le rattachement de la Macédoine et de la Crète, au royaume de Grèce.
1895

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Création à Sofia du Comité suprême extérieur de la Macédoine, visant à rattacher la Macédoine à la Bulgarie.
Fondation de l’Eglise copte catholique.
Mai, des troubles éclatent en Crète, un gouverneur orthodoxe y est nommé par la Porte (Alexandre Karatodori pacha).
Juin-juillet, troubles chez les Druzes du Hauran, soutenus par l’Angleterre, l’armée y est envoyée, mais subit de lourdes pertes. Des centaines de soldats ottomans sont massacrés.
30 septembre, le parti arménien Hintchack organise une manifestation à Constantinople, devant le patriarcat arménien de Kumkapi afin d’obtenir des réformes en Anatolie orientale et pour protéger les Arméniens contre les Kurdes. La manifestation qui se veut pacifique, regroupe néanmoins des membres armés du parti Hintchack, dont le but est de créer des troubles dans la capitale, afin de faire intervenir les puissances étrangères. La manifestation dégénére aux abords de la Sublime Porte (siège du gouvernement) et plusieurs dizaines de victimes sont dénombrées du côté arménien ainsi que du côté des forces de l’ordre.
17 octobre, proclamation des réformes à engager dans les six provinces arméniennes. Les Kurdes seront dorénavant étroitement surveillés par les autorités ottomanes en place. Pour les musulmans, les réformes signifient l’indépendance de l’Anatolie orientale à courts termes.
21 octobre, des émeutes anti-arméniennes commencent à Erzincan et se propagent à toute l’Anatolie orientale : Urfa, Malatya, Diyarbakir, Harput, Sivas, Antep, Amasya, Kayseri. Les pogroms commis parfois avec le soutien des autorités locales, feront, selon les estimations des missions protestantes américaines sur place, près de 37 000 victimes du côté arménien et 1 800 du côté musulman. Le gouvernement est resté quasiment impuissant, sauf dans les villes de Mus, Ankara, Tokat, Mersin, Mardin et Van, où les gouverneurs ont pu maintenir l’ordre. L’opinion publique d’Europe occidentale est déchaînée contre la ‘barbarie turque et musulmane’ au moment où s’opère un génocide contre les Amérindiens aux Etats-Unis et où les soldats du roi Léopold II au Congo, rapportent à leurs officiers, 1357 mains coupées, lors d’une opération de répression.
Troubles dans la ville arménienne de Zeytin (Zeïtoune) en Cilicie, qui prendront fin après quatre mois de résistance à l’armée, en février 1896.
1896

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Février, les Druzes du Liban, se soumettent à l’autorité ottomane.
Mai, des émeutes éclatent à La Canée et à Candie (Crète), des centaines de Crétois musulmans sont massacrés par la population orthodoxe, partisane de l’annexion de l’île au royaume de Grèce (enosis).
Juin, émeutes arméniennes à Van. Intervention de l’armée qui subit de lourdes pertes.
Août, profitant de la situation précaire de l’empire, des militants macédoniens provoquent des incidents à la frontière bulgare contre les autorités ottomanes.
Le 26 août, 26 terroristes arméniens, membres du parti Dashnak s’emparent du siège central de la Banque Ottomane à Galata, symbole de l’impérialisme financier européen dans l’empire. En s’en prenant directement aux intérêts financiers des puissances étrangères, les terroristes pensent faire intervenir les Européens en leur faveur, auprès du sultan. Cent cinquante personnes sont prises en otage et le sultan doit négocier directement avec les terroristes qui pourront partir libres à bord d’un bateau français, en direction de Marseille.
Dès que la nouvelle de l’occupation de la banque est connue en ville, il s’ensuit un massacre contre la population arménienne, commenté par les portefaix et les dockers albanais de Galata. Selon Louis Rambert, administrateur de la Régie des Tabacs située sous le même toit que la Banque Ottomane, les pogroms auraient fait près de 8000 victimes dans toute la ville. 
Après l’action terroriste du Dashnak et les pogroms à Istamboul, les puissances européennes envisagent de renverser le sultan Abdülhamid II, à qui on fait porter la responsabilité des événements.
Le parti des Jeunes-Turcs représenté par le Comité d’Union et Progrès, dont la plupart des membres sont en exil en France, en Angleterre et en Egypte occupée, s’organise contre le sultan, en vue de le renverser.
Décembre, un complot contre le sultan est découvert. Il s’en suit une vague d’arrestations (350 personnes), dans les milieux de l’armée, la police, l’administration. Le parti des Jeunes Turcs porte la responsabilité.
Les deux partis socialistes arméniens sont discrédités dans l’opinion publique arménienne. Ils ont nettement contribués à la crise de 1894-1896 qui a entraîné des pogroms contre la population arménienne, en Anatolie orientale et à Constantinople.
Les troubles en Anatolie orientale ont provoqué un exode important de la population arménienne vers la Transcaucasie et en Iran (60 000 à 80 000 personnes) et vers les Etats-Unis (12 000 personnes).
1897

 

 

 

 

Février, de nouveaux combats ont lieu à La Canée entre les forces de l’ordre et les partisans du rattachement de l’île au royaume de Grèce. Le quartier musulman est incendié et la Grèce envoie un corps expéditionnaire. Les puissances européennes débarquent des troupes. L’opinion publique grecque est partisane de la « Megali Idea » (Grande Idée), c’est-à-dire d’annexer toutes les parties de l’Empire ottoman où vivent des populations orthodoxes hellénophones et Constantinople.
Le 17 avril, après que des troupes grecques ont passé la frontière en Thessalie, le gouvernement déclare la guerre. Les troupes ottomanes avancent rapidement sur Larissa, tandis que le gouvernement grec rappelle l’armée installée en Crète. Les puissances européennes (Grande-Bretagne, Italie, Russie et France), qui soutiennent presque ouvertement la Grèce, font pression sur le gouvernement ottoman pour signé l’armistice (19 mai). La Crète reste une province autonome de l’Empire ottoman, mais les Crétois musulmans commencent à émigrer en masse vers les côtes d’Anatolie.
Juin-juillet, un complot du parti Jeunes Turcs est déjoué à Constantinople. Les responsables sont exilés en Tripolitaine.
1898

 

 

 

Les Etats-Unis d’Amérique demandent au sultan-calife Abdülhamit II, d’intervenir auprès des musulmans philippins afin que ceux-ci ne prennent pas les armes contre eux, pendant la guerre contre l’Espagne.
La situation économique et politique de l’Empire, encourage les Ottomans à s’installer dans d’autres pays, notamment au Brésil, aux Etats-Unis d’Amérique, en Colombie, à Cuba et au Canada. Des milliers d’Ottomans chrétiens, musulmans et juifs, quittent le Liban, la Syrie, l’Anatolie, la Crète et la Macédoine. Ils seront appelés ‘les Turcos’ (péjorativement) en Amérique du Sud. Le mouvement ne s’arrêtera pas avant les années 1925-1930.
Octobre-novembre, visite officielle de l’empereur d’Allemagne Guillaume II et de l’impératrice, à Constantinople et en Terre Sainte. L’Allemagne se désolidarise de la politique des puissances d’Europe occidentale en Crète, visant à rattacher l’île au royaume de Grèce.

1899

 

Le 23 décembre, un accord est signé pour la construction du chemin de fer de Bagdad. Les Allemands obtiennent la concession.
Troubles en Macédoine et actions terroristes s’en prenant aux intérêts ottomans et étrangers. Attaques de trains, pillages, rapts organisés par différents groupes séparatistes serbes, bulgares, grecs ou valaques.

1900

 

 

 

La capitale ottomane atteint ses 900 000 habitants, sans les faubourgs.
Commencement des travaux de la ligne de chemin de fer du Hedjaz, qui reliera la capitale ottomane aux Lieux Saints. Le 1er septembre, fête du jubilé du sultan Abdülhamid II (25 ans de règne).
Sans succès, le sultan Abdülhamid II essaie de se débarrasser du système des capitulations, qui donne illégalement de vastes privilèges aux Européens occidentaux installés dans l’Empire ottoman. Le sultan n’arrive pas non plus à supprimer les bureaux de postes étrangers installés dans l’empire en violation à la convention de Berne de 1874, et qui font une totale concurrence aux postes ottomanes. L’Angleterre, l’Autriche-Hongrie et la France, menacent d’intervenir militairement pour préserver leurs privilèges économiques dans l’empire, au mépris des conventions internationales

1901

 

 

 

 

Affaire Lorando et Tubini. Ces deux banquiers ottomans n’ont pu récupérer l’argent prêté au gouvernement. Ayant, comme beaucoup d’Ottomans originaires d’Europe occidentale, également la nationalité française, les deux banquiers en appellent à la France pour recouvrer leur créance. La France envoie des bateaux de guerre stationnés à Toulon, vers l’île de Mytilène (Lesbos) et les Français occupent les douanes. La France obtient le recouvrement de la dette contractée par le gouvernement ottoman auprès des banquiers levantins et la reconnaissance officielle de toutes les institutions religieuses et culturelles françaises (jusque là illégalement installées), sur le territoire ottoman. Les autres puissances ne soutiennent pas l’Empire ottoman, mais au contraire, s’empressent, elles aussi, de faire reconnaître officiellement leurs propres institutions.
Restriction de l’immigration juive en Palestine, malgré une entrevue entre le sultan et Théodore Herzl, fondateur du mouvement sioniste.
Une commission mixte trace la frontière entre la colonie anglaise d’Aden et le Yémen ottoman. Les deux territoires seront réunis qu’en 1990.
1902

 

 

 

 

Congrès des Jeunes Turcs à Paris. En violation flagrante des lois internationales, la France offre la possibilité à l’opposition ottomane, de se réunir sur son territoire afin d’organiser un coup d’Etat contre l’Empire ottoman. Le mouvement Jeunes Turcs qui prendra le pouvoir plus tard, et l’un des responsables des massacres d’Arméniens en 1915.
Le mouvement Jeunes Turcs prend de l’ampleur chez les exilés ottomans de Genève, Londres et Paris, avec le soutien des gouvernements locaux.
Le 23 septembre, insurrection bulgare dans la province de Salonique. Les forces de l’ordre arrivent à rétablir la situation, tandis que de nombreux insurgés se réfugient en Bulgarie. L’Autriche-Hongrie et la Russie, qui ont chacune des visées territoriales en Macédoine, prévoient un plan de réformes qu’ils imposeront aux Ottomans en 1903, avec l’approbation de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Italie, autres puissances ayant des vues dans les Balkans.
Abd-ul-Aziz Ibn Sa’ud, reprend Riyad et le Najd aux Ottomans. Il pose ainsi les bases de l’Arabie Saoudite
1903

 

 

 

 

 

 

Janvier, mort du beau-frère du sultan, Damat Mahmut Celaleddin pacha à Bruxelles. Il fut un membre actif du mouvement Jeunes Turcs, contre le régime d’Abdülhamid II.
Avril, la ville de Salonique est en proie à de violents troubles provoqués par des indépendantistes bulgares, grecs et serbes. Une bombe saute à la succursale de la Banque Ottomane, un navire français est coulé dans le port, les conduites de gaz explosent, les postes ottomanes sont attaquées. Des bombes explosent dans des lieux publics (cafés, gares, banques).
Le 2 août, insurrection générale en Macédoine. Les postes de police et les petites garnisons, sont attaqués. Les voies de communications sont coupées (voie de chemin de fer, ponts, etc.). Les villes de Monastir et Krutchevo sont contrôlées par les insurgés. Pillage et destruction des villages musulmans. Le gouvernement ottoman a du mal à intervenir, sachant qu’une offensive contre les insurgés entraînerait l’intervention immédiate des Russes, de l’Autriche-Hongrie et certainement d’autres puissances, officiellement pour protéger les populations chrétiennes, mais plus clairement, pour s’y installer.
L’insurrection de la Macédoine s’étant à la Thrace orientale.
Le consul de Russie à Monastir est assassiné par un soldat ottoman.
Le 30 septembre, rencontre du tsar Nicolas II et de l’empereur austro-hongrois François-Joseph de Habsbourg, à Mürzsteg, pour élaborer un nouveau plan pour la Macédoine. Le plan prévoit notamment, le re-découpage des trois provinces de Macédoine, selon des critères ethniques et religieux.
1904

 

 

Insurrection au Yémen ottoman conduite par l’imam Yahya et poussée par la Grande-Bretagne qui occupe déjà Aden. La ville de Sanaa est assiégée par 30 000 hommes de l’imam Yahya. La population est affamée. La garnison se rend en avril.
Le 29 août, mort du sultan Murad V au palais de Çiragan où il était enfermé depuis sa déposition en 1876. Il n’y aura pas de cérémonie officielle pour ses funérailles, ce qui scandalisera l’opinion publique ottomane.
1905-1907 Guerre Arméno-Tatare dans le Zanguezour (Caucase).
1905

 

 

 

 

 

 

 

La Russie perd son l’influence dans les Balkans suite à une révolution intérieure et à la défaite de la guerre contre le Japon. La Grande-Bretagne s’intéresse de plus près à la Macédoine.
Les Bulgares de Macédoine deviennent plus conciliants à la suite d’accords entre le gouvernement ottoman et la principauté autonome de Bulgarie, tandis que des bandes grecques, serbes et valaques, continuent de semer la terreur dans les trois provinces. Les puissances étrangères profitent de la situation en Macédoine, pour accroître leur contrôle sur le gouvernement ottoman.
Le 29 juillet, le sultan Abdülhamid II échappe de justesse à un attentat commandité par des révolutionnaires arméniens. L’anarchiste stambouliote Edouard Jorris, d’origine belge et sympathisant de la cause arménienne avait déposé une bombe dans une voiture stationnée près de la tour de l’horloge de Yildiz, lors de la cérémonie du Selamlik. 41 personnes étaient impliquées dans le complot. Edouard Jorris sera pardonné par le sultan et envoyé comme agent de renseignements en Europe occidentale, pour le compte de la Porte.
Le 27 octobre, le sultan refuse le plan de contrôle financier des puissances étrangères sur la Macédoine. La Russie, la France, la Grande-Bretagne et l’Autriche-Hongrie rassemblent une flotte au Pirée, puis feront une démonstration navale devant l’île de Lemnos et celle de Lesbos. L’Allemagne refuse de cautionner les autres puissances.
Le 4 décembre, le sultan cède aux menaces européennes, une commission internationale sera envoyée en Macédoine et aura le contrôle des finances sur les trois provinces.
Le mouvement d’opposition des Jeunes Turcs s’organise. Les membres infiltrent l’armée, la police et l’administration, tandis que des accords secrets sont passés avec les milieux nationalistes arméniens.
1906

 

 

 

Reprise de la ville yéménite de Sanaa, mais pertes énormes dans les rangs ottomans suite aux épidémies et aux combats (30 000 victimes).
Incidents dans le Sinaï ottoman occupé, avec l’Egypte, par la Grande-Bretagne. Manifestations de la population égyptienne au Caire et à Alexandrie, en faveur des Ottomans, violemment réprimées par les forces d’occupation. La Grande-Bretagne reçoit le soutien de la France et de la Russie. L’armée ottomane doit se retirer à Aqaba le 2 octobre.
Formation de bandes albanaises dans la province macédonienne du Kosovo, qui se battent parfois contre les forces gouvernementales, parfois contre les bandes grecques, bulgares, valaques ou serbes.
Les deux organes des Jeunes Turcs, le Comité Union et Progrès et la Société pour l’Initiative privée et la Décentralisation, se renforcent en s’alliant au parti nationaliste arménien Dachnak.
Création à Salonique de la Société ottomane de la Liberté, société secrète visant à rétablir la constitution.
1906-1907 Troubles sociaux en Anatolie (Diyarbakir, Van, Erzurum, Trébizonde). Les révolutionnaires demandent le rétablissement de la Constitution et sont encouragés par les succès des révolutions russes et iraniennes.
1907

 

 

 

La France, toujours en violation des lois internationales, autorise un second congrès à Paris, réunissant les forces d’opposition au gouvernement ottoman : les Jeunes Turcs avec leurs organes Union et Progrès et la Société pour l’Initiative privée et la Décentralisation, et les révolutionnaires socialistes arméniens du Dashnak.
L’Autriche-Hongrie et la Russie cherchent à imposer un projet de réforme de la justice pour la Macédoine. L’Angleterre renforce la police internationale stationnée dans les trois provinces macédonienne. Elle demande aussi la diminution du nombre de soldats ottomans en Macédoine.
Création de la compagnie pétrolière Anglo-Persian Oil Compagny, qui deviendra la British Petroleum (BP), qui jouera un rôle essentiel dans l’occupation de la Mésopotamie, par l’Angleterre, dès 1914.
1908

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La population juive de Palestine est passée de 24 000 personnes en 1882 à 80 000 en 1908.

Février, le sultan accorde à l’Autriche-Hongrie, la concession de la construction du chemin de fer à travers le Sandjak de Novipazar vers Salonique. Cette décision entraîne un rapprochement de la Russie et de l’Angleterre.
Juin, une série d’attentats contre des administrateurs ottomans, commis par les Jeunes Turcs, secouent la Macédoine. Le Comité d’Union et Progrès, soutenu par les révolutionnaires arméniens et la loge maçonnique de Salonique, commence sa lutte contre le sultan.
Rencontre à Tallin en Estonie, du roi Edouard VII d’Angleterre et du tsar Nicolas II. L’opinion publique ottomane est convaincue que les deux monarques se sont entendus sur le partage de l’Empire.
Le 3 juillet, un officier appartenant aux Jeunes Turcs, avec une centaine d’hommes pillent un dépôt d’armes à Monastir et se réfugient dans les montagnes. Les désertions se multiplient les jours suivants.
Le 14 juillet, les troupes anatoliennes débarquent à Salonique, mais refusent de combattre les rebelles et font défection.
Le 16 juillet, le Comité Union et Progrès de Monastir envoie un ultimatum au sultan pour rétablir la Constitution et menace de marcher sur Constantinople.
Le 20 juillet, les Albanais de la région de Ferizovik, rallient le mouvement révolutionnaire.
Le 23 juillet, les villes de Serres, Ohrid, Üsküb, Drama et Monastir se soulèvent et les autorités civiles et militaires proclament le rétablissement de la Constitution. Au soir, le sultan se voit contraint de rétablir la Constitution. Le Comité Union et Progrès a atteint partiellement son but, mais n’a pas pu profiter de destituer le sultan, sur qui retombe tous les honneurs du peuple.
Le 5 octobre, la principauté de Bulgarie profite des troubles de Macédoine et de la confusion faisant suite au rétablissement de Constitution, et déclare son indépendance.
Le 6 octobre, c’est au tour de l’Autriche-Hongrie de profiter de la situation, qui déclare l’annexion à l’empire de la Bosnie-Herzégovine. Quelques jours plus tard, c’est la Crète qui proclame l’union avec le royaume de Grèce. Des milliers de réfugiés musulmans quittent les territoires ottomans perdus.
Le 7 octobre, des manifestants s’en prennent au Comité d’Union et Progrès et accusent ce dernier de favoriser le démantèlement de l’empire.
Le 17 décembre, ouverture du parlement ottoman avec 147 députés musulmans, 60 Arabes, 27 Albanais, 26 Grecs, 14 Arméniens, 10 Slaves et 4 Juifs.

1909

 

 

 

 

 

Avril, la tension monte entre le gouvernement (Comité Union et Progrès majoritaire) et l’opposition, notamment le parti religieux Union islamiste.
Le 7 avril, assassinat d’un du rédacteur en chef de La Liberté, principal journal d’opposition aux Jeunes Turcs, sur le pont de Galata. Enorme manifestation lors des funérailles, le lendemain 8 avril, hostile au Comité d’Union et Progrès.
Dans la nuit du 12 au 13 avril, soulèvement militaire contre le gouvernement qui prend la fuite. Le 14, la capitale ottomane est aux mains des rebelles. La province suit le mouvement.
Le 14 avril, des émeutes se produisent à Adana, au cours desquelles plusieurs milliers d’Arméniens sont massacrés.
Le Comité d’Union et Progrès a perdu la ville de Constantinople, mais contrôle la situation en Macédoine. Une armée d’action, dirigée par Mahmut Sevket, marche sur la capitale.
Le 24 avril, l’armée d’action stationnée à San Stefano (Yesilköy) depuis le 19, attaque la capitale et force les rebelles à se rendre. Les combats font 400 victimes et plus de 800 blessés.
Le 26 avril, Le sultan Abdülhamid II est déposé et remplacé par son frère, le sultan Mehmet V Resad.
1909-1918 Règne du sultan Mehmet V Resad.
1911

 

Après une période d’affaiblissement due à la crise de 1909, l’opposition refait surface au parlement avec l’Entente libérale.
Octobre, l’Italie envahie la Tripolitaine ottomane, la Cyrénaïque, puis occupe les îles du Dodécanèse.
L’Albanie se révolte contre le pouvoir central
1912

 

 

 

 

 

 

Après la crise marocaine de 1911, l’Italie est autorisée par les puissances à annexer la Tripolitaine et la Cyrénaïque.
Le 18 octobre, les Etats balkaniques, sommés par la Russie et l’Angleterre de s’entendre, attaquent l’Empire ottoman, en vue de se partager la Macédoine.
La Grèce, la Serbie, le Monténégro et la Bulgarie, s’allient contre les Ottomans. En quelques semaines les Bulgares prennent Edirne.  La Grèce occupe l’Epire et menace Salonique avec une autre armée bulgare au Sud.
Le 9 novembre, Salonique, deuxième ville de l’Empire est envahie par les Grecs.
Indépendance de l’Albanie, dorénavant coupée du reste de l’Empire.
Des émissaires russes approchent Simko Agha, le chef kurde qui contrôle à partir de Qotur à la frontière ottomano-persane, la route reliant Van à Tabriz. Inondé de roubles et d’armes, Simko est capable de créer une fédération kurde allant du Mont Ararat jusqu’au lac d’Ourmia. Les Kurdes commencent à attaquer les villages arméniens dans la haute vallée de l’Euphrate, ce qui permet à la Russie d’intervenir en leur faveur.
Novembre, le Catholicos des Arméniens, patriarche d’Etchmadzine, en territoire russe, adresse un appel à la Russie demandant le « protectorat » russe sur les Arméniens de l’Empire ottoman.
Le gouvernement ottoman engage des réformes en Arménie ottomane, qui sont jugées insuffisantes par les Russes, qui réclament des gouverneurs européens occidentaux et russes, pour les vilayets orientaux.
1913

 

 

 

 

 

 

En début d’année, les Bulgares parviennent à Catalca à 40 km de Constantinople. Raison pour que tous les alliés de la Bulgarie, plus la Roumanie, se liguent contre elle. Elle perdra alors la plus grande partie de la Macédoine, le sud de la Dobroudja au profit de la Roumanie, et les Ottomans récupèrent la Thrace orientale avec Edirne. Elle conserve toutefois un accès à la mer en Thrace occidentale.
Janvier, attaque de la Sublime Porte. Le Comité d’Union et Progrès provoque un coup de force. Son instigateur, Enver Bey, pénètre avec des hommes armés dans la salle du Conseil des Ministres et oblige le gouvernement à démissionner. Les Jeunes Turcs installent une dictature sous leur contrôle, tandis que le grand vizir Mahmut Sevket pacha sera assassiné en juin.
Les guerres balkaniques feront trois perdant (Empire ottoman, Autriche-Hongrie et Bulgarie), qui s’allieront en 1914, surtout contre la Russie, la Grèce et la Serbie.
Mai, Ibn Sa’ud de la dynastie saoudienne, occupe le sandjak ottoman d’Al-Hassa, atteignant le Golfe persique entre le Koweït et le Qatar.
Le 3 juillet, conférence des ambassadeurs des grandes puissances à Constantinople, sur les bords du Bosphore pour régler la question arménienne. L’Autriche et l’Allemagne demandent une participation ottomane, qui est refusée par la Russie, parce que « la participation du représentant ottoman apportera un profond désenchantement dans le milieu des Arméniens ».
Le 29 juillet 1913, traité de Qatar qui reconnaît la suzeraineté ottomane sur le Najd (émirat saoudien). Les Ottomans abandonnent leurs revendications sur le Qatar. Le traité fixe aussi les frontières du Koweït, à l’intérieur duquel, l’administration ottomane ne pourra plus intervenir sans le consentement du gouverneur britannique.
1914

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le 7 mars, les puissances d’Europe occidentale imposent un roi au nouvel Etat albanais : l’Allemand Wilhelm von Wied.
Le 28 juin, assassinat de l’Archiduc François-Ferdinand dans la ville de Sarajevo, annexée par l’Autriche-Hongrie 5 ans plus tôt, par un nationaliste serbe.
L’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie et la guerre générale éclate le 6 août. La Roumanie et la Grèce restent neutres.
Juillet, le parti arménien Dashnak convoque son 8e congrès à Erzurum quand la guerre éclate à la limite de l’Europe orientale et de l’Europe occidentale. A la fin du congrès, une délégation Jeunes Turcs, proposent aux Arméniens leur participation à la guerre (l’empire n’y entrera qu’en novembre), contre les Russes, leur offrant en contrepartie un Etat autonome comprenant les territoires transcaucasiens et des districts des provinces d’Erzurum, de Van et de Bitlis. On leur répond que le parti Dashnak a choisi la neutralité. Au même moment, le patriarche d’Etchmiadzine (Etçemiyadzin), lance un appel à la Russie pour protéger les Arméniens du Caucase. Les Arméniens ottomans proposent des unités de volontaires pour aider les troupes russes.
Septembre, accords secrets entre le Chérif de La Mecque et la Grande-Bretagne, contre l’Empire ottoman.
Le 2 octobre, l’Angleterre met au point le plan de partage de la Mésopotamie, un mois avant l’entrée en guerre de l’Empire ottoman. Le plan débute par l’invasion de Basra (Bassora) en Iraq.
Le 24 octobre, le 2e détachement des volontaires arméniens ottomans, dont le commandant est un député arménien au parlement ottoman, part d’Igdir en direction de Van. Ce détachement sera arrêté par l’armée ottomane le 1er novembre. Mais un autre détachement mené Antranik, traverse Khoy et Qotur avant d’occuper Saray à 70 km de Van. L’armée russe occupe le 24 novembre la ville de Baskale ou les habitants arméniens massacrent la population musulmane.
Le 3 novembre, les forces britanniques débarquent dans le sud de l’Iraq, tandis que le cheikh du Koweït, allié à l’Angleterre, occupe les forts de Safwan et d’Umm Qasr, ainsi que l’île de Bubiyan (que les Koweïtiens ne quitteront jamais). La Grande-Bretagne offre la garantie de l’indépendance du Koweït « sous protection britannique ».
Le 11 novembre, la France, la Grande-Bretagne et la Russie déclarent la guerre à l’Empire ottoman, qui se voit contraint de se ranger du côté de l’Autriche-Hongrie et de l’Empire allemand. Le même mois, l’Angleterre, la Russie et la France se partage l’Empire ottoman : La Thrace, la rive droite des détroits, le Caucase et Constantinople à la Russie. La Cilicie, la Syrie et la Palestine à la France. La Mésopotamie et le golfe persique à l’Angleterre.
La Grande-Bretagne, qui occupe l’Egypte ottomane depuis 1883, l’annexe purement et simplement. Elle négocie et traite avec le Chérif de La Mecque, qui reçoit des armes, tout comme la province du Najd et les chefs yéménites.
1915

 

 

 

 

 

 

Janvier, l’armée ottomane perd 70 000 hommes dans l’offensive de Sarikamis.
Février-mars, offensive des troupes russes, françaises et anglaises, dans les Dardanelles. L’armée ottomane les repousse.
Mars, accords secrets qui attribuent Constantinople à la Russie et la Grande Syrie (du Taurus à Gaza), à la France.
Avril, les Français et les Anglais attaquent une deuxième fois les Dardanelles. Les Ottomans les repoussent une seconde fois.
Le 20 avril, révolte des Arméniens de Van contre les Ottomans, massacres des musulmans de la ville.
Mai, sur le front oriental de nombreux révolutionnaires arméniens se joignent à l’armée russe. Talat pacha, Ministre de l’Intérieur, prend la décision de déplacer la population arménienne d’Anatolie orientale, vers la Mésopotamie. Le déplacement tourne au drame quand les convois se font attaquer par des pillards et des tribus kurdes et les membres de l’Organisation spéciale (groupe de volontaires placés sous le contrôle d’Enver pacha, Ministre de la Guerre). Les historiens estiment entre 600 et 800 000 le nombre des victimes du massacre collectif sur une population totale d’un million et demi d’Arméniens ottomans.
Le 4 août, l’armée russe et la population arménienne évacuent Van. 300 000 Arméniens se réfugient dans le Caucase russe pendant les hostilités.
Octobre, les forces anglaises et françaises se retirent des Dardanelles et vont immédiatement violer la neutralité grecque en occupant la Macédoine et l’Epire. La Bulgarie qui reçoit les territoires ottomans à l’ouest de la Maritza, entre en guerre aux côtés des empires centraux.
1916

 

 

 

L’Angleterre et les chefs arabes du Proche Orient, n’arrivent pas à tomber d’accord sur la Syrie et la Haute Mésopotamie. Les premiers veulent en attribuer une partie à leurs alliés français, tandis que les seconds veulent incorporer la Grande Syrie, avec le Liban, au futur royaume arabe.
Février, accords Sykes-Picot, sur le partage de l’Anatolie orientale et du Proche Orient.
Le 5 juin, révoltes dans les provinces arabes contre les autorités ottomanes, avec le soutien de l’Angleterre, qui aboutiront à un quasi-fiasco.
Juillet, alors que les forces russes occupent ou réoccupent la quasi-totalité des six provinces arméniennes ottomanes, le ministre russe des Affaires étrangères, envoie une note au tsar disant : « puisque la population arménienne, qui n’atteignait avant la guerre que le quart de la population totale, a encore diminué au cours des deux dernières années, je propose une administration directe au lieu d’une autonomie, afin de ne pas s’aliéner les populations musulmanes ».
1917

 

 

Le 18 avril, accords de Saint-Jean-de-Mauricienne, octroyant à l’Italie une large zone au sud-ouest de l’Anatolie, allant de Smyrne (attribué à la Grèce) à la Cilicie (attribuée à la France).
Juin, les troupes anglaises et françaises occupent Athènes et déposent le roi (violation de la neutralité grecque).
Octobre, la révolution russe éclate et apporte un soulagement sur le front oriental. Dénonciation par le pouvoir des Soviets de tous les accords secrets.
Le 2 novembre, déclaration Balfour : « le gouvernement de Sa Majesté considère favorablement l’établissement d’un foyer national en Palestine pour la race juive » (sans préciser ni le statut futur, ni les limites de cette région).
1918-1922 Règne du sultan Mehmet VI Vahideddin
1918

 

 

 

 

Le 10 février, le sultan Abdülhamid II meurt au palais de Beylerbeyi.
Mars 1918, le traité de Brest-Litovsk est signé avec l’Union Soviétique. L’Empire ottoman recouvre ses territoires perdus en 1878 (provinces de Kars et d’Ardahan).
Le 28 mai, naissance de la république de Géorgie (protectorat allemand), de l’Arménie (protectorat ottoman) et de l’Azerbaïdjan.
Juillet, les villages musulmans du Zanguezour sont pillés et la population massacrée, par des bandes arméniennes.
Septembre, les Anglais et les Français attaquent la Bulgarie à partir de Salonique. Les Bulgares déposent les armes le 3 octobre.
L’Empire ottoman, dont la capitale est directement menacée, est obligé de demander l’armistice qui sera signé à Moudros, le 30 octobre.
Dans la nuit du 1er au 2 novembre, les dirigeants Jeunes Turcs s’enfuient du pays.
Le 4 novembre l’empire Austro-hongrois éclate.
1919-1922 Guerre d’indépendance. République turque contre l’Empire ottoman, la France, l’Italie, la Grèce et la Grande-Bretagne. L’armée révolutionnaire turque engage la guerre contre les puissances étrangères occupantes et contre la monarchie ottomane.
1919

 

 

 

 

 

 

 

 

Traité de Saint-Germain. Les pays balkaniques restés fidèles à l’Angleterre, se voient récompensés. La Serbie qui avait déjà doublé son territoire en 1913, le triple de nouveau en annexant la Bosnie-Herzégovine, la Voïvodine, la Slavonie au nord de la Save, la Dalmatie, la Croatie et la Slovénie. Elle absorbe en même temps le Monténégro et récupère sur la Bulgarie, la région macédonienne de Strumitza. Elle devient également le royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes. Un conflit avec l’Italie éclatera au sujet des villes de Fiume et de Trieste.
La Roumanie conserve la Bessarabie, mais doit céder la Dobroudja à la Bulgarie. Elle occupe la Transylvanie au printemps 1919. Elle revient aux frontières de 1913 avec la Bulgarie, en gardant la Bukovine et le Banat. La Grèce récupère la Thrace occidentale sur la Bulgarie et occupe la Thrace orientale ottomane, jusqu’à Silivri, aux portes de Constantinople et la ville et la région de Smyrne.
Développement du mouvement kémaliste en Anatolie, qui lutte contre l’occupation étrangère de l’Empire ottoman.
Juillet, un premier congrès se réuni à Erzurum et groupe des représentant de l’Anatolie orientale qui s’opposent à la création d’une grande Arménie.
Septembre, le congrès de Sivas élargit à toute l’Anatolie et à la Thrace, la volonté de former un Etat national turc à l’intérieur des limites de l’armistice du 30 octobre 1918. La frontière orientale serait celle du traité de Brest-Litovsk.
Accord signé entre la Grèce et la Bulgarie visant à un échange de populations. 25 000 Grecs de Bulgarie sont échangés contre 60 000 Slaves de Macédoine.
Le 25 août à la conférence de paix de Paris, marchandage sur l’Arménie ottomane, qui sera finalement abandonnée par les Anglais qui renforceront leur présence dans la région pétrolifère de Mossoul.
Le 27 novembre, la France crée le Sandjak d’Alexandrette sous administration française. La population locale, Turkmènes et Arabes, est unie contre l’occupant.
1920

 

 

 

 

 

 

Le 24 janvier, accord de San Remo sur le partage du pétrole de Mésopotamie entre l’Angleterre et la France et sur la fixation de la frontière Palestine-Syrie et sur les frontières de l’Arménie.
Le 8 mars, le Congrès Syrien, proclame Fayçal, parent du Chérif de La Mecque, roi de Syrie. Celui-ci se met tout de suite en conflit ouvert avec la France.
Mai la France demande l’armistice à l’armée révolutionnaire turque de Mustafa Kemal, en Cilicie. Dès l’occupation de la Cilicie, les forces françaises étaient attaquées par la résistance et ne pouvaient se maintenir que dans quelques villes du littoral.
Les Wahhabites saoudiens sous le commandement d’Ibn Sa’ud, profitent de leur protection anglaise pour soumettre des tribus arabes et de nombreux territoires dans le Golfe persique, dans le Djabal Shammar et au Hedjaz.  
Juillet, une révolte éclate en Mésopotamie contre l’occupant anglais.
Le 2 juillet, première aide russe au gouvernement révolutionnaire. Ankara reçoit de l’armement et 500 kg d’or de Moscou.
Traité de Sèvres. La ville d’Izmir (Smyrne) est accordée à la Grèce qui, après avoir mis la main sur la 2e ville de l’empire en 1912 (Salonique), prend pied dans la 3e ville ottomane.
La Grande-Bretagne maintient sa pression sur la Grèce et l’encourage à avancer en Asie Mineure.
Décembre 1920, l’Albanie rentre dans la Société des Nations. La France vote contre afin de soutenir la Grèce et la Serbie.
1921

 

Le 9 mars, première participation kémaliste à une conférence internationale –celle de Londres -, où la France renonce à la Cilicie, mais pas encore au Sandjak d’Alexandrette, tout en essayant de maintenir ses privilèges économiques et culturels en Turquie. L’accord sera repoussé par Ankara, à cause justement des privilèges français sur la Cilicie.
Le 21 septembre, l’armée grecque est stoppée par l’armée révolutionnaire kémaliste. Elle commence une retraite sur Izmir.
1922-1924 Califat d’Abdülmecid II.
1922

 

 

 

 

 

L’armée grecque est jetée hors d’Asie Mineure, et le gouvernement grec doit demander une armistice le 22 septembre (Mudanya, signée en octobre). Evacuation de la Thrace orientale et d’Izmir. L’Albanie récupère l’Epire du Nord occupée par la Grèce.
Août, les trois royaumes hachémites de Transjordanie, d’Iraq et de l’Hedjaz, installés par la Grande-Bretagne, sont directement menacés par les Wahhabites saoudiens.
Le 10 octobre, l’Angleterre crée un royaume en Mésopotamie-Iraq, et y installe le roi Fayçal chassé de Syrie par les Français. Le gouvernement révolutionnaire d’Ankara, continue à revendiquer Mossoul.
Le 22 novembre, conférence d’Uqair en présence des saoudiens, des iraqiens, et de quelques chefs de tribus, les Anglais impose la frontière entre l’Arabie saoudite et l’Iraq. Elle sera tracée en ligne droite par le représentant anglais. Deux « zones neutres », sont également décidées entre les deux pays, officiellement pour les tribus nomades, mais officieusement parce que le sous-sol est censé contenir du pétrole, sans que celui-ci soit clairement localisé. 
1923

 

 

Le 15 mars, Mustafa Kemal visite pour la première fois Adana libérée de l’occupation française.
Traité de Lausanne. Tout en mettant un terme à la guerre gréco-turque, le traité de Lausanne est un acte de reconnaissance par la communauté internationale de l’Etat turc. En marge de la conférence de Lausanne, un accord entre le royaume de Grèce et la République turque a été signé, visant à échanger les populations orthodoxes de Turquie et musulmanes de Grèce. La Thrace occidentale et la ville de Constantinople, ne sont pas concernées par l’accord.
Le 23 octobre, proclamation de la République. Abolition de la monarchie.
1924 La Grande Assemblée nationale d’Ankara, abolit le califat.
1925

 

 

 

 

 

L’Arabie saoudite attaque la Transjordanie et le Hedjaz qu’elle annexe. Les Lieux Saints sont aux mains des Wahhabites, que les Anglais ont projeté au pouvoir.
Le 14 mars, le royaume d’Iraq, sous protectorat britannique est contrait de céder ses droits sur le pétrole de son territoire. La nouvelle répartition des parts est de 23.75 % chacun, pour la France (Compagnie française des pétroles) et pour les Etats-Unis (Esso et Mobil). La Grande-Bretagne, avec BP et la Shell, prend 47,5 %, tandis que Calouste Gülbenkian, reçois 5%. La guerre de 1914-1918, tant désirée par la Grande-Bretagne et d’autres puissances impérialistes, commençait à porter ses fruits. L’Iraq nationalisera le pétrole de son territoire qu’en 1972. Avec du recul, on constatera que c’est bien le pétrole qui mena de bout en bout la politique de l’Angleterre et celle de la France en Asie Mineure et au Proche Orient. Même des implications qui pouvaient paraître lointaines, comme l’expédition grecque en Asie Mineure, la protection des Arméniens de l’empire ou l’implantation sioniste en Palestine, vues de Londres, n’étaient que des éléments dans le grand échiquier du jeu pétrolier.
Le 22 décembre, les Wahhabites occupent Médine, Ibn Sa’ud est proclamé roi du Hedjaz et sultan du Najd. L’Union Soviétique, la France et l’Angleterre s’empressent de le reconnaître.
1926 Le 30 mai, signature à Ankara de la « convention d’amitié et de bon voisinage entre la Turquie et la Syrie », entre les autorités turques et françaises.
Proclamation d’indépendance du Sandjak d’Alexandrette.
1930

 

 

Constantinople devient officiellement Istamboul (Istanbul), nom turquisé de Stamboul, qui désignait jusque là, uniquement le bout de la presqu’île de Constantinople.
Révoltes kurdes dans les provinces orientales de Turquie. Les partis kurde Khoybun et arménien Dashnak, se concertent en Syrie sous occupation française.

A suivre

 

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