| 0-500 |
|
193
|
L’empereur
romain Septime Sévère s’empare de Byzance et détruit la ville. Il l’a
reconstruit peu après et y élève une nouvelle muraille à l’ouest des
remparts de la cité grecque |
| 253-260 |
Les Perses
occupent l’Anatolie orientale. |
| 313 |
Edit de Milan.
Les chrétiens de l’Empire romain peuvent pratiquer leur religion librement. |
| 324-337 |
Règne de
Constantin le Grand. |
| 324 |
Constantin le Grand s’empare de Byzance après sa
victoire sur Licinius et devient l’unique dirigeant de l’Empire romain. |
| 325 |
Concile de
Nicée. |
| 330 |
Le 11 mai,
Constantin inaugure la nouvelle capitale de l’Empire romain : La Nouvelle-Rome
communément appelée « la ville de Constantin » (Konstantinoupoli) ou « la
ville » (Poli / stîn Poli). |
| 379-395 |
Règne de
Théodose Ier le Grand |
| 391 |
Le christianisme
devient religion d’Etat. |
| 395 |
Mort de Théodose
Ier et partition de l’empire entre ses deux fils. Arcadius devient empereur
de l’Empire romain d’Orient, tandis que Honorius, devient empereur de
l’Empire romain d’Occident en fixant sa capitale à Rome. |
| 395-408 |
Règne d’Arcadius |
| 400 |
Le 12 juillet,
soulèvement de la population de Constantinople contre les Goths engagés
comme mercenaires dans l’armée impériale romaine. Les Goths sont chassés de
l’Empire d’Orient. |
| 408-450 |
Règne de
Théodose II. |
| 410 |
Le 24 août,
pillage de Rome par Alaric |
| 413-439 |
Construction des
remparts terrestres de Constantinople sous
l’empereur Théodose II. |
| 422 |
Invasion des
Huns en Europe. Première grande pénétration turque sur le continent. |
| 429 |
Les Vandales
envahissent l’Afrique romaine. |
| 431 |
Concile
œcuménique d’Ephèse.
Le nestorianisme est condamné et ses adhérents sont expulsés de l’empire |
| 440 |
Constantinople
paie tribut à Attila afin de préserver l’Empire romain d’Orient. L’empereur
doit promettre aux Huns, de ne plus s’allier avec les barbares d’Occident,
notamment les tribus germaniques. |
| 445 |
Apogée de
l’Empire hunnique dirigé par Attila. L’empire turc recouvre les pays actuels
de : Pologne, Ukraine, Biélorussie, Lituanie, Tchéquie, Slovaquie, Hongrie,
Bosnie-Herzégovine, Serbie, Monténégro, Albanie, Macédoine, Roumanie,
Moldavie, ainsi que les 2/3 de la Bulgarie, la Turquie orientale, la moitié
de l’Allemagne, le sud de la Suède, les îles danoises, l’Autriche
orientale, une partie de la Croatie, toute la Russie du Sud, une partie de
l’Azerbaïdjan, l’Azerbaïdjan iranien, la Haute Mésopotamie, le Turkménistan
occidentale. |
| 447 |
Violent tremblement de terre à
Constantinople, une partie
des remparts
est détruite. |
| 450 |
Règne de Pulchérie qui épouse
Marcius. |
| 450-457 |
Règne de Marcius. |
| 451 |
Concile œcuménique de
Chalcédoine (Kadiköy)
convoqué par l’impératrice Pulchérie. Les décisions du concile sont rendues
obligatoires par des édits impériaux, ce qui provoque un soulèvement dans
tout l’Orient, un schisme dans chaque Eglise (Antioche,
Alexandrie, Jérusalem) et de violents troubles en Egypte. |
| 457-474 |
Règne de Léon Ier. |
| 473-474 |
Léon Ier associe son petit-fils
au trône. |
| 474-475 et 476-491 |
Règne de Zénon. |
| 475-476 |
Règne par usurpation de
Basiliscus. |
| 476 |
Toute la Romanie occidentale est
occupée par les barbares, l’Empire romain d’Occident n’existe plus. Le
dernier empereur est déposé. |
| 484-518 |
Premier schisme entre les
Eglises latine (Rome) et l’Eglise byzantine (Constantinople
– Nouvelle-Rome). |
| 491-518 |
Règne d’Anastase Ier. |
| 518-527 |
Règne de Justin Ier. |
| 527-565 |
Règne de Justinien Ier le Grand. |
| 528 |
Justinien publie une loi
obligeant les païens à se faire instruire et baptiser sous peine de
confiscation. |
| 531 |
Création de l’Etat chrétien
arabe de Bostra, sous suzeraineté romaine. Harith Ibn Galata (Aréthas)
reçois le titre de phylarque et patrice, par l’empereur Justinien. |
| 532 |
Du 11 au 18 janvier, révolte
populaire dite de Nika (Victoire) à Constantinople, dirigée contre
l’empereur Justinien et le préfet du prétoire, Jean de Cappadoce. L’émeute
commence à l’Hippodrome.
Le palais du préfet, le
Grand Palais, l’église
Sainte-Sophie
et d’autres monuments sont incendiés. |
| 533-540 |
Reconquête de l’Occident sur les
Barbares. Victoires en Afrique sur les Vandales, en Dalmatie et en Italie,
sur les Goths et en Espagne sur les Wisigoths. |
| 537 |
Le 26 décembre, dédicace
solennelle de la nouvelle
église Sainte-Sophie, dont la reconstruction commence en février 532,
sous la direction des architectes Anthémius de
Tralles
et Isidore de
Milet. |
| 554 |
Profitant de soulèvement des
Goths d’Italie, les Alamans et les Francs envahissent le Nord de la
péninsule. Ils sont expulsés de toute l’Italie. Les terres de Nice et Aoste
jusqu’en Sicile, redeviennent possessions de l’Empire romain d’Orient. Le
Sud de l’Espagne, la Corse, la Sardaigne et toute la côte africaine, font
désormais également partie de l’empire. |
| 558 |
Les Koutrigours (peuple de la
famille turque), sont repoussés par le général Bélisaire, sous les remparts
de Constantinople. Tandis, que la
Thrace, la Thessalie, la Macédoine, les côtes de l’Adriatique et la
Grèce sont attaquées par des peuples d’outre-Danube, installés en Norique :
Avars, Ouïgours, Khounis, Lombards, Gépides, Turcs Outigours et Turcs
Koutrigours. |
| 565-578 |
Règne de Justin II. |
| 565 |
Les Gépides enlèvent à l’empire
Sirmium (Mitrovitza) et Singidunum (Belgrade). |
| 566-568 |
Les Lombards envahissent
l’Italie byzantine en ayant l’intention de s’y installer. |
| 568-586 |
Le roi wisigoth Léovigild
d’Espagne, enlève à l’empire les villes de Cordoue, Séville et Sidonia. |
| 569 |
Invasion des Maures en Afrique
byzantine. Ils ne seront pacifiés qu’en 578. |
| 578-583 |
Règne de Tibère II. |
| 582-587 |
Attaques des Slaves et des
Avars, contre les territoires des Balkans, en
Thrace
et en Grèce. |
| 582-602 |
Règne de Maurice (d’abord comme
co-empereur). |
| 584 |
Alliance entre l’empereur
Maurice et le roi barbare des Francs d’Austrasie, Childebert II, contre les
Lombards d’Italie. |
| 592 |
Attaque des Avars dans les
Balkans, puis en
Thrace. Ils s’arrêtent à Tzurulon (Çorlu), aux portes de Constantinople.
La guerre contre les Avars dura dix ans. |
| 602-610 |
Règne par usurpation de Phokas |
| 605-629 |
Guerre contre les Perse qui
envahissent l’Arménie romaine, Edesse et la Cappadoce. |
| 608 |
Guerre civile en Syrie romaine
où le désordre est encore augmenté par la révolte des monophysites contre
les édits impériaux. La répression à
Antioche
et à
Laodicée
est particulièrement cruelle. |
| 610-641 |
Règne par usurpation d’Héraclius
Ier. |
| 610 |
Septembre, révolte des Juifs d’Antioche,
qui massacrent le patriarche Anastase. |
| 611 |
Les Perses s’emparent d’Antioche
et en 612 envahissent toute la Syrie romaine. |
| 614 |
Le 5 mai, les Perses entrent à
Jérusalem. Ils emmènent la population et le patriarche en captivité après
s’être saisis de la relique de la Vraie Croix. |
| 615 |
Les Perses traversent l’Anatolie
et arrivent à
Chalcédoine (Kadiköy). |
| 617 |
Les Slaves envahissent la Grèce.
Les Avars assiègent Constantinople et pillent la banlieue et le faubourg
des Blachernes (Vlaherna / Evlakherna). |
| 619 |
Conquête de l’Egypte romaine par
les Perses.
Les Wisigoths occupent tout le territoire byzantin d’Espagne. |
| 622-623 |
Reprise de l’Anatolie aux
Perses, par Héraclius, qui s’enfonce jusqu’en Arménie romaine et en Médie
Atropatène (Azerbaïdjan). |
| 626 |
Le 26 juin, les Avars font le
siège de Constantinople qui lèveront après des assauts redoutables entre le
2 et le 7 août. |
| 627 |
Héraclius reprend le Lazique
(Caucase) aux Perses, après son alliance avec le peuple judéo-turc voisin,
les Khazars. |
| 629 |
L’empereur Héraclius occupe la
capitale perse de Ctésiphon. Il récupère la relique de la Vraie Croix, qu’il
rapporte lui-même à Jérusalem. |
| 630 |
L’empereur Héraclius interdit
aux Juifs d’habiter dans la ville de Jérusalem. |
| 634 |
L’empereur Héraclius oblige les
Juifs à se faire baptiser. |
| 634-639 |
Conquête du Proche Orient par
les armées arabes musulmanes. La Perse, la Syrie romaine, la Palestine et la
Mésopotamie romaine sont perdues pour l’Empire. |
| 636 |
Installation des Serbes et des
Croates de Dalmatie et d’Istrie, en Illyrie, par l’empereur Héraclius qui
prend ces deux tribus au service de l’empire. Début de la christianisation
des Serbes et des Croates. |
| 639-642 |
Conquête de l’Egypte romaine par
les Arabes musulmans, favorisée par les chrétiens monophysites opposés à
Constantinople. Les forces byzantines quittent définitivement l’Egypte, le
29 novembre 642. |
| 641 |
Règne des co-empereurs
Héracléonas et Constantin III. |
| 641-668 |
Règne de Constantin II. |
| 642-653 |
Conquête de l’Arménie et de la
Cappadoce par les Arabes. L’obstination du pouvoir impérial à soumettre l’Eglise
arménienne à l’Eglise
byzantine, contribue à la soumission du chef arménien Théodore Rechtouni
à l’émir Moavyah de Syrie. Destruction de la forteresse de Dwin. |
| 642 |
Le pays des Bulgares (mer
d’Azov) est envahit par les Khazars. Une partie des Bulgares se soumet,
tandis qu’une autre partie suit le chef Asparouch et immigre sur le Danube
(Dobroudja). |
| 649 |
Première invasion des Bulgares
qui occupent la Scythie, Odessos (Varna), et la Mésie. |
| 668-685 |
Règne de Constantin IV Pogonat. |
| 673-677 |
La flotte arabe, basée à
Cyzique
(Bandırma),
fait le siège de Constantinople. |
| 656 |
Le 17 juin, assassinat du calife
Osman, provocant une guerre civile dans les territoires arabes. |
| 685-695 |
Règne de Justinien II Rhinotmète
(exilé en 695). |
| 688 |
Installation de 30 000 Mardaïtes
du Liban, dans la région d’Attalie (Antalya) en Pamphylie, dans le
Péloponnèse et dans l’île de Céphallénie. |
| 695-698 |
Règne par usurpation de Léonce
(Léontios). |
| 698-705 |
Règne par usurpation de Tibère
III Apsimar |
| 698 |
Perte définitive de Carthage. |
| 704 |
Fin de la Conquête arabe de
l’Afrique romaine. Le chef Musa atteint l’Océan Atlantique. |
| 711-713 |
Règne par usurpation de
Philippikos Bardanes |
| 711 |
L’empereur des Romains,
l’Arménien Philippikos (Vardan) entreprend de rallier l’Eglise grégorienne à
celle de Constantinople en expulsant tout ceux qui résistent. Exodes massifs
des Arméniens grégoriens en territoire arabe. |
| 711-714 |
Toute l’Espagne wisigothique est
conquise par les Arabes. |
| 712-713 |
Attaques conjointes des Bulgares
(en
Thrace) et des Arabes (en Anatolie), contre l’empire. Les Arabes
prennent Amasée du Pont (Amasya), la Galatie et la Pisidie. |
| 713-715 |
Règne par usurpation d’Anastase
II Artemios |
| 715-717 |
Règne par usurpation de Théodose
III. |
| 717-741 |
Règne par usurpation de Léon
III. |
| 717-944 |
Hellénisation de la Romanie
orientale. |
| 717-718 |
Siège des armées arabes devant
Constantinople |
| 722 |
Montée de l’intolérance
religieuse en Romanie. L’empereur oblige les Juifs et les Montanistes à se
faire baptiser. |
| 726 |
Gros tremblement de terre à
Santorin (Théra). |
| 727 |
Première crise iconoclaste. |
| 730 |
Début de la période iconoclaste.
Les images sont interdites par l’empereur Léon II l’Isaurien. |
| 740 |
Victoire décisive sur les Arabes
près d’Akroinon en Phrygie (Afyon – Karahisar). Les Arabes évacuent toute la
partie occidentale de l’Anatolie. Fin de la Conquête arabe en Asie Mineure. |
| 741-775 |
Règne de Constantin V Copronyme
Caballinos. |
| 751 |
Ravenne tombe aux mains des
Lombards. Fin de la domination byzantine en Italie du Nord. |
| 755-765 |
Guerre contre les Bulgares et
victoires de l’armée impériale à Anchialos (Sizebolu) et à Lithosoria. |
| 769 |
Avènement du roi franc Etienne
III, qui organise un concile à Gentilly où la légitimité des images est
proclamée, ce qui marque la fin de la subordination du pape à l’empereur de
Constantinople. Désormais, l’empereur ne ratifie plus les élections
pontificales et c’est au roi des Francs que le nouvel élu fait part de son
avènement. L’empire conserve encore quelques possessions italiennes, dont la
Calabre, la terre d’Otrante, le littoral napolitain, mais tout prestige a
disparu. |
| 775-780 |
Règne de Léon IV le Khazar. |
| 778 |
Après une attaque byzantine en
Cilicie arabe, les armées impériales ramènent de nombreux
Syriens jacobites que l’on installe en
Thrace. |
| 780-797 |
Règne de Constantin VI. |
| 787 |
Concile de
Nicée. Fin de la période iconoclaste. |
| 797-802 |
Règne par usurpation d’Irène. |
| 800 |
Le 25 décembre, Charlemagne se
fait couronner « empereur Auguste » véritable usurpation, voulant donner à
l’Occident un prestige égal à celui du basileus de Romanie (Empire romain
d’Orient, le seul considéré comme universel). |
| 802-811 |
Règne par usurpation de
Nicéphore Ier le Logothète. |
| 805-811 |
Des missionnaires francs
christianisent partiellement la Croatie qui échappe ainsi à l’influence
byzantine. |
| 811 |
Règne de Staurakios |
| 811-813 |
Règne de Michel Ier Rhangabé. |
| 812 |
Traité d’Aix-la-Chapelle,
partage de la Dalmatie entre l’Empire franc et l’Empire romain.
Constantinople garde Venise, les îles et la côte dalmate, les Francs
conservent la Croatie qui se révolte (810-823) et passe sous influence
bulgare. |
| 813-820 |
Règne par usurpation de Léon V
l’Arménien. |
| 813 |
Charlemagne est reconnu basileus
d’Occident par l’empereur romain. |
| 813-842 |
Seconde période iconoclaste. |
| 814 |
Siège bulgare de Constantinople |
| 820-829 |
Règne par usurpation de Michel
II. |
| 821-823 |
Guerre civile pour le trône
impérial. |
| 828 |
L’île de Crète est conquise par
les Espagnols musulmans (Andalous). Ils vont fonder l’un des principaux
repères de la piraterie méditerranéenne, qu’ils tiendront pendant 133 ans. |
| 829-842 |
Règne de Théophile |
| 830-831 |
Conquête de la Sicile byzantine
par les Arabes d’Afrique et par les Espagnols musulmans. |
| 840 |
Venise signe un traité
d’alliance avec l’empereur franc Lothaire Ier et échappe dorénavant au
contrôle de Constantinople. |
| 842-867 |
Règne de Michel III. |
| 844 |
L’émir de Mélitène et l’Etat
paulicien de Tephrik, attaquent le thème de Kolonæ et infligent de lourdes
pertes à l’armée impériale. |
| 846 |
Les musulmans de Sicile font des
incursions en Italie méridionale. Ils pillent la cathédrale de Rome. |
| 847-848 |
Révolte des Slaves de Grèce
(Achaïe et Elide), contre le pouvoir romain. |
| 850 |
Les Sarrasins de Sicile fondent
un émirat en Apulie avec une puissante forteresse à Bari. |
| 860 |
Juin, pour la première fois dans
l’histoire de l’Empire romain, les Russes de l’Etat de Novgorod attaquent
Constantinople. |
| 860 vers |
Reprise des activités
missionnaires de l’Eglise constantinopolitaine. Des missions sont envoyées
chez les Barbares d’Europe, en pays musulmans, dans l’empire
judéo-turc des Khazars et en Persarménie. La bible est traduite dans les
langues locales, et le clergé orthodoxe de Constantinople autorise
l’utilisation des langues vulgaires pour la liturgie. Les missionnaires
Cyrille (Constantin) et Méthode, évangélisent les peuplent slaves, les
tribus turques du Vardar et la Grande Moravie et mettent au point un
alphabet adapté aux langues slaves (le cyrillique). |
| 864 |
Boris, le tsar des Bulgares,
reçoit le baptême. L’empereur Michel III est son parrain. Convertion
progressive de la Bulgarie au christianisme. |
| 867-886 |
Règne par usurpation de Basile
Ier le Macédonien. |
| 869 |
Prise de Malte par les musulmans
d’Espagne qui arrachent également quelques villes en Sicile byzantine. |
| 874-881 |
Occupation de
Chypre par l’empereur Basile le Macédonien. En 881, la résistance
chypriote, favorise le retour des Arabes. |
| 880 |
Apparition du peuple hongrois
sur le Danube. Les Hongrois (Magyars) chassés des steppes
russes par les Petchenègues, tombent dans la vassalité des Khazars, avant
d’immigrés vers l’Ouest avec l’intention de s’installer dans la région du
Danube.
Les Bulgares s’emparent de la
Thrace, de la Macédoine et menacent Constantinople.
|
| 883 |
La Calabre redevient possession
byzantine, tandis que les Lombards se soumettent à Constantinople en Italie
méridionale : prince de Salerne, l’évêque de Naples et le duc de Bénévent. |
| 886-900 |
Incursions arabes continuelles
en Anatolie et sur les côtes de la Méditerranée. |
| 886-912 |
Règne de Léon VI le Philosophe
et Alexandre, associés. |
| 895-896 |
L’Empire romain passe une
alliance avec le chef hongrois Arpad. Les Hongrois passent le Danube sur des
navires de la flotte impériale et envahissent la Bulgarie. Défaite de l’armée
impériale contre les Bulgares à
Bulgarophygon (Babaeski) et victoire bulgare sur les Hongrois, qui
repassent le Danube. |
| 902 |
Le christianisme byzantin
s’enfonce dans le Caucase avec le baptême du chef des Alains, le prince
Bagrat, en Abasgie (Abkhazie). Un archevêque est nommé par Constantinople,
pour l’Alanie. |
| 904 |
Les armées arabes de Crète,
dirigées par Léon de Tripoli, prennent les villes d’Attalie (Antalya) et
Thessalonique (Salonique). Ils ne s’y implantent pas, mais les villes sont
pillées et les prisonniers sont vendus à l’empereur romain. |
| 907 |
Les Russes menacent
Constantinople. Le frère du roi Rourik, Oleg, force l’empereur à conclure un
traité accordant des avantages commerciaux à la colonie de marchands russes,
installée à
Saint-Mamas (Besiktas). |
| 910 vers |
Les Petchenègues (peuple turc),
s’installent sur le Dniepr. L’impératrice Zoé passe une alliance avec eux,
contre les Bulgares (914). |
| 912-913 |
Règne d’Alexandre et Constantin
VII, co-empereurs. |
| 912-959 |
Constantin VII Porphyrogénète,
empereur en droit. |
| 917 |
Nouvelle invasion bulgare de la
Thrace, qu’ils ravagent jusqu’à la banlieue de Constantinople
(Katasyrtae) avant de se diriger vers la Macédoine et la Grèce, jusqu’à
Corinthe. |
| 917-919 |
Guerre civile dans l’Empire
romain entre les partisans de l’impératrice Zoé et ceux de l’Arménien Romain
Lécapène, qui prend le pouvoir. |
| 919-924 |
Guerre entre l’Empire romain et
la Bulgarie. Les Bulgares ravagent la Macédoine et la
Thrace, parviennent à s’emparer d’Héraclée
de Marmara (Marmara Eregli) et
Selymbria (Silivri) aux portes de Constantinople. Les Bulgares s’allient
aux Fatimides d’Afrique, contre l’Empire romain. |
| 920-944 |
Règne par usurpation de Romain
Ier Lécapène. |
| 920 |
Les Hongrois chassent les
Bulgares de la région du Danube, détruisent la Grande Moravie et attaquent
Kiev. |
| 922-926 |
Les Slaves et les Fatimides
d’Afrique, alliés, attaquent les possessions byzantines d’Italie. Les
Hongrois pillent la Campanie et la Calabre. L’Apulie est occupée par
Landolf, prince lombard de Capoue. |
| 924 |
Syméon, tsar de Bulgarie
s’autoproclame « basileus et autocrator des Bulgares et des Grecs ». |
| 927-938 |
Guerre entre l’Empire romain et
le calife de Bagdad. L’armée impériale occupe la Haute Mésopotamie et
l’Arménie arabe. |
| 928 |
Famine dans l’Empire romain. |
| 934 |
Les Hongrois ravagent la
Thrace
et menacent Constantinople. L’empereur doit signer un traité de paix
et payer tribut. |
| 935 |
L’empereur Romain Lécapène
envoie des secours à son allié Hugues de Provence, contre les Arabes
d’Afrique qui occupe Fraxinet et écument les côtes de Provence et les
vallées alpines jusque dans le pays des Helvètes. |
| 939-945 |
Seconde guerre entre le calife
de Bagdad et l’empire. Les chefs géorgiens et arméniens font leur soumission
aux Hamdanides qui obtiennent également les villes d’Antioche
et Emèse (Homs). |
| 941 |
Juin, la flotte russe attaque
l’Archipel, puis Constantinople. Elle est détruite par les Romains. |
| 944-959 |
Règne de Constantin VII
Porphyrogénète, empereur en droit depuis 912. |
| 946-956 |
Révoltes en Longobardie
(l’Italie byzantine) contre le pouvoir impérial. |
| 959-963 |
Règne de Romain II. |
| 961 |
Après un long siège tenu par les
Romains, la ville de Candie tombe. Une partie des habitants est massacrée. L’île de
Crète se soumet entièrement à l’empereur. Les mosquées sont détruites et la
population est convertie de force au christianisme. |
| 962 |
Prise d’Anazarb (Antep) par
l’armée impériale et incursion en Syrie hamdanide. |
| 963-969 |
Règne par usurpation de
Nicéphore II Phokas. |
| 966-969 |
Conquête de la Haute
Mésopotamie, de l’Arménie et de la Syrie hamdanide par les Romains. |
| 967 |
Violente émeute au monastère
de la Source (Balikli Manasteri), contre l’empereur. Massacre de la
population y ayant prit part.
Traité de Mehedia entre l’empereur Nicéphore Phokas et le calife Al Muizz
contre les projets d’invasion de l’Italie méridionale du roi germanique
Otton II, qui revendique le regnum Italicum, en héritage de
Charlemagne. |
| 969 |
Dans la nuit du 11 au 12
décembre, révolte conduit par l’Arménien Jean Tchemchkik (Tzimiskes).
L’empereur Nicéphore Phokas est mutilé dans son
palais du Boucoléon, puis assassiné par Tchemchkik, qui se fait
proclamer empereur. |
| 969-976 |
Règne par usurpation de Jean Ier
Tzimiskès. |
| 970 |
Les Russes envahissent la
Bulgarie et la
Thrace. Ils sont arrêtés par l’armée impériale à
Arcadiopolis (Lüleburgaz). Les Romains profitent de leur victoire pour
repousser les Russes jusqu’au Danube, et annexent la Bulgarie, sauf une
petite partie restée indépendante en Macédoine. |
| 975 |
Incursions des armées romaines
au Liban et en Palestine. |
| 976-985 |
Guerre civile dans l’empire. |
| 976-1025 |
Règne de Constantin VIII et
Basile II, co-empereurs. |
| 980 |
Soulèvement des Bulgares. Après
l’annexion de la Bulgarie à l’empire, un petit Etat bulgare émerge en 970,
en Macédoine. Le roi bulgare Samuel, prend le titre de tsar et lève une
armée afin d’envahir l’Albanie et la Grèce, sans songer toutefois à
réoccuper la Bulgarie danubienne. |
| 987 |
Le tsar Vladimir est baptisé à
Kiev selon le rite byzantin. |
| 989 |
Le 25 octobre, violent
tremblement de terre à Constantinople. La coupole de
Sainte-Sophie ainsi que celles d’une quarantaine d’autres églises,
s’effondrent. Les
remparts
sont endommagés. Nombreuses victimes. |
| 998 |
Les Bulgares s’emparent de la
Dioclée romaine (Monténégro). |
| 1000 |
Soumission des princes de
Géorgie à l’empereur Basile II. |
| 1001-1018 |
Reconquête de la Bulgarie et de
ses possessions danubiennes, grecques, macédoniennes et albanaises. |
| 1009-1018 |
Insurrection de Bari. Deux chefs
lombards chassent la garnison byzantine et s’emparent du pouvoir. Le
mouvement s’étend en Apulie, soutenu par le roi d’Allemagne Henri II.
Guaimer, le prince lombard de Salerne recrute des troupes en Normandie pour
aider les Lombards révoltés. En 1017, toutes les forteresses des Pouilles
sont occupées par les Barbares. En 1018, l’armée impériale inflige une
défaite décisive à l’armée lombardo-normande, dans la plaine de l’Ofanto.
L’autorité byzantine est rétablie en Apulie, en Dalmatie et en Croatie, mais
les Normands restent en Italie, dans les principautés lombardes. |
| 1014 |
Bataille de Kimbalongos contre
les Bulgares. Victoire de Basile II qui fait crever les yeux à 15 000
Bulgares, en laissant un borgne par centaine pour servir de guide. |
| 1016 |
Les Russes aident les Romains à
chasser les derniers Khazars de Crimée. |
| 1018 |
Soumission des chefs bulgares à
l’empereur Basile II à Ohrid et à Prespa. |
| 1021 |
Soumission de Sempad, roi de
Grande Arménie et du roi de l’Etat arménien du Vaspourakan, à l’empereur
Basile II. |
| 1022 |
Soumission de Giorgi, roi
d’Abkhazie à Basile II. |
| 1025-1028 |
Règne de Constantin VIII. |
| 1027 |
Traité entre le calife Al Zahir
et Constantin VIII sur la reconstruction de l’église du Saint-Sépulcre à
Jérusalem, détruite en 1009. |
| 1028 |
Règne de Zoé qui épouse Romain
Argyre. |
| 1028-1034 |
Règne de Romain III Argyre |
| 1029 |
Sergius, duc de Naples, fait don
à Rainolf chef d’une bande normande, du territoire et de la ville d’Aversa.
C’est la naissance du premier Etat normand en Italie. |
| 1031 |
L’émirat d’Alep et l’émirat de
Tripoli deviennent des vassaux de l’Empire romain. Edesse est annexée. |
| 1034-1041 |
Règne de Michel IV le
Paphlagonien, 2e
époux de Zoé. |
| 1035 |
Traité de paix entre l’empire et
l’émirat de Sicile, mettant fin aux incursions siciliennes en Adriatique et
dans la mer ionienne. |
| 1040-1041 |
Soulèvement bulgare dans la
région de Thessalonique (Salonique), en Macédoine. En 1041, ce sont les
Serbes de la Dioclée qui se révoltent contre le pouvoir impérial. Les deux
insurrections seront mâtées. |
| 1041-1042 |
Règne de Michel V, adopté par
Zoé. |
| 1041-1042 |
Soulèvement des vassaux lombards
d’Italie avec l’aide des Normands d’Aversa. Argyros est proclamé chef des
Lombards et des Normands, dans l’église Saint-Apollinaire de Bari en
février. Les Romains ne tiennent plus que les villes de Brindisi, Otrante et
Tarente au sud de l’Italie. |
| 1042 |
Règne de Zoé et Théodora,
co-impératrices.
Soulèvement de l’Arménie. Kakig II est sacré roi à Ani. A la suite d’une
alliance entre l’empire et l’émir de Dwin, les Romains réoccupent l’Arménie
en 1046. |
| 1042-1055 |
Règne de Constantin IX
Monomaque, 3e
époux de Zoé. |
| 1043 |
A la suite d’émeutes contre les
Russes du faubourg de
Saint-Mamas (Besiktas), la flotte russe attaque Constantinople. Les
Romains les repoussent, mais sont contraints de signer un traité favorisant
le commerce des Novgorodiens dans l’empire. |
| 1046 |
Les Normands attaquent les
possessions byzantines d’Italie. Ils ravagent la terre d’Otrante. |
| 1048 |
Les Petchenègues (peuple turc)
passent le Danube et envahissent la Bulgarie et la
Thrace. L’armée impériale les chasse de Thrace, mais les Petchenègues
s’installent durablement dans la plaine de Sofia.
Les Seldjoukides attaquent la frontière de l’empire et s’infiltrent dans le
Vaspourakan. Les Romains les repoussent et signent un traité avec leur chef
Toghroul. |
| 1054 |
Schisme des Eglises d’Orient et
d’Occident. Rome se détache de Constantinople. Chacune des deux Eglises
continuera de son côté en prétendant à l’universalité. L’orthodoxie
s’affirme dans l’Empire romain. |
| 1055-1056 |
Règne de Théodora, sœur de Zoé
qui adopte Michel VI. |
| 1056-1057 |
Règne de Michel VI le
Stratiotique. |
| 1057-1059 |
Règne par usurpation d’Isaac Ier
Comnène.
Conquête de la Calabre par le chef des Normands, Robert Guiscard. |
| 1059-1064 |
Les Hongrois alliés aux
Petchenègues, passent le Danube et ravagent la
Bulgarie. Belgrade est occupée. |
| 1059-1067 |
Règne de Constantin X Doukas. |
| 1059 |
Le pape Nicolas II, reconnaît un
pouvoir légal aux envahisseurs normands.
Le khan seldjoukide Toghroul est proclamé émir de Bagdad |
| 1064-1067 |
Les armées seldjoukides prennent
Ani, en Arménie, s’avancent jusqu’à Edesse, prennent le Pont et pénètrent en
Cappadoce, jusqu’à Césarée (Kayseri). |
| 1064-1072 |
Guerres entre l’empire et le
chef des Barbares normands, Robert Guiscard, qui s’achève par la prise de
Palerme en 1072, par les envahisseurs. L’Italie byzantine est définitivement
perdue. |
| 1065 |
Les Ouïgours et les Comans (deux
peuples turcs), passent le Danube et ravagent la Macédoine et la Thessalie.
Constantin X, en installe une partie en Macédoine à la suite d’un traité
passé avec leurs chefs. |
| 1067-1078 |
Michel VII Doukas est empereur
en droit. |
| 1068-1071 |
Règne de Romain Diogène qui
épouse Eudokia, veuve de Constantin X |
| 1071 |
Le 26 août, bataille de Mantzikert contre les Seldjoukides de Alp Arslan.
L’armée byzantine est défaite, l’empereur est capturé et doit payer un lourd
tribut annuel. Une paix de 50 ans est signée. Les tribus turcomanes
s’installent définitivement en Asie Mineure. |
| 1071-1078 |
Règne de Michel VII Parapinace
(pourvoir effectif). |
| 1071-1081 |
Guerre civile dans l’Empire
romain. |
| 1072 |
Profitant de la guerre civile,
le chef du contingent normand de l’armée impériale, Roussel de Bailleul,
marche sur Sébaste (Anatolie) avec une petite armée. Il teint en respect toutes les
forces impériales pendant plus d’un an. Pillant et ravageant l’Asie Mineure
il atteint
Chrysopolis (Üsküdar), qu’il incendie. L’empereur fait appel aux
Seldjoukides qui livrent une bataille à Roussel de Bailleul à
Nicomédie (Izmit). Il est capturé et livré aux Romains qui le mettent à
mort. |
| 1073-1074 |
Révolte des Bulgares et des
Serbes. Les Serbes sont chassés de Macédoines par l’armée impériale. |
| 1074 |
Profitant également de la guerre
civile, Philarète, un chef arménien, s’empare avec l’aide d’une armée
composée d’Arméniens, des places fortes du Taurus, s’avançant jusqu’à
Antioche
où il est défait par l’armée impériale. |
| 1076 |
Perte de la Croatie et de la
Dalmatie. Zvonimir est couronné roi de Croatie et de Dalmatie à Spalato, par
deux légats du pape Grégoire VII |
| 1078-1360 |
Principauté des Danichmendides
en Cappadoce. Cette dynastie turco-musulmane aura le grec comme langue
officielle. |
| 1078-1081 |
Règne par usurpation de
Nicéphore III Botaneiatès. |
| 1078 |
Fondation de l’Etat seldjoukide
de
Nicée (Iznik) par Soliman, cousin d’Alp Arslan.
Le pape Grégoire VII envoie une couronne à Michel Bogislav et lui décerne le
titre de roi des Slaves. |
| 1080 vers |
Les Seldjoukides sont de plus en
plus nombreux en Asie Mineure, attirés par les différents clans romains qui
les emploient comme mercenaires, tout comme les Normands, les Comans et les
Petchenègues. Certains vivent en Roumélie ou en Anatolie, totalement
indépendants.
Le mouvement bogomile de Bulgarie atteint Constantinople. Leur chef, le
Bulgare Basile, est brûlé vif après condamnation. |
| 1081 |
L’empire romain commence à être
livré à l’exploitation coloniale franque. Pour lutter contre les Normands
qui s’apprêtent à envahir la péninsule balkanique, l’empereur concède des
privilèges aux républiques italiennes, qui vont plus tard, ruiner le
commerce et la marine byzantine. |
| 1081-1091 |
Les Normands attaquent l’empire
et prennent durablement le port de Durazzo, Castoria, l’île de Corfou et
s’avancent en Thessalie et en Grèce. |
| 1081-1118 |
Règne par usurpation d’Alexis
Ier Comnène. |
| 1086-1087 |
Invasion des Petchenègues
installés dans l’ancienne Bulgarie, entre les Balkans et le Danube. Alliés
aux Comans, ils ravagent la
Thrace
et menacent Constantinople. |
| 1091 |
Les Petchenègues s’allient à
l’émir de
Smyrne
et au sultan de
Nicée. Ils envahissent la
Thrace
et sont battus à
Ænos
par l’armée impériale d’Alexis Comnène le 29 avril. Le peuple Petchenègues
est exterminé, les survivants sont enrôlés dans l’armée ou tombent en
esclavage.
Agressions serbes contre l’empire. Les Serbes occupent la Rascie et la
Dioclée. |
| 1093 |
Alliance entre l’empereur Alexis
Comnène et le sultan de
Nicée Kiliç Arslan, contre l’émir de
Smyrne. |
| 1095 |
Accablés par de lourds impôts,
les habitants de l’empire préfèrent parfois une domination barbare plutôt
que le pouvoir impérial. Des villes de Roumélie, ouvrent leurs portes aux
Comans et en Anatolie, aux Seldjoukides.
Les armées romaines sont de plus en plus composées de mercenaires :
Anglo-Saxons, Francs, Normands d’Italie, Turcomans.
Le stratège du thème de Chaldée, Théodore Gavras, fait de Trébizonde le
siège d’une principauté autonome. |
| 1096 |
Le 20 juillet, arrivée à
Constantinople de la première bande de croisés, celle de Gautier sans Avoir,
suivie le 1er
août par celle de Pierre l’Hermite. L’empereur Alexis Comnène les fait
passer le Bosphore
et les cantonne à Cevitot, près de
Nicomédie, aux portes de l’Etat seldjoukide de
Nicée. Les croisés attaquent les Seldjoukites et se font entièrement
massacrer. |
| 1096-1097 |
Les armées régulières des
croisés arrivent à Constantinople. Alexis Comnène oblige les seigneurs
francs à prêter le serment féodal de l’hommage, suivant les coutumes
occidentales, ce qui les engagent à devenir vassaux de l’empire pour toutes
les terres qu’ils conquerraient. Tous les princes acceptent, sauf Godefroy
de Bouillon à qui l’empereur coupe les vivres avant d’obtenir son serment,
et Raimond de Saint-Gilles, comte de Toulouse qui jure seulement qu’il
n’attenterait en rien à la personne de l’empereur des Romains.
Le 19 juin, les croisés forcent le sultan de
Nicée
à laisser occuper la ville par les troupes d’Alexis Comnène.
Les croisés attaquent les Seldjoukides à Dorylée et le sultan Kiliç Arslan
est vaincu. Le premier Etat seldjoukide est disloqué. Les croisés
s’enfoncent sans plus de résistance en Asie Mineure, tandis que l’empereur
romain reprend les émirats maritimes (Smyrne,
Ephèse,
Sardes
et Attalie) et occupe la
Bithynie. |
| 1097 |
Invasion de la Cilicie par les
croisés. La garnison seldjoukide ne peut tenir aucune résistance.
Septembre, ne respectant pas les accords avec l’empereur Alexis Comnène, les
croisés s’emparent de la Haute Mésopotamie et de la ville d’Edesse (Urfa) et
son territoire, sans les remettre à l’empire et en passant des accords avec
les chefs arméniens. |
| 1098 |
Le 24 juin, prise d’Antioche
par les croisés, qui refusent de remettre la ville à l’empire. Bohémond
entre en guerre contre l’empire et attaque Laodicée.
Le 15 juillet, les croisés prennent Jérusalem. |
| 1100 |
Bohémond ayant pour but
d’élargir
les territoires d’Antioche, attaque l’émirat d’Alep, les dynastes
arméniens de Cilicie et l’émirat de Sivas (à Mélitène). |
| 1100 vers |
Les catholiques d’Europe
occidentale prennent l’habitude de désigner
les Romains d’Orient comme « Grecs », c’est-à-dire tous les orthodoxes.
Tandis que les musulmans des même contrées, sont désignés comme « Turcs »,
quelles que soient leurs origines et péjorativement. |
| 1101 |
L’empire doit faire face aux
pillards francs et aux attaques de croisés en territoire impérial. La même
année, de nouveaux croisés arrivent d’Europe Occidentale et traversent
l’Asie Mineure : croisades des Lombards, du comte de Blois et des Allemands,
du comte de Nevers, de Guillaume IX d’Aquitaine et de Welf de Bavière.
Toutes ces armées seront détruites par le sultan Kiliç Arslan et d’autres
émirs, en traversant l’Asie Mineure. |
| 1103 |
Traité entre les Francs et les
Danichmendites de Sivas |
| 1104 |
Les villes de Cilicie chassent
les Normands et reçoivent des garnisons impériales. Les Romains reprennent
Laodicée aux croisés. |
| 1107 |
Après un long séjour en Europe
Occidentale, Bohémond qui voulait lever une nouvelle croisade contre
l’Empire romain, débarque à Avlona et entame le siège de Durazzo.
Alliance entre l’empereur Alexis Comnène et le sultan Kiliç Arslan, contre
les croisés d’Occident. Les forces turco-byzantines soumettent Bohémond qui
capitule et signe un traité de paix à Deabolis (Devol) en septembre 1108 |
| 1111 |
Mort de Bohémond en Italie
normande. Ses successeurs à
Antioche
dénoncent le traité de Deabolis.
Pise et Gênes menacent Constantinople avec leur flotte. L’empereur signe un
traité de paix, leur donnant des avantages commerciaux (18 avril).
Après la mort du duc Roger Ier et celle de Bohémond, l’Italie normande est
gouvernée par trois régentes, au nom d’enfants mineurs. |
| 1115-1116 |
Le nouveau sultan seldjoukide,
Malek Schah II (Malek Sah), installé à Iconium (Konya), après la perte sa
capitale
Nicée, attaque les provinces du Nord, mais vaincu par Alexis Comnène, il
doit signer un traité de paix, avantageux pour l’empire. |
| 1118-1143 |
Règne de Jean II (Alexis Comnène
associé jusqu’en 1142). |
| 1119-1135 |
Luttes de pouvoir entre les
émirs seldjoukides d’Iconium et de Mélitène. L’empereur Jean Comnène en
profitent pour leur arracher des territoires. |
| 1124-1126 |
L’empereur Jean Comnène dénonce
le traité sur le commerce avec la République de Venise. Venise riposte par
des incursions et des pillages dans les îles de l’Archipel et sur la côte
dalmate, et par l’occupation de Céphalonie. L’empereur est obligé d’accorder
tous les privilèges d’autrefois aux Vénitiens |
| 1132-1135 |
Expansion du sultanat de
Danichmendite dans la vallée de l’Euphrate, dans le Pont et en
Paphlagonie. |
| 1130 |
Roger II se fait couronner roi
de Sicile dans la cathédrale de Palerme, le 25 décembre. |
| 1139 |
Alliance entre l’empereur
germanique Conrad III de Hohenstaufen et Jean Comnène, contre le roi normand
des Deux-Siciles, Roger II. Berthe de Sulzbach est fiancée à Manuel Comnène. |
| 1137 |
La Cilicie arménienne, qui se
maintient indépendante entre les possessions de l’empire, les
Etats francs
et les Etats seldjoukides, est attaquée par Jean Comnène qui l’annexe à
l’empire. Le roi arsanide Léon, est emmené en captivité à Constantinople. |
| 1143-1148 |
Nouvelle croisade contre les
Etats musulmans et l’Empire romain. |
| 1143-1180 |
Règne de Manuel Ier Comnène. |
| 1147 |
Passage des troupes croisées de
Louis VII de France et de Conrad III de l’Empire germanique, dans les
territoires byzantins qui entraîne une dévastation et le pillage des
villages chrétiens et musulmans.
Les Normands de Sicile s’emparent de l’île de Corfou, pillent les côtes de
l’Eubée et débarquent dans le golfe de Corinthe. Les Normands déportent la
population de Thèbes, centre de l’industrie de la soie, et la ramènent en
Sicile. |
| 1151 |
Les Byzantins occupent Ancône. |
| 1152 |
Révolte des Arméniens de Cilicie
dont leur chef Thoros s’empare de la plupart des places byzantines en
Cilicie. |
| 1157 |
Diète de Besançon. Les relations
entre le pape et l’empereur Frédéric Barberousse s’enveniment. Manuel
Comnène en profite pour se rapprocher de Rome, voulant se faire couronner
empereur d’Occident par le pape. |
| 1161 |
L’empereur Manuel Comnène soumet
la Cilicie.
La principauté franque d’Antioche reconnaît la suzeraineté du basileus. |
| 1162 |
Kiliç Arslan II, sultan de
Roumie (Roum), signe à Constantinople un traité qui fait de lui, un vassal
de l’empire. |
| 1165 |
L’empire a autorité sur les
Etats francs de Syrie et un protectorat sur
Antioche. Un patriarche orthodoxe y est installé afin de remplacer le
catholique mis en place par les occupants latins. |
| 1167 |
Le roi de Jérusalem, Amaury Ier,
attaque l’Egypte, ce qui fait intervenir le sultan Nurettin, Atabey de la
Syrie musulmane. |
| 1169 |
L’Atabey Nurettin s’empare de
l’Egypte et y installa son neveu, le grand vizir Saladin (Salah-el-Dïn /
Selattin). |
| 1171 |
Après de fortes tensions avec la
République de Venise, les Vénitiens abandonnent tout commerce avec l’empire.
Mais l’empereur leur promet le monopole du commerce et 20 000 Vénitiens s'y
réinstallent. Le 12 mars, Manuel Comnène les fait arrêter et confisque leurs
biens. Venise attaque la Dalmatie et occupe l’Eubée et l’île de Chio. |
| 1173 |
La Hongrie vassale de l’empire
restitue la Dalmatie et la Sirmie à Manuel Comnène. |
| 1174 |
Mort de l’Atabey de Syrie, le
sultan Nurettin. Réunion de la Syrie seldjoukide et de l’Egypte sous la
souveraineté de Saladin. |
| 1180-1183 |
Alexis II empereur. Régence de
Marie d’Antioche après la mort de Manuel Comnène |
| 1182 |
Emeute contre l’autorité de
Marie d’Antioche, soutenue par Andronic Comnène. Les émeutiers s’en prennent
aux
quartiers latins de Constantinople et massacrent la population
occidentale. Les navires latins, qui recueillent les fugitifs, exercent des
représailles sanglantes sur les côtes de l’Hellespont (mer de Marmara) et
dans l’Archipel. Les massacres de Latins ont fait 40 000 victimes. |
| 1183-1185 |
Règne par usurpation d’Andronic
Ier Comnène. |
| 1185 |
L’empereur Andronic Comnène
signe un traité avec l’Atabey Saladin, prévoyant le partage des Etats francs
du Proche Orient.
Alliance entre l’empereur germanique, le royaume normand de Sicile et la
république de Venise, contre l’empire romain. Les Normands s’emparent de
Durazzo (24 juin) et de Salonique (24 août).
Emeute à Constantinople, l’empereur Andronic Comnène est renversé en
septembre.
La flotte normande est encrée devant les
îles des Princes, aux portes de Constantinople, tandis que les armées de
terre, pillent la
Thrace. Les Normands envoient une flotte soutenir la révolte de
Chypre contre l’empereur. |
| 1185-1195 |
Règne par usurpation d’Isaac II
Ange |
| 1186-1187 |
Révolte des Valaques contre
l’empire. L’insurrection s’étend à toute la Bulgarie danubienne. Les
Bulgares et les Valaques s’allient aux Comans et aux Serbes. Les Balkans
redeviennent une mosaïque d’Etats indépendants. |
| 1187 |
Le 2 octobre, l’Atabey Saladin
prend Jérusalem. |
| 1188 |
Traité de Nuremberg. L’empereur
accorde le libre passage de l’armée allemande de Barberousse, en route pour
une nouvelle croisade contre Saladin. |
| 1189 |
Frédéric Barberousse atteint
l’empire, mais apprend que ses ambassadeurs sont emprisonnés à
Constantinople. Ils passent des accords avec des vassaux de l’empire
(Serbes, Valaques, Bulgares), forcent la passe de Trajan, barrée par les
troupes impériales et ravage la
Thrace. Après une bataille victorieuse à Didymotika, il occupe
Andrinople.
Traité entre Saladin et l’empereur Isaac Ange, contre Barberousse. |
| 1190 |
Février, les Allemands occupent
toute la Macédoine et la
Thrace
et resserrent leur alliance avec les Serbes, les Valaques et les Bulgares,
qui promettent leur aide à conquérir Constantinople.
Traité d’Andrinople.
Capitulation de l’empereur devant Barberousse. L’empereur doit s’engager à
faire passer les croisés en Asie Mineure et à leur assurer des vivres.
Mars, les croisés franchissent l’Hellespont
(Dardanelles), entre
Sestos
(Eceabat)
et
Abydos
(Çanakkale),
puis attaquent le sultanat de Roumie (Rum). Vainqueur, Frédéric Barberousse
se dirige vers Tarse, mais le 10 juin, il se noie au passage du Selef. Son
armée se disperse, sans atteindre la Terre Sainte. |
| 1191 |
Richard Cœur de Lion s’empare de
Chypre chrétienne qu’il vend immédiatement aux Templiers, qui eux-mêmes
la vendent à Guy de Lusignan, ex-roi de Jérusalem. |
| 1192 |
Les républiques de Venise, Gênes
et Raguse, se vengent des massacres de Latins à Constantinople en 1182,
elles encouragent la piraterie sur les côtes de Méditerranée et de l’Egée.
Pillages et massacres. |
| 1194 |
La flotte pisane attaque les
navires byzantins à
Abydos. |
| 1195-1203 |
Règne par usurpation d’Alexis
III Ange. |
| 1197 |
L’émir d’Angora (Ankara),
s’empare de la ville de Dadibra en
Paphlagonie.
Le roi de Chypre, Amaury
de Lusignan, se fait couronner dans la cathédrale de
Nicosie, en présence du chancelier de l’empereur germanique et d’un
légat du pape. |
| 1198 |
Le roi de la Petite Arménie,
Léon II, se fait couronner dans la cathédrale de Tarse, en présence du
chancelier de l’empereur germanique et d’un légat du pape.
Lothaire de Segni, élu pape, appelle à la croisade. Les comtes et seigneurs de
France et d’Allemagne, passent un contrat avec Venise qui s’engage à
transporter les croisés par mer jusqu’en Egypte, contre paiement. |
| 1199 |
Les Bulgares constituent un
petit Etat dans les terres de Stroumitza et annexent la Haute-Macédoine. |
| 1199-1200 |
Les Comans de Galicie
envahissent et pillent la
Thrace, mais ne s’y installent pas. Ils retournent en Galicie où ils se
battent avec les Russes. |
| 1201 |
Election de Boniface de
Montferrat à la tête des croisés. |
| 1201-1204 |
Le roi des Bulgares, Kaloyanis
(Johannitza – Jean le Bon), attaque l’empire et prend la ville de Varna, en
massacrant la population. Les Bulgares prennent Nisch, Braniceno et
Belgrade. L’empereur signe un traité reconnaissant toutes les conquêtes
bulgares. |
| 1202 |
Venise impose à Boniface de
Montferrat et aux barons francs, de prendre la ville hongroise de Zara en
Dalmatie, pour s’acquitter de leur dette de transport en Egypte. Les croisés
attaquent et prennent la ville chrétienne appartenant à un souverain
chrétien, et la remettent à Venise (le 12 novembre). |
| 1203-1204 |
Règne d’Isaac II Ange.
Règne d’Alexis IV Ange. |
| 1203 |
Les croisés et Venise
s’entendent à restaurer Alexis Ange réfugié en Sicile normande, sur le trône
de Constantinople. Le 7 avril, le prétendant arrive à Zara. Les croisés
occupent Corfou et se mettent en route pour Constantinople, le 24 mai.
Attaque de Constantinople par les croisés (du 23 juin au 17 juillet).
Constantinople tombe au pouvoir des Occidentaux et Isaac Ange est rétabli
sur le trône, et son fils Alexis IV est co-empereur. Les croisés incendient
une grande partie de la ville et saccagent les églises orthodoxes,
détruisent les deux mosquées et les synagogues. |
| 1204 |
Le 5 février, une émeute éclate
contre les Latins qui continuent leurs exactions. Isaac Ange est renversé
par Alexis Doukas (Murzuphle). Les croisés organisent un deuxième siège de
Constantinople.
9-12 avril, chute de Constantinople. Les croisés s’emparent de la ville et
la pillent en massacrant une partie de la population. Le gouvernement en
fuite, s’installe à
Brousse, puis à
Nicée
(Asie Mineure), avec l’aide du sultan seldjoukide d’Iconium (Konya).
Pendant 57 ans, les Francs continueront à piller l’héritage de l’Empire
romain, ils videront les bibliothèques, les monastères et les églises de
leurs trésors, allant jusqu’à déboulonner les statues. Tout le butin sera
emmené dans leurs Etats, à Venise, en France, en Allemagne et en Flandre.
Le 9 mai, Baudouin de Flandre est proclamé empereur par les croisés et un
patriarche latin est nommé.
Le 7 novembre, Kaloyanis se fait sacrer tsar de Bulgarie dans la cathédrale
de Tirnovo avec la couronne envoyée du pape. Un légat pontifical sacre un
patriarche de Bulgarie et lui confère le pallium. La Bulgarie s’émancipe de
l’empire romain et le pape en profite pour augmenter l’influence de l’Eglise
d’Occident dans les Balkans. |
| 1204-1222 |
Règne en exil de Théodose Ier
Lascaris |
| 1205-1207 |
Les Francs poursuivent leurs
conquêtes en Macédoine et en Grèce qui s’achève par l’annexion du
Péloponnèse. Venise augmente le nombre de ses possessions qui s’étendent de
l’Adriatique à Constantinople. Les Vénitiens chassent les Génois de leurs
comptoirs. |
| 1208 |
Théodore Lascaris est couronné
empereur romain, par le patriarche orthodoxe, dans la cathédrale
Sainte-Sophie de
Nicée.
La résistance s’organise dans les Balkans, les Valaques, les Bulgares, les
Skipétars (Albanais) et les Romains, parviennent à empêcher les Vénitiens de
s’établir en Epire, en Acarnanie, en Etolie et en Thessalie. Ils réussissent
à créer un Etat, qui s’étend de Durazzo à Lépante.
Avec l’aide des Danichmedites, des Ibères et des Abkhazes, les Romains du
Pont et de
Paphlagonie
arrivent à résister aux croisés et créent un Etat avec Trébizonde comme
capitale. |
| 1222-1254 |
Règne en exil de Jean III
Vatatzès. |
| 1223 |
Le despote d’Epire libère
Thessalonique et Serrès de l’occupation latine. |
| 1230 |
Le tsar de Bulgarie, Jean Asèn
II, attaque les Latins de Constantinople et le despotat d’Epire. Les
Bulgares libèrent
Andrinople
du joug latin et occupent la Macédoine et l’Albanie. |
| 1235 |
Première tentative infructueuse
des Romains et des Bulgares alliés, à libérer Constantinople du joug latin. |
| 1237-1241 |
Le pape Grégoire IX publie des
bulles de croisade contre la Romanie.
Le peuple turc des Comans, poussé par les invasions mongoles, émigre en
Hongrie. |
| 1243 |
Les Mongols attaquent le
sultanat de Roumie et écrase l’armée seldjoukite à Erzincan (le 26 juin). Le
sultan se reconnaît vassal du grand Khan et la domination mongole atteint la
frontière de l’Etat de Nicée
L’Etat romain de Trébizonde devient vassal des Mongols. |
| 1254-1258 |
Règne en exil de Théodore II
Lascaris. |
| 1258 vers |
Naissance d’Osman, fondateur de
la dynastie ottomane, à Sögüt en Phrygie. |
| 1258 |
Emeute à Saint-Jean-d’Acre et
bataille entre les habitants des quartiers génois et vénitiens de la ville.
Les Génois quittent la ville et s’installent à Tyr. |
| 1258-1261 |
Règne en exil de Jean IV
Lascaris. |
| 1261-1282 |
Règne par usurpation de Michel
VIII Paléologue. |
| 1261 |
Le 13 mars, traité de
Nymphée (Nymphaeum) entre l’empereur romain et Gênes. Alliance contre
l’empereur latin de Constantinople et Venise. Gênes met sa flotte à la
disposition de Michel VIII qui leur accordera tous les privilèges dont
bénéficient Venise, leur quartier à Constantinople, les comptoirs de
l’Archipel et de la mer Noire.
Le 25 juillet, les armées romaines conduites par Alexis Stratégopoulos,
libèrent Constantinople. L’empereur Baudouin II s’enfuit sur un bateau
vénitien.
Le 15 août, Michel Paléologue fait son entrée dans la Ville, et est couronné
de nouveau à
Sainte-Sophie.
|
| 1262 |
Les Romains reprennent les
places fortes en Grèce occupées par Guillaume de Villehardouin (Mistra,
Géraki, Monemvasia). |
| 1262-1272 |
Alliances successives entre les
Mamelouks d’Egypte, le khan nogaï de Kiptchak et l’empire romain. |
| 1272 |
Marco Polo débarque à
Payas
(Yakacik / Hatay – région d’Alexandrette). |
| 1278 |
Les Karamanides s’emparent
d’Iconium qui devient leur capitale. |
| 1280 vers |
Osman hérite de son père
Ertugrul un petit patrimoine autour de Sögüt et de Domaniç en Phrygie. Il
sera le fondateur de la dynastie ottomane. En moins de 100 ans, cet Etat
deviendra la principale puissance européenne, s’étalant de l’Albanie au
Danube et des
Dardanelles
à la
Bithynie, avec sa capitale
Andrinople (Edirne), en
Thrace. Il comprendra des dizaines de peuples et de langues. La classe
dirigeante se réclamera de l’islam hétérodoxe, et la majorité de la
population sera chrétienne orthodoxe à la veille de la Conquête de l’Asie
Mineure et, plus tard, de Constantinople. |
| 1282-1328 |
Règne d’Andronic II Paléologue,
associé à Michel IX entre 1295 et 1320 |
| 1285-1293 |
Les Mongols occupent la
Bulgarie. |
| 1303-1311 |
Invasion catalane de l’empire.
Pour reprendre des territoires perdus en Asie Mineure, l’empereur Andronic
II, fait venir par dizaines de milliers, des mercenaires de Navarre,
d’Aragon et surtout de Catalogne. Transportés par des navires génois avec
femmes et enfants, ils massacrent la population de
Galata, dès leur arrivée à Constantinople en septembre 1303. L’empereur
s’empresse de les faire passer le
Bosphore
pour les engager contre les Seldjoukides. Après la prise
Cyzique
où la population est massacrée, l’armée catalane sous les ordres de Roger de
Flor, s’avance jusqu’au Taurus en détruisant toutes les positions
seldjoukides qu’elle rencontre, provoquant la panique dans la population
anatolienne. L’empereur perd le contrôle de ses mercenaires catalans, qui se
dirigent vers les
Dardanelles. Les Catalans se fixent dans la péninsule de
Gallipoli. Leur chef est assassiné avec sa famille alors qu’il voulait
négocier avec l’empereur, ce qui déchaîne la vengeance des Catalans qui,
conduits par leur nouveau chef Bérenger Entença, massacrent la population
romaine de la péninsule de
Gallipoli
et
la côte de Ganos. Les Catalans ravagent en suite, la
Thrace
et s’établissent à
Rodosto (Tekirdag). De nouveaux Almugavares (nom de ces anciens
mercenaires), vinrent rejoindre les premiers, avant de s’établir à
Madyte (Madytos - Eceabat). Trois chefs se partageaient les
territoires conquis, possédant chacun une « capitale » (Madyte,
Rodosto
et
Gallipoli). |
| 1308 |
Après avoir épuisé les
ressources des régions occupées et en ayant massacrés la plus grande partie
de la population, les chefs catalans décident de se diriger vers la
Macédoine et la Grèce. Sur leur passage, ils pillent et détruisent les
villes et villages de la presqu’île de Kassandria (Cassandrie), massacrant
les populations qu’ils rencontrent. Les monastères du Mont Athos, sont
pillés.
Les Ottomans pénètrent dans la
péninsule de Nicomédie. |
| 1310 |
Les Hospitaliers occupent l’île
et la ville de Rhodes et
Halicarnasse (Bodrum). |
| 1311 |
Les Catalans s’attaquent aux
possessions impériales de Thessalie et aux possessions franques de Morée. Le
13 mars, la cavalerie franque est massacrée. Les Catalans occupent Thèbes et
Athènes et fondent en Grèce, un Etat catalan qui durera 80 ans (duché
d’Athènes). |
| 1321-1328 |
Guerre civile en Romanie. |
| 1323 |
Guerre de succession en
Bulgarie. Le futur tsar Michel Sisman (un Coman), se réfugie à
Constantinople. |
| 1326 |
Le 6 avril, le successeur
d’Osman, Orhan s’empare de
Prusa (Brousse), capitale de la
Bithynie. La ville devient capitale de l’Etat ottoman. |
| 1327 |
L’empereur Andronic III, se rend
à
Cyzique
à la rencontre de l’émir le plus puissant d’Asie Mineure, Kermian, dont la
capitale est à Kütahya en Phrygie. Un traité de sauvegarde des territoires
romains est signé. |
| 1328-1341 |
Règne d’Andronic III Paléologue. |
| 1331 |
Le 2 mars, bataille de
Pelekanon / Pendikape (Pendik) entre les Ottomans et les troupes de
l’empereur. Victoire ottomane à quelques kilomètres seulement de
Constantinople (aujourd’hui, banlieue anatolienne d'Istanbul). La ville de
Nicée
est annexée au territoire ottoman. |
| 1333-1337 |
Nombreuses incursions des armées
des émirats d’Anatolie, contre les possessions latines et romaines, dans
l’Archipel, dans le golfe de Thermaïque et en
Thrace. Les Latins réussissent à les repousser, mais les Romains ont
plus de difficultés, car ils ne possèdent plus de marine de guerre. |
| 1334 |
La régente Anne de Savoie
appelle les Serbes et les Bulgares à soutenir sa cause dans la guerre de
succession. Le kral Etienne Douschan et le tsar Jean Alexandre Sisman,
envahissent la
Thrace. |
| 1336 |
Naissance de Timour-Lenk
(Tamerlan), en Transoxiane. |
| 1337 |
Les Ottomans s’emparent de la
ville de
Nicomédie (Izmit) et de quasiment toute la péninsule qui débouche sur le
Bosphore de Thrace. Les possessions romaines sur la
péninsule de Nicomédie, se résument à
Scutari (Üsküdar),
Chalcédoine (Kadiköy) et quelques autres places fortes. |
| 1341-1391 |
Jean V, empereur en droit. |
| 1341-1355 |
Guerre civile dans l’empire
romain amplifiée par le mouvement sociale zélote à Salonique. Après la mort
de l’empereur byzantin Andronic III Paléologue, s’en suit une lutte de
succession que remporte Jean VI Cantacuzène, contre Jean V Paléologue et sa
mère Anne de Savoie, avec l’aide d’Ohran. Ohran reçoit en mariage Théodora,
fille du nouvel empereur Jean VI Cantacuzène. |
| 1345 |
Osman s’empare de l’ensemble de
la principauté turcomane de Karesi, en profitant des divisions internes.
Cette annexion permet aux Ottomans d’étendre leurs possessions tout le long
de la mer de Marmara, jusqu’aux
Dardanelles.
Les Hospitaliers occupent
Smyrne
enlevé à l’émir. |
| 1347-1355 |
Règne par usurpation de Jean VI
Cantacuzène. |
| 1347 |
Stefan Douchan, kral de Serbie,
envahit Salonique. La flotte de l’empereur Jean VI et 20 000 soldats
ottomans envoyés par son gendre Ohran, libèrent la ville, qui redevient
possession romaine. |
| 1348 |
La peste décime les populations
d’Anatolie et de Roumélie, sans épargner Constantinople. |
| 1348-1349 |
Guerre de Galata. Afin de
ramener l’activité dans le port de Constantinople, délaissé par les navires
qui préfèrent celui de
Galata, l’empereur décide d’abaisser les droits de douane, tout en
reconstruisant une marine. Les Génois, voyant leur monopole en péril,
traitent l’empire en ennemi. Le 15 août 1348, ils coulent les navires
romains dans le port, incendient la banlieue et établissent un blocus sur
Constantinople, en bloquant l’entrée de la
Corne d’Or. Le 5 mars 1349, le reste de la marine romaine est coulé à
l’entrée du
Bosphore. |
| 1349 |
Le kral de Serbie occupe la
Bosnie et enlève Belgrade aux Hongrois. |
| 1350 |
Expulsion des Zélotes de
Salonique. |
| 1351 |
Attaque d’une flotte vénitienne
contre
Galata. Comme l’empereur veut rester neutre dans le conflit des deux
thalassocraties, les Génois bombardent Constantinople. Le basileus est
contrait de signer un traité d’alliance avec Venise (août). En septembre,
l’amiral génois Nicolas Pisani attaque
Héraclée
et Sozopolis, qui sont saccagées. |
| 1352 |
La flotte vénitienne et
l’escadre de Don Pedro IV, roi d’Aragon affrontent la flotte génoise de
Doria, dans le
Bosphore. Les Vénitiens ne peuvent forcer le passage et abandonnent les
Romains. L’empereur est contraint de signer un traité avec les Génois, par
lequel il leur cède les villes de
Selymbria (Silivri) et
Héraclée (Eregli), ainsi que l’élargissement du territoire de
Galata. L’accès à la mer Noire est interdit aux navires romains (15
février). |
| 1352 |
Jean V Paléologue allié aux
Serbes, aux Valaques et aux Bulgares contre Jean VI Cantacuzène, est battu
par les troupes d’Ohran à Didymotika. L’empereur romain donne le fort de
Tzympe (Cimpe), sur la côte rouméliote des
Dardanelles, à son gendre Ohran, en récompense.
Dans le but d’obtenir l’aide des Génois contre les Vénitiens, les Ottomans
accordent une « capitulation » à la République ligure. Il s’agit d’avantages
fiscaux et commerciaux. Ce système aboutira au XIXe siècle à une
quasi-colonisation financière de l’empire et à une dépendance commerciale.
|
| 1353 |
Süleyman, fils d’Ohran, s’empare
du fort de
Gallipoli (Gelibolu). |
| 1354-1357 |
Règne par usurpation des
co-empereurs Mathieu Cantacuzène et Jean V. |
| 1361 |
Andrinople (Edirne) devient la capitale de l’Empire ottoman, dont la
majorité des territoires se situent en Europe orientale. Désormais toute la
Thrace
est ottomane, avec les villes de Didymotika, Tchorlou (Çorlu),
Kirk Kilise (Kirklareli) et
Lulle Bourgas (Lüleburgaz). |
| 1365 |
Guerre de succession en
Bulgarie, qui débouche sur la partition du pays et l’invasion progressive
des Ottomans dans le sud et des Hongrois dans le nord. |
| 1366 |
Le 24 août, le comte Amédée II
de Savoie attaque Gallipoli, qui est reprise aux Ottomans. Elle sera rendue
dix ans plus tard par l’empereur Andronic IV Paléologue aux Ottomans à qui,
il devait son trône.
Le 25 décembre, le pape de Rome signe une bulle proclamant la croisade
contre les « Turcs ». L’Europe catholique se prépare à nouveau à prendre la
croix avec pour but de catholiciser Constantinople, tout en repoussant les
Ottomans. |
| 1370 |
Murat Ier attaque la Bulgarie et
s’empare de Sozopolis. Le tsar Sisman est obligé de signer un traité
reconnaissant être le vassal des Ottomans. Le sultan et le tsar chassent les
Hongrois qui occupaient la vallée de Vidin et portent la frontière sur le
Danube. |
| 1371 |
Les Serbes attaquent les
territoires ottomans. Le 26 septembre, ils passent la Maritza et sont
écrasés par les armées de Murat Ier. |
| 1372 |
Après une révolte bulgare,
soutenue par la Hongrie, le prince byzantin Evrenos, au service de Murat Ier
annexe la Bulgarie et prend en quelques mois toute la Macédoine serbe et une
partie de l’Albanie. Les Ottomans parviennent à l’Adriatique. La Serbie
morcelée en plusieurs fiefs, devient vassale des Ottomans et ses princes
doivent fournir des contingents à l’armée de Murat Ier. |
| 1374 |
L’empire romain devient vassal
des Ottomans (juin). |
| 1376-1379 |
Règne par usurpation d’Andronic
IV. |
| 1376 |
Murat Ier crée le corps des
Janissaires. Les recrutés doivent être de souche rurale, de religion
orthodoxe et être âgés entre 14 et 18 ans. |
| 1381 |
La dynastie angevine de Hongrie,
enlève la Dalmatie à Venise au traité de Turin. |
| 1387 |
La
banlieue rouméliote de Constantinople est annexée à l’Empire ottoman,
ainsi qu’une grande partie de la
rive anatolienne
du Bosphore de
Thrace. |
| 1389 |
Le 15 juin bataille de Kosovo.
Beyazıt (Bayezit) Ier est proclamé sultan, après la mort de Murat Ier à la
bataille.
Beyazıt Ier épouse Maria Despina, fille du kral de Serbie Lazare Ier, tué à
la bataille de Kosovo, et sœur de Stéphane Lazarevic, qui lui succède. |
| 1390 |
Règne par usurpation de Jean
VII. |
| 1391-1425 |
Règne de Manuel II. |
| 1391 |
Manuel Paléologue, devient
empereur romain. L’Empire romain est vassal de l’Etat ottoman à qui Manuel
Paléologue doit payer tribut, tandis qu’une colonie ottomane est installée à
Constantinople et qu’une mosquée y est construite. Une garnison ottomane est
stationnée en permanence à
Galata.
Les Ottomans occupent la ville d’Antalya (Adalia) qui a été enlevée à l’émir
de Tekke et qui devient le premier port ottoman en Méditerranée. |
| 1392 |
Evrenos occupe la Thessalie et
Larissa (Yenisehir). L’armée de Beyazıt Ier occupe la Karamanie (Anatolie),
qui est annexée à l’Empire ottoman.
Attaque de la Hongrie en Bulgarie ottomane. Le roi de Hongrie, Sigismond de
Luxembourg, doit se retirer et la Bulgarie jusque là vassale des Ottomans,
est annexée à l’empire et le patriarcat supprimé au profit de celui de
Constantinople. |
| 1393 |
Prise de Scutari (Shkodër), aux
Vénitiens. Début de l’enrôlement massif des Albanais dans l’armée ottomane. |
| 1395 |
Les Ottomans attaquent la
Cappadoce, l’émir Burhanettin est obligé de leur céder Césarée (Kayseri) et
Sivas. L’émirat de
Kastamonu est à son tour attaqué, et les Ottomans occupent Samsun et
Sinop sur la mer Noire. |
| 1396 |
Appel à la croisade par le pape
Boniface IX. Les combattants catholiques d’Angleterre, d’Ecosse, de Bohême,
de Suisse, de Pologne et d’Autriche, se dirigent vers Buda, d’où la croisade
se met en marche sous les ordres de Sigismond, roi de Hongrie. L’armée des
coalisés catholiques sera anéantie juste après la traversé du Danube, à
Nicopolis, par Beyazıt Ier. |
| 1396-1397 |
Beyazıt Ier, fait construire sur
la rive anatolienne du Bosphore,
une forteresse en vue d’assiéger Constantinople (Anadolu
Hisari). |
| 1397 |
Le prince Evrenos, avec l’aide
du despote romain de Mistra, Théodose Ier, attaque les Etats francs de
Grèce. Salona (Amfissa), Athènes et l’Achaïe sont libérées du joug franc et
normand. Puis c’est autour des colonies vénitiennes du Péloponnèse : Modon
(Methoni) et Coron (Koroni). Le nouvel Empire ottoman s’étant principalement
sur l’Europe, avec sa capitale
Andrinople (Edirne). |
| 1399 |
Coalition de Venise, de la
France et de l’Empire romain, contre les Ottomans. Une flottille française
part d’Aigues-Mortes le 26 juin et rejoint la flotte vénitienne devant
Ténédos
en novembre. Ils remportent quelques succès sur la Marmara et réussissent à
forcer le blocus sur le
Bosphore. Ils détruisent la place forte de
Riva (côte anatolienne) qui commandait l’entrée du
Bosphore de Thrace, sur la mer Noire. |
| 1399-1403 |
L’empereur romain Manuel
Paléologue quitte Constantinople avec la flotte française en décembre 1399.
Il entame une tournée dans les pays catholiques afin de solliciter une aide
contre les Ottomans et de recouvrir les territoires perdus de Romanie,
autant en Asie Mineure qu’en Roumélie. Son voyage débute par la Morée
latine, puis Venise, Padoue, Milan, Paris, Londres et Gênes. Il n’obtient
quasiment aucun résultat. |
| 1400-1402 |
Règne par usurpation de Jean
VII, co-empereur. |
| 1400 |
Tamerlan attaque l’Anatolie
ottomane et s’empare de Sivas. |
| 1402 |
Tamerlan reprend l’offensive
contre l’Empire ottoman et envahit l’Asie Mineure. Bataille d’Angora
(Ankara) le 20 juillet. L’armée ottomane et l’armée serbe de Lazare
Vulkovic, sont anéanties, tandis que le sultan Beyazıt Ier est fait
prisonnier. L’Empire ottoman perd la quasi-totalité de ses territoires
d’Asie Mineure, sauf une partie de la Phrygie et la Bithynie. Les
Hospitaliers de
Smyrne
sont chassés, tandis que l’Etat byzantin de Trébizonde, l’Empire romain,
l’émirat d’Erzincan font leur soumission aux Mongols et paient tribut.
|
| 1403 |
Le 8 mars, le sultan
Beyazıt Ier
meurt en captivité. |
| 1403-1413 |
Guerre de succession entre les
fils de Beyazıt Ier. L’empereur Manuel II Paléologue et la population
ottomane orthodoxe, prennent partie pour Mehmet Ier qui refonde l’unité de
l’empire. |
| 1413-1421 |
Règne de Mehmet Ier.
Mehmet Ier remplace le grec, comme langue administrative, par le turc
ottoman et le
persan. |
| 1414 |
Reconquête de la Karamanie et de
l’Ionie par Mehmet Ier avec l’aide de Gênes et des Hospitaliers de Rhodes. |
| 1425-1448 |
Règne de Jean VIII. |
| 1426-1430 |
Les Ottomans livrent une guerre
au plus grand Etat d’Asie Mineure : la Karamanie. Le prince Ibrahim devient
vassal des Ottomans en 1430. |
| 1427 |
Les Hongrois reprennent
Belgrade, mais ils sont repoussés par les Ottomans peu après.
Derniers soubresauts de l’Empire romain : annexion des territoires latins de
l’Achaïe et de Mostenitza appartenant à l’Ordre Teutonique. A part les
possessions vénitiennes, toute la Morée redevient romaine. |
| 1430 |
Conquête de Salonique. La ville
vénitienne tombe après un court siège et est annexée à l’Empire ottoman. |
| 1431 |
Conquête de l’Epire et de
l’Acarnanie. Les despotes deviennent vassaux des Ottomans. |
| 1436 |
L’Empire ottoman compte 12
évêques. Ils sont consacrés par le patriarche de Constantinople et doivent
être autorisés par le gouvernement ottoman. |
| 1437 |
Les Ottomans prennent la
Transylvanie. Le comte Vlad Dracul (Dracula) devient vassal de l’Empire
ottoman. |
| 1439 |
Union de Florence. L’Eglise
latine et l’Eglise byzantine s’unissent à la cathédrale
Sainte-Marie-de-la-Fleur à Florence, le 6 juillet. Cette union est suivie de
celles des Eglises orientales : arménienne, jacobite, maronite, éthiopienne
et nestorienne. Une seule Eglise universelle est proclamée. |
| 1440-1448 |
Croisade organisée par le pape
Eugène IV contre Murat II, dirigée par le roi de Hongrie et de Pologne,
Ladislas. Après quelques succès sur les Ottomans et le massacres des
prisonniers musulmans, le sultan Murat II, est obligé de signer la paix d’Edirne,
le 12 juin 1444. Mais, violant le traité, la croisade hongroise repart de
Buda avec la participation des Vénitiens, en été 1444. Les croisés
traversèrent la Bulgarie, détruisant les villages musulmans et chrétiens
« schismatiques » et arrivèrent à Varna en novembre où les Ottomans leur
infligent une défaite. Les Hongrois se dirigent sur la Serbie et sont
interceptés par Murat II à Kosovo (17-20 octobre 1448). |
| 1444 |
Abdication du sultan Murat II en
faveur de son fils
Mehmet II. Murat se retire dans ses terres de
Magnésie (Manisa). |
| 1448-1453 |
Règne de Constantin XI Dragasès. |
| 1449 |
Le 6 janvier, Constantin XI
Dragasès est couronné basileus dans la métropole de Mistra. Le 12 mars il
fait son entrée à Constantinople avec l’assentiment de Murat II, suzerain de
Romanie. |
| 1451 |
Décès du sultan Murat II et
proclamation du nouveau sultan Fatih Mehmet II.
Le patriarche unioniste Grigorios Mammas, s’enfuit à Rome. |
| 1452 |
Le sultan
Mehmet II, fait construire par le Romain converti Zaganos pacha, le
fort de Roumélie, en face du
fort d’Anatolie, construit en 1396 par
Beyazıt Ier, à 15 km au nord de
Constantinople, sur le Bosphore. Les deux forts coupent ainsi l’accès à la
mer Noire, aux Romains.
Les territoires romains et ottomans, sont secoués par les débats entre les
partisans de l’Union de Florence et les anti-unionistes. La proclamation de
l’Union des Eglises, pourrait permettre une intervention des Latins contre
les Ottomans qui menacent de prendre Constantinople. Un débat public est
organisé à l’église
du Pantokrator (Zeyrek)
et quelques jours plus tard, des renforts génois
arrivaient de Chio.
Le 12 décembre, l’Union de Florence est proclamée à
Sainte-Sophie. La grande église est immédiatement et définitivement
désertée par les orthodoxes. |
| 1453 |
Le 26 janvier, les navires
vénitiens quittent Constantinople malgré l’interdiction.
Le 28 janvier, l’ancien podestat génois de Caffa, Gian Giutiniani pénètre
dans le port de Constantinople avec deux navires et 700 hommes.
Le 2 avril, l’empereur Constantin fait tendre la chaîne qui barre la
Corne d’Or, entre
Galata et Constantinople.
Le 18 avril, premier bombardement ottoman contre Constantinople. Il dura 8
jours.
Dans la nuit du 22 au 23 avril, le sultan fait passer 80 bateaux depuis
Tophane à la
Corne d’Or, par la colline de
Péra
(41 m. d’altitude). Les bateaux sont halés par des attelages de
buffles sur 1,4 km.
23 mai, le sultan
Mehmet II offre à l’empereur Constantin XI la possibilité de se rendre
et lui promet la vie sauve ainsi qu’à la population. Refus de l’empereur.
29 mai, assaut final et conquête de la ville par les Ottomans.
Octobre, les despotes romains de Morée deviennent vassaux du sultan et
paient tribut.
La ville de Galata, dont le podestat a donné les clés au sultan et fait
sa soumission, conserve ses avantages commerciaux et fiscaux. |
| 1454 |
Le 6 janvier, intronisation
après élection, du patriarche Gennadios, par
le sultan Fatih Mehmet II.
Le nouvel ‘empereur des Romains’,
le sultan Fatih Mehmet II, crée le
millet
(nation religieuse), des Romains orthodoxes, sous la direction du
patriarche Gennadios, pour faire face au pape de Rome, chef spirituel de
l’Occident catholique. L’orthodoxie
est la religion la plus répandue dans l’Empire ottoman à cette date.
Des avantages commerciaux et fiscaux (capitulation) sont accordés à Venise.
Les deux républiques italiennes possèdent chacune un comptoir à
Constantinople. |
| 1455 |
Création du
millet juif sous la direction du Hahambaşı Musa Kapsali. |
| 1458 |
Les despotes romains de Morée,
vassaux du sultan, ne paient pas leur tribut, ce qui provoque l’annexion de
la région à l’empire, après une courte guerre. Les dernières possessions
romaines sont annexées les années suivantes, sauf Monemvasia livrée à Venise
par ses habitants et annexée seulement en 1540. |
| 1459-1475 |
Mehmet II fait venir à Constantinople, les marchands et artisans
chrétiens d’Amasra,
de
Phocée, de Trébizonde, de Corinthe, d’Argos, de Karaman, de Caffa et
d’Eubée, afin de repeupler la ville qui s’était dépeuplée dès l’occupation
latine de 1204-1261. |
| 1460-1461 |
Le grand vizir
Mahmut, un Romain de la famille des Ange, achève la conquête de la Grèce
en prenant le despotat de Mistra. |
| 1461 |
Prise de Trébizonde par les
armées ottomanes. Fin de l’Empire romain. Toute la Romanie est possession
ottomane.
Création du millet
arménien grégorien sous la direction de l’archevêque de
Brousse, Mgr Yovakim, créé patriarche par le sultan. |
| 1463-1479 |
Guerre contre la République de
Venise. |
| 1463 |
Conquête de la
Bosnie-Herzégovine. |
| 1481-1512 |
Règne du sultan
Beyazıt II. |
| 1492 |
Le sultan
Beyazıt envoie sa
flotte en Espagne afin de transporter vers l'empire,
les centaines de milliers de
réfugiés juifs chassés par Isabelle la Catholique. |
| 1493 |
Les réfugiés
juifs d'Espagne installent l’imprimerie à Constantinople. |
| 1497 |
Arrivée des
réfugiés juifs du Portugal. |
| 1503 |
Les principautés
de Moldavie (Bogdan) et de Valachie (Eflak) deviennent vassales des
Ottomans. Elles gardent une autonomie. |
| 1507 |
Les Portugais
s’installent à Ormuz. |
| 1512-1520 |
Règne du sultan
Selim Ier le Terrible. |
| 1513-1514 |
Lutte contre les
alévis, considérés comme hérétiques musulmans par les autorités
sunnites. Massacres par les troupes de Selim Ier, soutenus par la Perse. |
| 1517 |
Conquête de
l’Egypte par le sultan Selim Ier qui prend le titre de calife. L’autorité
morale et spirituelle des musulmans, siège dorénavant à Constantinople.
La majorité de la population musulmane de l’Empire ottoman est dorénavant,
sunnite. |
| 1533 |
Le grand amiral
Hayrettin Barbaros dit Barberousse (1466 Lesbos –1546 Istamboul), offre
l’Algérie à l’Empire ottoman. |
| 1536 |
Une capitulation
est négociée avec la France, mais
Soliman le Magnifique ne la ratifie pas. |
| 1537 |
Les Ottomans
occupent Aden au Yémen, afin de verrouiller la mer Rouge. |
| 1541 |
Les Ottomans
annexent la Hongrie. |
| 1551 |
Fondation de l’Eglise
chaldéenne. |
| 1553 |
Arrivée de plus
de 10 000
Marranes d’Europe occidentale où ils sont persécutés, sous la conduite
de Dona Gracia Mendès, dite la Senora. Les réfugiés viennent du Portugal,
d’Espagne, d’Italie, de France, de Flandre et d’Angleterre. |
| 1569 |
Une capitulation
est signée avec la France, deux cents ans après les premiers accords
commerciaux avec Gènes.
Autonomie de Tibériade et de Séfad en Palestine, sous autorité juive. |
| 1571 |
Le 7 octobre, bataille de Lépante (Nafpaktos / Inebahti) et défaite des
Ottomans contre l’armada espagnole et les coalisés catholiques. Destruction
complète de la flotte ottomane.
Bombardement de
Nicosie et de
Famagouste. Conquête de
Chypre avec l’aide de la
population orthodoxe. Les églises catholiques sont transformées en mosquées
ou en églises orthodoxes. |
| 1574-1595 |
Règne du sultan
Murat III |
| 1580 |
Une capitulation
est signée avec l’Angleterre. |
| 1590 |
Fondation d’Alexandrette
sur les ruines de la ville fondée par Alexandre le Grand, par les Vénitiens
afin de se soustraire aux droits de douane du port ottoman de Tripoli
(Liban). |
| 1612 |
Une capitulation
est signée avec la Hollande. |
| 1623-1640 |
Règne du sultan
Murat IV |
| 1636 |
Perte du Yémen. |
| 1638 |
Construction du premier
temple protestant (calviniste)
à Istanbul par les Hollandais. |
| 1669 |
Conquête de la
Crète. Les Latins y en sont chassés. |
| 1674 |
Conquête de la
Podolie, territoire situé aux portes de Kiev, occupé par les Cosaques
Zaporogues et appartenant à la Pologne. |
| 1683
|
Echec du 2e
siège de Vienne, les Ottomans se retirent de la Hongrie, de la Transylvanie
et du Banat de Temesvar, récupérés par les Habsbourg d’Autriche. La
Hongrie ottomane demeure protestante tandis que la Hongrie autrichienne
redevient catholique. |
| 1687 |
Les Vénitiens
s’emparent d’une partie du Péloponnèse et font sauter le Parthénon à
Athènes. |
| 1699 |
Traité de
Karlowitz. L’Autriche prend la Hongrie et la Transylvanie à l’Empire
ottoman, la Pologne récupère la Podolie, Venise occupe le Péloponnèse et les
côtes dalmates. |
| 1702 |
Massacre de la
quasi-totalité de la population musulmane par les chrétiens, au Monténégro.
Les survivants s'installent dans les montagnes à la frontière serbe. |
| 1710-1711 |
La Valachie et
la Moldavie autonomes perdent leurs princes roumains à la suite d’une
alliance avec la Russie. Le sultan offre les deux couronnes aux
Phanariotes
(noblesses grecques d’Istamboul), qui régneront sur la Roumanie jusqu’en
1821 en imposant la langue et la culture grecque. |
| 1715 |
Les Vénitiens
sont chassés de Grèce. |
| 1724 |
Fondation de l’Eglise
melkite catholique. |
| 1742 |
Fondation de l’Eglise
arménienne catholique |
| 1763 |
Fondation de l’Eglise
syrienne catholique. |
| 1773 |
L’Autriche-Hongrie annexe la Bukovine. |
| 1774
|
Traité de Küçük
Kaynarca consacrant la perte de la Crimée au profit de la Russie de
Catherine II et la « protection » des orthodoxes de l’Empire ottoman par les
Russes. |
| 1783 |
La Russie annexe
le Khanat de Crimée. Premier exode des Tatares de Crimée vers l'Empire
ottoman. |
| 1789-1807 |
Règne de Selim
III. |
| 1784 |
La Russie occupe
Petrovsk et sa région, dans le Daghestan et établit son protectorat sur le
royaume géorgien de Kartli qui venait d’absorber le royaume voisin de
Kakhétie. |
| 1792 |
Traité de Iassi.
La Russie occupe la Bessarabie et les territoires au nord du Dniestr.
La Grande-Bretagne installe un comptoir commercial à Koweït, tenu par la
British India Compagny. |
| 1797 |
Le bourgeois
Rigas (orthodoxe), fait imprimer une constitution républicaine qu’il voulait
donner après le renversement de la monarchie. Il est arrêté, condamné à mort
et exécuté, en juin 1798. |
| 1798-1801 |
Invasion
française en Egypte ottomane. Les troupes de Bonaparte doivent se retirer en
septembre 1801, après capitulation. |
| 1802 |
La
Grande-Bretagne s’empare d’Aden est en fait une colonie.
Le roi de Kartli lègue à sa mort, son royaume à la Russie |
| 1803 |
La Russie occupe
la Mingrélie, royaume géorgien du Caucase. |
| 1804 |
Les
Wahhabites
s’emparent des Lieux Saints, les Ottomans perdent le contrôle du Hedjaz.
Révolte en Serbie alimentée par les Serbes de la Voïvodine autrichienne et
appuyée par la Russie.
La Russie absorbe les principautés caucasiennes d’Imérethie et de Gourie |
| 1806 |
Disparition de l’Empire romain germanique.
L'Ossétie est absorbée par la Russie. |
| 1807 |
Le 29 mai,
déposition du sultan Selim III après une révolte de l’armée et des
religieux, contre ses réformes. Mustafa IV est proclamé sultan. |
| 1808 |
Assassinat du
sultan Selim au palais, ce qui provoque une contre-révolution. Le sultan
Mustafa IV est déposé et
Mahmut II est proclamé sultan. |
| 1808-1839 |
Règne du sultan
Mahmut II. |
| 1810 |
Révolte en
Serbie, au cœur de l’Empire ottoman, contre le pouvoir central, soutenues
notamment par la Russie.
L’Abkhazie est annexée par la Russie, ainsi que les khanats de l’Azerbaïdjan
iranien |
| 1812 |
Traité de
Bucarest consacrant la perte de la Bessarabie au profit de la Russie |
| 1815 |
Annexion par
l’Autriche-Hongrie, des territoires dalmates. |
| 1817 |
Autonomie de la
Serbie. |
| 1821 |
Alexandre Ypsilanti, avec l’aide d’une fraction pro-russe du
patriarcat phanariote, organise une petite armée grecque en Russie et
envahit la Roumanie. Les Roumains ne suivent pas et se retournent contre
l’armée phanariote, sous la direction de Tudor Vladimirescu, qui est arrêté
par les rebelles et exécuté. Le patriarche de Constantinople est pendu par
les autorités ottomanes.
La Roumanie reste ottomane, mais les
Phanariotes en perdent définitivement leur pouvoir (suppression de
l’autonomie). Suppression de l'autonomie de l'île de Samos et de la
province d'Ayvalık (Aivali).
Révolte en Grèce sous l’impulsion des frères constantinopolitains
Ypsilanti, avec le soutien des Grecs d’Odessa, du
patriarche de Constantinople et des puissances étrangères. |
| 1826 |
Le 15 juin,
massacre des janissaires et suppression de leur corps d’armée, par
Mahmut II. |
| 1827 |
Insurrection en
Grèce soutenue par la France, la Grande-Bretagne et la Russie. Le
gouvernement central fait appel à la flotte du khédive d’Egypte. La
répression égyptienne est violente et entraîne l’intervention des puissances
qui brûlent les navires égypto-ottomans à Navarin. L’armée russe attaque par
la Bessarabie et descend jusqu’à
Edirne (Andrinople). |
| 1829 |
La Russie impose un traité à l’Empire ottoman (traité d’Andrinople),
qui consacre l’indépendance de la Grèce et l’annexion par la Russie du delta
du Danube et de la Meskhétie, dans le Caucase ottoman (Akhaltsikh,
Akhalkalaki et Sourmalou).
Le sultan interdit les costumes orientaux et rend obligatoire l’habit et
l’uniforme occidental. Le fez remplace toutes les formes de turbans. L’habit
traditionnel de chaque communauté est autorisé uniquement pour les femmes et
les hommes de religion. |
| 1830 |
Indépendance de
la Grèce.
Mehmet Ali pacha, vice-roi d’Egypte (province ottomane autonome) occupe la
province de Syrie
Invasion de l’Algérie ottomane par la France. |
| 1831 |
Premier journal
officiel le Takvim-i Vekayi. |
| 1832 |
Le Traité de
Londres ratifie l’indépendance de la Grèce et érige l’île de Samos, qui
avait participé à l’insurrection grecque, en principauté autonome,
dans le cadre de l'Empire ottoman. |
| 1835 |
Renforcement du
pouvoir ottoman en Cyrénaïque et en Tripolitaine. |
| 1838-1839 |
La Porte signe
une série d’accords avec les puissances étrangères qui ouvrent le marché
intérieur et qui va entraîner l’empire dans une dépendance économique. |
| 1839-1861 |
Règne du sultan
Abdülmecid Ier |
| 1839 |
Proclamation du
rescrit de Gülhane annonçant de grandes réformes dans l’empire (Tanzimat).
Egalité de tous les sujets de l’Empire ottoman.
La province de Syrie tombe à nouveau sous l’autorité de Constantinople après
l’occupation par Mehmet Ali d’Egypte. |
| 1840 |
Le Hedjaz est de
nouveau occupé par les Ottomans.
Installation des réfugiés polonais, dont leur pays est occupé par la Russie,
dans la région anatolienne du Bosphore
(Polonezköy - Adampol) |
| 1840-1841 |
Crise d’Orient.
Lutte de pouvoir entre la France et l’Angleterre pour le contrôle de
l’Egypte ottomane.
Reconnaissance du pouvoir héréditaire à Mehmet Ali sur l’Egypte ottomane. |
| 1849 |
Implantation de
l’armée ottomane sur les côtes du Yémen (Tihama). |
| 1853 |
Déclaration du
tsar Nicolas Ier à l’ambassadeur anglais Hamilton Seymour : « Nous avons sur
les bras un homme malade. Ce serait un grand malheur s’il devait nous
échapper. Entendons-nous pour partager son héritage. » A partir de cette
date, l’Empire ottoman sera désigné comme « l’homme malade de l’Europe ». |
| 1853-1856 |
Guerre de Crimée
qui éclate sur une question religieuse : la dispute de la garde des Lieux
saints à Jérusalem entre catholiques latins (soutenus par la France) et
orthodoxes (soutenus par la Russie). La Russie a également des visées
territoriales sur l’Empire ottoman. Soutien de la France et de l’Angleterre
à l’intégralité du territoire ottoman. |
| 1855 |
Première
communication télégraphique entre Constantinople et le reste de l’Europe. |
| 1856 |
Traité de Paris
(mars). La mer Noire est démilitarisée (la Russie ne peut y entretenir une
flotte de guerre). L’Empire ottoman est admis dans le concert européen et le
principe de non-intervention dans les affaires ottomanes, est consigné dans
le texte du traité. Réunion des principautés de Valachie et de Moldavie qui
formeront la nouvelle principauté autonome de Roumanie
Renforcement des principes des réformes du Tanzimat (liberté des cultes,
l’égalité civile, représentation accrue des non-musulmans dans les
institutions et l’administration de l’Etat).
L’emprise économique des Européens occidentaux, s’intensifie sur l’Empire
ottoman avec la construction de la ligne de chemin de fer
Smyrne-Aydin,
la création de la Banque ottomane, tous deux à capitaux anglais.
Début de l’endettement de l’Empire ottoman avec un emprunt de 2,5 millions
de livres turques pour couvrir les frais de guerre. Dépenses inconsidérées
des sultans Abdülmecid et Abdülaziz, et de la plupart des membres de la
famille impériales qui se font construire de
somptueux palais
le long du
Bosphore et de la
Corne d’Or. |
| 1858 |
Promulgation du
nouveau code pénal et d’un nouveau code foncier.
La Svanetie (Caucase) est annexée par la Russie. Nombreux réfugiés svanes
dans l’Empire ottoman, qui sont installés notamment sur la mer Noire. |
| 1859 |
Le cheikh
Chamyl, chef des résistants du Daghestan à l’invasion russe, est capturé. |
| 1860 |
Tentative de
sédentarisation des tribus kurdes et druzes. |
| 1861-1876 |
Règne du sultan
Abdülaziz. |
| 1861-1864 |
Les principales
communautés religieuses autonomes (millet), sont encouragées par
l’Etat, à se doter de constitutions. Le système des millet, nations
religieuses autonomes, devient encore plus institutionnalisé. |
| 1862 |
Visite
officielle du sultan Abdülaziz et de ses neveux, le prince héritier Murad et
le prince Abdülhamid, en Egypte, où la population leur réserve un accueil
chaleureux. |
| 1863 |
La Grèce tombe
dans le giron de l’Angleterre, qui lui fait cadeau des îles ioniennes
qu’elle occupait. |
| 1864-1867 |
Réorganisation
de l’administration provinciale. |
| 1864 |
Les Circassiens
qui résistaient toujours à l’invasion russe dans le Caucase, déposent les
armes. Un nombre considérable de réfugiés arrivent dans l’Empire ottoman.
Ils sont installés notamment dans les provinces orientales d’Asie Mineure
(Arménie ottomane). |
| 1865 |
Création de la société secrète des Jeunes Ottomans par des journalistes
et des écrivains, dont le poète
Namik Kemal. Contraints de s’exiler, les membres de cette société
continueront à conspirer contre l’empire, dans les principales villes
d’Europe occidentale (Paris, Genève, Londres).
Epidémie de choléra au Hedjaz, 30 000 pèlerins y trouvent la mort. |
1867
|
Voyage officiel du sultan
Abdülaziz et des princes Murad, Yusuf Izzeddin et
Abdülhamid en Europe occidentale (Paris, Londres, Berlin, Vienne).
L’empire concède aux étrangers le droit de propriétés foncières, qui
entraînera par la suite la question d’une colonisation foncière, prélude à
une colonisation pure et simple, qui inquiète les milieux gouvernementaux.
Révoltes des paysans chrétiens en Herzégovine et en Crète, contre
l’administration centrale et contre la bourgeoisie musulmane.
La Serbie occupe définitivement Belgrade, ancienne place forte hongroise. En
compensation, l’Autriche-Hongrie, par le baron von Hirsch, obtient
la concession des chemins de fer de Roumélie.
Une armée ottomane débarque dans la région d’Antioche-Alexandrette
afin de « pacifier » et sédentariser les tribus turkmènes. A cet effet, les
villes d’Islahiye, d’Hassa
et Reyhaniye sont fondées dans la vallée du Karasu, affluant de l’Oronte. |
| 1868 |
Création du
Conseil d’Etat afin de préparer les règlements et les lois.
Ouverture du
lycée impérial de Galatasaray (de
langue française). |
| 1869 |
Mort du grand vizir
Fuad Pacha, l’un des plus grands réformateurs ottomans.
Ouverture du canal de Suez. |
| 1870 |
Renforcement du
sentiment religieux dans les populations musulmanes de l’empire, provoqué
par l’arrivée massive des réfugiés musulmans de Crimée et du Caucase, les
révoltes incessantes des orthodoxes des Balkans et par les privilèges
accordés aux chrétiens, par le gouvernement ottoman.
Les musulmans à
l’extérieur de l’Empire ottoman, victimes de la colonisation impérialiste
occidentale, demandent l’aide du sultan-calife. |
| 1871 |
Conférence de
Londres. Les Russes obtiennent la révision du traité de Paris. Ils peuvent
dorénavant entretenir une flotte de guerre en mer Noire et des bases
militaires. La Russie s’investie d’une mission de soutien des peuples slaves
(panslavisme) afin de donner une nouvelle dimension à l’expansionnisme russe
au détriment de l’Empire ottoman. |
| 1872 |
Le
prince-héritier Murad, entre en franc-maçonnerie et se lie à la société
secrète des Jeunes Ottomans. |
| 1873-1874 |
Famine en
Anatolie orientale. |
| 1875 |
Révolte des
paysans orthodoxes d’Herzégovine (juillet) et de Bosnie (août), encouragée
par la Serbie autonome, la Russie et l’Autriche. Cette révolte provoque une
série de crises politiques et financières dans la capitale. Le Monténégro
autonome vient à l’aide des rebelles, suivit de la Serbie.
Le 6 octobre 1875, le grand vizir Mahmud Nedim annonce la cessation
partielle de paiement de l’Etat. Les porteurs de bons ottomans, recevront la
moitié des intérêts dus pendant cinq ans. Toute l’Europe traverse une
dépression économique, et la banqueroute de l’Etat ottoman entraînera une
flambée de la turcophobie dans l’opinion publique. |
| 1876 |
La révolte de
Bosnie-Herzégovine prend de l’ampleur et attire l’attention de
l’Autriche-Hongrie et de la Russie, qui ont toutes deux des visées
territoriales dans les Balkans ottomans
Le Monténégro est en état de rébellion.
Mai : des révolutionnaires bulgares, soutenus par la Russie et la Serbie,
déclenchent une insurrection dans la région de Filibe (Plovdiv). Massacres
des paysans musulmans par centaines, dans la région. La répression des
autorités sera brutale, faisant des milliers d’autres victimes, et va
susciter des réactions très vives dans l’opinion publique d’Europe
occidentale. Les consuls d’Allemagne et de France à Salonique, seront
assassinés le 6 mai par une foule en colère.
Le 10 mai, grande manifestation populaire devant la
mosquée du Conquérant (Fatih), contre le sultan, le grand vizir et le
gouvernement, incapables de protéger les musulmans des Balkans. Le 30 mai,
deux bataillons prennent position autour du
palais impérial de Dolmabahçe et procèdent à l’arrestation du sultan
Abdülaziz qui est destitué et remplacé par le Murad V.
Le 2 juin, le sultan Murad V se rend à
Sainte-Sophie, acclamé par l’ensemble de la population stambouliote,
musulmans, juifs et chrétiens réunis.
Le 4 juin, Abdülaziz est trouvé mort dans
sa résidence de Feriye. Les médecins concluent au suicide, mais il
s’agit d’un assassinat commandité par le vizir Midhat pacha.
Le 30 juin, le prince Milan de Serbie, déclare la guerre à l’Empire ottoman,
suivi par le Monténégro, le lendemain. La Russie envoie des « volontaires »
et des conseillers militaires en Serbie et au Monténégro.
Le 31 août, déposition du sultan Murad V, incapable de régner pour cause de
maladie nerveuse, de troubles mentaux et d’alcoolisme. Abdülhamid II est
proclamé sultan.
Septembre, publication à Londres de « Bulgarian Horrors », qui sera un des
instruments de la propagande anglaise contre l’Empire ottoman.
Octobre-novembre : L’armée ottomane remporte de larges succès face à la
Serbie, et reprend en quelques mois le Sandjak de Yenipazar (Novipazar),
Aleksinatz et marche sur Belgrade. Le prince Milan appelle la Russie au
secours, ce qui attire l’attention des Anglais, bien décidés à ne pas
laisser l’expansionnisme russe sans limite dans les Balkans. Les Anglais
proposent une conférence internationale à Constantinople afin d’imposer des
réformes dans les Balkans, ce qui signifie une véritable ingérence dans les
affaires ottomanes.
Le 23 décembre, proclamation de la Constitution. Abolition de l’absolutisme,
égalité de tous devant la loi, reconnaissance aux Ottomans chrétiens des
droits et des devoirs à égalité. L’Empire ottoman devient
officiellement une monarchie constitutionnelle.
Le 23 décembre, ouverture de la Conférence de la Corne d’Or, au
palais de l’Amirauté, réunissant la Russie, la Grande-Bretagne,
l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, l’Italie, la France et les représentants
ottomans. Les puissances étrangères veulent imposer des modifications de
frontières en Serbie et au Monténégro et veulent créer deux préfectures en
Bulgarie afin de séparer les musulmans et les chrétiens. Les Ottomans
n’accepteront pas l’ingérence étrangère ni l’atteinte à l’intégrité
territoriale de l’empire. |
| 1877 |
Le 15 janvier,
convention secrète entre la Russie et l’Autriche-Hongrie (partage des
Balkans) : en cas de guerre russo-ottomane, le gouvernement austro-hongrois
resterait neutre en échange de quoi, il pourrait occuper la
Bosnie-Herzégovine. La Russie s’engage à ne pas intervenir dans la partie
occidentale des Balkans.
Le 20 janvier, la Conférence de la Corne d’Or se termine par un échec.
Le 28 février, signature du traité de paix avec le prince Milan, qui craint
que la Serbie autonome, ne fasse les frais des accords austro-russes.
Le 18 mars, nouvelle convention entre la Russie et l’Autriche-Hongrie :
L’Autriche se réserve le droit d’annexer la Bosnie-Herzégovine, la Russie,
d’annexer la Bessarabie perdue au traité de Paris. Aucun grand Etat slave ne
pourrait être formé dans les Balkans. En cas de désintégration de l’Empire
ottoman, la Grèce annexerait la Thessalie, le nord de l’Epire et la Crète,
alors que Constantinople deviendrait une ville franche.
Mars : Dostoïevski écrit dans un journal : « Constantinople doit être à
nous, afin de libérer l’orthodoxie de la barbarie musulmane et de l’hérésie
occidentale ». Il est le porte-parole d’une opinion publique russe autant
turcophobe qu’anti-occidentale.
Le 24 avril, après la signature d’une convention avec la Roumanie, les
troupes russes pénètrent dans l’empire en franchissant le Pruth. Dans le
Caucase, les armées russes se dirigent vers Ardahan, Beyazit et Kars. Les
troupes russes ne rencontrent que peu de résistance à leur avance, à travers
la Roumanie et la Bulgarie. Après quelques défaites des armées russes en
juillet, le front oriental cède avec la prise de Kars, puis le 10 décembre,
c’est autour de la ville de Plevna en Roumélie. Les victoires militaires
russes incitent les Serbes à reprendre les armes contre les Ottomans. Ils
prennent Pirot, Nich et font leur jonction avec les Russes à Sofia. |
| 1878 |
Au mois de
janvier, c’est autour des Monténégrins de profiter des défaites ottomanes :
ils occupent Bar (Antivari) et Ülgün sur l’Adriatique. La Grèce, décide au
dernier moment de participer à la guerre contre l’Empire, dans l’espoir
d’annexer l’Epire et la Thessalie. Les Russes prennent la ville d’Edirne
le 20 janvier et se dirigent vers Constantinople. L’armistice est signé à
Edirne
le 31 janvier, mais les troupes russes avancent encore vers la capitale
ottomane jusqu’en février et stationnent à
Yesilköy (San Stefano), à dix kilomètres de Constantinople. Les Anglais,
soucieux de voir les Russes dans la zone des Détroits, passent avec leur
flotte les
Dardanelles
et jettent l’ancre au large des
îles des Princes.
Abdülhamid renvoie le parlement (février).
Traité de San Stefano. La Russie impose à l’Empire ottoman, la création
d’une grande Bulgarie, s’étendant sur la Macédoine, avec un accès à la mer
Egée. Elle aura le statut d’Etat autonome et sera occupée pendant deux ans
par l’armée russe. La Roumanie, la Serbie et le Monténégro seront reconnus
comme Etats indépendants. La Russie annexe la Bessarabie et donne en
compensation la Dobroudja à la Roumanie. Le Monténégro triple son territoire
et obtient un accès à l’Adriatique. La Crète et la Bosnie-Herzégovine
deviennent autonomes. Ardahan, Batoum, Kars et Bayezit sont annexés par la
Russie. Un statut particulier doit être appliqué dans les régions d’Anatolie
orientale, favorisant les populations arméniennes et les protégeant contre
les Kurdes. L’Empire ottoman, à titre de dommages de guerre, se voit
contraint à payer 35 millions de livres ottomanes à la Russie. Le traité de
San Stefano sera ratifié le 17 mars.
Les puissances d’Europe occidentale, notamment l’Autriche-Hongrie et
l’Angleterre, réussissent à forcer les Russes à réviser le traité de San
Stefano. Bismarck, en médiateur, propose une conférence à Berlin.
Le gouvernement anglais propose au sultan de soutenir les Ottomans au futur congrès de
Berlin et promet d’intervenir en cas d’attaque russe en Anatolie orientale.
Les conditions en sont : des réformes avec l’aide de la Grande-Bretagne dans
les provinces arméniennes, et que l’île
de Chypre
soit occupée provisoirement par les Britanniques.
Le 20 mai, putsch manqué, organisé par l’ex-directeur du
lycée de Galatasaray, Ali Suavi.
Le 4 juin, signature de la convention secrète entre les Anglais et les
Ottomans : l’île de Chypre
est sous administration anglaise, dans le cadre de l’Empire ottoman.
Le 13 juin, ouverture du congrès de Berlin et trahison des Anglais qui
viennent de mettre la main sur
Chypre. Ils proposent l’occupation de la Bosnie-Herzégovine par
l’Autriche-Hongrie et un gain territorial grec en Epire et en Thessalie. Le
« Congrès de la Honte », comme il convient de l’appeler a pour acteurs les
mêmes participants qu’au traité de Paris (Russie, Autriche-Hongrie, Italie,
Allemagne, Grande-Bretagne, Empire ottoman et France). Les représentants
ottomans,
Alexandre Karatodori et Mehmet Ali pacha, un Prussien naturalisé, sont
traités avec mépris, comme tous les peuples des Balkans dont l’avenir dépend
du traité, et qui n’ont pas été invités à participer à la conférence.
Le 13 juillet, signature du traité de Berlin, qui remplace celui de
San Stefano. L’Angleterre et l’Autriche-Hongrie sont les grandes
gagnantes. Ces deux Etats obtiennent d’importants gains territoriaux, alors
qu’ils n’ont pas participé à la guerre. L’Empire ottoman, perd plus de 200
000 km² avec une population de près de cinq millions et demi d’habitants. La
Bulgarie, réduite aux frontières du Danube et aux Rhodopes, est érigée en
principauté, dépendante de l’empire. Au Sud, une province autonome, avec un
gouverneur chrétien est crée (Roumélie orientale). La Serbie est déclarée
indépendante et s’agrandit de la région de Nich. Le Monténégro s’agrandit du
port de Bar (Antivari). Le Sandjak de Novipazar (Yenipazar) est occupé
militairement par l’Autriche-Hongrie. La Russie conserve les provinces de
Kars et d’Ardahan. La Grèce obtient une révision de frontières avec des
gains territoriaux importants en Thessalie, moindres en Epire. Les Arméniens
ottomans obtiennent un contrôle des réformes et améliorations promises par
la Porte dans les provinces d’Anatolie orientale, et une protection contre
les Circassiens et les Kurdes. Ils n’obtiennent pas l’autonomie qu’ils
espéraient.
Les Arméniens de Zeytinlik (Zeïtoune) se révoltent ainsi que les Druzes du
Hauran.
Troubles en Anatolie orientales. L’armée étant au front, les tribus kurdes
se sont livrées librement au pillage des villages arméniens et des révoltes
se sont produites dans le Dersim, à Siirt, à Muş et à Hakkari.
La langue bulgare est créée sur la base du slavon et devient la langue
officielle des Bulgares orthodoxes "schismatiques" des provinces autonomes.
Les Bulgares musulmans conserveront le turc ottoman et les Bulgares fideles
au patriarcat de Constantinople, la langue grecque. |
| 1879 |
Résistance de la population orthodoxe et musulmane à l’occupation
autrichienne de la Bosnie et de l’Herzégovine. Le sultan Abdülhamid
n’intervient pas.
L’Angleterre a des projets de construction d’une ligne de chemin de fer en
Mésopotamie et entrevoit la possibilité d’un protectorat sur la « Turquie
d’Asie ».
L’Angleterre refuse de financer les réformes prévues en Asie Mineure, par la
convention de
Chypre.
En juillet, les Anglais et les Français contraignent le sultan à destituer
le khédive d’Egypte, Ismail pacha, qui est remplacé par Tefvik pacha, plus
docile.
Dès la fin de l’année 1879, l’Angleterre, autrefois la meilleure alliée de
l’empire, devient son principal ennemi. Il devient urgent à trouver d’autres
alliés. L’Autriche-Hongrie lorgne sur Salonique et la France sur la Syrie,
tout en soutenant la Grèce contre l’empire.
Entre 1877 et 1879, les réfugiés musulmans, fuyant les massacres,
refluent par centaines de milliers vers la Macédoine et la Thrace. Ils sont
originaires de Valachie, de Moldavie, de Bessarabie, de Serbie, de Bulgarie,
de Thessalie et du Monténégro. On estime à 1 500 000 le nombre total des
réfugiés balkaniques.
|
| 1879-1880 |
Famine en
Anatolie orientale, particulièrement dans les provinces de Van, de
Diyarbakır et d’Erzurum. |
| 1880 |
Malgré la résistance des Albanais ottomans, la ville d’Ülgün
(Dulcigno) est occupée par le Monténégro, puis annexée, après
les menaces navales des puissances occidentales.
Révolte du chef kurde, l’agha Ulbeydullah bien décidé à ne pas laisser
s’implanter un Etat arménien dans la région. Il crée une ligue en espérant
jouir d’une autonomie à la bulgare. En octobre, il entreprend une expédition
contre l’Iran, mais pris en tenaille entre l’armée iranienne et l’armée
ottomane, il sera capturé et emmené à Constantinople.
La Grande-Bretagne signe un traité avec l’émir de Bahrein et accentue sa
présence dans le Golfe persique.
Inquiétant accroissement de la population d’origine italienne en Tunisie
(plus de 10 000 personnes). |
| 1881 |
Naissance de
Mustafa Kemal
à Salonique.
Troubles en Albanie et mouvement indépendantiste en Syrie (Beyrouth et
Damas), soutenus par les Anglais.
Manifestation au Caire contre les Européens occidentaux, les
Turco-circassiens (classe dirigeante) et le khédive.
En décembre, un accord est signé entre le gouvernement et les créanciers
étrangers de l’Etat. Un conseil d’administration de la
Dette publique ottomane est crée. Il deviendra plus tard, une sorte
d’Etat financier dans l’Etat, qui contrôlera un tiers des revenus de
l’empire, employant plus de sept mille personnes. Pièce maîtresse de
l’impérialisme occidental dans l’Empire ottoman.
Invasion du Beylik de Tunisie par les Français, provoquant un afflux de
réfugiés en Tripolitaine (plus de 100 000 personnes), où la résistance
tunisienne s’organise avec l’aide du sultan. Le gouvernement ottoman, ne
reconnaîtra pas le « protectorat » français sur la Tunisie et considérera
les Tunisiens comme citoyens ottomans à part entière.
Renforcement de la présence ottomane en Cyrénaïque et en Tripolitaine, face
aux menaces françaises et italiennes.
Arrivée en Anatolie de 500 000 réfugiés du Caucase russe, essentiellement
des Mégréliens, des Circassiens et des Géorgiens, de confession musulmane. |
| 1882 |
11 juillet, les
Anglais bombardent Alexandrie prétextant de rétablir l’ordre en Egypte en
proie à de violents troubles contre le khédive et l’administration
franco-britannique des finances. Puis, occupation de l’Egypte ottomane par
les Anglais (violation de l’intégrité territoriale ottomane).
L’Empire ottoman, doit se trouver de nouveaux alliés parmi les puissances
européennes et se rapproche du seul Etat n’ayant pas de visées territoriales
dans les possessions ottomanes : l’Allemagne. Une dizaine de conseillers
allemands arrivent à Constantinople, rompant l’isolement diplomatique dans
lequel se trouvait le sultan Abdülhamit depuis le congrès de Berlin.
Fondation de la Chambre ottomane du Commerce.
Fondation en Palestine ottomane, de l’organisation nationaliste juive, les
Amants de Sion, colonie agricole destinée à accueillir les survivants des
pogroms en Europe centrale. Plusieurs milliers de juifs s’installent en
Palestine, à Constantinople, à
Smyrne, à Salonique et à
Edirne. |
| 1883-1885 |
Révolte au
Soudan ottoman. Le khédive d’Egypte en perd le contrôle. |
| 1883 |
La Dette
publique fonde la
Régie des Tabacs qui a le monopole des tabacs, une des principales
richesses de l’Empire ottoman. La Régie comptera jusqu’à 8 800 employés,
essentiellement des Ottomans, les cadres étant uniquement des Européens
occidentaux.
Fondation de l’Académie des Beaux-Arts à Constantinople. |
| 1884 |
L’ancien grand
vizir Midhat pacha est retrouvé assassiné dans sa prison. |
| 1884 |
L’Allemagne
augmente ses livraisons d’armes à l’Empire ottoman. En l’espace de quelques
années, la France et l’Angleterre se sont trouvées évincées du marché
militaire ottoman.
Des révolutionnaires bulgares attaquent le palais du gouverneur à Filibe, en
Roumélie orientale. Le gouverneur en est chassé, tandis que le prince de
Bulgarie, Alexandre de Battenberg, se fait proclamer « prince de la Bulgarie
du Nord et du Sud ». La Roumélie orientale est annexée, mais le sultan
Abdülhamit n’intervient pas. La Bulgarie reste vassale de l’empire.
Les puissances étrangères augmentent leur présence commerciale et culturelle
dans l’empire. Multiplications des consulats, ouverture de bureaux de poste
étrangers, augmentation des écoles étrangères ouvertes par des ordres
religieux catholiques et des missions protestantes. Plusieurs dizaines de
milliers d’élèves, généralement des Ottomans non-musulmans, fréquentent les
écoles françaises. Les missions protestantes américaines se développent en
Anatolie orientale. Les missionnaires construisent également des églises (ou
temples),
des dispensaires, des imprimeries. |
| 1885 |
Création à Van
du parti Armekan à tendance autonomiste |
| 1886 |
Création de la Société Saint-Sava en Macédoine, société à but culturelle
pour la prise de conscience nationale serbe en Macédoine. |
| 1887 |
Création à
Genève du parti révolutionnaire socialiste arménien le Hintchak. Les
membres, originaire essentiellement du Caucase, réclament l’indépendance des
territoires ottomans peuplés d’Arméniens et encouragent le terrorisme et la
lutte armée, afin d’y parvenir.
La politique de russification entreprise par Alexandre III, entraîne un flot
de réfugiés en Anatolie et en Macédoine, principalement des Tatares de
Crimée, des Tatars de Kazan et des Abkhazes, des Azéris et des Ossètes du
Caucase. |
| 1888 |
Création de la
Banque Agricole (Ziraat Bankası) afin d’accroître le développement de
l’agriculture dans l’empire.
La concession du chemin de fer d’Anatolie est accordée à la
Deutsche Bank. |
| 1889 |
Avril – mai, le
chef kurde Musa Bey, se livre à des violences contre les villages arméniens
de la région de Muş. Villages incendiés et rapts de femmes. De telles
violences sont assez habituelles en Anatolie orientale, mais elles prennent
des proportions qui font réagir la population arménienne de tout l’Empire.
Musa Bey sera traduit en justice à Constantinople, mais sera acquitté à la
surprise générale.
Avril – septembre, des bandes arméniennes déguisés en Kurdes, traversent la
frontière en provenance d’Iran.
Juin, l’Albanais Ibrahim Temo, le Circassien Mehmet Resid, le Kurde Abdullah
Cevdet et le Turc Ishak Sükuti, fondent le mouvement des Jeunes Turcs. Ils
vont lutter contre le pouvoir du sultan Abdulhamid II.
Le directeur de
l’Instruction publique de la préfecture de
Brousse, en voyage officiel lors de l’exposition universelle à Paris,
demande l’asile politique en France. Ahmet Riza fondera à Paris, l’action
militante du mouvement des Jeunes Turcs.
Juillet, le bateau Ertuğrul quitte le port de Constantinople pour une visite
officielle au Japon. L’équipage est touché par une épidémie de choléra au
Japon et le bateau coulera lors d’un ouragan, au retour. 69 survivants sur
610 membres d’équipage.
Août : le premier train de l’Orient
Express
entre en
gare de Sirkeci.
Abrogation du pacte d’Halepa, attribuant à la Crète une autonomie et un
gouverneur orthodoxe à la suite de troubles indépendantistes.
Novembre, visite officielle de l’empereur d’Allemagne, le Kaiser Guillaume
II, qui symbolise le rapprochement des deux pays après les invasions
françaises et anglaises dans certaines parties de l’empire, qui a provoqué
la fin des alliances traditionnelles.
Affaire Mayerling. Le 30 janvier, l’archiduc
Rodolphe de Habsbourg, héritier de la couronne d’Autriche-Hongrie, est
retrouvé mort en compagnie de sa maîtresse Marie Vetsera, dans un pavillon
de chasse, près de Vienne. On conclut au suicide, mais néanmoins les rumeurs
sur l’hypothèse d’un double meurtre pour des raisons politiques, vont
circuler. Rodolphe de Habsbourg était connu pour ses sympathies avec la
France. Marie Vetsera (17 ans), était la petite-fille du banquier
stambouliote Alexandre Baltazzi. Le neveu de l’empereur François-Joseph Ier,
François-Ferdinand, devient l’héritier du trône. Il sera assassiné à
Sarajevo. |
| 1890 |
Création à
Tiflis de la Fédération révolutionnaire arménienne (Dashnak / Tasnak). Ce
nouveau parti demande des réformes pour les provinces arméniennes ottomanes,
mais pas l’indépendance.
Juillet, le parti arménien Hintchak organise une grande manifestation à
Constantinople. Les participants occupent le
patriarcat arménien de
Kumkapi
et forcent le patriarche à les accompagner au
palais du sultan, pour y déposer une pétition. L’intervention policière
fait plusieurs victimes.
Le parti arménien Dashnak fortement implanté en Iran, organise la propagande
anti-ottomane en Anatolie orientale, dans l’espoir de soulever la population
locale. Le parti Dashnak cherche également à rallier les Kurdes à leur
cause, sans succès. |
| 1891 |
Le sultan
Abdulhamid II crée une cavalerie kurde (Hamidiye) sur le modèle des Cosaques
russes, en espérant canaliser le pouvoir des aghas de l’Anatolie orientale.
L’agitation arménienne prend de l’ampleur en Anatolie centrale et orientale,
tandis qu’un courant arménophile s’étant en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis
et en Suisse, encouragé par les missions protestantes dans l’empire. Les
ambassadeurs ottomans à Washington (l’orthodoxe Mavroyeni pacha) et à
Londres (le catholique Rüstem pacha), essaient de contrecarrer les projets
missionnaires, visant à monter l’opinion publique des Européens occidentaux
et des Américains, contre l’Empire ottoman.
La Grande-Bretagne et l’Iran financent les mollahs
chiites
d’Iraq afin de provoquer des troubles contre le pouvoir ottoman dans la
région des villes saintes chiites et la Basse Mésopotamie.
Envoi de missionnaires
hanéfites
(hanafites) à Bagdad pour convertir les populations
chiites, sur le modèle des missions européennes et américaines,
fortement présentes en Anatolie orientale. D’autres missions seront envoyées
dans les régions à forte présence
alévie,
yézidie ou
nosaïrie
afin de convertir ces populations considérées comme hérétiques – en fait,
non musulmanes -, à l’islam
sunnite. D’autres missions hanéfites seront également envoyées en Syrie,
en
Paphlagonie
(Sivas) et en Transjordanie, afin de contrer les missions catholiques et
protestantes très actives.
La Ligue pangermaniste, envisage d’installer des colons allemands en
Anatolie. Le projet n’aboutira pas, mais une petite colonie sera finalement
installée dans la région du Caucase ottoman. |
| 1892 |
Fondation de
l’Ecole des Tribus à Constantinople afin d’augmenter le niveau d’instruction
des tribus nomades ou semi-sédentarisées de l’empire (Kurdes, Albanais,
Bédouins, Arabes, etc.).
Le commandant du Régiment des Réformes, Ömer Vehbi pacha, tente par la force
de convertir les Yézidis à l’islam et saccage avec la troupe, le sanctuaire
sacré de Lalis. Il est rappelé à Constantinople par le sultan. |
| 1893 |
L’Affaire
Dreyfus en France, bouleverse la population ottomane et des manifestations
de soutien à la
communauté juive, sont organisées dans les principales villes de
l’empire (Constantinople,
Smyrne
et Salonique).
Construction d’une chapelle commémorative à
San Stefano (Yesilköy), dans la banlieue de Constantinople, où les
Russes s’étaient avancés en 1878.
Création de l’Organisation intérieure de la Macédoine, visant à émanciper la
Macédoine de la domination ottomane.
Aboutissement du véritable premier recensement de la population ottomane,
commencé en 1891. L’empire compte 17,5 millions d’Ottomans, d’ethnies et de
religions différentes. Décroissement de la population musulmane de l’Empire,
à peine compensée par l’arrivée des réfugiés du Caucase russe et des
Balkans. |
| 1894 |
Insurrection
dans le sud de l’Assyr (Yémen).
Tentative d’assassinat contre le patriarche arménien de Constantinople, Mgr
Aşikyan (Achikian), jugé trop ‘pro-ottoman’, par un révolutionnaire
arménien.
10 juillet, violent tremblement de terre à Constantinople faisant des
milliers de victimes et des dommages considérables. La censure hamidienne
interdit de communiquer le nombre total des victimes et des réfugiés. L’aide
est distribuée sans égard à l’appartenance communautaire.
Juillet, soulèvement arménien dans le Sasun, préfecture de Bitlis, contre
les chefs des nomades kurdes qui veulent faire payer tribut aux paysans
arméniens. Encouragés par des activistes du parti Hintchak, les Arméniens se
révoltent également contre le pouvoir ottoman, ce qui entraîne
l’intervention de l’armée et de la cavalerie kurde, les Hamidiye. La région
est pacifiée. On compte plusieurs centaines de victimes du côté arménien
(entre 265 et 500, selon les sources). Un mouvement arménophile s’organise
en Europe et aux Etats-Unis sous pression des
Eglises protestantes. En Angleterre, l’Evangelical Alliance, pousse le
gouvernement à agir contre les Ottomans. L’Angleterre, la France et la
Russie, forment une Commission d’Enquêtes et font pression sur le
gouvernement ottoman, pour engager des réformes dans les provinces
arméniennes. Ces réformes, devraient aboutir à long terme, à l’indépendance
de l’Arménie ottomane. Les pressions des Européens occidentaux, font naître
un sentiment anti-arménien dans les populations musulmanes de l’Empire,
sentiment inconnu jusque là.
Juillet, amnistie accordée aux détenus politiques arméniens.
Juillet-août, la Russie et la France changent sensiblement leur politique
face à l’Empire ottoman. Pour les premiers, il n’est pas question d’une
Arménie indépendante dans le Caucase, dont la partie russe est peuplée de
nombreux Arméniens en voie de russification. La France suit son nouvel allié
russe afin de préserver ses intérêts économiques dans l’Empire ottoman.
Négociations secrètes entre l’Angleterre et l’Allemagne sur le partage de
l’Empire ottoman. Le plan anglais est repoussé par l’Allemagne.
Création en Grèce de la Société nationale (Ethniki Hetairia) dans les visées
sont le rattachement de la Macédoine et de la Crète, au royaume de Grèce. |
| 1895 |
Création à Sofia
du Comité suprême extérieur de la Macédoine, visant à rattacher la Macédoine
à la Bulgarie.
Fondation de l’Eglise
copte catholique.
Mai, des troubles éclatent en Crète, un gouverneur orthodoxe y est nommé par
la Porte (Alexandre Karatodori pacha).
Juin-juillet, troubles chez les Druzes du Hauran, soutenus par l’Angleterre,
l’armée y est envoyée, mais subit de lourdes pertes. Des centaines de
soldats ottomans sont massacrés.
30 septembre, le parti arménien Hintchack organise une manifestation à
Constantinople, devant le
patriarcat arménien
de
Kumkapi
afin d’obtenir des réformes en Anatolie orientale et pour protéger les
Arméniens contre les Kurdes. La manifestation qui se veut pacifique,
regroupe néanmoins des membres armés du parti Hintchack, dont le but est de
créer des troubles dans la capitale, afin de faire intervenir les puissances
étrangères. La manifestation dégénére aux abords de la
Sublime Porte (siège du gouvernement) et plusieurs dizaines de victimes
sont dénombrées du côté arménien ainsi que du côté des forces de l’ordre.
17 octobre, proclamation des réformes à engager dans les six provinces
arméniennes. Les Kurdes seront dorénavant étroitement surveillés par les
autorités ottomanes en place. Pour les musulmans, les réformes signifient
l’indépendance de l’Anatolie orientale à courts termes.
21 octobre, des émeutes anti-arméniennes commencent à Erzincan et se
propagent à toute l’Anatolie orientale : Urfa, Malatya,
Diyarbakır, Harput,
Sivas, Antep, Amasya, Kayseri. Les pogroms commis parfois avec le soutien
des autorités locales, feront, selon les estimations des missions
protestantes américaines sur place, près de 37 000 victimes du côté arménien
et 1 800 du côté musulman. Le gouvernement est resté quasiment impuissant,
sauf dans les villes de Muş, Ankara, Tokat, Mersin, Mardin et Van, où les
gouverneurs ont pu maintenir l’ordre. L’opinion publique d’Europe
occidentale est déchaînée contre la ‘barbarie turque et musulmane’ au moment
où s’opère un génocide contre les Amérindiens aux Etats-Unis et où les
soldats du roi Léopold II au Congo, rapportent à leurs officiers, 1357 mains
coupées, lors d’une opération de répression.
Troubles dans la ville arménienne de Zeytin (Zeïtoune) en Cilicie, qui
prendront fin après quatre mois de résistance à l’armée, en février 1896. |
| 1896 |
Février, les
Druzes du Liban, se soumettent à l’autorité ottomane.
Mai, des émeutes éclatent à La Canée et à Candie (Crète), des centaines de
Crétois musulmans sont massacrés par la population orthodoxe, partisane de
l’annexion de l’île au royaume de Grèce (enosis).
Juin, émeutes arméniennes à Van. Intervention de l’armée qui subit de
lourdes pertes.
Août, profitant de la situation précaire de l’empire, des militants
macédoniens provoquent des incidents à la frontière bulgare contre les
autorités ottomanes.
Le 26 août, 26 terroristes arméniens, membres du parti Dashnak s’emparent du
siège central de la
Banque Ottomane à
Galata, symbole de l’impérialisme financier européen dans l’empire. En
s’en prenant directement aux intérêts financiers des puissances étrangères,
les terroristes pensent faire intervenir les Européens en leur faveur,
auprès du sultan. Cent cinquante personnes sont prises en otage et le sultan
doit négocier directement avec les terroristes qui pourront partir libres à
bord d’un bateau français, en direction de Marseille.
Dès que la nouvelle de l’occupation de la banque est connue en ville, il
s’ensuit un massacre contre la population arménienne, commenté par les
portefaix et les dockers albanais de
Galata. Selon
Louis Rambert, administrateur de la
Régie des Tabacs située sous le même toit que la
Banque Ottomane, les pogroms auraient fait près de 8000 victimes dans
toute la ville.
Après l’action terroriste du Dashnak et les pogroms à Constantinople, les
puissances européennes envisagent de renverser le sultan Abdülhamid II, à
qui on fait porter la responsabilité des événements.
Le parti des Jeunes-Turcs représenté par le Comité d’Union et Progrès, dont
la plupart des membres sont en exil en France, en Angleterre et en Egypte
occupée, s’organise contre le sultan, en vue de le renverser.
Décembre, un complot contre le sultan est découvert. Il s’en suit une vague
d’arrestations (350 personnes), dans les milieux de l’armée, la police,
l’administration. Le parti des Jeunes Turcs porte la responsabilité.
Les deux partis socialistes arméniens sont discrédités dans l’opinion
publique arménienne. Ils ont nettement contribués à la crise de 1894-1896
qui a entraîné des pogroms contre la population arménienne, en Anatolie
orientale et à Constantinople.
Les troubles en Anatolie orientale ont provoqué un exode important de la
population arménienne vers la Transcaucasie et en Iran (60 000 à 80 000
personnes) et vers les Etats-Unis (12 000 personnes). |
| 1897 |
Février, de
nouveaux combats ont lieu à La Canée entre les forces de l’ordre et les
partisans du rattachement de l’île au royaume de Grèce. Le quartier musulman
est incendié et la Grèce envoie un corps expéditionnaire. Les puissances
européennes débarquent des troupes. L’opinion publique grecque est partisane
de la « Megali Idea » (Grande Idée), c’est-à-dire d’annexer toutes les
parties de l’Empire ottoman où vivent des populations orthodoxes
hellénophones et la capitale ottomane, Constantinople.
Le 17 avril, après que des troupes grecques ont passé la frontière en
Thessalie, le gouvernement déclare la guerre. Les troupes ottomanes avancent
rapidement sur Larissa, tandis que le gouvernement grec rappelle l’armée
installée en Crète. Les puissances européennes (Grande-Bretagne, Italie,
Russie et France), qui soutiennent presque ouvertement la Grèce, font
pression sur le gouvernement ottoman pour signé l’armistice (19 mai). La
Crète reste une province autonome de l’Empire ottoman, mais les Crétois
musulmans commencent à émigrer en masse vers les côtes d’Anatolie.
Juin-juillet, un complot du parti Jeunes Turcs est déjoué à Constantinople.
Les responsables sont exilés en Tripolitaine. |
| 1898 |
Les Etats-Unis d’Amérique demandent au sultan-calife Abdülhamit II,
d’intervenir auprès des musulmans philippins afin que ceux-ci ne
prennent pas les armes contre eux, pendant la guerre contre l’Espagne.
La situation économique et politique de l’Empire, encourage les Ottomans à
s’installer dans d’autres pays, notamment au Brésil, aux Etats-Unis
d’Amérique, en Colombie, à Cuba et au Canada. Des milliers d’Ottomans
chrétiens, musulmans et juifs, quittent le Liban, la Syrie, l’Anatolie, la
Crète et la Macédoine. Ils seront appelés ‘les Turcos’ (péjorativement) en
Amérique du Sud. Le mouvement ne s’arrêtera pas avant les années 1925-1930.
Octobre-novembre, visite officielle de l’empereur d’Allemagne
Guillaume II et de l’impératrice, à Constantinople et en Terre Sainte.
L’Allemagne se désolidarise de la politique des puissances d’Europe
occidentale en Crète, visant à rattacher l’île au royaume de Grèce. |
| 1899 |
Le 23 décembre, un accord est signé pour la construction du chemin de
fer de Bagdad. Les Allemands obtiennent la concession.
Troubles en Macédoine et actions terroristes s’en prenant aux intérêts
ottomans et étrangers. Attaques de trains, pillages, rapts organisés par
différents groupes séparatistes serbes, bulgares, grecs ou valaques. |
| 1900 |
La capitale ottomane atteint ses 900 000 habitants, sans les faubourgs.
Commencement des travaux de la ligne de chemin de fer du Hedjaz, qui reliera
la capitale ottomane aux Lieux Saints.
Le 1er
septembre, fête du jubilé du sultan Abdülhamid II (25 ans de règne).
Sans succès, le sultan Abdülhamid II essaie de se débarrasser du système des
capitulations, qui donne illégalement de vastes privilèges aux Européens
occidentaux installés dans l’Empire ottoman. Le sultan n’arrive pas non plus
à supprimer les bureaux de postes étrangers installés dans l’empire en
violation à la convention de Berne de 1874, et qui font une totale
concurrence aux postes ottomanes. L’Angleterre, l’Autriche-Hongrie et la
France, menacent d’intervenir militairement pour préserver leurs privilèges
économiques dans l’empire, au mépris des conventions internationales. |
| 1901 |
Affaire
Lorando
et
Tubini. Ces deux banquiers ottomans n’ont pu récupérer l’argent prêté au
gouvernement. Ayant, comme beaucoup d’Ottomans originaires d’Europe
occidentale, également la nationalité française, les deux banquiers en
appellent à la France pour recouvrer leur créance. La France envoie des
bateaux de guerre stationnés à Toulon, vers l’île de Mytilène (Lesbos) et
les Français occupent les douanes. La France obtient le recouvrement de la
dette contractée par le gouvernement ottoman auprès des banquiers levantins
et la reconnaissance officielle de toutes les institutions religieuses et
culturelles françaises (jusque là illégalement installées), sur le
territoire ottoman. Les autres puissances ne soutiennent pas l’Empire
ottoman, mais au contraire, s’empressent, elles aussi, de faire reconnaître
officiellement leurs propres institutions.
Restriction de l’immigration juive en Palestine, malgré une entrevue entre
le sultan et Théodore Herzl, fondateur du mouvement sioniste.
Une commission mixte trace la frontière entre la colonie anglaise d’Aden et
le Yémen ottoman. Les deux territoires seront réunis qu’en 1990. |
| 1902 |
Congrès des
Jeunes Turcs à Paris. En violation des lois internationales, la
France offre la possibilité à l’opposition ottomane, de se réunir sur son
territoire afin d’organiser un coup d’Etat contre l’Empire ottoman. Le
mouvement Jeunes Turcs qui prendra le pouvoir plus tard, est responsable
des massacres d’Arméniens en 1915 et de la déportation des
survivants en Syrie.
Le mouvement Jeunes Turcs prend de l’ampleur chez les exilés ottomans de
Genève, Londres et Paris, avec le soutien des gouvernements locaux.
Le 23 septembre, insurrection bulgare dans la province de Salonique. Les
forces de l’ordre arrivent à rétablir la situation, tandis que de nombreux
insurgés se réfugient en Bulgarie. L’Autriche-Hongrie et la Russie, qui ont
chacune des visées territoriales en Macédoine, prévoient un plan de réformes
qu’ils imposeront aux Ottomans en 1903, avec l’approbation de la
Grande-Bretagne, de la France et de l’Italie, autres puissances ayant des
vues dans les Balkans.
Abd-ul-Aziz Ibn Sa’ud, reprend Riyad et le Najd aux Ottomans. Il pose ainsi
les bases de l’Arabie Saoudite. |
| 1903 |
Janvier, mort du
beau-frère du sultan, Damat Mahmut Celaleddin pacha à Bruxelles. Il fut un
membre actif du mouvement Jeunes Turcs, contre le régime d’Abdülhamid II.
Avril, la ville de Salonique est en proie à de violents troubles provoqués
par des indépendantistes bulgares, grecs et serbes. Une bombe saute à la
succursale de la Banque Ottomane, un navire français est coulé dans le port,
les conduites de gaz explosent, les postes ottomanes sont attaquées. Des
bombes explosent dans des lieux publics (cafés, gares, banques).
Le 2 août, insurrection générale en Macédoine. Les postes de police et les
petites garnisons, sont attaqués. Les voies de communications sont coupées
(voie de chemin de fer, ponts, etc.). Les villes de Monastir et Krutchevo
sont contrôlées par les insurgés. Pillage et destruction des villages
musulmans. Le gouvernement ottoman a du mal à intervenir, sachant qu’une
offensive contre les insurgés entraînerait l’intervention immédiate des
Russes, de l’Autriche-Hongrie et certainement d’autres puissances,
officiellement pour protéger les populations chrétiennes, mais plus
clairement, pour s’y installer.
L’insurrection de la Macédoine s’étant à la
Thrace orientale.
Le consul de Russie à Monastir est assassiné par un soldat ottoman.
Le 30 septembre, rencontre du tsar Nicolas II et de l’empereur
austro-hongrois François-Joseph de Habsbourg, à Mürzsteg, pour élaborer un
nouveau plan pour la Macédoine. Le plan prévoit notamment, le re-découpage
des trois provinces de Macédoine, selon des critères ethniques et religieux. |
| 1904 |
Insurrection au
Yémen ottoman conduite par l’imam Yahya et poussée par la Grande-Bretagne
qui occupe déjà Aden. La ville de Sanaa est assiégée par 30 000 hommes de
l’imam Yahya. La population est affamée. La garnison se rend en avril.
Le 29 août, mort du sultan Murad V au palais de Çiragan où il était enfermé
depuis sa déposition en 1876. Il n’y aura pas de cérémonie officielle pour
ses funérailles, ce qui scandalisera l’opinion publique ottomane. |
| 1905-1907 |
Guerre
Arméno-Tatare dans le Zanguezour (Caucase). |
| 1905 |
La Russie perd
son l’influence dans les Balkans suite à une révolution intérieure et à la
défaite de la guerre contre le Japon. La Grande-Bretagne s’intéresse de plus
près à la Macédoine.
Les Bulgares de Macédoine deviennent plus conciliants à la suite d’accords
entre le gouvernement ottoman et la principauté autonome de Bulgarie, tandis
que des bandes grecques, serbes et valaques, continuent de semer la terreur
dans les trois provinces. Les puissances étrangères profitent de la
situation en Macédoine, pour accroître leur contrôle sur le gouvernement
ottoman.
Le 29 juillet, le sultan Abdülhamid II échappe de justesse à un attentat
commandité par des révolutionnaires arméniens. L’anarchiste stambouliote
Edouard Jorris, d’origine belge et sympathisant de la cause arménienne avait
déposé une bombe dans une voiture stationnée près de la tour de l’horloge
de Yıldız, lors de la
cérémonie du Selamlık. 41 personnes étaient impliquées dans le
complot. Edouard Jorris sera pardonné par le sultan et envoyé comme agent de
renseignements en Europe occidentale, pour le compte de la Porte.
Le 27 octobre, le sultan refuse le plan de contrôle financier des puissances
étrangères sur la Macédoine. La Russie, la France, la Grande-Bretagne et
l’Autriche-Hongrie rassemblent une flotte au Pirée, puis feront une
démonstration navale devant les îles ottomanes de Lemnos et de Lesbos. L’Allemagne
refuse de cautionner les autres puissances.
Le 4 décembre, le sultan cède aux menaces européennes, une commission
internationale sera envoyée en Macédoine et aura le contrôle des finances
sur les trois provinces.
Le mouvement d’opposition des Jeunes Turcs s’organise. Les membres
infiltrent l’armée, la police et l’administration, tandis que des accords
secrets sont passés avec les milieux nationalistes arméniens. |
| 1906 |
Reprise de la
ville yéménite de Sanaa, mais pertes énormes dans les rangs ottomans suite
aux épidémies et aux combats (30 000 victimes).
Incidents dans le Sinaï ottoman occupé avec l’Egypte, par la
Grande-Bretagne. Manifestations de la population égyptienne au Caire et à
Alexandrie, en faveur des Ottomans, violemment réprimées par les forces
d’occupation. La Grande-Bretagne reçoit le soutien de la France et de la
Russie. L’armée ottomane doit se retirer à Aqaba le 2 octobre.
Formation de bandes albanaises dans la province macédonienne du Kosovo, qui
se battent parfois contre les forces gouvernementales, parfois contre les
bandes grecques, bulgares, valaques ou serbes.
Les deux organes des Jeunes Turcs, le Comité Union et Progrès et la Société
pour l’Initiative privée et la Décentralisation, se renforcent en s’alliant
au parti nationaliste arménien Dachnak.
Création à Salonique de la Société ottomane de la Liberté, société secrète
visant à rétablir la constitution. |
| 1906-1907 |
Troubles sociaux
en Anatolie (Diyarbakır, Van, Erzurum, Trébizonde). Les révolutionnaires
demandent le rétablissement de la Constitution et sont encouragés par les
succès des révolutions russes et iraniennes. |
| 1907 |
La France,
toujours en violation des lois internationales, autorise un second congrès à
Paris, réunissant les forces d’opposition au gouvernement ottoman : les
Jeunes Turcs avec leurs organes Union et Progrès et la Société pour
l’Initiative privée et la Décentralisation, et les révolutionnaires
socialistes arméniens du Dashnak.
L’Autriche-Hongrie et la Russie cherchent à imposer un projet de réforme de
la justice pour la Macédoine. L’Angleterre renforce la police internationale
stationnée dans les trois provinces macédonienne. Elle demande aussi la
diminution du nombre de soldats ottomans en Macédoine.
Création de la compagnie pétrolière Anglo-Persian Oil Compagny, qui
deviendra la British Petroleum (BP), qui jouera un rôle essentiel dans
l’occupation de la Mésopotamie, par l’Angleterre, dès 1914. |
| 1908 |
La population juive de Palestine est passée de 24 000 personnes en 1882
à 80 000 en 1908.
Février, le sultan accorde à
l’Autriche-Hongrie, la concession de la construction du chemin de fer à
travers le Sandjak de Novipazar vers Salonique. Cette décision entraîne un
rapprochement de la Russie et de l’Angleterre.
Juin, une série d’attentats contre des administrateurs ottomans, commis par
les Jeunes Turcs, secouent la Macédoine. Le Comité d’Union et Progrès,
soutenu par les révolutionnaires arméniens et la loge maçonnique de
Salonique, commence sa lutte contre le sultan.
Rencontre à Tallin en Estonie, du roi Edouard VII d’Angleterre et du tsar
Nicolas II. L’opinion publique ottomane est convaincue que les deux
monarques se sont entendus sur le partage de l’Empire.
Le 3 juillet, un officier appartenant aux Jeunes Turcs, avec une centaine
d’hommes pillent un dépôt d’armes à Monastir et se réfugient dans les
montagnes. Les désertions se multiplient les jours suivants.
Le 14 juillet, les troupes anatoliennes débarquent à Salonique, mais
refusent de combattre les rebelles et font défection.
Le 16 juillet, le Comité Union et Progrès de Monastir envoie un ultimatum au
sultan pour rétablir la Constitution et menace de marcher sur
Constantinople.
Le 20 juillet, les Albanais de la région de Ferizovik, rallient le mouvement
révolutionnaire.
Le 23 juillet, les villes de Serres, Ohrid, Üsküb, Drama et Monastir se
soulèvent et les autorités civiles et militaires proclament le
rétablissement de la Constitution. Au soir, le sultan se voit contraint de
rétablir la Constitution. Le Comité Union et Progrès a atteint partiellement
son but, mais n’a pas pu profiter de destituer le sultan, sur qui retombe
tous les honneurs du peuple.
Le 5 octobre, la principauté de Bulgarie profite des troubles de Macédoine
et de la confusion faisant suite au rétablissement de Constitution, et
déclare son indépendance.
Le 6 octobre, c’est au tour de l’Autriche-Hongrie de profiter de la
situation, en déclarant l’annexion à l’empire de la Bosnie-Herzégovine.
Quelques jours plus tard, c’est la Crète qui proclame l’union avec le
royaume de Grèce. Des dizaines de milliers de réfugiés musulmans quittent
les territoires ottomans perdus.
Le 7 octobre, des manifestants s’en prennent au Comité d’Union et Progrès et
accusent ce dernier de favoriser le démantèlement de l’empire.
Le 17 décembre, ouverture du parlement ottoman avec 147 députés musulmans,
60 Arabes, 27 Albanais, 26 Grecs, 14 Arméniens, 10 Slaves et 4 Juifs. |
| 1909 |
Avril, la
tension monte entre le gouvernement (Comité Union et Progrès majoritaire) et
l’opposition, notamment le parti religieux Union islamiste.
Le 7 avril, assassinat du rédacteur en chef de La Liberté, principal journal
d’opposition aux Jeunes Turcs, sur le
pont de Galata. Enorme manifestation lors des funérailles, le lendemain
8 avril, hostile au Comité d’Union et Progrès.
Dans la nuit du 12 au 13 avril, soulèvement militaire contre le gouvernement
qui prend la fuite. Le 14, la capitale ottomane est aux mains des rebelles.
La province suit le mouvement.
Le 14 avril, des émeutes se produisent à Adana, au cours desquelles
plusieurs milliers d’Arméniens sont massacrés.
Le Comité d’Union et Progrès a perdu la ville de Constantinople, mais
contrôle la situation en Macédoine. Une armée d’action, dirigée par Mahmut
Sevket, marche sur la capitale.
Le 24 avril, l’armée d’action stationnée à
San Stefano (Yesilköy)
depuis le 19, attaque la capitale et force les
rebelles à se rendre. Les combats font 400 victimes et plus de 800 blessés.
Le 26 avril, Le sultan Abdülhamid II est déposé et remplacé par son frère,
le sultan Mehmet V Resad. |
| 1909-1918 |
Règne du sultan
Mehmet V Resad. |
| 1911 |
Après une
période d’affaiblissement due à la crise de 1909, l’opposition refait
surface au parlement avec l’Entente libérale.
Octobre, l’Italie envahit la Tripolitaine ottomane, la Cyrénaïque,
puis occupe les îles du Dodécanèse.
L’Albanie se révolte contre le pouvoir central. |
| 1912 |
Après la crise
marocaine de 1911, l’Italie est autorisée par les puissances à annexer la
Tripolitaine et la Cyrénaïque.
Le 18 octobre, les Etats balkaniques, sommés par la Russie et l’Angleterre
de s’entendre, attaquent l’Empire ottoman, en vue de se partager la
Macédoine.
La Grèce, la Serbie, le Monténégro et la Bulgarie, s’allient contre les
Ottomans. En quelques semaines les Bulgares prennent
Edirne. La Grèce occupe l’Epire et menace Salonique avec une autre
armée bulgare au Sud.
Le 9 novembre, Salonique, deuxième ville de l’Empire est envahit par les
Grecs.
Indépendance de l’Albanie, dorénavant coupée du reste de l’Empire.
Des émissaires russes approchent Simko Agha, le chef kurde qui contrôle à
partir de Qotur à la frontière ottomano-persane, la route reliant Van à
Tabriz. Inondé de roubles et d’armes, Simko est capable de créer une
fédération kurde allant du Mont Ararat jusqu’au lac d’Ourmia. Les Kurdes
commencent à attaquer les villages arméniens dans la haute vallée de
l’Euphrate, ce qui permet à la Russie d’intervenir en leur faveur.
Novembre, le Catholicos des Arméniens, patriarche d’Etchmadzine, en
territoire russe, adresse un appel à la Russie demandant le « protectorat »
russe sur les Arméniens de l’Empire ottoman.
Le gouvernement ottoman engage des réformes en Arménie ottomane, qui sont
jugées insuffisantes par les Russes, qui réclament des gouverneurs européens
occidentaux et russes, pour les vilayets orientaux. |
| 1913 |
En début
d’année, les Bulgares parviennent à
Çatalca à 40 km de Constantinople. Raison pour que tous les alliés de la
Bulgarie, plus la Roumanie, se liguent contre elle. Elle perdra alors la
plus grande partie de la Macédoine, le sud de la Dobroudja au profit de la
Roumanie, et les Ottomans récupèrent la Thrace orientale avec Edirne. Elle
conserve toutefois un accès à la mer en Thrace occidentale.
Janvier, attaque de la Sublime Porte. Le Comité d’Union et Progrès provoque
un coup de force. Son instigateur, Enver Bey, pénètre avec des hommes armés
dans la salle du Conseil des Ministres et oblige le gouvernement à
démissionner. Les Jeunes Turcs installent une dictature sous leur contrôle,
tandis que le grand vizir Mahmut Sevket pacha sera assassiné en juin.
Les guerres balkaniques feront trois perdant (Empire ottoman,
Autriche-Hongrie et Bulgarie), qui s’allieront en 1914, surtout contre la
Russie, la Grèce et la Serbie.
Mai, Ibn Sa’ud de la dynastie saoudienne, occupe le sandjak ottoman
d’Al-Hassa, atteignant le Golfe persique entre le Koweït et le Qatar.
Le 3 juillet, conférence des ambassadeurs des grandes puissances à
Constantinople, sur les bords du Bosphore pour régler la question
arménienne. L’Autriche et l’Allemagne demandent une participation ottomane,
qui est refusée par la Russie, parce que « la participation du représentant
ottoman apportera un profond désenchantement dans le milieu des Arméniens ».
Le 29 juillet 1913, traité de Qatar qui reconnaît la suzeraineté ottomane
sur le Najd (émirat saoudien). Les Ottomans abandonnent leurs revendications
sur le Qatar. Le traité fixe aussi les frontières du Koweït, à l’intérieur
duquel, l’administration ottomane ne pourra plus intervenir sans le
consentement du gouverneur britannique. |
| 1914 |
Le 7 mars, les
puissances d’Europe occidentale imposent un roi au nouvel Etat albanais :
l’Allemand Wilhelm von Wied.
Le 28 juin, assassinat de l’Archiduc François-Ferdinand dans la ville de
Sarajevo, annexée par l’Autriche-Hongrie 5 ans plus tôt, par un nationaliste
serbe.
L’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie et la guerre générale
éclate le 6 août. La Roumanie et la Grèce restent neutres.
Juillet, le parti arménien Dashnak convoque son 8e congrès à
Erzurum quand la guerre éclate à la limite de l’Europe orientale et de
l’Europe occidentale. A la fin du congrès, une délégation Jeunes Turcs,
proposent aux Arméniens leur participation à la guerre (l’empire n’y entrera
qu’en novembre), contre les Russes, leur offrant en contrepartie un Etat
autonome comprenant les territoires transcaucasiens et des districts des
provinces d’Erzurum, de Van et de Bitlis. On leur répond que le parti
Dashnak a choisi la neutralité. Au même moment, le patriarche d’Etchmiadzine
(Etçemiyadzin), lance un appel à la Russie pour protéger les Arméniens du
Caucase. Les Arméniens ottomans proposent des unités de volontaires pour
aider les troupes russes.
Septembre, accords secrets entre le Chérif de La Mecque et la
Grande-Bretagne, contre l’Empire ottoman.
Le 2 octobre, l’Angleterre met au point le plan de partage de la
Mésopotamie, un mois avant l’entrée en guerre de l’Empire ottoman. Le plan
débute par l’invasion de Basra (Bassora) en Iraq.
Le 24 octobre, le 2e détachement des volontaires arméniens
ottomans, dont le commandant est un député arménien au parlement ottoman,
part d’Iğdır en direction de Van. Ce détachement sera arrêté par l’armée
ottomane le 1er
novembre. Mais un autre détachement mené par Antranik, traverse Khoy et Qotur
avant d’occuper Saray à 70 km de Van. L’armée russe occupe le 24 novembre la
ville de Başkale où les habitants arméniens massacrent la population
musulmane.
Le 3 novembre, les forces britanniques débarquent dans le sud de l’Iraq,
tandis que le cheikh du Koweït, allié à l’Angleterre, occupe les forts de
Safwan et d’Umm Qasr, ainsi que l’île de Bubiyan (que les Koweïtiens ne
quitteront jamais). La Grande-Bretagne offre la garantie de l’indépendance
du Koweït « sous protection britannique ».
Le 11 novembre, la France, la Grande-Bretagne et la Russie déclarent la
guerre à l’Empire ottoman, qui se voit contraint de se ranger du côté de
l’Autriche-Hongrie et de l’Empire allemand. Le même mois, l’Angleterre, la
Russie et la France se partage l’Empire ottoman : La Thrace, la rive droite
des détroits, le Caucase et Constantinople à la Russie. La Cilicie, la Syrie
et la Palestine à la France. La Mésopotamie et le golfe persique à
l’Angleterre.
La Grande-Bretagne, qui occupe l’Egypte ottomane depuis 1883, l’annexe
purement et simplement, ainsi que Chypre qui devient une colonie (jusqu'en
1960). Elle négocie et traite avec le Chérif de La Mecque,
qui reçoit des armes, tout comme la province du Najd et les chefs yéménites. |
| 1915 |
Janvier, l’armée
ottomane perd 70 000 hommes dans l’offensive de Sarıkamış.
Février-mars, offensive des troupes russes, françaises et anglaises, dans
le sud des Dardanelles. L’armée ottomane les repousse.
Mars, accords secrets qui attribuent Constantinople à la Russie et la Grande
Syrie (du Taurus à Gaza), à la France.
Avril, les Français et les Anglais attaquent une deuxième fois les
Dardanelles. Les Ottomans les repoussent une seconde fois.
Le 20 avril, révolte des Arméniens de Van contre les Ottomans, massacres des
musulmans de la ville.
Le 24 avril, raffle dans les milieux bourgeois arméniens à Constantinople.
Plus de 300 pesonnes seront déportées.
Mai, sur le front oriental de nombreux révolutionnaires arméniens se
joignent à l’armée russe. Talat pacha, Ministre de l’Intérieur, prend la
décision de déplacer la population arménienne d’Anatolie orientale, vers la
Mésopotamie. Le déplacement tourne au drame quand les convois se font
attaquer par des pillards et des tribus kurdes et les membres de
l’Organisation spéciale (groupe de volontaires placés sous le contrôle
d’Enver pacha, Ministre de la Guerre). Les historiens estiment entre 600 et
800 000 le nombre des victimes du massacre collectif sur une population
totale d’un million et demi d’Arméniens ottomans (grégoriens).
L'armée étant occupée ailleurs, les aghas kurdes ont largement contribué en
fournissant des hommes chargés de liquider les civils.
Le 4 août, l’armée russe et la population arménienne évacuent Van. 300 000
Arméniens se réfugient dans le Caucase russe pendant les hostilités.
Octobre, les forces anglaises et françaises se retirent
des Dardanelles et vont immédiatement violer la neutralité grecque en
occupant la Macédoine et l’Epire. La tentative d'invasion franco-anglaise
aux Dardanelles aura fait, en moins d'une année, 550 000 victimes dont
environ 250 000 Ottomans. La Bulgarie qui reçoit les territoires ottomans à
l’ouest de la Maritza, entre en guerre aux côtés des empires centraux. |
| 1916 |
L’Angleterre et
les chefs arabes du Proche Orient, n’arrivent pas à tomber d’accord sur la
Syrie et la Haute Mésopotamie. Les premiers veulent en attribuer une partie
à leurs alliés français, tandis que les seconds veulent incorporer la Grande
Syrie, avec le Liban, au futur royaume arabe.
Février, accords Sykes-Picot, sur le partage de l’Anatolie orientale et du
Proche Orient.
Le 5 juin, révoltes dans les provinces arabes contre les autorités
ottomanes, avec le soutien de l’Angleterre, qui aboutiront à un
quasi-fiasco.
Juillet, alors que les forces russes occupent ou réoccupent la
quasi-totalité des six provinces arméniennes ottomanes, le ministre russe
des Affaires étrangères, envoie une note au tsar disant : « puisque la
population arménienne, qui n’atteignait avant la guerre que le quart de la
population totale, a encore diminué au cours des deux dernières années, je
propose une administration directe au lieu d’une autonomie, afin de ne pas
s’aliéner les populations musulmanes ». |
| 1917 |
Le 18 avril,
accords de Saint-Jean-de-Mauricienne, octroyant à l’Italie une large zone au
sud-ouest de l’Anatolie, allant de
Smyrne
(attribué à la Grèce) à la Cilicie (attribuée à la France).
Juin, les troupes anglaises et françaises occupent Athènes et déposent le
roi (violation de la neutralité grecque).
Octobre, la révolution russe éclate et apporte un soulagement sur le front
oriental. Dénonciation par le pouvoir des Soviets de tous les accords
secrets.
Le 2 novembre, déclaration Balfour : « le gouvernement de Sa Majesté
considère favorablement l’établissement d’un foyer national en Palestine
pour la race juive » (sans préciser ni le statut futur, ni les limites de
cette région). |
| 1918-1922 |
Règne du sultan
Mehmet VI Vahideddin |
| 1918 |
Le 10 février,
le sultan Abdülhamid II meurt au
palais de Beylerbeyi.
Mars, le traité de Brest-Litovsk est signé avec l’Union Soviétique.
L’Empire ottoman recouvre ses territoires perdus en 1878 (provinces de Kars
et d’Ardahan).
Le 28 mai, naissance de la république de Géorgie (protectorat allemand), de
l’Arménie (protectorat ottoman) et de l’Azerbaïdjan.
Juillet, les villages musulmans du Zanguezour sont pillés et la population
massacrée, par des bandes arméniennes.
Septembre, les Anglais et les Français attaquent la Bulgarie à partir de
Salonique. Les Bulgares déposent les armes le 3 octobre.
L’Empire ottoman, dont la capitale est directement menacée, est obligé de
demander l’armistice qui sera signé à Moudros, le 30 octobre.
Dans la nuit du 1er au 2 novembre, les dirigeants Jeunes Turcs
s’enfuient du pays.
Le 4 novembre l’empire Austro-hongrois éclate. |
| 1919-1922 |
Guerre
d’indépendance. République turque contre l’Empire ottoman, la France,
l’Italie, la Grèce et la Grande-Bretagne. L’armée révolutionnaire turque
engage la guerre contre les puissances étrangères occupantes et contre la
monarchie ottomane.
800 juifs sur les 900 qui habitent Dubovo (Ukraine)
sont décapités au cours de l'un des nombreux pogromes déclenchés par des
unités de l'armée nationale ukrainienne de Simon Petlioura . |
| 1919 |
Traité de Saint-Germain.
Les pays balkaniques restés fidèles à l’Angleterre, se voient récompensés.
La Serbie qui avait déjà doublé son territoire en 1913, le triple de nouveau
en annexant la Bosnie-Herzégovine, la Voïvodine, la Slavonie au nord de la
Save, la Dalmatie, la Croatie et la Slovénie. Elle absorbe en même temps le
Monténégro et récupère sur la Bulgarie, la région macédonienne de Strumitza.
Elle devient également le royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes.
Un conflit avec l’Italie éclatera au sujet des villes de Fiume et de Trieste.
La Roumanie conserve la Bessarabie, mais doit céder la Dobroudja à la
Bulgarie. Elle occupe la Transylvanie au printemps 1919. Elle revient aux
frontières de 1913 avec la Bulgarie, en gardant la Bukovine et le Banat. La
Grèce récupère la Thrace occidentale sur la Bulgarie et occupe la Thrace
orientale ottomane, jusqu’à
Silivri, aux portes de Constantinople et la ville et la région de
Smyrne.
Développement du mouvement kémaliste en Anatolie, qui lutte contre
l’occupation étrangère de l’Empire ottoman.
Juillet, un premier congrès se réuni à Erzurum et groupe des représentant de
l’Anatolie orientale qui s’opposent à la création d’une grande Arménie.
Septembre, le congrès de Sivas élargit à toute l’Anatolie et à la Thrace, la
volonté de former un Etat national turc à l’intérieur des limites de
l’armistice du 30 octobre 1918. La frontière orientale serait celle du
traité de Brest-Litovsk.
Accord signé entre la Grèce et la Bulgarie visant à un échange de
populations. 25 000 Grecs de Bulgarie sont échangés contre 60 000 Slaves de
Macédoine.
Le 25 août à la conférence de paix de Paris, marchandage sur l’Arménie
ottomane, qui sera finalement abandonnée par les Anglais qui renforceront
leur présence dans la région pétrolifère de Mossoul.
Le 27 novembre, la France crée le Sandjak d’Alexandrette
sous administration française. La population locale, Turkmènes et Arabes,
est unie contre l’occupant. |
| 1920 |
Le 24 janvier,
accord de San Remo sur le partage du pétrole de Mésopotamie entre
l’Angleterre et la France et sur la fixation de la frontière Palestine-Syrie
et sur les frontières de l’Arménie.
Le 8 mars, le Congrès Syrien, proclame Fayçal, parent du Chérif de La
Mecque, roi de Syrie. Celui-ci se met tout de suite en conflit ouvert avec
la France.
Mai, la France demande l’armistice à l’armée révolutionnaire turque de
Mustafa Kemal, en Cilicie. Dès l’occupation de la Cilicie, les forces
françaises étaient attaquées par la résistance et ne pouvaient se maintenir
que dans quelques villes du littoral.
Les
Wahhabites
saoudiens sous le commandement d’Ibn Sa’ud, profitent de leur protection
anglaise pour soumettre des tribus arabes et de nombreux territoires dans le
Golfe persique, dans le Djabal Shammar et au Hedjaz.
Juillet, une révolte éclate en Mésopotamie contre l’occupant anglais.
Le 2 juillet, première aide russe au gouvernement révolutionnaire. Ankara
reçoit de l’armement et 500 kg d’or de Moscou.
Traité de Sèvres. La ville d’Izmir
(Smyrne) est accordée à la Grèce qui, après avoir mis la main sur la 2e
ville de l’empire en 1912 (Salonique), prend pied dans la 3e
ville ottomane.
La Grande-Bretagne maintient sa pression sur la Grèce et l’encourage à
avancer en Asie Mineure.
Décembre 1920, l’Albanie rentre dans la Société des Nations. La France vote
contre afin de soutenir la Grèce et la Serbie. Plus de la moitié de la
population des régions albanaises restera hors des frontières du nouvel Etat
(1912), ce qui n'empêchera pas les revendications territoriales de tous ses
voisins. |
| 1921 |
Le 9 mars,
première participation kémaliste à une conférence internationale –celle de
Londres -, où la France renonce à la Cilicie, mais pas encore au
Sandjak d’Alexandrette, tout en essayant de maintenir ses privilèges
économiques et culturels en Turquie. L’accord sera repoussé par Ankara, à
cause justement des privilèges français sur la Cilicie.
Le 21 septembre, l’armée grecque est stoppée par l’armée révolutionnaire
kémaliste. Elle commence une retraite sur
Izmir. |
| 1922-1924 |
Califat
d’Abdülmecid II. |
| 1922 |
L’armée grecque
est jetée hors d’Asie Mineure, et le gouvernement grec doit demander une
armistice le 22 septembre (Mudanya,
signée en octobre). Evacuation de la
Thrace orientale et d’Izmir.
L'occupation grecque a été accompagnée de nombreux pogroms contre la
population musulmane dans la région d'Izmir et autour de la mer de Marmara.
L’Albanie récupère l’Epire du Nord occupée par la Grèce.
Août, les trois royaumes hachémites de Transjordanie, d’Iraq et de l’Hedjaz,
installés par la Grande-Bretagne, sont directement menacés par les
Wahhabites
saoudiens.
Le 10 octobre, l’Angleterre crée un royaume en Mésopotamie-Iraq, et y
installe le roi Fayçal chassé de Syrie par les Français. Le gouvernement
révolutionnaire d’Ankara, continue à revendiquer Mossoul.
Le 22 novembre, conférence d’Uqair en présence des saoudiens, des iraqiens,
et de quelques chefs de tribus, les Anglais impose la frontière entre
l’Arabie saoudite et l’Iraq. Elle sera tracée en ligne droite par le
représentant anglais. Deux « zones neutres », sont également décidées entre
les deux pays, officiellement pour les tribus nomades, mais officieusement
parce que le sous-sol est censé contenir du pétrole, sans que celui-ci soit
clairement localisé. |
| 1923 |
Le 15 mars,
Mustafa Kemal visite pour la première fois Adana libérée de l’occupation
française.
Traité de Lausanne. Tout en mettant un terme à la guerre gréco-turque, le
traité de Lausanne est un acte de reconnaissance par la communauté
internationale de l’Etat turc. En marge de la conférence de Lausanne, un
accord entre le royaume de Grèce et la République turque a été signé, visant
à échanger les populations orthodoxes de Turquie et musulmanes de Grèce. La
Thrace occidentale, les îles de Ténédos et Imbros, et la ville de Constantinople, ne sont pas concernées par
l’accord.
Le 23 octobre, proclamation de la République. Abolition de la monarchie. |
| 1924 |
La Grande
Assemblée nationale d’Ankara, abolit le califat. |
| 1925 |
L’Arabie
saoudite attaque la Transjordanie et le Hedjaz qu’elle annexe. Les Lieux
Saints sont aux mains des
Wahhabites, que les Anglais ont projeté au pouvoir.
Le 14 mars, le royaume d’Iraq, sous protectorat britannique est contrait de
céder ses droits sur le pétrole de son territoire. La nouvelle répartition
des parts est de 23.75 % chacun, pour la France (Compagnie française des
pétroles) et pour les Etats-Unis (Esso et Mobil). La Grande-Bretagne, avec
BP et la Shell, prend 47,5 %, tandis que
Calouste Gülbenkian, reçois 5%. La guerre de 1914-1918, tant désirée par
la Grande-Bretagne et d’autres puissances impérialistes, commençait à porter
ses fruits. L’Iraq nationalisera le pétrole de son territoire qu’en 1972.
Avec du recul, on constatera que c’est bien le pétrole qui mena de bout en
bout la politique de l’Angleterre et celle de la France en Asie Mineure et
au Proche Orient. Même des implications qui pouvaient paraître lointaines,
comme l’expédition grecque en Asie Mineure, la protection des Arméniens de
l’empire ou l’implantation sioniste en Palestine, vues de Londres, n’étaient
que des éléments dans le grand échiquier du jeu pétrolier.
Le 22 décembre, les
Wahhabites
occupent Médine, Ibn Sa’ud est proclamé roi du Hedjaz et sultan du Najd.
L’Union Soviétique, la France et l’Angleterre s’empressent de le reconnaître. |
| 1926 |
Le 30 mai,
signature à Ankara de la « convention d’amitié et de bon voisinage entre la
Turquie et la Syrie », entre les autorités turques et françaises.
Proclamation d’indépendance du Sandjak d’Alexandrette. |
| 1928 |
Réforme de l'écriture et
de la langue turque. Le turc moderne (caractères
latins) remplacera le turc ottoman (caractères
arabes). Interdiction de le langue arabe en public y compris pour l'appel
à
la prière. |
| 1930 |
Constantinople
devient officiellement Istamboul (Istanbul), nom turquisé de Stamboul, qui
désignait jusque là, uniquement le bout de la presqu’île de Constantinople.
Révoltes kurdes dans les provinces orientales de Turquie. Les partis kurde
Khoybun et arménien Dashnak, se concertent en Syrie sous occupation
française. |
| 1941-1942 |
Le 14 décembre, le
Struma, bateau roumain chargé de 769 réfugiés juifs pénètre dans le port
d'Istanbul. Il sera amarré à Sarayburnu. Les visas pour la Palestine que
demandent les réfugiés, sont refusés par les autorités anglaises, tandis que
celles-ci menacent de représailles les Turcs s'ils laissaient débarquer ces
survivants du nazisme.
Les conditions d'hygiène sont déplorables, mais la communauté juive
d'Istanbul est quand même autorisée à subvenir aux besoins alimentaires des
réfugiés.
Le 23 février 1942, le bateau est remorqué par la Marine Nationale et
abandonné à 8 km au large en mer Noire. Peu de temps après, le Struma sera
torpillé par un sous-marin russe ou anglais (?), ne laissant qu'un seul
survivant, David Stoleru. |
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