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Histoire de la Turquie

Chronologie des principaux évènements historiques

Avant J.C
8000-1200 Peuplement de l’Anatolie. Les cités d’Hacilar et de Çatalhüyük sont fondées à la période néolithique (8000-4500 avant J.C.) L’agriculture et la métallurgie, nées en Asie Mineure, se répandent à travers l’Europe, l’Asie et l’Afrique.
3000 vers Fondation de la première cité de Troie dans l’Egée.
2600 vers Migration des peuples de l’Asie Mineure vers les îles et la Crète.
2100 vers Destruction de la seconde ville de Troie par un peuple inconnu
2000-2150 Apparition de l’écriture en Asie Mineure, au milieu de l’âge du bronze. Domination de l’Anatolie centrale par les Hatti.
2000 vers Invasion des Ioniens en Grèce
2000-1180 Conquête de l’Anatolie par les Hittites venus du sud de la Russie actuelle.
1700-1450 Les Hittites fondent leur capitale Hattousa et s’érigent en royaume.
1286 Bataille de Kadesh (Syrie) entre les Hittites et les Egyptiens. Le traité de Kadesh, qui met fin à la guerre entre le roi Hattousil et Ramsès II, est le plus ancien traité connu.
1200 Les grandes cités d’Asie Mineure sont détruites par « les peuples de la mer », venus des îles. Les Grecs fondent des colonies le long des côtes de l’Asie Mineure (Ephèse, Milet).
1000-700 De nouveaux Etats hittites s’érigent dans le sud de l’Anatolie. L’ouest de l’Asie Mineure est occupé par les Phrygiens.
660 Des colons venus de Grèce et de Mégare sous la conduite de Byzas, fondent la ville de Byzance sur le Bosphore.
600 (vers) Anaximandre de Milet mesure le temps pour la première fois dans l'histoire.
546-334 Les Perses soumettent l’Anatolie et l’Empire lydien.
334 Bataille de Granique qui ouvre la conquête de l’Anatolie à Alexandre le Grand. Il meurt à Babylone en 323
263 Invasion des Goths et des Gaulois en Asie Mineure, qui détruisent la plupart des cités grecques. Les Gaulois s’installent en Anatolie (Galatie).
138-117 Règne de l’empereur Hadrien, apogée de l’Empire grec.
88-63 Conquête de l’Anatolie par les Romains.
0-500
193
L’empereur romain Septime Sévère s’empare de Byzance et détruit la ville. Il l’a reconstruit peu après et y élève une nouvelle muraille à l’ouest des remparts de la cité grecque
253-260 Les Perses occupent l’Anatolie orientale.
313 Edit de Milan. Les chrétiens de l’Empire romain peuvent pratiquer leur religion librement.
324-337 Règne de Constantin le Grand.
324 Constantin le Grand s’empare de Byzance après sa victoire sur Licinius et devient l’unique dirigeant de l’Empire romain.
325 Concile de Nicée.
330 Le 11 mai, Constantin inaugure la nouvelle capitale de l’Empire romain : La Nouvelle-Rome communément appelée « la ville de Constantin » (Konstantinoupoli) ou « la ville » (Poli / stîn Poli).
379-395 Règne de Théodose Ier le Grand
391 Le christianisme devient religion d’Etat.
395 Mort de Théodose Ier et partition de l’empire entre ses deux fils. Arcadius devient empereur de l’Empire romain d’Orient, tandis que Honorius, devient empereur de l’Empire romain d’Occident en fixant sa capitale à Rome.
395-408 Règne d’Arcadius
400 Le 12 juillet, soulèvement de la population de Constantinople contre les Goths engagés comme mercenaires dans l’armée impériale romaine. Les Goths sont chassés de l’Empire d’Orient.
408-450 Règne de Théodose II.
410 Le 24 août, pillage de Rome par Alaric
413-439 Construction des remparts terrestres de Constantinople sous l’empereur Théodose II.
422 Invasion des Huns en Europe. Première grande pénétration turque sur le continent.
429 Les Vandales envahissent l’Afrique romaine.
431 Concile œcuménique d’Ephèse. Le nestorianisme est condamné et ses adhérents sont expulsés de l’empire
440 Constantinople paie tribut à Attila afin de préserver l’Empire romain d’Orient. L’empereur doit promettre aux Huns, de ne plus s’allier avec les barbares d’Occident, notamment les tribus germaniques. 
445 Apogée de l’Empire hunnique dirigé par Attila. L’empire turc recouvre les pays actuels de : Pologne, Ukraine, Biélorussie, Lituanie, Tchéquie, Slovaquie, Hongrie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Monténégro, Albanie, Macédoine, Roumanie, Moldavie, ainsi que les 2/3 de la Bulgarie, la Turquie orientale, la moitié de l’Allemagne, le sud de la Suède, les îles danoises,  l’Autriche orientale, une partie de la Croatie, toute la Russie du Sud, une partie de l’Azerbaïdjan, l’Azerbaïdjan iranien, la Haute Mésopotamie, le Turkménistan occidentale.
447 Violent tremblement de terre à Constantinople, une partie des remparts est détruite.
450 Règne de Pulchérie qui épouse Marcius.
450-457 Règne de Marcius.
451 Concile œcuménique de Chalcédoine (Kadiköy) convoqué par l’impératrice Pulchérie. Les décisions du concile sont rendues obligatoires par des édits impériaux, ce qui provoque un soulèvement dans tout l’Orient, un schisme dans chaque Eglise (Antioche, Alexandrie, Jérusalem) et de violents troubles en Egypte.
457-474 Règne de Léon Ier.
473-474 Léon Ier associe son petit-fils au trône.
474-475 et 476-491 Règne de Zénon.
475-476 Règne par usurpation de Basiliscus.
476 Toute la Romanie occidentale est occupée par les barbares, l’Empire romain d’Occident n’existe plus. Le dernier empereur est déposé.
484-518 Premier schisme entre les Eglises latine (Rome) et l’Eglise byzantine (Constantinople – Nouvelle-Rome).
491-518 Règne d’Anastase Ier.
518-527 Règne de Justin Ier.
527-565 Règne de Justinien Ier le Grand.
528 Justinien publie une loi obligeant les païens à se faire instruire et baptiser sous peine de confiscation.
531 Création de l’Etat chrétien arabe de Bostra, sous suzeraineté romaine. Harith Ibn Galata (Aréthas) reçois le titre de phylarque et patrice, par l’empereur Justinien.
532 Du 11 au 18 janvier, révolte populaire dite de Nika (Victoire) à Constantinople, dirigée contre l’empereur Justinien et le préfet du prétoire, Jean de Cappadoce. L’émeute commence à l’Hippodrome. Le palais du préfet, le Grand Palais, l’église Sainte-Sophie et d’autres monuments sont incendiés.
533-540 Reconquête de l’Occident sur les Barbares. Victoires en Afrique sur les Vandales, en Dalmatie et en Italie, sur les Goths et en Espagne sur les Wisigoths.
537 Le 26 décembre, dédicace solennelle de la nouvelle église Sainte-Sophie, dont la reconstruction commence en février 532, sous la direction des architectes Anthémius de Tralles et Isidore de Milet.
554 Profitant de soulèvement des Goths d’Italie, les Alamans et les Francs envahissent le Nord de la péninsule. Ils sont expulsés de toute l’Italie. Les terres de Nice et Aoste jusqu’en Sicile, redeviennent possessions de l’Empire romain d’Orient. Le Sud de l’Espagne, la Corse, la Sardaigne et toute la côte africaine, font désormais également partie de l’empire.
558 Les Koutrigours (peuple de la famille turque), sont repoussés par le général Bélisaire, sous les remparts de Constantinople. Tandis, que la Thrace, la Thessalie, la Macédoine, les côtes de l’Adriatique et la Grèce sont attaquées par des peuples d’outre-Danube, installés en Norique : Avars, Ouïgours, Khounis, Lombards, Gépides, Turcs Outigours et Turcs Koutrigours.
565-578 Règne de Justin II.
565 Les Gépides enlèvent à l’empire Sirmium (Mitrovitza) et Singidunum (Belgrade).
566-568 Les Lombards envahissent l’Italie byzantine en ayant l’intention de s’y installer.
568-586 Le roi wisigoth Léovigild d’Espagne, enlève à l’empire les villes de Cordoue, Séville et Sidonia.
569 Invasion des Maures en Afrique byzantine. Ils ne seront pacifiés qu’en 578.
578-583 Règne de Tibère II.
582-587 Attaques des Slaves et des Avars, contre les territoires des Balkans, en Thrace et en Grèce.
582-602 Règne de Maurice (d’abord comme co-empereur).
584 Alliance entre l’empereur Maurice et le roi barbare des Francs d’Austrasie, Childebert II, contre les Lombards d’Italie.
592 Attaque des Avars dans les Balkans, puis en Thrace. Ils s’arrêtent à Tzurulon (Çorlu), aux portes de Constantinople. La guerre contre les Avars dura dix ans.
602-610 Règne par usurpation de Phokas
605-629 Guerre contre les Perse qui envahissent l’Arménie romaine, Edesse et la Cappadoce.
608 Guerre civile en Syrie romaine où le désordre est encore augmenté par la révolte des monophysites contre les édits impériaux. La répression à Antioche et à Laodicée est particulièrement cruelle.
610-641 Règne par usurpation d’Héraclius Ier.
610 Septembre, révolte des Juifs d’Antioche, qui massacrent le patriarche Anastase.
611 Les Perses s’emparent d’Antioche et en 612 envahissent toute la Syrie romaine.
614 Le 5 mai, les Perses entrent à Jérusalem. Ils emmènent la population et le patriarche en captivité après s’être saisis de la relique de la Vraie Croix.
615 Les Perses traversent l’Anatolie et arrivent à Chalcédoine (Kadiköy).
617 Les Slaves envahissent la Grèce. Les Avars assiègent Constantinople et pillent la banlieue et le faubourg des Blachernes (Vlaherna / Evlakherna).
619 Conquête de l’Egypte romaine par les Perses.
Les Wisigoths occupent tout le territoire byzantin d’Espagne.
622-623 Reprise de l’Anatolie aux Perses, par Héraclius, qui s’enfonce jusqu’en Arménie romaine et en Médie Atropatène (Azerbaïdjan).
626 Le 26 juin, les Avars font le siège de Constantinople qui lèveront après des assauts redoutables entre le 2 et le 7 août.
627 Héraclius reprend le Lazique (Caucase) aux Perses, après son alliance avec le peuple judéo-turc voisin, les Khazars.
629 L’empereur Héraclius occupe la capitale perse de Ctésiphon. Il récupère la relique de la Vraie Croix, qu’il rapporte lui-même à Jérusalem.
630 L’empereur Héraclius interdit aux Juifs d’habiter dans la ville de Jérusalem.
634 L’empereur Héraclius oblige les Juifs à se faire baptiser.
634-639 Conquête du Proche Orient par les armées arabes musulmanes. La Perse, la Syrie romaine, la Palestine et la Mésopotamie romaine sont perdues pour l’Empire.
636 Installation des Serbes et des Croates de Dalmatie et d’Istrie, en Illyrie, par l’empereur Héraclius qui prend ces deux tribus au service de l’empire. Début de la christianisation des Serbes et des Croates. 
639-642 Conquête de l’Egypte romaine par les Arabes musulmans, favorisée par les chrétiens monophysites opposés à Constantinople. Les forces byzantines quittent définitivement l’Egypte, le 29 novembre 642.
641 Règne des co-empereurs Héracléonas et Constantin III.
641-668 Règne de Constantin II.
642-653 Conquête de l’Arménie et de la Cappadoce par les Arabes. L’obstination du pouvoir impérial à soumettre l’Eglise arménienne à l’Eglise byzantine, contribue à la soumission du chef arménien Théodore Rechtouni à l’émir Moavyah de Syrie. Destruction de la forteresse de Dwin.
642 Le pays des Bulgares (mer d’Azov) est envahit par les Khazars. Une partie des Bulgares se soumet, tandis qu’une autre partie suit le chef Asparouch et immigre sur le Danube (Dobroudja).
649 Première invasion des Bulgares qui occupent la Scythie, Odessos (Varna), et la Mésie.
668-685 Règne de Constantin IV Pogonat.
673-677 La flotte arabe, basée à Cyzique (Bandırma), fait le siège de Constantinople.
656 Le 17 juin, assassinat du calife Osman, provocant une guerre civile dans les territoires arabes.
685-695 Règne de Justinien II Rhinotmète (exilé en 695).
688 Installation de 30 000 Mardaïtes du Liban, dans la région d’Attalie (Antalya) en Pamphylie, dans le Péloponnèse et dans l’île de Céphallénie.
695-698 Règne par usurpation de Léonce (Léontios).
698-705 Règne par usurpation de Tibère III Apsimar
698 Perte définitive de Carthage.
704 Fin de la Conquête arabe de l’Afrique romaine. Le chef Musa atteint l’Océan Atlantique.
711-713 Règne par usurpation de Philippikos Bardanes
711 L’empereur des Romains, l’Arménien Philippikos (Vardan) entreprend de rallier l’Eglise grégorienne à celle de Constantinople en expulsant tout ceux qui résistent. Exodes massifs des Arméniens grégoriens en territoire arabe.
711-714 Toute l’Espagne wisigothique est conquise par les Arabes.
712-713 Attaques conjointes des Bulgares (en Thrace) et des Arabes (en Anatolie), contre l’empire. Les Arabes prennent Amasée du Pont (Amasya), la Galatie et la Pisidie.
713-715 Règne par usurpation d’Anastase II Artemios
715-717 Règne par usurpation de Théodose III.
717-741 Règne par usurpation de Léon III.
717-944 Hellénisation de la Romanie orientale.
717-718 Siège des armées arabes devant Constantinople
722 Montée de l’intolérance religieuse en Romanie. L’empereur oblige les Juifs et les Montanistes à se faire baptiser.
726 Gros tremblement de terre à Santorin (Théra).
727 Première crise iconoclaste.
730 Début de la période iconoclaste. Les images sont interdites par l’empereur Léon II l’Isaurien.
740 Victoire décisive sur les Arabes près d’Akroinon en Phrygie (Afyon – Karahisar). Les Arabes évacuent toute la partie occidentale de l’Anatolie. Fin de la Conquête arabe en Asie Mineure.
741-775 Règne de Constantin V Copronyme Caballinos.
751 Ravenne tombe aux mains des Lombards. Fin de la domination byzantine en Italie du Nord.
755-765 Guerre contre les Bulgares et victoires de l’armée impériale à Anchialos (Sizebolu) et à Lithosoria.
769 Avènement du roi franc Etienne III, qui organise un concile à Gentilly où la légitimité des images est proclamée, ce qui marque la fin de la subordination du pape à l’empereur de Constantinople. Désormais, l’empereur ne ratifie plus les élections pontificales et c’est au roi des Francs que le nouvel élu fait part de son avènement. L’empire conserve encore quelques possessions italiennes, dont la Calabre, la terre d’Otrante, le littoral napolitain, mais tout prestige a disparu.
775-780 Règne de Léon IV le Khazar.
778 Après une attaque byzantine en Cilicie arabe, les armées impériales ramènent de nombreux Syriens jacobites que l’on installe en Thrace.
780-797 Règne de Constantin VI.
787 Concile de Nicée. Fin de la période iconoclaste.
797-802 Règne par usurpation d’Irène.
800 Le 25 décembre, Charlemagne se fait couronner « empereur Auguste » véritable usurpation, voulant donner à l’Occident un prestige égal à celui du basileus de Romanie (Empire romain d’Orient, le seul considéré comme universel).
802-811 Règne par usurpation de Nicéphore Ier le Logothète.
805-811 Des missionnaires francs christianisent partiellement la Croatie qui échappe ainsi à l’influence byzantine.
811 Règne de Staurakios
811-813 Règne de Michel Ier Rhangabé.
812 Traité d’Aix-la-Chapelle, partage de la Dalmatie entre l’Empire franc et l’Empire romain. Constantinople garde Venise, les îles et la côte dalmate, les Francs conservent la Croatie qui se révolte (810-823) et passe sous influence bulgare.
813-820 Règne par usurpation de Léon V l’Arménien.
813 Charlemagne est reconnu basileus d’Occident par l’empereur romain.
813-842 Seconde période iconoclaste.
814 Siège bulgare de Constantinople
820-829 Règne par usurpation de Michel II.
821-823 Guerre civile pour le trône impérial.
828 L’île de Crète est conquise par les Espagnols musulmans (Andalous). Ils vont fonder l’un des principaux repères de la piraterie méditerranéenne, qu’ils tiendront pendant 133 ans.
829-842 Règne de Théophile
830-831 Conquête de la Sicile byzantine par les Arabes d’Afrique et par les Espagnols musulmans.
840 Venise signe un traité d’alliance avec l’empereur franc Lothaire Ier et échappe dorénavant au contrôle de Constantinople.
842-867 Règne de Michel III.
844 L’émir de Mélitène et l’Etat paulicien de Tephrik, attaquent le thème de Kolonæ et infligent de lourdes pertes à l’armée impériale.
846 Les musulmans de Sicile font des incursions en Italie méridionale. Ils pillent la cathédrale de Rome.
847-848 Révolte des Slaves de Grèce (Achaïe et Elide), contre le pouvoir romain.
850 Les Sarrasins de Sicile fondent un émirat en Apulie avec une puissante forteresse à Bari.
860 Juin, pour la première fois dans l’histoire de l’Empire romain, les Russes de l’Etat de Novgorod attaquent Constantinople.
860 vers Reprise des activités missionnaires de l’Eglise constantinopolitaine. Des missions sont envoyées chez les Barbares d’Europe, en pays musulmans, dans l’empire judéo-turc des Khazars et en Persarménie. La bible est traduite dans les langues locales, et le clergé orthodoxe de Constantinople autorise l’utilisation des langues vulgaires pour la liturgie. Les missionnaires Cyrille (Constantin) et Méthode, évangélisent les peuplent slaves, les tribus turques du Vardar et la Grande Moravie et mettent au point un alphabet adapté aux langues slaves (le cyrillique). 
864 Boris, le tsar des Bulgares, reçoit le baptême. L’empereur Michel III est son parrain. Convertion progressive de la Bulgarie au christianisme.
867-886 Règne par usurpation de Basile Ier le Macédonien.
869 Prise de Malte par les musulmans d’Espagne qui arrachent également quelques villes en Sicile byzantine.
874-881 Occupation de Chypre par l’empereur Basile le Macédonien. En 881, la résistance chypriote, favorise le retour des Arabes.
880 Apparition du peuple hongrois sur le Danube. Les Hongrois (Magyars) chassés des steppes russes par les Petchenègues, tombent dans la vassalité des Khazars, avant d’immigrés vers l’Ouest avec l’intention de s’installer dans la région du Danube.
Les Bulgares s’emparent de la
Thrace, de la Macédoine et menacent Constantinople.
883 La Calabre redevient possession byzantine, tandis que les Lombards se soumettent à Constantinople en Italie méridionale : prince de Salerne, l’évêque de Naples et le duc de Bénévent.
886-900 Incursions arabes continuelles en Anatolie et sur les côtes de la Méditerranée.
886-912  Règne de Léon VI le Philosophe et Alexandre, associés.
895-896 L’Empire romain passe une alliance avec le chef hongrois Arpad. Les Hongrois passent le Danube sur des navires de la flotte impériale et envahissent la Bulgarie. Défaite de l’armée impériale contre les Bulgares à Bulgarophygon (Babaeski) et victoire bulgare sur les Hongrois, qui repassent le Danube.
902 Le christianisme byzantin s’enfonce dans le Caucase avec le baptême du chef des Alains, le prince Bagrat, en Abasgie (Abkhazie). Un archevêque est nommé par Constantinople, pour l’Alanie.
904 Les armées arabes de Crète, dirigées par Léon de Tripoli, prennent les villes d’Attalie (Antalya) et Thessalonique (Salonique). Ils ne s’y implantent pas, mais les villes sont pillées et les prisonniers sont vendus à l’empereur romain.
907 Les Russes menacent Constantinople. Le frère du roi Rourik, Oleg, force l’empereur à conclure un traité accordant des avantages commerciaux à la colonie de marchands russes, installée à Saint-Mamas (Besiktas).
910 vers Les Petchenègues (peuple turc), s’installent sur le Dniepr. L’impératrice Zoé passe une alliance avec eux, contre les Bulgares (914).
912-913 Règne d’Alexandre et Constantin VII, co-empereurs.
912-959 Constantin VII Porphyrogénète, empereur en droit.
917 Nouvelle invasion bulgare de la Thrace, qu’ils ravagent jusqu’à la banlieue de Constantinople (Katasyrtae) avant de se diriger vers la Macédoine et la Grèce, jusqu’à Corinthe.
917-919 Guerre civile dans l’Empire romain entre les partisans de l’impératrice Zoé et ceux de l’Arménien Romain Lécapène, qui prend le pouvoir.
919-924 Guerre entre l’Empire romain et la Bulgarie. Les Bulgares ravagent la Macédoine et la Thrace, parviennent à s’emparer d’Héraclée de Marmara (Marmara Eregli) et Selymbria (Silivri) aux portes de Constantinople. Les Bulgares s’allient aux Fatimides d’Afrique, contre l’Empire romain.
920-944 Règne par usurpation de Romain Ier Lécapène.
920 Les Hongrois chassent les Bulgares de la région du Danube, détruisent la Grande Moravie et attaquent Kiev.
922-926 Les Slaves et les Fatimides d’Afrique, alliés, attaquent les possessions byzantines d’Italie. Les Hongrois pillent la Campanie et la Calabre. L’Apulie est occupée par Landolf, prince lombard de Capoue.
924 Syméon, tsar de Bulgarie s’autoproclame « basileus et autocrator des Bulgares et des Grecs ».
927-938 Guerre entre l’Empire romain et le calife de Bagdad. L’armée impériale occupe la Haute Mésopotamie et l’Arménie arabe.
928 Famine dans l’Empire romain.
934 Les Hongrois ravagent la Thrace et menacent Constantinople. L’empereur doit signer  un traité de paix et payer tribut.
935 L’empereur Romain Lécapène envoie des secours à son allié Hugues de Provence, contre les Arabes d’Afrique qui occupe Fraxinet et écument les côtes de Provence et les vallées alpines jusque dans le pays des Helvètes.
939-945 Seconde guerre entre le calife de Bagdad et l’empire. Les chefs géorgiens et arméniens font leur soumission aux Hamdanides qui obtiennent également les villes d’Antioche et Emèse (Homs).
941 Juin, la flotte russe attaque l’Archipel, puis Constantinople. Elle est détruite par les Romains.
944-959 Règne de Constantin VII Porphyrogénète, empereur en droit depuis 912.
946-956 Révoltes en Longobardie (l’Italie byzantine) contre le pouvoir impérial.
959-963 Règne de Romain II.
961 Après un long siège tenu par les Romains, la ville de Candie tombe. Une partie des habitants est massacrée. L’île de Crète se soumet entièrement à l’empereur. Les mosquées sont détruites et la population est convertie de force au christianisme.
962 Prise d’Anazarb (Antep) par l’armée impériale et incursion en Syrie hamdanide.
963-969 Règne par usurpation de Nicéphore II Phokas.
966-969 Conquête de la Haute Mésopotamie, de l’Arménie et de la Syrie hamdanide par les Romains.
967 Violente émeute au monastère de la Source (Balikli Manasteri), contre l’empereur. Massacre de la population y ayant prit part.
Traité de Mehedia entre l’empereur Nicéphore Phokas et le calife Al Muizz contre les projets d’invasion de l’Italie méridionale du roi germanique Otton II, qui revendique le regnum Italicum, en héritage de Charlemagne.
969 Dans la nuit du 11 au 12 décembre, révolte conduit par l’Arménien Jean Tchemchkik (Tzimiskes). L’empereur Nicéphore Phokas est mutilé dans son palais du Boucoléon, puis assassiné par Tchemchkik, qui se fait proclamer empereur.
969-976 Règne par usurpation de Jean Ier Tzimiskès.
970 Les Russes envahissent la Bulgarie et la Thrace. Ils sont arrêtés par l’armée impériale à Arcadiopolis (Lüleburgaz). Les Romains profitent de leur victoire pour repousser les Russes jusqu’au Danube, et annexent la Bulgarie, sauf une petite partie restée indépendante en Macédoine.
975 Incursions des armées romaines au Liban et en Palestine.
976-985 Guerre civile dans l’empire.
976-1025 Règne de Constantin VIII et Basile II, co-empereurs.
980 Soulèvement des Bulgares. Après l’annexion de la Bulgarie à l’empire, un petit Etat bulgare émerge en 970, en Macédoine. Le roi bulgare Samuel, prend le titre de tsar et lève une armée afin d’envahir l’Albanie et la Grèce, sans songer toutefois à réoccuper la Bulgarie danubienne.
987 Le tsar Vladimir est baptisé à Kiev selon le rite byzantin.
989 Le 25 octobre, violent tremblement de terre à Constantinople. La coupole de Sainte-Sophie ainsi que celles d’une quarantaine d’autres églises, s’effondrent. Les remparts sont endommagés. Nombreuses victimes.
998 Les Bulgares s’emparent de la Dioclée romaine (Monténégro).
1000 Soumission des princes de Géorgie à l’empereur Basile II.
1001-1018 Reconquête de la Bulgarie et de ses possessions danubiennes, grecques, macédoniennes et albanaises.
1009-1018 Insurrection de Bari. Deux chefs lombards chassent la garnison byzantine et s’emparent du pouvoir. Le mouvement s’étend en Apulie, soutenu par le roi d’Allemagne Henri II. Guaimer, le prince lombard de Salerne recrute des troupes en Normandie pour aider les Lombards révoltés. En 1017, toutes les forteresses des Pouilles sont occupées par les Barbares. En 1018, l’armée impériale inflige une défaite décisive à l’armée lombardo-normande, dans la plaine de l’Ofanto. L’autorité byzantine est rétablie en Apulie, en Dalmatie et en Croatie, mais les Normands restent en Italie, dans les principautés lombardes.
1014 Bataille de Kimbalongos contre les Bulgares. Victoire de Basile II qui fait crever les yeux à 15 000 Bulgares, en laissant un borgne par centaine pour servir de guide. 
1016 Les Russes aident les Romains à chasser les derniers Khazars de Crimée.
1018 Soumission des chefs bulgares à l’empereur Basile II à Ohrid et à Prespa.
1021 Soumission de Sempad, roi de Grande Arménie et du roi de l’Etat arménien du Vaspourakan, à l’empereur Basile II.
1022 Soumission de Giorgi, roi d’Abkhazie à Basile II.
1025-1028 Règne de Constantin VIII.
1027 Traité entre le calife Al Zahir et Constantin VIII sur la reconstruction de l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, détruite en 1009.
1028 Règne de Zoé qui épouse Romain Argyre.
1028-1034 Règne de Romain III Argyre
1029 Sergius, duc de Naples, fait don à Rainolf chef d’une bande normande, du territoire et de la ville d’Aversa. C’est la naissance du premier Etat normand en Italie.
1031 L’émirat d’Alep et l’émirat de Tripoli deviennent des vassaux de l’Empire romain. Edesse est annexée.
1034-1041 Règne de Michel IV le Paphlagonien, 2e époux de Zoé.
1035 Traité de paix entre l’empire et l’émirat de Sicile, mettant fin aux incursions siciliennes en Adriatique et dans la mer ionienne.
1040-1041 Soulèvement bulgare dans la région de Thessalonique (Salonique), en Macédoine. En 1041, ce sont les Serbes de la Dioclée qui se révoltent contre le pouvoir impérial. Les deux insurrections seront mâtées.
1041-1042 Règne de Michel V, adopté par Zoé.
1041-1042 Soulèvement des vassaux lombards d’Italie avec l’aide des Normands d’Aversa. Argyros est proclamé chef des Lombards et des Normands, dans l’église Saint-Apollinaire de Bari en février. Les Romains ne tiennent plus que les villes de Brindisi, Otrante et Tarente au sud de l’Italie. 
1042 Règne de Zoé et Théodora, co-impératrices.
Soulèvement de l’Arménie. Kakig II est sacré roi à Ani. A la suite d’une alliance entre l’empire et l’émir de Dwin, les Romains réoccupent l’Arménie en 1046.
1042-1055 Règne de Constantin IX Monomaque, 3e époux de Zoé.
1043 A la suite d’émeutes contre les Russes du faubourg de Saint-Mamas (Besiktas), la flotte russe attaque Constantinople. Les Romains les repoussent, mais sont contraints de signer un traité favorisant le commerce des Novgorodiens dans l’empire.
1046 Les Normands attaquent les possessions byzantines d’Italie. Ils ravagent la terre d’Otrante.
1048 Les Petchenègues (peuple turc) passent le Danube et envahissent la Bulgarie et la Thrace. L’armée impériale les chasse de Thrace, mais les Petchenègues s’installent durablement dans la plaine de Sofia.
Les Seldjoukides attaquent la frontière de l’empire et s’infiltrent dans le Vaspourakan. Les Romains les repoussent et signent un traité avec leur chef Toghroul.
1054 Schisme des Eglises d’Orient et d’Occident. Rome se détache de Constantinople. Chacune des deux Eglises continuera de son côté en prétendant à l’universalité. L’orthodoxie s’affirme dans l’Empire romain.
1055-1056 Règne de Théodora, sœur de Zoé qui adopte Michel VI.
1056-1057 Règne de Michel VI le Stratiotique.
1057-1059 Règne par usurpation d’Isaac Ier Comnène.
Conquête de la Calabre par le chef des Normands, Robert Guiscard.
1059-1064  Les Hongrois alliés aux Petchenègues, passent le Danube et ravagent la Bulgarie. Belgrade est occupée.
1059-1067 Règne de Constantin X Doukas.
1059 Le pape Nicolas II, reconnaît un pouvoir légal aux envahisseurs normands.
Le khan seldjoukide Toghroul est proclamé émir de Bagdad
1064-1067 Les armées seldjoukides prennent Ani, en Arménie, s’avancent jusqu’à Edesse, prennent le Pont et pénètrent en Cappadoce, jusqu’à Césarée (Kayseri).
1064-1072 Guerres entre l’empire et le chef des Barbares normands, Robert Guiscard, qui s’achève par la prise de Palerme en 1072, par les envahisseurs. L’Italie byzantine est définitivement perdue.
1065 Les Ouïgours et les Comans (deux peuples turcs), passent le Danube et ravagent la Macédoine et la Thessalie. Constantin X, en installe une partie en Macédoine à la suite d’un traité passé avec leurs chefs.
1067-1078 Michel VII Doukas est empereur en droit.
1068-1071 Règne de Romain Diogène qui épouse Eudokia, veuve de Constantin X
1071 Le 26 août, bataille de Mantzikert contre les Seldjoukides de Alp Arslan. L’armée byzantine est défaite, l’empereur est capturé et doit payer un lourd tribut annuel. Une paix de 50 ans est signée. Les tribus turcomanes s’installent définitivement en Asie Mineure.
1071-1078 Règne de Michel VII Parapinace (pourvoir effectif).
1071-1081 Guerre civile dans l’Empire romain.
1072 Profitant de la guerre civile, le chef du contingent normand de l’armée impériale, Roussel de Bailleul, marche sur Sébaste (Anatolie) avec une petite armée. Il teint en respect toutes les forces impériales pendant plus d’un an. Pillant et ravageant l’Asie Mineure il atteint Chrysopolis (Üsküdar), qu’il incendie. L’empereur fait appel aux Seldjoukides qui livrent une bataille à Roussel de Bailleul à Nicomédie (Izmit). Il est capturé et livré aux Romains qui le mettent à mort.
1073-1074 Révolte des Bulgares et des Serbes. Les Serbes sont chassés de Macédoines par l’armée impériale.
1074 Profitant également de la guerre civile, Philarète, un chef arménien, s’empare avec l’aide d’une armée composée d’Arméniens, des places fortes du Taurus, s’avançant jusqu’à Antioche où il est défait par l’armée impériale.
1076 Perte de la Croatie et de la Dalmatie. Zvonimir est couronné roi de Croatie et de Dalmatie à Spalato, par deux légats du pape Grégoire VII
1078-1360 Principauté des Danichmendides en Cappadoce. Cette dynastie turco-musulmane aura le grec comme langue officielle.
1078-1081 Règne par usurpation de Nicéphore III Botaneiatès.
1078 Fondation de l’Etat seldjoukide de Nicée (Iznik) par Soliman, cousin d’Alp Arslan.
Le pape Grégoire VII envoie une couronne à Michel Bogislav et lui décerne le titre de roi des Slaves.
1080 vers Les Seldjoukides sont de plus en plus nombreux en Asie Mineure, attirés par les différents clans romains qui les emploient comme mercenaires, tout comme les Normands, les Comans et les Petchenègues. Certains vivent en Roumélie ou en Anatolie, totalement indépendants.
Le mouvement bogomile de Bulgarie atteint Constantinople. Leur chef, le Bulgare Basile, est brûlé vif après condamnation.
1081 L’empire romain commence à être livré à l’exploitation coloniale franque. Pour lutter contre les Normands qui s’apprêtent à envahir la péninsule balkanique, l’empereur concède des privilèges aux républiques italiennes, qui vont plus tard, ruiner le commerce et la marine byzantine.
1081-1091 Les Normands attaquent l’empire et prennent durablement le port de Durazzo, Castoria, l’île de Corfou et s’avancent en Thessalie et en Grèce.
1081-1118 Règne par usurpation d’Alexis Ier Comnène.
1086-1087 Invasion des Petchenègues installés dans l’ancienne Bulgarie, entre les Balkans et le Danube. Alliés aux Comans, ils ravagent la Thrace et menacent Constantinople.
1091 Les Petchenègues s’allient à l’émir de Smyrne et au sultan de Nicée. Ils envahissent la Thrace et sont battus à Ænos par l’armée impériale d’Alexis Comnène le 29 avril. Le peuple Petchenègues est exterminé, les survivants sont enrôlés dans l’armée ou tombent en esclavage.
Agressions serbes contre l’empire. Les Serbes occupent la Rascie et la Dioclée.
1093 Alliance entre l’empereur Alexis Comnène et le sultan de Nicée Kiliç Arslan, contre l’émir de Smyrne.
1095 Accablés par de lourds impôts, les habitants de l’empire préfèrent parfois une domination barbare plutôt que le pouvoir impérial. Des villes de Roumélie, ouvrent leurs portes aux Comans et en Anatolie, aux Seldjoukides.
Les armées romaines sont de plus en plus composées de mercenaires : Anglo-Saxons, Francs, Normands d’Italie, Turcomans.
Le stratège du thème de Chaldée, Théodore Gavras, fait de Trébizonde le siège d’une principauté autonome.
1096 Le 20 juillet, arrivée à Constantinople de la première bande de croisés, celle de Gautier sans Avoir, suivie le 1er août par celle de Pierre l’Hermite. L’empereur Alexis Comnène les fait passer le Bosphore et les cantonne à Cevitot, près de Nicomédie, aux portes de l’Etat seldjoukide de Nicée. Les croisés attaquent les Seldjoukites et se font entièrement massacrer.
1096-1097 Les armées régulières des croisés arrivent à Constantinople. Alexis Comnène oblige les seigneurs francs à prêter le serment féodal de l’hommage, suivant les coutumes occidentales, ce qui les engagent à devenir vassaux de l’empire pour toutes les terres qu’ils conquerraient. Tous les princes acceptent, sauf Godefroy de Bouillon à qui l’empereur coupe les vivres avant d’obtenir son serment, et Raimond de Saint-Gilles, comte de Toulouse qui jure seulement qu’il n’attenterait en rien à la personne de l’empereur des Romains.
Le 19 juin, les croisés forcent le sultan de
Nicée à laisser occuper la ville par les troupes d’Alexis Comnène.
Les croisés attaquent les Seldjoukides à Dorylée et le sultan Kiliç Arslan est vaincu. Le premier Etat seldjoukide est disloqué. Les croisés s’enfoncent sans plus de résistance en Asie Mineure, tandis que l’empereur romain reprend les émirats maritimes (
Smyrne, Ephèse, Sardes et Attalie) et occupe la Bithynie.
1097 Invasion de la Cilicie par les croisés. La garnison seldjoukide ne peut tenir aucune résistance.
Septembre, ne respectant pas les accords avec l’empereur Alexis Comnène, les croisés s’emparent de la Haute Mésopotamie et de la ville d’Edesse (Urfa) et son territoire, sans les remettre à l’empire et en passant des accords avec les chefs arméniens.
1098 Le 24 juin, prise d’Antioche par les croisés, qui refusent de remettre la ville à l’empire. Bohémond entre en guerre contre l’empire et attaque Laodicée.
Le 15 juillet, les croisés prennent Jérusalem.
1100 Bohémond ayant pour but d’élargir les territoires d’Antioche, attaque l’émirat d’Alep, les dynastes arméniens de Cilicie et l’émirat de Sivas (à Mélitène).
1100 vers Les catholiques d’Europe occidentale prennent l’habitude de désigner les Romains d’Orient comme « Grecs », c’est-à-dire tous les orthodoxes. Tandis que les musulmans des même contrées, sont désignés comme « Turcs », quelles que soient leurs origines et péjorativement.
1101 L’empire doit faire face aux pillards francs et aux attaques de croisés en territoire impérial. La même année, de nouveaux croisés arrivent d’Europe Occidentale et traversent l’Asie Mineure : croisades des Lombards, du comte de Blois et des Allemands, du comte de Nevers, de Guillaume IX d’Aquitaine et de Welf de Bavière. Toutes ces armées seront détruites par le sultan Kiliç Arslan et d’autres émirs, en traversant l’Asie Mineure.
1103 Traité entre les Francs et les Danichmendites de Sivas
1104 Les villes de Cilicie chassent les Normands et reçoivent des garnisons impériales. Les Romains reprennent Laodicée aux croisés.
1107 Après un long séjour en Europe Occidentale, Bohémond qui voulait lever une nouvelle croisade contre l’Empire romain, débarque à Avlona et entame le siège de Durazzo.
Alliance entre l’empereur Alexis Comnène et le sultan Kiliç Arslan, contre les croisés d’Occident. Les forces turco-byzantines soumettent Bohémond qui capitule et signe un traité de paix à Deabolis (Devol) en septembre 1108
1111 Mort de Bohémond en Italie normande. Ses successeurs à Antioche dénoncent le traité de Deabolis.
Pise et Gênes menacent Constantinople avec leur flotte. L’empereur signe un traité de paix, leur donnant des avantages commerciaux (18 avril).
Après la mort du duc Roger Ier et celle de Bohémond, l’Italie normande est gouvernée par trois régentes, au nom d’enfants mineurs.
1115-1116 Le nouveau sultan seldjoukide, Malek Schah II (Malek Sah), installé à Iconium (Konya), après la perte sa capitale Nicée, attaque les provinces du Nord, mais vaincu par Alexis Comnène, il doit signer un traité de paix, avantageux pour l’empire.
1118-1143 Règne de Jean II (Alexis Comnène associé jusqu’en 1142).
1119-1135 Luttes de pouvoir entre les émirs seldjoukides d’Iconium et de Mélitène. L’empereur Jean Comnène en profitent pour leur arracher des territoires.
1124-1126 L’empereur Jean Comnène dénonce le traité sur le commerce avec la République de Venise. Venise riposte par des incursions et des pillages dans les îles de l’Archipel et sur la côte dalmate, et par l’occupation de Céphalonie. L’empereur est obligé d’accorder tous les privilèges d’autrefois aux Vénitiens
1132-1135 Expansion du sultanat de Danichmendite dans la vallée de l’Euphrate, dans le Pont et en Paphlagonie.
1130 Roger II se fait couronner roi de Sicile dans la cathédrale de Palerme, le 25 décembre.
1139 Alliance entre l’empereur germanique Conrad III de Hohenstaufen et Jean Comnène, contre le roi normand des Deux-Siciles, Roger II. Berthe de Sulzbach est fiancée à Manuel Comnène.
1137 La Cilicie arménienne, qui se maintient indépendante entre les possessions de l’empire, les Etats francs et les Etats seldjoukides, est attaquée par Jean Comnène qui l’annexe à l’empire. Le roi arsanide Léon, est emmené en captivité à Constantinople.
1143-1148 Nouvelle croisade contre les Etats musulmans et l’Empire romain.
1143-1180 Règne de Manuel Ier Comnène.
1147 Passage des troupes croisées de Louis VII de France et de Conrad III de l’Empire germanique, dans les territoires byzantins qui entraîne une dévastation et le pillage des villages chrétiens et musulmans.
Les Normands de Sicile s’emparent de l’île de Corfou, pillent les côtes de l’Eubée et débarquent dans le golfe de Corinthe. Les Normands déportent la population de Thèbes, centre de l’industrie de la soie, et la ramènent en Sicile.
1151 Les Byzantins occupent Ancône.
1152 Révolte des Arméniens de Cilicie dont leur chef Thoros s’empare de la plupart des places byzantines en Cilicie.
1157 Diète de Besançon. Les relations entre le pape et l’empereur Frédéric Barberousse s’enveniment. Manuel Comnène en profite pour se rapprocher de Rome, voulant se faire couronner empereur d’Occident par le pape. 
1161 L’empereur Manuel Comnène soumet la Cilicie. La principauté franque d’Antioche reconnaît la suzeraineté du basileus.
1162 Kiliç Arslan II, sultan de Roumie (Roum), signe à Constantinople un traité qui fait de lui, un vassal de l’empire.
1165 L’empire a autorité sur les Etats francs de Syrie et un protectorat sur Antioche. Un patriarche orthodoxe y est installé afin de remplacer le catholique mis en place par les occupants latins.
1167 Le roi de Jérusalem, Amaury Ier, attaque l’Egypte, ce qui fait intervenir le sultan Nurettin, Atabey de la Syrie musulmane.
1169 L’Atabey Nurettin s’empare de l’Egypte et y installa son neveu, le grand vizir Saladin (Salah-el-Dïn / Selattin).
1171 Après de fortes tensions avec la République de Venise, les Vénitiens abandonnent tout commerce avec l’empire. Mais l’empereur leur promet le monopole du commerce et 20 000 Vénitiens s'y réinstallent. Le 12 mars, Manuel Comnène les fait arrêter et confisque leurs biens. Venise attaque la Dalmatie et occupe l’Eubée et l’île de Chio.
1173 La Hongrie vassale de l’empire restitue la Dalmatie et la Sirmie à Manuel Comnène.
1174 Mort de l’Atabey de Syrie, le sultan Nurettin. Réunion de la Syrie seldjoukide et de l’Egypte sous la souveraineté de Saladin.
1180-1183 Alexis II empereur. Régence de Marie d’Antioche après la mort de Manuel Comnène
1182 Emeute contre l’autorité de Marie d’Antioche, soutenue par Andronic Comnène. Les émeutiers s’en prennent aux quartiers latins de Constantinople et massacrent la population occidentale. Les navires latins, qui recueillent les fugitifs, exercent des représailles sanglantes sur les côtes de l’Hellespont (mer de Marmara) et dans l’Archipel. Les massacres de Latins ont fait 40 000 victimes.
1183-1185 Règne par usurpation d’Andronic Ier Comnène.
1185 L’empereur Andronic Comnène signe un traité avec l’Atabey Saladin, prévoyant le partage des Etats francs du Proche Orient.
Alliance entre l’empereur germanique, le royaume normand de Sicile et la république de Venise, contre l’empire romain. Les Normands s’emparent de Durazzo (24 juin) et de Salonique (24 août).
Emeute à Constantinople, l’empereur Andronic Comnène est renversé en septembre.
La flotte normande est encrée devant les
îles des Princes, aux portes de Constantinople, tandis que les armées de terre, pillent la Thrace. Les Normands envoient une flotte soutenir la révolte de Chypre contre l’empereur.
1185-1195 Règne par usurpation d’Isaac II Ange
1186-1187 Révolte des Valaques contre l’empire. L’insurrection s’étend à toute la Bulgarie danubienne. Les Bulgares et les Valaques s’allient aux Comans et aux Serbes. Les Balkans redeviennent une mosaïque d’Etats indépendants.
1187 Le 2 octobre, l’Atabey Saladin prend Jérusalem.
1188 Traité de Nuremberg. L’empereur accorde le libre passage de l’armée allemande de Barberousse, en route pour une nouvelle croisade contre Saladin.
1189 Frédéric Barberousse atteint l’empire, mais apprend que ses ambassadeurs sont emprisonnés à Constantinople. Ils passent des accords avec des vassaux de l’empire (Serbes, Valaques, Bulgares), forcent la passe de Trajan, barrée par les troupes impériales et ravage la Thrace. Après une bataille victorieuse à Didymotika, il occupe Andrinople.
Traité entre Saladin et l’empereur Isaac Ange, contre Barberousse.
1190 Février, les Allemands occupent toute la Macédoine et la Thrace et resserrent leur alliance avec les Serbes, les Valaques et les Bulgares, qui promettent leur aide à conquérir Constantinople.
Traité d’
Andrinople. Capitulation de l’empereur devant Barberousse. L’empereur doit s’engager à faire passer les croisés en Asie Mineure et à leur assurer des vivres.
Mars, les croisés franchissent l’
Hellespont (Dardanelles), entre Sestos (Eceabat) et Abydos (Çanakkale), puis attaquent le sultanat de Roumie (Rum). Vainqueur, Frédéric Barberousse se dirige vers Tarse, mais le 10 juin, il se noie au passage du Selef. Son armée se disperse, sans atteindre la Terre Sainte.
1191 Richard Cœur de Lion s’empare de Chypre chrétienne qu’il vend immédiatement aux Templiers, qui eux-mêmes la vendent à Guy de Lusignan, ex-roi de Jérusalem.
1192 Les républiques de Venise, Gênes et Raguse, se vengent des massacres de Latins à Constantinople en 1182, elles encouragent la piraterie sur les côtes de Méditerranée et de l’Egée. Pillages et massacres.
1194 La flotte pisane attaque les navires byzantins à Abydos.
1195-1203 Règne par usurpation d’Alexis III Ange.
1197 L’émir d’Angora (Ankara), s’empare de la ville de Dadibra en Paphlagonie.
Le roi de Chypre, Amaury de Lusignan, se fait couronner dans la cathédrale de Nicosie, en présence du chancelier de l’empereur germanique et d’un légat du pape.
1198 Le roi de la Petite Arménie, Léon II, se fait couronner dans la cathédrale de Tarse, en présence du chancelier de l’empereur germanique et d’un légat du pape.
Lothaire de Segni, élu pape, appelle à la croisade. Les comtes et seigneurs de France et d’Allemagne, passent un contrat avec Venise qui s’engage à transporter les croisés par mer jusqu’en Egypte, contre paiement.
1199 Les Bulgares constituent un petit Etat dans les terres de Stroumitza et annexent la Haute-Macédoine.
1199-1200 Les Comans de Galicie envahissent et pillent la Thrace, mais ne s’y installent pas. Ils retournent en Galicie où ils se battent avec les Russes.
1201 Election de Boniface de Montferrat à la tête des croisés.
1201-1204 Le roi des Bulgares, Kaloyanis (Johannitza – Jean le Bon), attaque l’empire et prend la ville de Varna, en massacrant la population. Les Bulgares prennent Nisch, Braniceno et Belgrade. L’empereur signe un traité reconnaissant toutes les conquêtes bulgares.
1202 Venise impose à Boniface de Montferrat et aux barons francs, de prendre la ville hongroise de Zara en Dalmatie, pour s’acquitter de leur dette de transport en Egypte. Les croisés attaquent et prennent la ville chrétienne appartenant à un souverain chrétien, et la remettent à Venise (le 12 novembre).
1203-1204 Règne d’Isaac II Ange.
Règne d’Alexis IV Ange.
1203 Les croisés et Venise s’entendent à restaurer Alexis Ange réfugié en Sicile normande, sur le trône de Constantinople. Le 7 avril, le prétendant arrive à Zara. Les croisés occupent Corfou et se mettent en route pour Constantinople, le 24 mai.
Attaque de Constantinople par les croisés (du 23 juin au 17 juillet). Constantinople tombe au pouvoir des Occidentaux et Isaac Ange est rétabli sur le trône, et son fils Alexis IV est co-empereur. Les croisés incendient une grande partie de la ville et saccagent les églises orthodoxes, détruisent les deux mosquées et les synagogues.
1204 Le 5 février, une émeute éclate contre les Latins qui continuent leurs exactions. Isaac Ange est renversé par Alexis Doukas (Murzuphle). Les croisés organisent un deuxième siège de Constantinople.
9-12 avril, chute de Constantinople. Les croisés s’emparent de la ville et la pillent en massacrant une partie de la population. Le gouvernement en fuite, s’installe à
Brousse, puis à Nicée (Asie Mineure), avec l’aide du sultan seldjoukide d’Iconium (Konya).
Pendant 57 ans, les Francs continueront à piller l’héritage de l’Empire romain, ils videront les bibliothèques, les monastères et les églises de leurs trésors, allant jusqu’à déboulonner les statues. Tout le butin sera emmené dans leurs Etats, à Venise, en France, en Allemagne et en Flandre.
Le 9 mai, Baudouin de Flandre est proclamé empereur par les croisés et un patriarche latin est nommé.
Le 7 novembre, Kaloyanis se fait sacrer tsar de Bulgarie dans la cathédrale de Tirnovo avec la couronne envoyée du pape. Un légat pontifical sacre un patriarche de Bulgarie et lui confère le pallium. La Bulgarie s’émancipe de l’empire romain et le pape en profite pour augmenter l’influence de l’Eglise d’Occident dans les Balkans.
1204-1222 Règne en exil de Théodose Ier Lascaris
1205-1207 Les Francs poursuivent leurs conquêtes en Macédoine et en Grèce qui s’achève par l’annexion du Péloponnèse. Venise augmente le nombre de ses possessions qui s’étendent de l’Adriatique à Constantinople. Les Vénitiens chassent les Génois de leurs comptoirs.
1208 Théodore Lascaris est couronné empereur romain, par le patriarche orthodoxe, dans la cathédrale Sainte-Sophie de Nicée.
La résistance s’organise dans les Balkans, les Valaques, les Bulgares, les Skipétars (Albanais) et les Romains, parviennent à empêcher les Vénitiens de s’établir en Epire, en Acarnanie, en Etolie et en Thessalie. Ils réussissent à créer un Etat, qui s’étend de Durazzo à Lépante.
Avec l’aide des Danichmedites, des Ibères et des Abkhazes, les Romains du Pont et de
Paphlagonie arrivent à résister aux croisés et créent un Etat avec Trébizonde comme capitale.
1222-1254 Règne en exil de Jean III Vatatzès.
1223 Le despote d’Epire libère Thessalonique et Serrès de l’occupation latine.
1230 Le tsar de Bulgarie, Jean Asèn II, attaque les Latins de Constantinople et le despotat d’Epire. Les Bulgares libèrent Andrinople du joug latin et occupent la Macédoine et l’Albanie.
1235 Première tentative infructueuse des Romains et des Bulgares alliés, à libérer Constantinople du joug latin.
1237-1241 Le pape Grégoire IX publie des bulles de croisade contre la Romanie.
Le peuple turc des Comans, poussé par les invasions mongoles, émigre en Hongrie.
1243 Les Mongols attaquent le sultanat de Roumie et écrase l’armée seldjoukite à Erzincan (le 26 juin). Le sultan se reconnaît vassal du grand Khan et la domination mongole atteint la frontière de l’Etat de Nicée
L’Etat romain de Trébizonde devient vassal des Mongols.
1254-1258 Règne en exil de Théodore II Lascaris.
1258 vers Naissance d’Osman, fondateur de la dynastie ottomane, à Sögüt en Phrygie.
1258 Emeute à Saint-Jean-d’Acre et bataille entre les habitants des quartiers génois et vénitiens de la ville. Les Génois quittent la ville et s’installent à Tyr.
1258-1261 Règne en exil de Jean IV Lascaris.
1261-1282 Règne par usurpation de Michel VIII Paléologue.
1261 Le 13 mars, traité de Nymphée (Nymphaeum) entre l’empereur romain et Gênes. Alliance contre l’empereur latin de Constantinople et Venise. Gênes met sa flotte à la disposition de Michel VIII qui leur accordera tous les privilèges dont bénéficient Venise, leur quartier à Constantinople, les comptoirs de l’Archipel et de la mer Noire.
Le 25 juillet, les armées romaines conduites par Alexis Stratégopoulos, libèrent Constantinople. L’empereur Baudouin II s’enfuit sur un bateau vénitien.
Le 15 août, Michel Paléologue fait son entrée dans la Ville, et est couronné de nouveau à
Sainte-Sophie.
1262 Les Romains reprennent les places fortes en Grèce occupées par Guillaume de Villehardouin (Mistra, Géraki, Monemvasia).
1262-1272 Alliances successives entre les Mamelouks d’Egypte, le khan nogaï de Kiptchak et l’empire romain.
1272 Marco Polo débarque à Payas (Yakacik / Hatay – région d’Alexandrette).
1278 Les Karamanides s’emparent d’Iconium qui devient leur capitale.
1280 vers Osman hérite de son père Ertugrul un petit patrimoine autour de Sögüt et de Domaniç en Phrygie. Il sera le fondateur de la dynastie ottomane. En moins de 100 ans, cet Etat deviendra la principale puissance européenne, s’étalant de l’Albanie au Danube et des Dardanelles à la Bithynie, avec sa capitale Andrinople (Edirne), en Thrace. Il comprendra des dizaines de peuples et de langues. La classe dirigeante se réclamera de l’islam hétérodoxe, et la majorité de la population sera chrétienne orthodoxe à la veille de la Conquête de l’Asie Mineure et, plus tard, de Constantinople.
1282-1328 Règne d’Andronic II Paléologue, associé à Michel IX entre 1295 et 1320
1285-1293 Les Mongols occupent la Bulgarie.
1303-1311 Invasion catalane de l’empire. Pour reprendre des territoires perdus en Asie Mineure, l’empereur Andronic II, fait venir par dizaines de milliers, des mercenaires de Navarre, d’Aragon et surtout de Catalogne. Transportés par des navires génois avec femmes et enfants, ils massacrent la population de Galata, dès leur arrivée à Constantinople en septembre 1303. L’empereur s’empresse de les faire passer le Bosphore pour les engager contre les Seldjoukides. Après la prise Cyzique où la population est massacrée, l’armée catalane sous les ordres de Roger de Flor, s’avance jusqu’au Taurus en détruisant toutes les positions seldjoukides qu’elle rencontre, provoquant la panique dans la population anatolienne. L’empereur perd le contrôle de ses mercenaires catalans, qui se dirigent vers les Dardanelles. Les Catalans se fixent dans la péninsule de Gallipoli. Leur chef est assassiné avec sa famille alors qu’il voulait négocier avec l’empereur, ce qui déchaîne la vengeance des Catalans qui, conduits par leur nouveau chef Bérenger Entença, massacrent la population romaine de la péninsule de Gallipoli et la côte de Ganos. Les Catalans ravagent en suite, la Thrace et s’établissent à Rodosto (Tekirdag). De nouveaux Almugavares (nom de ces anciens mercenaires), vinrent rejoindre les premiers, avant de s’établir à Madyte (Madytos - Eceabat).  Trois chefs se partageaient les territoires conquis, possédant chacun une « capitale » (Madyte, Rodosto et Gallipoli).
1308 Après avoir épuisé les ressources des régions occupées et en ayant massacrés la plus grande partie de la population, les chefs catalans décident de se diriger vers la Macédoine et la Grèce. Sur leur passage, ils pillent et détruisent les villes et villages de la presqu’île de Kassandria (Cassandrie), massacrant les populations qu’ils rencontrent. Les monastères du Mont Athos, sont pillés.
Les Ottomans pénètrent dans la
péninsule de Nicomédie.
1310 Les Hospitaliers occupent l’île et la ville de Rhodes et Halicarnasse (Bodrum).
1311 Les Catalans s’attaquent aux possessions impériales de Thessalie et aux possessions franques de Morée. Le 13 mars, la cavalerie franque est massacrée. Les Catalans occupent Thèbes et Athènes et fondent en Grèce, un Etat catalan qui durera 80 ans (duché d’Athènes).
1321-1328 Guerre civile en Romanie.
1323 Guerre de succession en Bulgarie. Le futur tsar Michel Sisman (un Coman), se réfugie à Constantinople.
1326 Le 6 avril, le successeur d’Osman, Orhan s’empare de Prusa (Brousse), capitale de la Bithynie. La ville devient capitale de l’Etat ottoman.
1327 L’empereur Andronic III, se rend à Cyzique à la rencontre de l’émir le plus puissant d’Asie Mineure, Kermian, dont la capitale est à Kütahya en Phrygie. Un traité de sauvegarde des territoires romains est signé.
1328-1341 Règne d’Andronic III Paléologue.
1331 Le 2 mars, bataille de Pelekanon / Pendikape (Pendik) entre les Ottomans et les troupes de l’empereur. Victoire ottomane à quelques kilomètres seulement de Constantinople (aujourd’hui, banlieue anatolienne d'Istanbul). La ville de Nicée est annexée au territoire ottoman.
1333-1337 Nombreuses incursions des armées des émirats d’Anatolie, contre les possessions latines et romaines, dans l’Archipel, dans le golfe de Thermaïque et en Thrace. Les Latins réussissent à les repousser, mais les Romains ont plus de difficultés, car ils ne possèdent plus de marine de guerre.
1334 La régente Anne de Savoie appelle les Serbes et les Bulgares à soutenir sa cause dans la guerre de succession. Le kral Etienne Douschan et le tsar Jean Alexandre Sisman, envahissent la Thrace.
1336 Naissance de Timour-Lenk (Tamerlan), en Transoxiane.
1337 Les Ottomans s’emparent de la ville de Nicomédie (Izmit) et de quasiment toute la péninsule qui débouche sur le Bosphore de Thrace. Les possessions romaines sur la péninsule de Nicomédie, se résument à Scutari (Üsküdar), Chalcédoine (Kadiköy) et quelques autres places fortes.
1341-1391 Jean V, empereur en droit.
1341-1355 Guerre civile dans l’empire romain amplifiée par le mouvement sociale zélote à Salonique. Après la mort de l’empereur byzantin Andronic III Paléologue, s’en suit une lutte de succession que remporte Jean VI Cantacuzène, contre Jean V Paléologue et sa mère Anne de Savoie, avec l’aide d’Ohran. Ohran reçoit en mariage Théodora, fille du nouvel empereur Jean VI Cantacuzène.
1345 Osman s’empare de l’ensemble de la principauté turcomane de Karesi, en profitant des divisions internes. Cette annexion permet aux Ottomans d’étendre leurs possessions tout le long de la mer de Marmara, jusqu’aux Dardanelles.
Les Hospitaliers occupent
Smyrne enlevé à l’émir.
1347-1355 Règne par usurpation de Jean VI Cantacuzène.
1347 Stefan Douchan, kral de Serbie, envahit Salonique. La flotte de l’empereur Jean VI et 20 000 soldats ottomans envoyés par son gendre Ohran, libèrent la ville, qui redevient possession romaine.
1348 La peste décime les populations d’Anatolie et de Roumélie, sans épargner Constantinople.
1348-1349 Guerre de Galata. Afin de ramener l’activité dans le port de Constantinople, délaissé par les navires qui préfèrent celui de Galata, l’empereur décide d’abaisser les droits de douane, tout en reconstruisant une marine. Les Génois, voyant leur monopole en péril, traitent l’empire en ennemi. Le 15 août 1348, ils coulent les navires romains dans le port, incendient la banlieue et établissent un blocus sur Constantinople, en bloquant l’entrée de la Corne d’Or. Le 5 mars 1349, le reste de la marine romaine est coulé à l’entrée du Bosphore.
1349 Le kral de Serbie occupe la Bosnie et enlève Belgrade aux Hongrois.
1350 Expulsion des Zélotes de Salonique.
1351 Attaque d’une flotte vénitienne contre Galata. Comme l’empereur veut rester neutre dans le conflit des deux thalassocraties, les Génois bombardent Constantinople. Le basileus est contrait de signer un traité d’alliance avec Venise (août). En septembre, l’amiral génois Nicolas Pisani attaque Héraclée et Sozopolis, qui sont saccagées.
1352 La flotte vénitienne et l’escadre de Don Pedro IV, roi d’Aragon affrontent la flotte génoise de Doria, dans le Bosphore. Les Vénitiens ne peuvent forcer le passage et abandonnent les Romains. L’empereur est contraint de signer un traité avec les Génois, par lequel il leur cède les villes de Selymbria (Silivri) et Héraclée (Eregli), ainsi que l’élargissement du territoire de Galata. L’accès à la mer Noire est interdit aux navires romains (15 février).
1352 Jean V Paléologue allié aux Serbes, aux Valaques et aux Bulgares contre Jean VI Cantacuzène, est battu par les troupes d’Ohran à Didymotika. L’empereur romain donne le fort de Tzympe (Cimpe), sur la côte rouméliote des Dardanelles, à son gendre Ohran, en récompense.
Dans le but d’obtenir l’aide des Génois contre les Vénitiens, les Ottomans accordent une « capitulation » à la République ligure. Il s’agit d’avantages fiscaux et commerciaux. Ce système aboutira au XIXe siècle à une quasi-colonisation financière de l’empire et à une dépendance commerciale.
1353 Süleyman, fils d’Ohran, s’empare du fort de Gallipoli (Gelibolu).
1354-1357 Règne par usurpation des co-empereurs Mathieu Cantacuzène et Jean V.
1361 Andrinople (Edirne) devient la capitale de l’Empire ottoman, dont la majorité des territoires se situent en Europe orientale. Désormais toute la Thrace est ottomane, avec les villes de Didymotika, Tchorlou (Çorlu), Kirk Kilise (Kirklareli) et Lulle Bourgas (Lüleburgaz).
1365 Guerre de succession en Bulgarie, qui débouche sur la partition du pays et l’invasion progressive des Ottomans dans le sud et des Hongrois dans le nord.
1366 Le 24 août, le comte Amédée II de Savoie attaque Gallipoli, qui est reprise aux Ottomans. Elle sera rendue dix ans plus tard par l’empereur Andronic IV Paléologue aux Ottomans à qui, il devait son trône.
Le 25 décembre, le pape de Rome signe une bulle proclamant la croisade contre les « Turcs ». L’Europe catholique se prépare à nouveau à prendre la croix avec pour but de catholiciser Constantinople, tout en repoussant les Ottomans.
1370 Murat Ier attaque la Bulgarie et s’empare de Sozopolis. Le tsar Sisman est obligé de signer un traité reconnaissant être le vassal des Ottomans. Le sultan et le tsar chassent les Hongrois qui occupaient la vallée de Vidin et portent la frontière sur le Danube.
1371 Les Serbes attaquent les territoires ottomans. Le 26 septembre, ils passent la Maritza et sont écrasés par les armées de Murat Ier.
1372 Après une révolte bulgare, soutenue par la Hongrie, le prince byzantin Evrenos, au service de Murat Ier annexe la Bulgarie et prend en quelques mois toute la Macédoine serbe et une partie de l’Albanie. Les Ottomans parviennent à l’Adriatique. La Serbie morcelée en plusieurs fiefs, devient vassale des Ottomans et ses princes doivent fournir des contingents à l’armée de Murat Ier.
1374 L’empire romain devient vassal des Ottomans (juin).
1376-1379 Règne par usurpation d’Andronic IV.
1376 Murat Ier crée le corps des Janissaires. Les recrutés doivent être de souche rurale, de religion orthodoxe et être âgés entre 14 et 18 ans.
1381 La dynastie angevine de Hongrie, enlève la Dalmatie à Venise au traité de Turin.
1387 La banlieue rouméliote de Constantinople est annexée à l’Empire ottoman, ainsi qu’une grande partie de la rive anatolienne du Bosphore de Thrace.
1389 Le 15 juin bataille de Kosovo. Beyazıt (Bayezit) Ier est proclamé sultan, après la mort de Murat Ier à la bataille.
Beyazıt Ier épouse Maria Despina, fille du kral de Serbie Lazare Ier, tué à la bataille de Kosovo, et sœur de Stéphane Lazarevic, qui lui succède.
1390 Règne par usurpation de Jean VII.
1391-1425 Règne de Manuel II.
1391 Manuel Paléologue, devient empereur romain. L’Empire romain est vassal de l’Etat ottoman à qui Manuel Paléologue doit payer tribut, tandis qu’une colonie ottomane est installée à Constantinople et qu’une mosquée y est construite. Une garnison ottomane est stationnée en permanence à Galata.
Les Ottomans occupent la ville d’Antalya (Adalia) qui a été enlevée à l’émir de Tekke et qui devient le premier port ottoman en Méditerranée.
1392 Evrenos occupe la Thessalie et Larissa (Yenisehir). L’armée de Beyazıt Ier occupe la Karamanie (Anatolie), qui est annexée à l’Empire ottoman.
Attaque de la Hongrie en Bulgarie ottomane. Le roi de Hongrie, Sigismond de Luxembourg, doit se retirer et la Bulgarie jusque là vassale des Ottomans, est annexée à l’empire et le patriarcat supprimé au profit de celui de Constantinople.
1393 Prise de Scutari (Shkodër), aux Vénitiens. Début de l’enrôlement massif des Albanais dans l’armée ottomane.
1395 Les Ottomans attaquent la Cappadoce, l’émir Burhanettin est obligé de leur céder Césarée (Kayseri) et Sivas. L’émirat de Kastamonu est à son tour attaqué, et les Ottomans occupent Samsun et Sinop sur la mer Noire.
1396 Appel à la croisade par le pape Boniface IX. Les combattants catholiques d’Angleterre, d’Ecosse, de Bohême, de Suisse, de Pologne et d’Autriche, se dirigent vers Buda, d’où la croisade se met en marche sous les ordres de Sigismond, roi de Hongrie. L’armée des coalisés catholiques sera anéantie juste après la traversé du Danube, à Nicopolis, par Beyazıt Ier.
1396-1397 Beyazıt Ier, fait construire sur la rive anatolienne du Bosphore, une forteresse en vue d’assiéger Constantinople (Anadolu Hisari).
1397 Le prince Evrenos, avec l’aide du despote romain de Mistra, Théodose Ier, attaque les Etats francs de Grèce. Salona (Amfissa), Athènes et l’Achaïe sont libérées du joug franc et normand. Puis c’est autour des colonies vénitiennes du Péloponnèse : Modon (Methoni) et Coron (Koroni). Le nouvel Empire ottoman s’étant principalement sur l’Europe, avec sa capitale Andrinople (Edirne).
1399 Coalition de Venise, de la France et de l’Empire romain, contre les Ottomans. Une flottille française part d’Aigues-Mortes le 26 juin et rejoint la flotte vénitienne devant Ténédos en novembre. Ils remportent quelques succès sur la Marmara et réussissent à forcer le blocus sur le Bosphore. Ils détruisent la place forte de Riva (côte anatolienne) qui commandait l’entrée du Bosphore de Thrace, sur la mer Noire.
1399-1403 L’empereur romain Manuel Paléologue quitte Constantinople avec la flotte française en décembre 1399. Il entame une tournée dans les pays catholiques afin de solliciter une aide contre les Ottomans et de recouvrir les territoires perdus de Romanie, autant en Asie Mineure qu’en Roumélie. Son voyage débute par la Morée latine, puis Venise, Padoue, Milan, Paris, Londres et Gênes. Il n’obtient quasiment aucun résultat.
1400-1402 Règne par usurpation de Jean VII, co-empereur.
1400 Tamerlan attaque l’Anatolie ottomane et s’empare de Sivas.
1402 Tamerlan reprend l’offensive contre l’Empire ottoman et envahit l’Asie Mineure. Bataille d’Angora (Ankara) le 20 juillet. L’armée ottomane et l’armée serbe de Lazare Vulkovic, sont anéanties, tandis que le sultan Beyazıt Ier est fait prisonnier. L’Empire ottoman perd la quasi-totalité de ses territoires d’Asie Mineure, sauf une partie de la Phrygie et la Bithynie. Les Hospitaliers de Smyrne sont chassés, tandis que l’Etat byzantin de Trébizonde, l’Empire romain, l’émirat d’Erzincan font leur soumission aux Mongols et paient tribut.
1403 Le 8 mars, le sultan Beyazıt Ier meurt en captivité.
1403-1413 Guerre de succession entre les fils de Beyazıt Ier. L’empereur Manuel II Paléologue et la population ottomane orthodoxe, prennent partie pour Mehmet Ier qui refonde l’unité de l’empire.
1413-1421 Règne de Mehmet Ier.
Mehmet Ier remplace le grec, comme langue administrative, par le turc ottoman et le persan.
1414 Reconquête de la Karamanie et de l’Ionie par Mehmet Ier avec l’aide de Gênes et des Hospitaliers de Rhodes.
1425-1448 Règne de Jean VIII.
1426-1430 Les Ottomans livrent une guerre au plus grand Etat d’Asie Mineure : la Karamanie. Le prince Ibrahim devient vassal des Ottomans en 1430.
1427 Les Hongrois reprennent Belgrade, mais ils sont repoussés par les Ottomans peu après.
Derniers soubresauts de l’Empire romain : annexion des territoires latins de l’Achaïe et de Mostenitza appartenant à l’Ordre Teutonique. A part les possessions vénitiennes, toute la Morée redevient romaine.
1430 Conquête de Salonique. La ville vénitienne tombe après un court siège et est annexée à l’Empire ottoman.
1431 Conquête de l’Epire et de l’Acarnanie. Les despotes deviennent vassaux des Ottomans.
1436 L’Empire ottoman compte 12 évêques. Ils sont consacrés par le patriarche de Constantinople et doivent être autorisés par le gouvernement ottoman.
1437 Les Ottomans prennent la Transylvanie. Le comte Vlad Dracul (Dracula) devient vassal de l’Empire ottoman.
1439 Union de Florence. L’Eglise latine et l’Eglise byzantine s’unissent à la cathédrale Sainte-Marie-de-la-Fleur à Florence, le 6 juillet. Cette union est suivie de celles des Eglises orientales : arménienne, jacobite, maronite, éthiopienne et nestorienne. Une seule Eglise universelle est proclamée.
1440-1448 Croisade organisée par le pape Eugène IV contre Murat II, dirigée par le roi de Hongrie et de Pologne, Ladislas. Après quelques succès sur les Ottomans et le massacres des prisonniers musulmans, le sultan Murat II, est obligé de signer la paix d’Edirne, le 12 juin 1444. Mais, violant le traité, la croisade hongroise repart de Buda avec la participation des Vénitiens, en été 1444. Les croisés traversèrent la Bulgarie, détruisant les villages musulmans et chrétiens « schismatiques » et arrivèrent à Varna en novembre où les Ottomans leur infligent une défaite. Les Hongrois se dirigent sur la Serbie et sont interceptés par Murat II à Kosovo (17-20 octobre 1448).
1444 Abdication du sultan Murat II en faveur de son fils Mehmet II. Murat se retire dans ses terres de Magnésie (Manisa).
1448-1453 Règne de Constantin XI Dragasès.
1449 Le 6 janvier, Constantin XI Dragasès est couronné basileus dans la métropole de Mistra. Le 12 mars il fait son entrée à Constantinople avec l’assentiment de Murat II, suzerain de Romanie.
1451 Décès du sultan Murat II et proclamation du nouveau sultan Fatih Mehmet II.
Le patriarche unioniste Grigorios Mammas, s’enfuit à Rome.
1452 Le sultan Mehmet II, fait construire par le Romain converti Zaganos pacha, le fort de Roumélie, en face du fort d’Anatolie, construit en 1396 par Beyazıt Ier, à 15 km au nord de Constantinople, sur le Bosphore. Les deux forts coupent ainsi l’accès à la mer Noire, aux Romains.
Les territoires romains et ottomans, sont secoués par les débats entre les partisans de l’Union de Florence et les anti-unionistes. La proclamation de l’Union des Eglises, pourrait permettre une intervention des Latins contre les Ottomans qui menacent de prendre Constantinople. Un débat public est organisé à l’
église du Pantokrator (Zeyrek) et quelques jours plus tard, des renforts génois arrivaient de Chio.
Le 12 décembre, l’Union de Florence est proclamée à
Sainte-Sophie. La grande église est immédiatement et définitivement désertée par les orthodoxes.
1453 Le 26 janvier, les navires vénitiens quittent Constantinople malgré l’interdiction.
Le 28 janvier, l’ancien podestat génois de Caffa, Gian Giutiniani pénètre dans le port de Constantinople avec deux navires et 700 hommes.
Le 2 avril, l’empereur Constantin fait tendre la chaîne qui barre la
Corne d’Or, entre Galata et Constantinople.
Le 18 avril, premier bombardement ottoman contre Constantinople. Il dura 8 jours.
Dans la nuit du 22 au 23 avril, le sultan fait passer 80 bateaux depuis
Tophane à la Corne d’Or, par la colline de Péra (41 m. d’altitude). Les bateaux sont  halés par des attelages de buffles sur 1,4 km.
23 mai, le sultan
Mehmet II offre à l’empereur Constantin XI la possibilité de se rendre et lui promet la vie sauve ainsi qu’à la population. Refus de l’empereur.
29 mai, assaut final et conquête de la ville par les Ottomans.
Octobre, les despotes romains de Morée deviennent vassaux du sultan et paient tribut.
La ville de Galata, dont le podestat a donné les clés au sultan et fait sa soumission, conserve ses avantages commerciaux et fiscaux.
1454 Le 6 janvier, intronisation après élection, du patriarche Gennadios, par le sultan Fatih Mehmet II.
Le nouvel ‘empereur des Romains’,
le sultan Fatih Mehmet II, crée le millet (nation religieuse), des Romains orthodoxes, sous la direction du patriarche Gennadios, pour faire face au pape de Rome, chef spirituel de l’Occident catholique. L’orthodoxie est la religion la plus répandue dans l’Empire ottoman à cette date.
Des avantages commerciaux et fiscaux (capitulation) sont accordés à Venise. Les deux républiques italiennes possèdent chacune un comptoir à Constantinople.
1455 Création du millet juif sous la direction du Hahambaşı Musa Kapsali.
1458 Les despotes romains de Morée, vassaux du sultan, ne paient pas leur tribut, ce qui provoque l’annexion de la région à l’empire, après une courte guerre. Les dernières possessions romaines sont annexées les années suivantes, sauf Monemvasia livrée à Venise par ses habitants et annexée seulement en 1540.
1459-1475 Mehmet II fait venir à Constantinople, les marchands et artisans chrétiens d’Amasra, de Phocée, de Trébizonde, de Corinthe, d’Argos, de Karaman, de Caffa et d’Eubée, afin de repeupler la ville qui s’était dépeuplée dès l’occupation latine de 1204-1261.
1460-1461 Le grand vizir Mahmut, un Romain de la famille des Ange, achève la conquête de la Grèce en prenant le despotat de Mistra.
1461 Prise de Trébizonde par les armées ottomanes. Fin de l’Empire romain. Toute la Romanie est possession ottomane.
Création du millet
arménien grégorien sous la direction de l’archevêque de Brousse, Mgr Yovakim, créé patriarche par le sultan.
1463-1479 Guerre contre la République de Venise.
1463 Conquête de la Bosnie-Herzégovine.
1481-1512 Règne du sultan Beyazıt II.
1492 Le sultan Beyazıt envoie sa flotte en Espagne afin de transporter vers l'empire, les centaines de milliers de réfugiés juifs chassés par Isabelle la Catholique.
1493 Les réfugiés juifs d'Espagne installent l’imprimerie à Constantinople.
1497 Arrivée des réfugiés juifs du Portugal.
1503 Les principautés de Moldavie (Bogdan) et de Valachie (Eflak) deviennent vassales des Ottomans. Elles gardent une autonomie.
1507 Les Portugais s’installent à Ormuz.
1512-1520 Règne du sultan Selim Ier le Terrible.
1513-1514 Lutte contre les alévis, considérés comme hérétiques musulmans par les autorités sunnites. Massacres par les troupes de Selim Ier, soutenus par la Perse.
1517 Conquête de l’Egypte par le sultan Selim Ier qui prend le titre de calife. L’autorité morale et spirituelle des musulmans, siège dorénavant à Constantinople.
La majorité de la population musulmane de l’Empire ottoman est dorénavant,
sunnite.
1533 Le grand amiral Hayrettin Barbaros dit Barberousse (1466 Lesbos –1546 Istamboul), offre l’Algérie à l’Empire ottoman.
1536 Une capitulation est négociée avec la France, mais Soliman le Magnifique ne la ratifie pas.
1537 Les Ottomans occupent Aden au Yémen, afin de verrouiller la mer Rouge.
1541 Les Ottomans annexent la Hongrie.
1551 Fondation de l’Eglise chaldéenne.
1553 Arrivée de plus de 10 000 Marranes d’Europe occidentale où ils sont persécutés, sous la conduite de Dona Gracia Mendès, dite la Senora. Les réfugiés viennent du Portugal, d’Espagne, d’Italie, de France, de Flandre et d’Angleterre.
1569 Une capitulation est signée avec la France, deux cents ans après les premiers accords commerciaux avec Gènes.
Autonomie de Tibériade et de Séfad en Palestine, sous autorité juive. 
1571 Le 7 octobre, bataille de Lépante (Nafpaktos / Inebahti) et défaite des Ottomans contre l’armada espagnole et les coalisés catholiques. Destruction complète de la flotte ottomane.
Bombardement de
Nicosie et de Famagouste. Conquête de Chypre avec l’aide de la population orthodoxe. Les églises catholiques sont transformées en mosquées ou en églises orthodoxes.
1574-1595 Règne du sultan Murat III
1580 Une capitulation est signée avec l’Angleterre.
1590 Fondation d’Alexandrette sur les ruines de la ville fondée par Alexandre le Grand, par les Vénitiens afin de se soustraire aux droits de douane du port ottoman de Tripoli (Liban).
1612 Une capitulation est signée avec la Hollande.
1623-1640 Règne du sultan Murat IV
1636 Perte du Yémen.
1638 Construction du premier temple protestant (calviniste) à Istanbul par les Hollandais.
1669 Conquête de la Crète. Les Latins y en sont chassés.
1674 Conquête de la Podolie, territoire situé aux portes de Kiev, occupé par les Cosaques Zaporogues et appartenant à la Pologne.
1683 Echec du 2e siège de Vienne, les Ottomans se retirent de la Hongrie, de la Transylvanie et du Banat de Temesvar, récupérés par les Habsbourg d’Autriche. La Hongrie ottomane demeure protestante tandis que la Hongrie autrichienne redevient catholique.
1687 Les Vénitiens s’emparent d’une partie du Péloponnèse et font sauter le Parthénon à Athènes.
1699 Traité de Karlowitz. L’Autriche prend la Hongrie et la Transylvanie à l’Empire ottoman, la Pologne récupère la Podolie, Venise occupe le Péloponnèse et les côtes dalmates.
1702 Massacre de la quasi-totalité de la population musulmane par les chrétiens, au Monténégro. Les survivants s'installent dans les montagnes à la frontière serbe.
1710-1711 La Valachie et la Moldavie autonomes perdent leurs princes roumains à la suite d’une alliance avec la Russie. Le sultan offre les deux couronnes aux Phanariotes (noblesses grecques d’Istamboul), qui régneront sur la Roumanie jusqu’en 1821 en imposant la langue et la culture grecque.
1715 Les Vénitiens sont chassés de Grèce.
1724 Fondation de l’Eglise melkite catholique.
1742 Fondation de l’Eglise arménienne catholique
1763 Fondation de l’Eglise syrienne catholique.
1773  L’Autriche-Hongrie annexe la Bukovine.
1774 Traité de Küçük Kaynarca consacrant la perte de la Crimée au profit de la Russie de Catherine II et la « protection » des orthodoxes de l’Empire ottoman par les Russes.
1783 La Russie annexe le Khanat de Crimée. Premier exode des Tatares de Crimée vers l'Empire ottoman.
1789-1807 Règne de Selim III.
1784 La Russie occupe Petrovsk et sa région, dans le Daghestan et établit son protectorat sur le royaume géorgien de Kartli qui venait d’absorber le royaume voisin de Kakhétie.
1792 Traité de Iassi. La Russie occupe la Bessarabie et les territoires au nord du Dniestr.
La Grande-Bretagne installe un comptoir commercial à Koweït, tenu par la British India Compagny.
1797 Le bourgeois Rigas (orthodoxe), fait imprimer une constitution républicaine qu’il voulait donner après le renversement de la monarchie. Il est arrêté, condamné à mort et exécuté, en juin 1798.
1798-1801 Invasion française en Egypte ottomane. Les troupes de Bonaparte doivent se retirer en septembre 1801, après capitulation.
1802 La Grande-Bretagne s’empare d’Aden est en fait une colonie.
Le roi de Kartli lègue à sa mort, son royaume à la Russie
1803 La Russie occupe la Mingrélie, royaume géorgien du Caucase.
1804 Les Wahhabites s’emparent des Lieux Saints, les Ottomans perdent le contrôle du Hedjaz.
Révolte en Serbie alimentée par les Serbes de la Voïvodine autrichienne et appuyée par la Russie.
La Russie absorbe les principautés caucasiennes d’Imérethie et de Gourie
1806 Disparition de l’Empire romain germanique.
L'Ossétie est absorbée par la Russie.
1807 Le 29 mai, déposition du sultan Selim III après une révolte de l’armée et des religieux, contre ses réformes. Mustafa IV est proclamé sultan.
1808 Assassinat du sultan Selim au palais, ce qui provoque une contre-révolution. Le sultan Mustafa IV est déposé et Mahmut II est proclamé sultan.
1808-1839 Règne du sultan Mahmut II.
1810 Révolte en Serbie, au cœur de l’Empire ottoman, contre le pouvoir central, soutenues notamment par la Russie.
L’Abkhazie est annexée par la Russie, ainsi que les khanats de l’Azerbaïdjan iranien
1812 Traité de Bucarest consacrant la perte de la Bessarabie au profit de la Russie
1815 Annexion par l’Autriche-Hongrie, des territoires dalmates.
1817 Autonomie de la Serbie.
1821 Alexandre Ypsilanti, avec l’aide d’une fraction pro-russe du patriarcat phanariote, organise une petite armée grecque en Russie et envahit la Roumanie. Les Roumains ne suivent pas et se retournent contre l’armée phanariote, sous la direction de Tudor Vladimirescu, qui est arrêté par les rebelles et exécuté. Le patriarche de Constantinople est pendu par les autorités ottomanes.
La Roumanie reste ottomane, mais les Phanariotes en perdent définitivement leur pouvoir (suppression de l’autonomie). Suppression de l'autonomie de l'île de Samos et de la province d'Ayvalık (Aivali).
Révolte en Grèce sous l’impulsion des frères constantinopolitains
Ypsilanti, avec le soutien des Grecs d’Odessa, du patriarche de Constantinople et des puissances étrangères.
1826 Le 15 juin, massacre des janissaires et suppression de leur corps d’armée, par Mahmut II.
1827 Insurrection en Grèce soutenue par la France, la Grande-Bretagne et la Russie. Le gouvernement central fait appel à la flotte du khédive d’Egypte. La répression égyptienne est violente et entraîne l’intervention des puissances qui brûlent les navires égypto-ottomans à Navarin. L’armée russe attaque par la Bessarabie et descend jusqu’à Edirne (Andrinople).
1829 La Russie impose un traité à l’Empire ottoman (traité d’Andrinople), qui consacre l’indépendance de la Grèce et l’annexion par la Russie du delta du Danube et de la Meskhétie, dans le Caucase ottoman (Akhaltsikh, Akhalkalaki et  Sourmalou).
Le sultan interdit les costumes orientaux et rend obligatoire l’habit et l’uniforme occidental. Le fez remplace toutes les formes de turbans. L’habit traditionnel de chaque communauté est autorisé uniquement pour les femmes et les hommes de religion.
1830 Indépendance de la Grèce.
Mehmet Ali pacha, vice-roi d’Egypte (province ottomane autonome) occupe la province de Syrie
Invasion de l’Algérie ottomane par la France.
1831 Premier journal officiel le Takvim-i Vekayi.
1832 Le Traité de Londres ratifie l’indépendance de la Grèce et érige l’île de Samos, qui avait participé à l’insurrection grecque, en principauté autonome, dans le cadre de l'Empire ottoman.
1835 Renforcement du pouvoir ottoman en Cyrénaïque et en Tripolitaine.
1838-1839 La Porte signe une série d’accords avec les puissances étrangères qui ouvrent le marché intérieur et qui va entraîner l’empire dans une dépendance économique.
1839-1861 Règne du sultan Abdülmecid Ier
1839 Proclamation du rescrit de Gülhane annonçant de grandes réformes dans l’empire (Tanzimat). Egalité de tous les sujets de l’Empire ottoman.
La province de Syrie tombe à nouveau sous l’autorité de Constantinople après l’occupation par Mehmet Ali d’Egypte.
1840 Le Hedjaz est de nouveau occupé par les Ottomans.
Installation des réfugiés polonais, dont leur pays est occupé par la Russie, dans la région anatolienne du Bosphore
(Polonezköy - Adampol)
1840-1841 Crise d’Orient. Lutte de pouvoir entre la France et l’Angleterre pour le contrôle de l’Egypte ottomane.
Reconnaissance du pouvoir héréditaire à Mehmet Ali sur l’Egypte ottomane.
1849 Implantation de l’armée ottomane sur les côtes du Yémen (Tihama).
1853 Déclaration du tsar Nicolas Ier à l’ambassadeur anglais Hamilton Seymour : « Nous avons sur les bras un homme malade. Ce serait un grand malheur s’il devait nous échapper. Entendons-nous pour partager son héritage. » A partir de cette date, l’Empire ottoman sera désigné comme « l’homme malade de l’Europe ».
1853-1856 Guerre de Crimée qui éclate sur une question religieuse : la dispute de la garde des Lieux saints à Jérusalem entre catholiques latins (soutenus par la France) et orthodoxes (soutenus par la Russie). La Russie a également des visées territoriales sur l’Empire ottoman. Soutien de la France et de l’Angleterre à l’intégralité du territoire ottoman.
1855 Première communication télégraphique entre Constantinople et le reste de l’Europe.
1856 Traité de Paris (mars). La mer Noire est démilitarisée (la Russie ne peut y entretenir une flotte de guerre). L’Empire ottoman est admis dans le concert européen et le principe de non-intervention dans les affaires ottomanes, est consigné dans le texte du traité. Réunion des principautés de Valachie et de Moldavie qui formeront la nouvelle principauté autonome de Roumanie
Renforcement des principes des réformes du Tanzimat (liberté des cultes, l’égalité civile, représentation accrue des non-musulmans dans les institutions et l’administration de l’Etat).
L’emprise économique des Européens occidentaux, s’intensifie sur l’Empire ottoman avec la construction de la ligne de chemin de fer
Smyrne-Aydin, la création de la Banque ottomane, tous deux à capitaux anglais.
Début de l’endettement de l’Empire ottoman avec un emprunt de 2,5 millions de livres turques pour couvrir les frais de guerre. Dépenses inconsidérées des sultans Abdülmecid et Abdülaziz, et de la plupart des membres de la famille impériales qui se font construire de
somptueux palais le long du Bosphore et de la Corne d’Or.
1858 Promulgation du nouveau code pénal et d’un nouveau code foncier.
La Svanetie (Caucase) est annexée par la Russie. Nombreux réfugiés svanes dans l’Empire ottoman, qui sont installés notamment sur la mer Noire.
1859 Le cheikh Chamyl, chef des résistants du Daghestan à l’invasion russe, est capturé.
1860 Tentative de sédentarisation des tribus kurdes et druzes.
1861-1876 Règne du sultan Abdülaziz.
1861-1864 Les principales communautés religieuses autonomes (millet), sont encouragées par l’Etat, à se doter de constitutions. Le système des millet, nations religieuses autonomes, devient encore plus institutionnalisé.
1862 Visite officielle du sultan Abdülaziz et de ses neveux, le prince héritier Murad et le prince Abdülhamid, en Egypte, où la population leur réserve un accueil chaleureux.
1863 La Grèce tombe dans le giron de l’Angleterre, qui lui fait cadeau des îles ioniennes qu’elle occupait.
1864-1867 Réorganisation de l’administration provinciale.
1864 Les Circassiens qui résistaient toujours à l’invasion russe dans le Caucase, déposent les armes. Un nombre considérable de réfugiés arrivent dans l’Empire ottoman. Ils sont installés notamment dans les provinces orientales d’Asie Mineure (Arménie ottomane).
1865 Création de la société secrète des Jeunes Ottomans par des journalistes et des écrivains, dont le poète Namik Kemal. Contraints de s’exiler, les membres de cette société continueront à conspirer contre l’empire, dans les principales villes d’Europe occidentale (Paris, Genève, Londres).
Epidémie de choléra au Hedjaz, 30 000 pèlerins y trouvent la mort.
1867












 
Voyage officiel du sultan Abdülaziz et des princes Murad, Yusuf Izzeddin et  Abdülhamid en Europe occidentale (Paris, Londres, Berlin, Vienne).
L’empire concède aux étrangers le droit de propriétés foncières, qui entraînera par la suite la question d’une colonisation foncière, prélude à une colonisation pure et simple, qui inquiète les milieux gouvernementaux.
Révoltes des paysans chrétiens en Herzégovine et en Crète, contre l’administration centrale et contre la bourgeoisie musulmane.
La Serbie occupe définitivement Belgrade, ancienne place forte hongroise. En compensation, l’Autriche-Hongrie, par le baron von Hirsch, obtient
la concession des chemins de fer de Roumélie.
Une armée ottomane débarque dans la région d’
Antioche-Alexandrette afin de « pacifier » et sédentariser les tribus turkmènes. A cet effet, les villes d’Islahiye, d’Hassa et Reyhaniye sont fondées dans la vallée du Karasu, affluant de l’Oronte.
1868 Création du Conseil d’Etat afin de préparer les règlements et les lois.
Ouverture du
lycée impérial de Galatasaray (de langue française).
1869 Mort du grand vizir Fuad Pacha, l’un des plus grands réformateurs ottomans.
Ouverture du canal de Suez.
1870 Renforcement du sentiment religieux dans les populations musulmanes de l’empire, provoqué par l’arrivée massive des réfugiés musulmans de Crimée et du Caucase, les révoltes incessantes des orthodoxes des Balkans et par les privilèges accordés aux chrétiens, par le gouvernement ottoman.
Les musulmans à l’extérieur de l’Empire ottoman, victimes de la colonisation impérialiste occidentale, demandent l’aide du sultan-calife.
1871 Conférence de Londres. Les Russes obtiennent la révision du traité de Paris. Ils peuvent dorénavant entretenir une flotte de guerre en mer Noire et des bases militaires. La Russie s’investie d’une mission de soutien des peuples slaves (panslavisme) afin de donner une nouvelle dimension à l’expansionnisme russe au détriment de l’Empire ottoman.
1872 Le prince-héritier Murad, entre en franc-maçonnerie et se lie à la société secrète des Jeunes Ottomans.
1873-1874 Famine en Anatolie orientale.
1875 Révolte des paysans orthodoxes d’Herzégovine (juillet) et de Bosnie (août), encouragée par la Serbie autonome, la Russie et l’Autriche. Cette révolte provoque une série de crises politiques et financières dans la capitale. Le Monténégro autonome vient à l’aide des rebelles, suivit de la Serbie.
Le 6 octobre 1875, le grand vizir Mahmud Nedim annonce la cessation partielle de paiement de l’Etat. Les porteurs de bons ottomans, recevront la moitié des intérêts dus pendant cinq ans. Toute l’Europe traverse une dépression économique, et la banqueroute de l’Etat ottoman entraînera une flambée de la turcophobie dans l’opinion publique. 
1876 La révolte de Bosnie-Herzégovine prend de l’ampleur et attire l’attention de l’Autriche-Hongrie et de la Russie, qui ont toutes deux des visées territoriales dans les Balkans ottomans
Le Monténégro est en état de rébellion.
Mai : des révolutionnaires bulgares, soutenus par la Russie et la Serbie, déclenchent une insurrection dans la région de Filibe (Plovdiv). Massacres des paysans musulmans par centaines, dans la région. La répression des autorités sera brutale, faisant des milliers d’autres victimes, et va susciter des réactions très vives dans l’opinion publique d’Europe occidentale. Les consuls d’Allemagne et de France à Salonique, seront assassinés le 6 mai par une foule en colère.
Le 10 mai, grande manifestation populaire devant la
mosquée du Conquérant (Fatih), contre le sultan, le grand vizir et le gouvernement, incapables de protéger les musulmans des Balkans. Le 30 mai, deux bataillons prennent position autour du palais impérial de Dolmabahçe et procèdent à l’arrestation du sultan Abdülaziz qui est destitué et remplacé par le Murad V.
Le 2 juin, le sultan Murad V se rend à
Sainte-Sophie, acclamé par l’ensemble de la population stambouliote, musulmans, juifs et chrétiens réunis.
Le 4 juin, Abdülaziz est trouvé mort dans
sa résidence de Feriye. Les médecins concluent au suicide, mais il s’agit d’un assassinat commandité par le vizir Midhat pacha.
Le 30 juin, le prince Milan de Serbie, déclare la guerre à l’Empire ottoman, suivi par le Monténégro, le lendemain. La Russie envoie des « volontaires » et des conseillers militaires en Serbie et au Monténégro.
Le 31 août, déposition du sultan Murad V, incapable de régner pour cause de maladie nerveuse, de troubles mentaux et d’alcoolisme. Abdülhamid II est proclamé sultan.
Septembre, publication à Londres de « Bulgarian Horrors », qui sera un des instruments de la propagande anglaise contre l’Empire ottoman.
Octobre-novembre : L’armée ottomane remporte de larges succès face à la Serbie, et reprend en quelques mois le Sandjak de Yenipazar (Novipazar), Aleksinatz et marche sur Belgrade. Le prince Milan appelle la Russie au secours, ce qui attire l’attention des Anglais, bien décidés à ne pas laisser l’expansionnisme russe sans limite dans les Balkans. Les Anglais proposent une conférence internationale à Constantinople afin d’imposer des réformes dans les Balkans, ce qui signifie une véritable ingérence dans les affaires ottomanes.
Le 23 décembre, proclamation de la Constitution. Abolition de l’absolutisme, égalité de tous devant la loi, reconnaissance aux Ottomans chrétiens des droits et des devoirs à égalité.  L’Empire ottoman devient officiellement une monarchie constitutionnelle.
Le 23 décembre, ouverture de la Conférence de la Corne d’Or, au
palais de l’Amirauté, réunissant la Russie, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, l’Italie, la France et les représentants ottomans. Les puissances étrangères veulent imposer des modifications de frontières en Serbie et au Monténégro et veulent créer deux préfectures en Bulgarie afin de séparer les musulmans et les chrétiens. Les Ottomans n’accepteront pas l’ingérence étrangère ni l’atteinte à l’intégrité territoriale de l’empire.
1877 Le 15 janvier, convention secrète entre la Russie et l’Autriche-Hongrie (partage des Balkans) : en cas de guerre russo-ottomane, le gouvernement austro-hongrois resterait neutre en échange de quoi, il pourrait occuper la Bosnie-Herzégovine. La Russie s’engage à ne pas intervenir dans la partie occidentale des Balkans.           
Le 20 janvier, la Conférence de la Corne d’Or se termine par un échec.
Le 28 février, signature du traité de paix avec le prince Milan, qui craint que la Serbie autonome, ne fasse les frais des accords austro-russes.
Le 18 mars, nouvelle convention entre la Russie et l’Autriche-Hongrie : L’Autriche se réserve le droit d’annexer la Bosnie-Herzégovine, la Russie, d’annexer la Bessarabie perdue au traité de Paris. Aucun grand Etat slave ne pourrait être formé dans les Balkans. En cas de désintégration de l’Empire ottoman, la Grèce annexerait la Thessalie, le nord de l’Epire et la Crète, alors que Constantinople deviendrait une ville franche.
Mars : Dostoïevski écrit dans un journal : « Constantinople doit être à nous, afin de libérer l’orthodoxie de la barbarie musulmane et de l’hérésie occidentale ». Il est le porte-parole d’une opinion publique russe autant turcophobe qu’anti-occidentale.
Le 24 avril, après la signature d’une convention avec la Roumanie, les troupes russes pénètrent dans l’empire en franchissant le Pruth. Dans le Caucase, les armées russes se dirigent vers Ardahan, Beyazit et Kars. Les troupes russes ne rencontrent que peu de résistance à leur avance, à travers la Roumanie et la Bulgarie. Après quelques défaites des armées russes en juillet, le front oriental cède avec la prise de Kars, puis le 10 décembre, c’est autour de la ville de Plevna en Roumélie. Les victoires militaires russes incitent les Serbes à reprendre les armes contre les Ottomans. Ils prennent Pirot, Nich et font leur jonction avec les Russes à Sofia.
1878 Au mois de janvier, c’est autour des Monténégrins de profiter des défaites ottomanes : ils occupent Bar (Antivari) et Ülgün sur l’Adriatique. La Grèce, décide au dernier moment de participer à la guerre contre l’Empire, dans l’espoir d’annexer l’Epire et la Thessalie. Les Russes prennent la ville d’Edirne le 20 janvier et se dirigent vers Constantinople. L’armistice est signé à Edirne le 31 janvier, mais les troupes russes avancent encore vers la capitale ottomane jusqu’en février et stationnent à Yesilköy (San Stefano), à dix kilomètres de Constantinople. Les Anglais, soucieux de voir les Russes dans la zone des Détroits, passent avec leur flotte les Dardanelles et jettent l’ancre au large des îles des Princes.
Abdülhamid renvoie le parlement (février).
Traité de San Stefano. La Russie impose à l’Empire ottoman, la création d’une grande Bulgarie, s’étendant sur la Macédoine, avec un accès à la mer Egée. Elle aura le statut d’Etat autonome et sera occupée pendant deux ans par l’armée russe. La Roumanie, la Serbie et le Monténégro seront reconnus comme Etats indépendants. La Russie annexe la Bessarabie et donne en compensation la Dobroudja à la Roumanie. Le Monténégro triple son territoire et obtient un accès à l’Adriatique. La Crète et la Bosnie-Herzégovine deviennent autonomes. Ardahan, Batoum, Kars et Bayezit sont annexés par la Russie. Un statut particulier doit être appliqué dans les régions d’Anatolie orientale, favorisant les populations arméniennes et les protégeant contre les Kurdes. L’Empire ottoman, à titre de dommages de guerre, se voit contraint à payer 35 millions de livres ottomanes à la Russie. Le traité de San Stefano sera ratifié le 17 mars.
Les puissances d’Europe occidentale, notamment l’Autriche-Hongrie et l’Angleterre, réussissent à forcer les Russes à réviser le traité de San Stefano. Bismarck, en médiateur, propose une conférence à Berlin.
Le gouvernement anglais propose au sultan de soutenir les Ottomans au futur congrès de Berlin et promet d’intervenir en cas d’attaque russe en Anatolie orientale. Les conditions en sont : des réformes avec l’aide de la Grande-Bretagne dans les provinces arméniennes, et que l’
île de Chypre soit occupée provisoirement par les Britanniques.
Le 20 mai, putsch manqué, organisé par l’ex-directeur du
lycée de Galatasaray, Ali Suavi.
Le 4 juin, signature de la convention secrète entre les Anglais et les Ottomans : l’
île de Chypre est sous administration anglaise, dans le cadre de l’Empire ottoman.
Le 13 juin, ouverture du congrès de Berlin et trahison des Anglais qui viennent de mettre la main sur
Chypre. Ils proposent l’occupation de la Bosnie-Herzégovine par l’Autriche-Hongrie et un gain territorial grec en Epire et en Thessalie. Le « Congrès de la Honte », comme il convient de l’appeler a pour acteurs les mêmes participants qu’au traité de Paris (Russie, Autriche-Hongrie, Italie, Allemagne, Grande-Bretagne, Empire ottoman et France). Les représentants ottomans, Alexandre Karatodori et Mehmet Ali pacha, un Prussien naturalisé, sont traités avec mépris, comme tous les peuples des Balkans dont l’avenir dépend du traité, et qui n’ont pas été invités à participer à la conférence.
Le 13 juillet, signature du traité de Berlin, qui remplace celui de
San Stefano. L’Angleterre et l’Autriche-Hongrie sont les grandes gagnantes. Ces deux Etats obtiennent d’importants gains territoriaux, alors qu’ils n’ont pas participé à la guerre. L’Empire ottoman, perd plus de 200 000 km² avec une population de près de cinq millions et demi d’habitants. La Bulgarie, réduite aux frontières du Danube et aux Rhodopes, est érigée en principauté, dépendante de l’empire. Au Sud, une province autonome, avec un gouverneur chrétien est crée (Roumélie orientale). La Serbie est déclarée indépendante et s’agrandit de la région de Nich. Le Monténégro s’agrandit du port de Bar (Antivari). Le Sandjak de Novipazar (Yenipazar) est occupé militairement par l’Autriche-Hongrie. La Russie conserve les provinces de Kars et d’Ardahan. La Grèce obtient une révision de frontières avec des gains territoriaux importants en Thessalie, moindres en Epire. Les Arméniens ottomans obtiennent un contrôle des réformes et améliorations promises par la Porte dans les provinces d’Anatolie orientale, et une protection contre les Circassiens et les Kurdes. Ils n’obtiennent pas l’autonomie qu’ils espéraient.
Les Arméniens de Zeytinlik (Zeïtoune) se révoltent ainsi que les Druzes du Hauran.
Troubles en Anatolie orientales. L’armée étant au front, les tribus kurdes se sont livrées librement au pillage des villages arméniens et des révoltes se sont produites dans le Dersim, à Siirt, à Muş et à Hakkari.
La langue bulgare est créée sur la base du slavon et devient la langue officielle des Bulgares orthodoxes "schismatiques" des provinces autonomes. Les Bulgares musulmans conserveront le turc ottoman et les Bulgares fideles au patriarcat de Constantinople, la langue grecque.
1879 Résistance de la population orthodoxe et musulmane à l’occupation autrichienne de la Bosnie et de l’Herzégovine. Le sultan Abdülhamid n’intervient pas.
L’Angleterre a des projets de construction d’une ligne de chemin de fer en Mésopotamie et entrevoit la possibilité d’un protectorat sur la « Turquie d’Asie ».
L’Angleterre refuse de financer les réformes prévues en Asie Mineure, par la convention de
Chypre.
En juillet, les Anglais et les Français contraignent le sultan à destituer le khédive d’Egypte, Ismail pacha, qui est remplacé par Tefvik pacha, plus docile.
Dès la fin de l’année 1879, l’Angleterre, autrefois la meilleure alliée de l’empire, devient son principal ennemi. Il devient urgent à trouver d’autres alliés. L’Autriche-Hongrie lorgne sur Salonique et la France sur la Syrie, tout en soutenant la Grèce contre l’empire.
Entre 1877 et 1879, les réfugiés musulmans, fuyant les massacres, refluent par centaines de milliers vers la Macédoine et la Thrace. Ils sont originaires de Valachie, de Moldavie, de Bessarabie, de Serbie, de Bulgarie, de Thessalie et du Monténégro. On estime à 1 500 000 le nombre total des réfugiés balkaniques.
1879-1880 Famine en Anatolie orientale, particulièrement dans les provinces de Van, de Diyarbakır et d’Erzurum.
1880 Malgré la résistance des Albanais ottomans, la ville d’Ülgün  (Dulcigno) est occupée par le Monténégro, puis annexée, après les menaces navales des puissances occidentales.
Révolte du chef kurde, l’agha Ulbeydullah bien décidé à ne pas laisser s’implanter un Etat arménien dans la région. Il crée une ligue en espérant jouir d’une autonomie à la bulgare. En octobre, il entreprend une expédition contre l’Iran, mais pris en tenaille entre l’armée iranienne et l’armée ottomane, il sera capturé et emmené à Constantinople.
La Grande-Bretagne signe un traité avec l’émir de Bahrein et accentue sa présence dans le Golfe persique.
Inquiétant accroissement de la population d’origine italienne en Tunisie (plus de 10 000 personnes).
1881 Naissance de Mustafa Kemal à Salonique.
Troubles en Albanie et mouvement indépendantiste en Syrie (Beyrouth et Damas), soutenus par les Anglais.
Manifestation au Caire contre les Européens occidentaux, les Turco-circassiens (classe dirigeante) et le khédive.
En décembre, un accord est signé entre le gouvernement et les créanciers étrangers de l’Etat. Un conseil d’administration de la
Dette publique ottomane est crée. Il deviendra plus tard, une sorte d’Etat financier dans l’Etat, qui contrôlera un tiers des revenus de l’empire, employant plus de sept mille personnes. Pièce maîtresse de l’impérialisme occidental dans l’Empire ottoman.
Invasion du Beylik de Tunisie par les Français, provoquant un afflux de réfugiés en Tripolitaine (plus de 100 000 personnes), où la résistance tunisienne s’organise avec l’aide du sultan. Le gouvernement ottoman, ne reconnaîtra pas le « protectorat » français sur la Tunisie et considérera les Tunisiens comme citoyens ottomans à part entière.
Renforcement de la présence ottomane en Cyrénaïque et en Tripolitaine, face aux menaces françaises et italiennes.
Arrivée en Anatolie de 500 000 réfugiés du Caucase russe, essentiellement des Mégréliens, des Circassiens et des Géorgiens, de confession musulmane.
1882 11 juillet, les Anglais bombardent Alexandrie prétextant de rétablir l’ordre en Egypte en proie à de violents troubles contre le khédive et l’administration franco-britannique des finances. Puis, occupation de l’Egypte ottomane par les Anglais (violation de l’intégrité territoriale ottomane).
L’Empire ottoman, doit se trouver de nouveaux alliés parmi les puissances européennes et se rapproche du seul Etat n’ayant pas de visées territoriales dans les possessions ottomanes : l’Allemagne. Une dizaine de conseillers allemands arrivent à Constantinople, rompant l’isolement diplomatique dans lequel se trouvait le sultan Abdülhamit depuis le congrès de Berlin.
Fondation de la Chambre ottomane du Commerce.
Fondation en Palestine ottomane, de l’organisation nationaliste juive, les Amants de Sion, colonie agricole destinée à accueillir les survivants des pogroms en Europe centrale. Plusieurs milliers de juifs s’installent en Palestine, à Constantinople, à
Smyrne, à Salonique et à Edirne.
1883-1885 Révolte au Soudan ottoman. Le khédive d’Egypte en perd le contrôle.
1883 La Dette publique fonde la Régie des Tabacs qui a le monopole des tabacs, une des principales richesses de l’Empire ottoman. La Régie comptera jusqu’à 8 800 employés, essentiellement des Ottomans, les cadres étant uniquement des Européens occidentaux.
Fondation de l’Académie des Beaux-Arts à Constantinople.
1884 L’ancien grand vizir Midhat pacha est retrouvé assassiné dans sa prison.
1884 L’Allemagne augmente ses livraisons d’armes à l’Empire ottoman. En l’espace de quelques années, la France et l’Angleterre se sont trouvées évincées du marché militaire ottoman.
Des révolutionnaires bulgares attaquent le palais du gouverneur à Filibe, en Roumélie orientale. Le gouverneur en est chassé, tandis que le prince de Bulgarie, Alexandre de Battenberg, se fait proclamer « prince de la Bulgarie du Nord et du Sud ». La Roumélie orientale est annexée, mais le sultan Abdülhamit n’intervient pas. La Bulgarie reste vassale de l’empire.
Les puissances étrangères augmentent leur présence commerciale et culturelle dans l’empire. Multiplications des consulats, ouverture de bureaux de poste étrangers, augmentation des écoles étrangères ouvertes par des ordres religieux catholiques et des missions protestantes. Plusieurs dizaines de milliers d’élèves, généralement des Ottomans non-musulmans, fréquentent les écoles françaises. Les missions protestantes américaines se développent en Anatolie orientale. Les missionnaires construisent également des églises (ou temples), des dispensaires, des imprimeries.
1885 Création à Van du parti Armekan à tendance autonomiste
1886 Création de la Société Saint-Sava en Macédoine, société à but culturelle pour la prise de conscience nationale serbe en Macédoine.
1887 Création à Genève du parti révolutionnaire socialiste arménien le Hintchak. Les membres, originaire essentiellement du Caucase, réclament l’indépendance des territoires ottomans peuplés d’Arméniens et encouragent le terrorisme et la lutte armée, afin d’y parvenir.
La politique de russification entreprise par Alexandre III, entraîne un flot de réfugiés en Anatolie et en Macédoine, principalement des Tatares de Crimée, des Tatars de Kazan et des Abkhazes, des Azéris et des Ossètes du Caucase.
1888  Création de la Banque Agricole (Ziraat Bankası) afin d’accroître le développement de l’agriculture dans l’empire.
La concession du chemin de fer d’Anatolie est accordée à la
Deutsche Bank.
1889 Avril – mai, le chef kurde Musa Bey, se livre à des violences contre les villages arméniens de la région de Muş. Villages incendiés et rapts de femmes. De telles violences sont assez habituelles en Anatolie orientale, mais elles prennent des proportions qui font réagir la population arménienne de tout l’Empire. Musa Bey sera traduit en justice à Constantinople, mais sera acquitté à la surprise générale.
Avril – septembre, des bandes arméniennes déguisés en Kurdes, traversent la frontière en provenance d’Iran.
Juin, l’Albanais Ibrahim Temo, le Circassien Mehmet Resid, le Kurde Abdullah Cevdet et le Turc Ishak Sükuti, fondent le mouvement des Jeunes Turcs. Ils vont lutter contre le pouvoir du sultan Abdulhamid II.
Le directeur de l’Instruction publique de la préfecture de
Brousse, en voyage officiel lors de l’exposition universelle à Paris, demande l’asile politique en France. Ahmet Riza fondera à Paris, l’action militante du mouvement des Jeunes Turcs.
Juillet, le bateau Ertuğrul quitte le port de Constantinople pour une visite officielle au Japon. L’équipage est touché par une épidémie de choléra au Japon et le bateau coulera lors d’un ouragan, au retour. 69 survivants sur 610 membres d’équipage.
Août : le premier train de l’
Orient Express entre en gare de Sirkeci.
Abrogation du pacte d’Halepa, attribuant à la Crète une autonomie et un gouverneur orthodoxe à la suite de troubles indépendantistes.
Novembre, visite officielle de l’empereur d’Allemagne, le Kaiser Guillaume II, qui symbolise le rapprochement des deux pays après les invasions françaises et anglaises dans certaines parties de l’empire, qui a provoqué la fin des alliances traditionnelles.
Affaire Mayerling. Le 30 janvier, l’archiduc Rodolphe de Habsbourg, héritier de la couronne d’Autriche-Hongrie, est retrouvé mort en compagnie de sa maîtresse Marie Vetsera, dans un pavillon de chasse, près de Vienne. On conclut au suicide, mais néanmoins les rumeurs sur l’hypothèse d’un double meurtre pour des raisons politiques, vont circuler. Rodolphe de Habsbourg était connu pour ses sympathies avec la France. Marie Vetsera (17 ans), était la petite-fille du banquier stambouliote Alexandre Baltazzi. Le neveu de l’empereur François-Joseph Ier, François-Ferdinand, devient l’héritier du trône. Il sera assassiné à Sarajevo.
1890 Création à Tiflis de la Fédération révolutionnaire arménienne (Dashnak / Tasnak). Ce nouveau parti demande des réformes pour les provinces arméniennes ottomanes, mais pas l’indépendance.
Juillet, le parti arménien Hintchak organise une grande manifestation à Constantinople. Les participants occupent le
patriarcat arménien de Kumkapi et forcent le patriarche à les accompagner au palais du sultan, pour y déposer une pétition. L’intervention policière fait plusieurs victimes.
Le parti arménien Dashnak fortement implanté en Iran, organise la propagande anti-ottomane en Anatolie orientale, dans l’espoir de soulever la population locale. Le parti Dashnak cherche également à rallier les Kurdes à leur cause, sans succès.
1891 Le sultan Abdulhamid II crée une cavalerie kurde (Hamidiye) sur le modèle des Cosaques russes, en espérant canaliser le pouvoir des aghas de l’Anatolie orientale.
L’agitation arménienne prend de l’ampleur en Anatolie centrale et orientale, tandis qu’un courant arménophile s’étant en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et en Suisse, encouragé par les missions protestantes dans l’empire. Les ambassadeurs ottomans à Washington (l’orthodoxe Mavroyeni pacha) et à Londres (le catholique Rüstem pacha), essaient de contrecarrer les projets missionnaires, visant à monter l’opinion publique des Européens occidentaux et des Américains, contre l’Empire ottoman.
La Grande-Bretagne et l’Iran financent les mollahs
chiites d’Iraq afin de provoquer des troubles contre le pouvoir ottoman dans la région des villes saintes chiites et la Basse Mésopotamie.
Envoi de missionnaires
hanéfites (hanafites) à Bagdad pour convertir les populations chiites, sur le modèle des missions européennes et américaines, fortement présentes en Anatolie orientale. D’autres missions seront envoyées dans les régions à forte présence alévie, yézidie ou nosaïrie afin de convertir ces populations considérées comme hérétiques – en fait, non musulmanes -, à l’islam sunnite. D’autres missions hanéfites seront également envoyées en Syrie, en Paphlagonie (Sivas) et en Transjordanie, afin de contrer les missions catholiques et protestantes très actives.
La Ligue pangermaniste, envisage d’installer des colons allemands en Anatolie. Le projet n’aboutira pas, mais une petite colonie sera finalement installée dans la région du Caucase ottoman.
1892 Fondation de l’Ecole des Tribus à Constantinople afin d’augmenter le niveau d’instruction des tribus nomades ou semi-sédentarisées de l’empire (Kurdes, Albanais, Bédouins, Arabes, etc.).
Le commandant du Régiment des Réformes, Ömer Vehbi pacha, tente par la force de convertir les Yézidis à l’islam et saccage avec la troupe, le sanctuaire sacré de Lalis. Il est rappelé à Constantinople par le sultan.
1893 L’Affaire Dreyfus en France, bouleverse la population ottomane et des manifestations de soutien à la communauté juive, sont organisées dans les  principales villes de l’empire (Constantinople, Smyrne et Salonique).
Construction d’une chapelle commémorative à
San Stefano (Yesilköy), dans la banlieue de Constantinople, où les Russes s’étaient avancés en 1878.
Création de l’Organisation intérieure de la Macédoine, visant à émanciper la Macédoine de la domination ottomane.
Aboutissement du véritable premier recensement de la population ottomane, commencé en 1891. L’empire compte 17,5 millions d’Ottomans, d’ethnies et de religions différentes. Décroissement de la population musulmane de l’Empire, à peine compensée par l’arrivée des réfugiés du Caucase russe et des Balkans.
1894 Insurrection dans le sud de l’Assyr (Yémen).
Tentative d’assassinat contre le patriarche arménien de Constantinople, Mgr Aşikyan (Achikian), jugé trop ‘pro-ottoman’, par un révolutionnaire arménien.
10 juillet, violent tremblement de terre à Constantinople faisant des milliers de victimes et des dommages considérables. La censure hamidienne interdit de communiquer le nombre total des victimes et des réfugiés. L’aide est distribuée sans égard à l’appartenance communautaire.
Juillet, soulèvement arménien dans le Sasun, préfecture de Bitlis, contre les chefs des nomades kurdes qui veulent faire payer tribut aux paysans arméniens. Encouragés par des activistes du parti Hintchak, les Arméniens se révoltent également contre le pouvoir ottoman, ce qui entraîne l’intervention de l’armée et de la cavalerie kurde, les Hamidiye. La région est pacifiée. On compte plusieurs centaines de victimes du côté arménien (entre 265 et 500, selon les sources). Un mouvement arménophile s’organise en Europe et aux Etats-Unis sous pression des
Eglises protestantes. En Angleterre, l’Evangelical Alliance, pousse le gouvernement à agir contre les Ottomans. L’Angleterre, la France et la Russie, forment une Commission d’Enquêtes et font pression sur le gouvernement ottoman, pour engager des réformes dans les provinces arméniennes. Ces réformes, devraient aboutir à long terme, à l’indépendance de l’Arménie ottomane. Les pressions des Européens occidentaux, font naître un sentiment anti-arménien dans les populations musulmanes de l’Empire, sentiment inconnu jusque là.
Juillet, amnistie accordée aux détenus politiques arméniens.
Juillet-août, la Russie et la France changent sensiblement leur politique face à l’Empire ottoman. Pour les premiers, il n’est pas question d’une Arménie indépendante dans le Caucase, dont la partie russe est peuplée de nombreux Arméniens en voie de russification. La France suit son nouvel allié russe afin de préserver ses intérêts économiques dans l’Empire ottoman.
Négociations secrètes entre l’Angleterre et l’Allemagne sur le partage de l’Empire ottoman. Le plan anglais est repoussé par l’Allemagne.
Création en Grèce de la Société nationale (Ethniki Hetairia) dans les visées sont le rattachement de la Macédoine et de la Crète, au royaume de Grèce.
1895 Création à Sofia du Comité suprême extérieur de la Macédoine, visant à rattacher la Macédoine à la Bulgarie.
Fondation de l’
Eglise copte catholique.
Mai, des troubles éclatent en Crète, un gouverneur orthodoxe y est nommé par la Porte (Alexandre Karatodori pacha).
Juin-juillet, troubles chez les Druzes du Hauran, soutenus par l’Angleterre, l’armée y est envoyée, mais subit de lourdes pertes. Des centaines de soldats ottomans sont massacrés.
30 septembre, le parti arménien Hintchack organise une manifestation à Constantinople, devant le
patriarcat arménien de Kumkapi afin d’obtenir des réformes en Anatolie orientale et pour protéger les Arméniens contre les Kurdes. La manifestation qui se veut pacifique, regroupe néanmoins des membres armés du parti Hintchack, dont le but est de créer des troubles dans la capitale, afin de faire intervenir les puissances étrangères. La manifestation dégénére aux abords de la Sublime Porte (siège du gouvernement) et plusieurs dizaines de victimes sont dénombrées du côté arménien ainsi que du côté des forces de l’ordre.
17 octobre, proclamation des réformes à engager dans les six provinces arméniennes. Les Kurdes seront dorénavant étroitement surveillés par les autorités ottomanes en place. Pour les musulmans, les réformes signifient l’indépendance de l’Anatolie orientale à courts termes.
21 octobre, des émeutes anti-arméniennes commencent à Erzincan et se propagent à toute l’Anatolie orientale : Urfa, Malatya, Diyarbakır, Harput, Sivas, Antep, Amasya, Kayseri. Les pogroms commis parfois avec le soutien des autorités locales, feront, selon les estimations des missions protestantes américaines sur place, près de 37 000 victimes du côté arménien et 1 800 du côté musulman. Le gouvernement est resté quasiment impuissant, sauf dans les villes de Muş, Ankara, Tokat, Mersin, Mardin et Van, où les gouverneurs ont pu maintenir l’ordre. L’opinion publique d’Europe occidentale est déchaînée contre la ‘barbarie turque et musulmane’ au moment où s’opère un génocide contre les Amérindiens aux Etats-Unis et où les soldats du roi Léopold II au Congo, rapportent à leurs officiers, 1357 mains coupées, lors d’une opération de répression.
Troubles dans la ville arménienne de Zeytin (Zeïtoune) en Cilicie, qui prendront fin après quatre mois de résistance à l’armée, en février 1896.
1896 Février, les Druzes du Liban, se soumettent à l’autorité ottomane.
Mai, des émeutes éclatent à La Canée et à Candie (Crète), des centaines de Crétois musulmans sont massacrés par la population orthodoxe, partisane de l’annexion de l’île au royaume de Grèce (enosis).
Juin, émeutes arméniennes à Van. Intervention de l’armée qui subit de lourdes pertes.
Août, profitant de la situation précaire de l’empire, des militants macédoniens provoquent des incidents à la frontière bulgare contre les autorités ottomanes.
Le 26 août, 26 terroristes arméniens, membres du parti Dashnak s’emparent du siège central de la
Banque Ottomane à Galata, symbole de l’impérialisme financier européen dans l’empire. En s’en prenant directement aux intérêts financiers des puissances étrangères, les terroristes pensent faire intervenir les Européens en leur faveur, auprès du sultan. Cent cinquante personnes sont prises en otage et le sultan doit négocier directement avec les terroristes qui pourront partir libres à bord d’un bateau français, en direction de Marseille.
Dès que la nouvelle de l’occupation de la banque est connue en ville, il s’ensuit un massacre contre la population arménienne, commenté par les portefaix et les dockers albanais de
Galata. Selon Louis Rambert, administrateur de la Régie des Tabacs située sous le même toit que la Banque Ottomane, les pogroms auraient fait près de 8000 victimes dans toute la ville. 
Après l’action terroriste du Dashnak et les pogroms à Constantinople, les puissances européennes envisagent de renverser le sultan Abdülhamid II, à qui on fait porter la responsabilité des événements.
Le parti des Jeunes-Turcs représenté par le Comité d’Union et Progrès, dont la plupart des membres sont en exil en France, en Angleterre et en Egypte occupée, s’organise contre le sultan, en vue de le renverser.
Décembre, un complot contre le sultan est découvert. Il s’en suit une vague d’arrestations (350 personnes), dans les milieux de l’armée, la police, l’administration. Le parti des Jeunes Turcs porte la responsabilité.
Les deux partis socialistes arméniens sont discrédités dans l’opinion publique arménienne. Ils ont nettement contribués à la crise de 1894-1896 qui a entraîné des pogroms contre la population arménienne, en Anatolie orientale et à Constantinople.
Les troubles en Anatolie orientale ont provoqué un exode important de la population arménienne vers la Transcaucasie et en Iran (60 000 à 80 000 personnes) et vers les Etats-Unis (12 000 personnes).
1897 Février, de nouveaux combats ont lieu à La Canée entre les forces de l’ordre et les partisans du rattachement de l’île au royaume de Grèce. Le quartier musulman est incendié et la Grèce envoie un corps expéditionnaire. Les puissances européennes débarquent des troupes. L’opinion publique grecque est partisane de la « Megali Idea » (Grande Idée), c’est-à-dire d’annexer toutes les parties de l’Empire ottoman où vivent des populations orthodoxes hellénophones et la capitale ottomane, Constantinople.
Le 17 avril, après que des troupes grecques ont passé la frontière en Thessalie, le gouvernement déclare la guerre. Les troupes ottomanes avancent rapidement sur Larissa, tandis que le gouvernement grec rappelle l’armée installée en Crète. Les puissances européennes (Grande-Bretagne, Italie, Russie et France), qui soutiennent presque ouvertement la Grèce, font pression sur le gouvernement ottoman pour signé l’armistice (19 mai). La Crète reste une province autonome de l’Empire ottoman, mais les Crétois musulmans commencent à émigrer en masse vers les côtes d’Anatolie.
Juin-juillet, un complot du parti Jeunes Turcs est déjoué à Constantinople. Les responsables sont exilés en Tripolitaine.
1898 Les Etats-Unis d’Amérique demandent au sultan-calife Abdülhamit II, d’intervenir auprès des musulmans philippins afin que ceux-ci ne prennent pas les armes contre eux, pendant la guerre contre l’Espagne.
La situation économique et politique de l’Empire, encourage les Ottomans à s’installer dans d’autres pays, notamment au Brésil, aux Etats-Unis d’Amérique, en Colombie, à Cuba et au Canada. Des milliers d’Ottomans chrétiens, musulmans et juifs, quittent le Liban, la Syrie, l’Anatolie, la Crète et la Macédoine. Ils seront appelés ‘les Turcos’ (péjorativement) en Amérique du Sud. Le mouvement ne s’arrêtera pas avant les années 1925-1930.
Octobre-novembre, visite officielle de l’empereur d’Allemagne Guillaume II et de l’impératrice, à Constantinople et en Terre Sainte. L’Allemagne se désolidarise de la politique des puissances d’Europe occidentale en Crète, visant à rattacher l’île au royaume de Grèce.
1899 Le 23 décembre, un accord est signé pour la construction du chemin de fer de Bagdad. Les Allemands obtiennent la concession.
Troubles en Macédoine et actions terroristes s’en prenant aux intérêts ottomans et étrangers. Attaques de trains, pillages, rapts organisés par différents groupes séparatistes serbes, bulgares, grecs ou valaques.
1900 La capitale ottomane atteint ses 900 000 habitants, sans les faubourgs.
Commencement des travaux de la ligne de chemin de fer du Hedjaz, qui reliera la capitale ottomane aux Lieux Saints. Le 1er septembre, fête du jubilé du sultan Abdülhamid II (25 ans de règne).
Sans succès, le sultan Abdülhamid II essaie de se débarrasser du système des capitulations, qui donne illégalement de vastes privilèges aux Européens occidentaux installés dans l’Empire ottoman. Le sultan n’arrive pas non plus à supprimer les bureaux de postes étrangers installés dans l’empire en violation à la convention de Berne de 1874, et qui font une totale concurrence aux postes ottomanes. L’Angleterre, l’Autriche-Hongrie et la France, menacent d’intervenir militairement pour préserver leurs privilèges économiques dans l’empire, au mépris des conventions internationales.
1901 Affaire Lorando et Tubini. Ces deux banquiers ottomans n’ont pu récupérer l’argent prêté au gouvernement. Ayant, comme beaucoup d’Ottomans originaires d’Europe occidentale, également la nationalité française, les deux banquiers en appellent à la France pour recouvrer leur créance. La France envoie des bateaux de guerre stationnés à Toulon, vers l’île de Mytilène (Lesbos) et les Français occupent les douanes. La France obtient le recouvrement de la dette contractée par le gouvernement ottoman auprès des banquiers levantins et la reconnaissance officielle de toutes les institutions religieuses et culturelles françaises (jusque là illégalement installées), sur le territoire ottoman. Les autres puissances ne soutiennent pas l’Empire ottoman, mais au contraire, s’empressent, elles aussi, de faire reconnaître officiellement leurs propres institutions.
Restriction de l’immigration juive en Palestine, malgré une entrevue entre le sultan et Théodore Herzl, fondateur du mouvement sioniste.
Une commission mixte trace la frontière entre la colonie anglaise d’Aden et le Yémen ottoman. Les deux territoires seront réunis qu’en 1990.
1902 Congrès des Jeunes Turcs à Paris. En violation des lois internationales, la France offre la possibilité à l’opposition ottomane, de se réunir sur son territoire afin d’organiser un coup d’Etat contre l’Empire ottoman. Le mouvement Jeunes Turcs qui prendra le pouvoir plus tard, est responsable des massacres d’Arméniens en 1915 et de la déportation des survivants en Syrie.
Le mouvement Jeunes Turcs prend de l’ampleur chez les exilés ottomans de Genève, Londres et Paris, avec le soutien des gouvernements locaux.
Le 23 septembre, insurrection bulgare dans la province de Salonique. Les forces de l’ordre arrivent à rétablir la situation, tandis que de nombreux insurgés se réfugient en Bulgarie. L’Autriche-Hongrie et la Russie, qui ont chacune des visées territoriales en Macédoine, prévoient un plan de réformes qu’ils imposeront aux Ottomans en 1903, avec l’approbation de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Italie, autres puissances ayant des vues dans les Balkans.
Abd-ul-Aziz Ibn Sa’ud, reprend Riyad et le Najd aux Ottomans. Il pose ainsi les bases de l’Arabie Saoudite.
1903 Janvier, mort du beau-frère du sultan, Damat Mahmut Celaleddin pacha à Bruxelles. Il fut un membre actif du mouvement Jeunes Turcs, contre le régime d’Abdülhamid II.
Avril, la ville de Salonique est en proie à de violents troubles provoqués par des indépendantistes bulgares, grecs et serbes. Une bombe saute à la succursale de la Banque Ottomane, un navire français est coulé dans le port, les conduites de gaz explosent, les postes ottomanes sont attaquées. Des bombes explosent dans des lieux publics (cafés, gares, banques).
Le 2 août, insurrection générale en Macédoine. Les postes de police et les petites garnisons, sont attaqués. Les voies de communications sont coupées (voie de chemin de fer, ponts, etc.). Les villes de Monastir et Krutchevo sont contrôlées par les insurgés. Pillage et destruction des villages musulmans. Le gouvernement ottoman a du mal à intervenir, sachant qu’une offensive contre les insurgés entraînerait l’intervention immédiate des Russes, de l’Autriche-Hongrie et certainement d’autres puissances, officiellement pour protéger les populations chrétiennes, mais plus clairement, pour s’y installer.
L’insurrection de la Macédoine s’étant à la
Thrace orientale.
Le consul de Russie à Monastir est assassiné par un soldat ottoman.
Le 30 septembre, rencontre du tsar Nicolas II et de l’empereur austro-hongrois François-Joseph de Habsbourg, à Mürzsteg, pour élaborer un nouveau plan pour la Macédoine. Le plan prévoit notamment, le re-découpage des trois provinces de Macédoine, selon des critères ethniques et religieux.
1904 Insurrection au Yémen ottoman conduite par l’imam Yahya et poussée par la Grande-Bretagne qui occupe déjà Aden. La ville de Sanaa est assiégée par 30 000 hommes de l’imam Yahya. La population est affamée. La garnison se rend en avril.
Le 29 août, mort du sultan Murad V au palais de Çiragan où il était enfermé depuis sa déposition en 1876. Il n’y aura pas de cérémonie officielle pour ses funérailles, ce qui scandalisera l’opinion publique ottomane.
1905-1907 Guerre Arméno-Tatare dans le Zanguezour (Caucase).
1905 La Russie perd son l’influence dans les Balkans suite à une révolution intérieure et à la défaite de la guerre contre le Japon. La Grande-Bretagne s’intéresse de plus près à la Macédoine.
Les Bulgares de Macédoine deviennent plus conciliants à la suite d’accords entre le gouvernement ottoman et la principauté autonome de Bulgarie, tandis que des bandes grecques, serbes et valaques, continuent de semer la terreur dans les trois provinces. Les puissances étrangères profitent de la situation en Macédoine, pour accroître leur contrôle sur le gouvernement ottoman.
Le 29 juillet, le sultan Abdülhamid II échappe de justesse à un attentat commandité par des révolutionnaires arméniens. L’anarchiste stambouliote Edouard Jorris, d’origine belge et sympathisant de la cause arménienne avait déposé une bombe dans une voiture stationnée près de la tour de l’
horloge de Yıldız, lors de la cérémonie du Selamlık. 41 personnes étaient impliquées dans le complot. Edouard Jorris sera pardonné par le sultan et envoyé comme agent de renseignements en Europe occidentale, pour le compte de la Porte.
Le 27 octobre, le sultan refuse le plan de contrôle financier des puissances étrangères sur la Macédoine. La Russie, la France, la Grande-Bretagne et l’Autriche-Hongrie rassemblent une flotte au Pirée, puis feront une démonstration navale devant les îles ottomanes de Lemnos et de Lesbos. L’Allemagne refuse de cautionner les autres puissances.
Le 4 décembre, le sultan cède aux menaces européennes, une commission internationale sera envoyée en Macédoine et aura le contrôle des finances sur les trois provinces.
Le mouvement d’opposition des Jeunes Turcs s’organise. Les membres infiltrent l’armée, la police et l’administration, tandis que des accords secrets sont passés avec les milieux nationalistes arméniens.
1906 Reprise de la ville yéménite de Sanaa, mais pertes énormes dans les rangs ottomans suite aux épidémies et aux combats (30 000 victimes).
Incidents dans le Sinaï ottoman occupé avec l’Egypte, par la Grande-Bretagne. Manifestations de la population égyptienne au Caire et à Alexandrie, en faveur des Ottomans, violemment réprimées par les forces d’occupation. La Grande-Bretagne reçoit le soutien de la France et de la Russie. L’armée ottomane doit se retirer à Aqaba le 2 octobre.
Formation de bandes albanaises dans la province macédonienne du Kosovo, qui se battent parfois contre les forces gouvernementales, parfois contre les bandes grecques, bulgares, valaques ou serbes.
Les deux organes des Jeunes Turcs, le Comité Union et Progrès et la Société pour l’Initiative privée et la Décentralisation, se renforcent en s’alliant au parti nationaliste arménien Dachnak.
Création à Salonique de la Société ottomane de la Liberté, société secrète visant à rétablir la constitution.
1906-1907 Troubles sociaux en Anatolie (Diyarbakır, Van, Erzurum, Trébizonde). Les révolutionnaires demandent le rétablissement de la Constitution et sont encouragés par les succès des révolutions russes et iraniennes.
1907 La France, toujours en violation des lois internationales, autorise un second congrès à Paris, réunissant les forces d’opposition au gouvernement ottoman : les Jeunes Turcs avec leurs organes Union et Progrès et la Société pour l’Initiative privée et la Décentralisation, et les révolutionnaires socialistes arméniens du Dashnak.
L’Autriche-Hongrie et la Russie cherchent à imposer un projet de réforme de la justice pour la Macédoine. L’Angleterre renforce la police internationale stationnée dans les trois provinces macédonienne. Elle demande aussi la diminution du nombre de soldats ottomans en Macédoine.
Création de la compagnie pétrolière Anglo-Persian Oil Compagny, qui deviendra la British Petroleum (BP), qui jouera un rôle essentiel dans l’occupation de la Mésopotamie, par l’Angleterre, dès 1914.
1908 La population juive de Palestine est passée de 24 000 personnes en 1882 à 80 000 en 1908.
Février, le sultan accorde à l’Autriche-Hongrie, la concession de la construction du chemin de fer à travers le Sandjak de Novipazar vers Salonique. Cette décision entraîne un rapprochement de la Russie et de l’Angleterre.
Juin, une série d’attentats contre des administrateurs ottomans, commis par les Jeunes Turcs, secouent la Macédoine. Le Comité d’Union et Progrès, soutenu par les révolutionnaires arméniens et la loge maçonnique de Salonique, commence sa lutte contre le sultan.
Rencontre à Tallin en Estonie, du roi Edouard VII d’Angleterre et du tsar Nicolas II. L’opinion publique ottomane est convaincue que les deux monarques se sont entendus sur le partage de l’Empire.
Le 3 juillet, un officier appartenant aux Jeunes Turcs, avec une centaine d’hommes pillent un dépôt d’armes à Monastir et se réfugient dans les montagnes. Les désertions se multiplient les jours suivants.
Le 14 juillet, les troupes anatoliennes débarquent à Salonique, mais refusent de combattre les rebelles et font défection.
Le 16 juillet, le Comité Union et Progrès de Monastir envoie un ultimatum au sultan pour rétablir la Constitution et menace de marcher sur Constantinople.
Le 20 juillet, les Albanais de la région de Ferizovik, rallient le mouvement révolutionnaire.
Le 23 juillet, les villes de Serres, Ohrid, Üsküb, Drama et Monastir se soulèvent et les autorités civiles et militaires proclament le rétablissement de la Constitution. Au soir, le sultan se voit contraint de rétablir la Constitution. Le Comité Union et Progrès a atteint partiellement son but, mais n’a pas pu profiter de destituer le sultan, sur qui retombe tous les honneurs du peuple.
Le 5 octobre, la principauté de Bulgarie profite des troubles de Macédoine et de la confusion faisant suite au rétablissement de Constitution, et déclare son indépendance.
Le 6 octobre, c’est au tour de l’Autriche-Hongrie de profiter de la situation, en déclarant l’annexion à l’empire de la Bosnie-Herzégovine. Quelques jours plus tard, c’est la Crète qui proclame l’union avec le royaume de Grèce. Des dizaines de milliers de réfugiés musulmans quittent les territoires ottomans perdus.
Le 7 octobre, des manifestants s’en prennent au Comité d’Union et Progrès et accusent ce dernier de favoriser le démantèlement de l’empire.
Le 17 décembre, ouverture du parlement ottoman avec 147 députés musulmans, 60 Arabes, 27 Albanais, 26 Grecs, 14 Arméniens, 10 Slaves et 4 Juifs.
1909 Avril, la tension monte entre le gouvernement (Comité Union et Progrès majoritaire) et l’opposition, notamment le parti religieux Union islamiste.
Le 7 avril, assassinat du rédacteur en chef de La Liberté, principal journal d’opposition aux Jeunes Turcs, sur le
pont de Galata. Enorme manifestation lors des funérailles, le lendemain 8 avril, hostile au Comité d’Union et Progrès.
Dans la nuit du 12 au 13 avril, soulèvement militaire contre le gouvernement qui prend la fuite. Le 14, la capitale ottomane est aux mains des rebelles. La province suit le mouvement.
Le 14 avril, des émeutes se produisent à Adana, au cours desquelles plusieurs milliers d’Arméniens sont massacrés.
Le Comité d’Union et Progrès a perdu la ville de Constantinople, mais contrôle la situation en Macédoine. Une armée d’action, dirigée par Mahmut Sevket, marche sur la capitale.
Le 24 avril, l’armée d’action stationnée à
San Stefano (Yesilköy) depuis le 19, attaque la capitale et force les rebelles à se rendre. Les combats font 400 victimes et plus de 800 blessés.
Le 26 avril, Le sultan Abdülhamid II est déposé et remplacé par son frère, le sultan Mehmet V Resad.
1909-1918 Règne du sultan Mehmet V Resad.
1911 Après une période d’affaiblissement due à la crise de 1909, l’opposition refait surface au parlement avec l’Entente libérale.
Octobre, l’Italie envahit  la Tripolitaine ottomane, la Cyrénaïque, puis occupe les îles du Dodécanèse.
L’Albanie se révolte contre le pouvoir central.
1912 Après la crise marocaine de 1911, l’Italie est autorisée par les puissances à annexer la Tripolitaine et la Cyrénaïque.
Le 18 octobre, les Etats balkaniques, sommés par la Russie et l’Angleterre de s’entendre, attaquent l’Empire ottoman, en vue de se partager la Macédoine.
La Grèce, la Serbie, le Monténégro et la Bulgarie, s’allient contre les Ottomans. En quelques semaines les Bulgares prennent
Edirne.  La Grèce occupe l’Epire et menace Salonique avec une autre armée bulgare au Sud.
Le 9 novembre, Salonique, deuxième ville de l’Empire est envahit par les Grecs.
Indépendance de l’Albanie, dorénavant coupée du reste de l’Empire.
Des émissaires russes approchent Simko Agha, le chef kurde qui contrôle à partir de Qotur à la frontière ottomano-persane, la route reliant Van à Tabriz. Inondé de roubles et d’armes, Simko est capable de créer une fédération kurde allant du Mont Ararat jusqu’au lac d’Ourmia. Les Kurdes commencent à attaquer les villages arméniens dans la haute vallée de l’Euphrate, ce qui permet à la Russie d’intervenir en leur faveur.
Novembre, le Catholicos des Arméniens, patriarche d’Etchmadzine, en territoire russe, adresse un appel à la Russie demandant le « protectorat » russe sur les Arméniens de l’Empire ottoman.
Le gouvernement ottoman engage des réformes en Arménie ottomane, qui sont jugées insuffisantes par les Russes, qui réclament des gouverneurs européens occidentaux et russes, pour les vilayets orientaux.
1913 En début d’année, les Bulgares parviennent à Çatalca à 40 km de Constantinople. Raison pour que tous les alliés de la Bulgarie, plus la Roumanie, se liguent contre elle. Elle perdra alors la plus grande partie de la Macédoine, le sud de la Dobroudja au profit de la Roumanie, et les Ottomans récupèrent la Thrace orientale avec Edirne. Elle conserve toutefois un accès à la mer en Thrace occidentale.
Janvier, attaque de la Sublime Porte. Le Comité d’Union et Progrès provoque un coup de force. Son instigateur, Enver Bey, pénètre avec des hommes armés dans la salle du Conseil des Ministres et oblige le gouvernement à démissionner. Les Jeunes Turcs installent une dictature sous leur contrôle, tandis que le grand vizir Mahmut Sevket pacha sera assassiné en juin.
Les guerres balkaniques feront trois perdant (Empire ottoman, Autriche-Hongrie et Bulgarie), qui s’allieront en 1914, surtout contre la Russie, la Grèce et la Serbie.
Mai, Ibn Sa’ud de la dynastie saoudienne, occupe le sandjak ottoman d’Al-Hassa, atteignant le Golfe persique entre le Koweït et le Qatar.
Le 3 juillet, conférence des ambassadeurs des grandes puissances à Constantinople, sur les bords du Bosphore pour régler la question arménienne. L’Autriche et l’Allemagne demandent une participation ottomane, qui est refusée par la Russie, parce que « la participation du représentant ottoman apportera un profond désenchantement dans le milieu des Arméniens ».
Le 29 juillet 1913, traité de Qatar qui reconnaît la suzeraineté ottomane sur le Najd (émirat saoudien). Les Ottomans abandonnent leurs revendications sur le Qatar. Le traité fixe aussi les frontières du Koweït, à l’intérieur duquel, l’administration ottomane ne pourra plus intervenir sans le consentement du gouverneur britannique.
1914 Le 7 mars, les puissances d’Europe occidentale imposent un roi au nouvel Etat albanais : l’Allemand Wilhelm von Wied.
Le 28 juin, assassinat de l’Archiduc François-Ferdinand dans la ville de Sarajevo, annexée par l’Autriche-Hongrie 5 ans plus tôt, par un nationaliste serbe.
L’Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie et la guerre générale éclate le 6 août. La Roumanie et la Grèce restent neutres.
Juillet, le parti arménien Dashnak convoque son 8e congrès à Erzurum quand la guerre éclate à la limite de l’Europe orientale et de l’Europe occidentale. A la fin du congrès, une délégation Jeunes Turcs, proposent aux Arméniens leur participation à la guerre (l’empire n’y entrera qu’en novembre), contre les Russes, leur offrant en contrepartie un Etat autonome comprenant les territoires transcaucasiens et des districts des provinces d’Erzurum, de Van et de Bitlis. On leur répond que le parti Dashnak a choisi la neutralité. Au même moment, le patriarche d’Etchmiadzine (Etçemiyadzin), lance un appel à la Russie pour protéger les Arméniens du Caucase. Les Arméniens ottomans proposent des unités de volontaires pour aider les troupes russes.
Septembre, accords secrets entre le Chérif de La Mecque et la Grande-Bretagne, contre l’Empire ottoman.
Le 2 octobre, l’Angleterre met au point le plan de partage de la Mésopotamie, un mois avant l’entrée en guerre de l’Empire ottoman. Le plan débute par l’invasion de Basra (Bassora) en Iraq.
Le 24 octobre, le 2e détachement des volontaires arméniens ottomans, dont le commandant est un député arménien au parlement ottoman, part d’Iğdır en direction de Van. Ce détachement sera arrêté par l’armée ottomane le 1er novembre. Mais un autre détachement mené par Antranik, traverse Khoy et Qotur avant d’occuper Saray à 70 km de Van. L’armée russe occupe le 24 novembre la ville de Başkale où les habitants arméniens massacrent la population musulmane.
Le 3 novembre, les forces britanniques débarquent dans le sud de l’Iraq, tandis que le cheikh du Koweït, allié à l’Angleterre, occupe les forts de Safwan et d’Umm Qasr, ainsi que l’île de Bubiyan (que les Koweïtiens ne quitteront jamais). La Grande-Bretagne offre la garantie de l’indépendance du Koweït « sous protection britannique ».
Le 11 novembre, la France, la Grande-Bretagne et la Russie déclarent la guerre à l’Empire ottoman, qui se voit contraint de se ranger du côté de l’Autriche-Hongrie et de l’Empire allemand. Le même mois, l’Angleterre, la Russie et la France se partage l’Empire ottoman : La Thrace, la rive droite des détroits, le Caucase et Constantinople à la Russie. La Cilicie, la Syrie et la Palestine à la France. La Mésopotamie et le golfe persique à l’Angleterre.
La Grande-Bretagne, qui occupe l’Egypte ottomane depuis 1883, l’annexe purement et simplement, ainsi que Chypre qui devient une colonie (jusqu'en 1960). Elle négocie et traite avec le Chérif de La Mecque, qui reçoit des armes, tout comme la province du Najd et les chefs yéménites.
1915 Janvier, l’armée ottomane perd 70 000 hommes dans l’offensive de Sarıkamış.
Février-mars, offensive des troupes russes, françaises et anglaises, dans
le sud des Dardanelles. L’armée ottomane les repousse.
Mars, accords secrets qui attribuent Constantinople à la Russie et la Grande Syrie (du Taurus à Gaza), à la France.
Avril, les Français et les Anglais attaquent une deuxième fois les
Dardanelles. Les Ottomans les repoussent une seconde fois.
Le 20 avril, révolte des Arméniens de Van contre les Ottomans, massacres des musulmans de la ville.
Le 24 avril, raffle dans les milieux bourgeois arméniens à Constantinople. Plus de 300 pesonnes seront déportées.
Mai, sur le front oriental de nombreux révolutionnaires arméniens se joignent à l’armée russe. Talat pacha, Ministre de l’Intérieur, prend la décision de déplacer la population arménienne d’Anatolie orientale, vers la Mésopotamie. Le déplacement tourne au drame quand les convois se font attaquer par des pillards et des tribus kurdes et les membres de l’Organisation spéciale (groupe de volontaires placés sous le contrôle d’Enver pacha, Ministre de la Guerre). Les historiens estiment entre 600 et 800 000 le nombre des victimes du massacre collectif sur une population totale d’un million et demi d’Arméniens ottomans (grégoriens). L'armée étant occupée ailleurs, les aghas kurdes ont largement contribué en fournissant des hommes chargés de liquider les civils.
Le 4 août, l’armée russe et la population arménienne évacuent Van. 300 000 Arméniens se réfugient dans le Caucase russe pendant les hostilités.
Octobre, les forces anglaises et françaises se retirent
des Dardanelles et vont immédiatement violer la neutralité grecque en occupant la Macédoine et l’Epire. La tentative d'invasion franco-anglaise aux Dardanelles aura fait, en moins d'une année, 550 000 victimes dont environ 250 000 Ottomans. La Bulgarie qui reçoit les territoires ottomans à l’ouest de la Maritza, entre en guerre aux côtés des empires centraux.
1916 L’Angleterre et les chefs arabes du Proche Orient, n’arrivent pas à tomber d’accord sur la Syrie et la Haute Mésopotamie. Les premiers veulent en attribuer une partie à leurs alliés français, tandis que les seconds veulent incorporer la Grande Syrie, avec le Liban, au futur royaume arabe.
Février, accords Sykes-Picot, sur le partage de l’Anatolie orientale et du Proche Orient.
Le 5 juin, révoltes dans les provinces arabes contre les autorités ottomanes, avec le soutien de l’Angleterre, qui aboutiront à un quasi-fiasco.
Juillet, alors que les forces russes occupent ou réoccupent la quasi-totalité des six provinces arméniennes ottomanes, le ministre russe des Affaires étrangères, envoie une note au tsar disant : « puisque la population arménienne, qui n’atteignait avant la guerre que le quart de la population totale, a encore diminué au cours des deux dernières années, je propose une administration directe au lieu d’une autonomie, afin de ne pas s’aliéner les populations musulmanes ».
1917 Le 18 avril, accords de Saint-Jean-de-Mauricienne, octroyant à l’Italie une large zone au sud-ouest de l’Anatolie, allant de Smyrne (attribué à la Grèce) à la Cilicie (attribuée à la France).
Juin, les troupes anglaises et françaises occupent Athènes et déposent le roi (violation de la neutralité grecque).
Octobre, la révolution russe éclate et apporte un soulagement sur le front oriental. Dénonciation par le pouvoir des Soviets de tous les accords secrets.
Le 2 novembre, déclaration Balfour : « le gouvernement de Sa Majesté considère favorablement l’établissement d’un foyer national en Palestine pour la race juive » (sans préciser ni le statut futur, ni les limites de cette région).
1918-1922 Règne du sultan Mehmet VI Vahideddin
1918 Le 10 février, le sultan Abdülhamid II meurt au palais de Beylerbeyi.
Mars, le traité de Brest-Litovsk est signé avec l’Union Soviétique. L’Empire ottoman recouvre ses territoires perdus en 1878 (provinces de Kars et d’Ardahan).
Le 28 mai, naissance de la république de Géorgie (protectorat allemand), de l’Arménie (protectorat ottoman) et de l’Azerbaïdjan.
Juillet, les villages musulmans du Zanguezour sont pillés et la population massacrée, par des bandes arméniennes.
Septembre, les Anglais et les Français attaquent la Bulgarie à partir de Salonique. Les Bulgares déposent les armes le 3 octobre.
L’Empire ottoman, dont la capitale est directement menacée, est obligé de demander l’armistice qui sera signé à Moudros, le 30 octobre.
Dans la nuit du 1er au 2 novembre, les dirigeants Jeunes Turcs s’enfuient du pays.
Le 4 novembre l’empire Austro-hongrois éclate.
1919-1922 Guerre d’indépendance. République turque contre l’Empire ottoman, la France, l’Italie, la Grèce et la Grande-Bretagne. L’armée révolutionnaire turque engage la guerre contre les puissances étrangères occupantes et contre la monarchie ottomane.
800 juifs sur les 900 qui habitent Dubovo (Ukraine) sont décapités au cours de l'un des nombreux pogromes déclenchés par des unités de l'armée nationale ukrainienne de Simon Petlioura .
1919 Traité de Saint-Germain. Les pays balkaniques restés fidèles à l’Angleterre, se voient récompensés. La Serbie qui avait déjà doublé son territoire en 1913, le triple de nouveau en annexant la Bosnie-Herzégovine, la Voïvodine, la Slavonie au nord de la Save, la Dalmatie, la Croatie et la Slovénie. Elle absorbe en même temps le Monténégro et récupère sur la Bulgarie, la région macédonienne de Strumitza. Elle devient également le royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes. Un conflit avec l’Italie éclatera au sujet des villes de Fiume et de Trieste.
La Roumanie conserve la Bessarabie, mais doit céder la Dobroudja à la Bulgarie. Elle occupe la Transylvanie au printemps 1919. Elle revient aux frontières de 1913 avec la Bulgarie, en gardant la Bukovine et le Banat. La Grèce récupère la Thrace occidentale sur la Bulgarie et occupe la Thrace orientale ottomane, jusqu’à
Silivri, aux portes de Constantinople et la ville et la région de Smyrne.
Développement du mouvement kémaliste en Anatolie, qui lutte contre l’occupation étrangère de l’Empire ottoman.
Juillet, un premier congrès se réuni à Erzurum et groupe des représentant de l’Anatolie orientale qui s’opposent à la création d’une grande Arménie.
Septembre, le congrès de Sivas élargit à toute l’Anatolie et à la Thrace, la volonté de former un Etat national turc à l’intérieur des limites de l’armistice du 30 octobre 1918. La frontière orientale serait celle du traité de Brest-Litovsk.
Accord signé entre la Grèce et la Bulgarie visant à un échange de populations. 25 000 Grecs de Bulgarie sont échangés contre 60 000 Slaves de Macédoine.
Le 25 août à la conférence de paix de Paris, marchandage sur l’Arménie ottomane, qui sera finalement abandonnée par les Anglais qui renforceront leur présence dans la région pétrolifère de Mossoul.
Le 27 novembre, la France crée le Sandjak d’
Alexandrette sous administration française. La population locale, Turkmènes et Arabes, est unie contre l’occupant.
1920 Le 24 janvier, accord de San Remo sur le partage du pétrole de Mésopotamie entre l’Angleterre et la France et sur la fixation de la frontière Palestine-Syrie et sur les frontières de l’Arménie.
Le 8 mars, le Congrès Syrien, proclame Fayçal, parent du Chérif de La Mecque, roi de Syrie. Celui-ci se met tout de suite en conflit ouvert avec la France.
Mai, la France demande l’armistice à l’armée révolutionnaire turque de
Mustafa Kemal, en Cilicie. Dès l’occupation de la Cilicie, les forces françaises étaient attaquées par la résistance et ne pouvaient se maintenir que dans quelques villes du littoral.
Les
Wahhabites saoudiens sous le commandement d’Ibn Sa’ud, profitent de leur protection anglaise pour soumettre des tribus arabes et de nombreux territoires dans le Golfe persique, dans le Djabal Shammar et au Hedjaz.  
Juillet, une révolte éclate en Mésopotamie contre l’occupant anglais.
Le 2 juillet, première aide russe au gouvernement révolutionnaire. Ankara reçoit de l’armement et 500 kg d’or de Moscou.
Traité de Sèvres. La ville d’
Izmir (Smyrne) est accordée à la Grèce qui, après avoir mis la main sur la 2e ville de l’empire en 1912 (Salonique), prend pied dans la 3e ville ottomane.
La Grande-Bretagne maintient sa pression sur la Grèce et l’encourage à avancer en Asie Mineure.
Décembre 1920, l’Albanie rentre dans la Société des Nations. La France vote contre afin de soutenir la Grèce et la Serbie. Plus de la moitié de la population des régions albanaises restera hors des frontières du nouvel Etat (1912), ce qui n'empêchera pas les revendications territoriales de tous ses voisins.
1921 Le 9 mars, première participation kémaliste à une conférence internationale –celle de Londres -, où la France renonce à la Cilicie, mais pas encore au Sandjak d’Alexandrette, tout en essayant de maintenir ses privilèges économiques et culturels en Turquie. L’accord sera repoussé par Ankara, à cause justement des privilèges français sur la Cilicie.
Le 21 septembre, l’armée grecque est stoppée par l’armée révolutionnaire kémaliste. Elle commence une retraite sur
Izmir.
1922-1924 Califat d’Abdülmecid II.
1922 L’armée grecque est jetée hors d’Asie Mineure, et le gouvernement grec doit demander une armistice le 22 septembre (Mudanya, signée en octobre). Evacuation de la Thrace orientale et d’Izmir. L'occupation grecque a été accompagnée de nombreux pogroms contre la population musulmane dans la région d'Izmir et autour de la mer de Marmara.
L’Albanie récupère l’Epire du Nord occupée par la Grèce.
Août, les trois royaumes hachémites de Transjordanie, d’Iraq et de l’Hedjaz, installés par la Grande-Bretagne, sont directement menacés par les
Wahhabites saoudiens.
Le 10 octobre, l’Angleterre crée un royaume en Mésopotamie-Iraq, et y installe le roi Fayçal chassé de Syrie par les Français. Le gouvernement révolutionnaire d’Ankara, continue à revendiquer Mossoul.
Le 22 novembre, conférence d’Uqair en présence des saoudiens, des iraqiens, et de quelques chefs de tribus, les Anglais impose la frontière entre l’Arabie saoudite et l’Iraq. Elle sera tracée en ligne droite par le représentant anglais. Deux « zones neutres », sont également décidées entre les deux pays, officiellement pour les tribus nomades, mais officieusement parce que le sous-sol est censé contenir du pétrole, sans que celui-ci soit clairement localisé. 
1923 Le 15 mars, Mustafa Kemal visite pour la première fois Adana libérée de l’occupation française.
Traité de Lausanne. Tout en mettant un terme à la guerre gréco-turque, le traité de Lausanne est un acte de reconnaissance par la communauté internationale de l’Etat turc. En marge de la conférence de Lausanne, un accord entre le royaume de Grèce et la République turque a été signé, visant à échanger les populations orthodoxes de Turquie et musulmanes de Grèce. La Thrace occidentale, les îles de Ténédos et Imbros, et la ville de Constantinople, ne sont pas concernées par l’accord.
Le 23 octobre, proclamation de la République. Abolition de la monarchie.
1924 La Grande Assemblée nationale d’Ankara, abolit le califat.
1925 L’Arabie saoudite attaque la Transjordanie et le Hedjaz qu’elle annexe. Les Lieux Saints sont aux mains des Wahhabites, que les Anglais ont projeté au pouvoir.
Le 14 mars, le royaume d’Iraq, sous protectorat britannique est contrait de céder ses droits sur le pétrole de son territoire. La nouvelle répartition des parts est de 23.75 % chacun, pour la France (Compagnie française des pétroles) et pour les Etats-Unis (Esso et Mobil). La Grande-Bretagne, avec BP et la Shell, prend 47,5 %, tandis que
Calouste Gülbenkian, reçois 5%. La guerre de 1914-1918, tant désirée par la Grande-Bretagne et d’autres puissances impérialistes, commençait à porter ses fruits. L’Iraq nationalisera le pétrole de son territoire qu’en 1972. Avec du recul, on constatera que c’est bien le pétrole qui mena de bout en bout la politique de l’Angleterre et celle de la France en Asie Mineure et au Proche Orient. Même des implications qui pouvaient paraître lointaines, comme l’expédition grecque en Asie Mineure, la protection des Arméniens de l’empire ou l’implantation sioniste en Palestine, vues de Londres, n’étaient que des éléments dans le grand échiquier du jeu pétrolier.
Le 22 décembre, les
Wahhabites occupent Médine, Ibn Sa’ud est proclamé roi du Hedjaz et sultan du Najd. L’Union Soviétique, la France et l’Angleterre s’empressent de le reconnaître.
1926 Le 30 mai, signature à Ankara de la « convention d’amitié et de bon voisinage entre la Turquie et la Syrie », entre les autorités turques et françaises.
Proclamation d’indépendance du Sandjak d’Alexandrette.
1928 Réforme de l'écriture et de la langue turque. Le turc moderne (caractères latins) remplacera le turc ottoman (caractères arabes). Interdiction de le langue arabe en public y compris pour l'appel à la prière.
1930 Constantinople devient officiellement Istamboul (Istanbul), nom turquisé de Stamboul, qui désignait jusque là, uniquement le bout de la presqu’île de Constantinople.
Révoltes kurdes dans les provinces orientales de Turquie. Les partis kurde Khoybun et arménien Dashnak, se concertent en Syrie sous occupation française.
1941-1942 Le 14 décembre, le Struma, bateau roumain chargé de 769 réfugiés juifs pénètre dans le port d'Istanbul. Il sera amarré à Sarayburnu. Les visas pour la Palestine que demandent les réfugiés, sont refusés par les autorités anglaises, tandis que celles-ci menacent de représailles les Turcs s'ils laissaient débarquer ces survivants du nazisme.
Les conditions d'hygiène sont déplorables, mais la communauté juive d'Istanbul est quand même autorisée à subvenir aux besoins alimentaires des réfugiés.
Le 23 février 1942, le bateau est remorqué par la Marine Nationale et abandonné à 8 km au large en mer Noire. Peu de temps après, le Struma sera torpillé par un sous-marin russe ou anglais (?), ne laissant qu'un seul survivant, David Stoleru. 
   
   
   
   
   
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