Dans la Turquie daujourdhui,
on aurait du mal à estimer le nombre des cryptos-juifs, mais il
ne dépasse certainement pas le 1000 à 1500 personnes, même si
certaines sources, font état de 150 à 200 familles, dans la
seule région dUrfa (Edesse).
Les cryptos-juifs se concentrent près de la frontière syrienne
(à lexception de la province dAlexandrette / Hatay),
et dans les régions de la mer Noire et du Caucase turc.
Il faut préciser que dans ces régions, les juifs ne sont pas de
culture séfarade (espagnole), comme dans le reste de la Turquie.
En effet, une partie est de culture arménienne, lautre de
culture arabe, voire kurde. On comprendra mieux le fait de
dissimuler non seulement lappartenance religieuse, mais
aussi lappartenance à un groupe linguistique, pour ne pas
dire ethnique.
La plus grande communauté vit certainement dans la région dUrfa.
Ces membres sont
arabophones et de culture arabe. Ils se font généralement
passer pour des alévis. Comme ses derniers, les cryptos-juifs dUrfa
se rendent parfois dans les mosquées, afin de mieux se
dissimuler. Bien entendu, les autorités prétendent que la ville
est complètement musulmane, faisant même abstraction de lénorme
communauté
alévie, des
chrétiens assyriens et des
yézidis.
Comme dans le reste de la Turquie laïque, les autorités dUrfa
ne sont pas compétentes à donner quelconques informations
concernant la religion, tout en sachant quil ny a
plus, depuis 1965, de statistiques ethno-religieuses dans le pays.
Quelques cryptos-juifs, vivent aussi dans les régions dErzurum,
de Van et dErzincan. Ils sont de culture et langue arménienne
et se font également passer pour des alévis.