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Istanbul - capitale culturelle de l'Europe - 2010
       

L'Eglise orthodoxe turque

En 1924, une partie des orthodoxes de Turquie suivirent Papa Eftim (Ephtim), qui, profitant de la guerre entre la Turquie et la Grèce, voulu créer une Eglise nationale turque dirigée par lui-même en qualité de patriarche.
Le gouvernement turc, voyant là une bonne occasion de diviser l’Eglise constantinopolitaine en deux Eglises ethniques (la turque et la grecque), donna l’autorisation d’élever un patriarcat turc.

A cette époque, la population orthodoxe de Turquie, qui s’élevait à près de 2 millions d’individus, était essentiellement composée de Turcs et de Romains (dits Grecs).

Les Turcs, étaient surtout présents en Anatolie centrale (Karamanides) et en Thrace (Gagaouzes). Les Romains (Roums) étaient présents en Anatolie de l’Ouest et du sud, à Istanbul et en Thrace. Les Romains sont les descendants des habitants de l’Empire Romain d’Orient, hellénophones et de religion orthodoxe.

Les années de guerre
La déclaration de guerre de la Grèce à la Turquie, suivit de l’occupation de la Thrace et de l’Anatolie occidentale par les Grecs, changea complètement les données ethniques de la région. Tandis que les musulmans se réfugièrent dans les villes (Istanbul, Izmir, Brousse), les villages chrétiens s’allièrent à l’occupant grec. Les armées grecques s’avancèrent jusqu’au centre de l’Anatolie avant de perdre la seule grande bataille engagée contre les troupes révolutionnaires de Mustafa Kemal Atatürk.
L’armée grecque en débandade, se replia sur Izmir puis évacua la ville restée occupée depuis 1919.
Les Romains (habitants hellénophones et orthodoxes d’Anatolie), qui avaient pris fait et cause pour l’occupant, se retrouvèrent abandonnés par les Grecs et ceux qui les avaient incités à attaquer l’Empire (Anglais et Français).
Après une dure et lente normalisation, le Traité de Lausanne de 1923, délimitait le royaume de Grèce et la toute nouvelle république laïque de Turquie. On trouva un accord afin d’échanger les populations orthodoxes de Turquie et musulmanes de Grèce et de Crète. Ainsi, dans l’année qui suivit, environ 1 500 000 orthodoxes furent jetés sur les routes en direction de la Grèce (Romains et Turcs), tandis que dans l’autre sens, 500 000 musulmans de Grèce, essentiellement des Grecs convertis à l’islam, furent délogés de leurs villages et durent rejoindre la Turquie. Dans le même temps, des millions de musulmans réfugiés des pays slaves et du Caucase arrivèrent dans le nouvel Etat turc. Les accords de Lausanne, ne concernaient toutefois pas l’ancienne capitale Istanbul, ni la Thrace occidentale demeurée longtemps majoritairement musulmane, (surtout la région de Kavala).

C’est dans cette charmante ambiance qu’émergea Papa Eftim, Romain (Grec) d’Anatolie (Césarée / Kayseri). On peut très bien imaginer l’idée de cet astucieux prêtre en voyant les accords de Lausanne se mettre à exécution. En effet, il s’agissait d’expulser les orthodoxes d’Anatolie y compris la minorité karamanide, Turcs sous l’autorité du patriarche de Constantinople. En créant une nouvelle Eglise nationale, orthodoxe mais indépendante du patriarcat, on pouvait éviter de chasser de leurs terres, des habitants turcophones hostiles à la Grèce, mais pas à la nouvelle Turquie.

Eftim fut consacré patriarche par le gouvernement turc et, tandis que l’on installait précipitamment un nouveau patriarcat dans le quartier grec de Karaköy à Galata (Istanbul-nord) en réquisitionnant aussi l’église Ste Marie de Caffa, quelques centaines de familles turques orthodoxes suivirent la nouvelle Eglise.
Eftim Ier n’arriva pas à remplacer et surtout pas à surpasser le patriarcat de Constantinople resté dans le quartier de Phanar (Fener) à Istanbul-sud et la plupart des Karamanides continuèrent à rester fidèles au patriarche hellénophone. La plupart des Karamanides d’Anatolie furent expulsés vers la Grèce sans même savoir l’existence de la nouvelle Eglise turque orthodoxe, tandis que ceux d’Istanbul, à l’abri des expulsions, mais sous la menace de l’excommunication, optèrent pour le Phanar.

Un demi-siècle de paix religieuse permit à Eftim Ier de développer son autorité tout en perdant la quasi-totalité de ses fidèles. Bien que reconnue par l’Etat, l’Eglise turque (dirigée par un Grec) n’arriva pas à créer un corps religieux digne de ce nom, ni de séminaire, ni d’école.
Les familles orthodoxes turques qui avaient suivit Papa Eftim et qui avaient crût à une Eglise nationale de langue turque, se retournèrent petit à petit vers l’Eglise romaine de Constantinople de langue grecque. Les mariages, les baptêmes, les enterrements ne pouvant être pris en charge par l’Eglise orthodoxe turque qui n’avait qu’un seul prêtre de formation : Papa Eftim Ier.

Les années sombres des orthodoxes stambouliotes
En 1955, une crise éclata entre la Turquie et la Grèce au sujet de l’île de Chypre où une communauté importante de turcophones musulmans était menacée par les Grecs. Dans la nuit du 6 au 7 septembre de cette année, des groupes de fanatiques nationalistes mettront à sac les quartiers non musulmans d’Istanbul. Une quarantaine d’églises orthodoxes est saccagées, des cimetières sont profanés, des prêtres sont malmenés ainsi que d’autres chrétiens. On compte une quinzaine de morts. La police n’intervient pas. Ces événements sont suivit de mesures gouvernementales contre les orthodoxes et la communauté d’Istanbul sera expulsée à près 90% (près de 250 000 personnes). Tous les orthodoxes sont visés, non seulement les Romains hellénophones, mais aussi les turcophones, les Bulgares, les Serbes, les Géorgiens. En 1974, c’est la communauté catholique (Romains hellénophones, catholiques de rite byzantin), qui est visée et qui va disparaître dans sa quasi-totalité.
Dès les années soixante, la communauté ionienne de Galata (Grecs des îles et de l’Epire), va être particulièrement la cible des nationalistes. Deux églises (St Jean et St Nicolas) vont être réquisitionnées et passeront en la propriété de l’Eglise orthodoxe turque.

La fin des patriarches ?
A la mort du patriarche, c’est son fils qui reprit le flambeau sans aucune formation théologique, suivit plus tard, du petit-fils d’Eftim Ier (Yorgos, dit Turgut ou Eftim II) et de l’arrière-petit-fils, Selcuk Ier, décédé en décembre 2002.
En 2003, après une brève mise au courant des bases du christianisme par un prêtre bulgare, un cousin de Selcuk s’autoproclama patriarche. La relève est donc provisoirement assurée.
Le secrétariat patriarcal annonce quelques centaines de fidèles, sans pour autant le prouver. Apres une longue interruption, les messes sont à nouveau dites en l’église patriarcale, le dimanche. Aux fêtes, l’église fait salle comble, mais il s’agit surtout d’étrangers turcophones, notamment de Moldaves et de Bulgares.

L’Eglise orthodoxe turque peut-elle être sauvée ?
L’Eglise orthodoxe turque est quasiment morte aujourd’hui. Un patriarche fantoche, peu de fidèles, seuls les biens (importants) sont encore visibles. On peut regretter qu’une Eglise nationale orthodoxe en langue turque disparaisse ainsi. Si on peut difficilement attendre une réaction de la part des Karamanides éparpillés et mélangés aux autres orthodoxes en Turquie et dans les pays voisins, on pourrait croire à un mouvement du côté des Gagaouzes. En effet, la langue turque est restée plus vivante chez eux, même éloignés de la Turquie, les Gagaouzes n’ont pas d’Eglise nationale (ils dépendent de l’Eglise bulgare ou de l’Eglise russe), ainsi, ils pourraient demander à être spirituellement rattachés au patriarcat turc. Faut-il encore que cette idée progresse, surtout en Moldavie, mais aussi en Bulgarie où l’Eglise veille au grain. Si le patriarcat de Constantinople reconnaît l’exarchat bulgare depuis 1943, il ne l’a pas tout à fait accepté et reconnaître enfin le patriarcat turc, serait affaiblir le bulgare, si les Gagaouzes avaient la volonté de se rattacher au turc.
Concernant les responsables actuels du patriarcat turc, tout laisse à penser que cette éventualité ne leur conviendrait guère. En effet, le patriarcat possède non seulement trois églises remplies d’icônes anciennes, mais aussi un nombre important de locaux commerciaux, un bâtiment administratif avec des salles de réunion et un palais d’été.
Comme tous les fidèles de l’Eglise orthodoxe turque ont rejoint l’Eglise constantinopolitaine depuis longtemps, seule la famille de Papa Eftim est à la tête de ce patrimoine. Aucun prêtre, aucun conseil de Sages, aucun fidèle pour demander des comptes.

Histoire de l'Eglise orthodoxe turque
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