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Impossible de
chiffrer le nombre des Karamanides en Grèce, pour plusieurs raisons, mais la
première est que le pays ne reconnaît pas les minorités ethniques, seulement les
minorités religieuses. Comme les Karamanides sont orthodoxes, ils n’ont aucun
droit quant à l’instruction ou même à parler leur propre langue. Depuis les
années 1970, tous les toponymes en turc ont été remplacés par d’autres en grec.
Les Albanais (orthodoxes), les Valaques et les Bulgares de Grèce, parfois très
représentatifs selon les régions, subissent également les lois archaïques du
pays et sont tout simplement ignorés par le gouvernement central.
Les Karamanides expulsés d’Anatolie, sont particulièrement nombreux en Macédoine
égéenne et en Thrace, régions majoritairement peuplées de non-Grecs avant la
Première Guerre mondiale. Les musulmans et les juifs ayant été expulsés, il
restait toutefois une forte minorité bulgare et une autre valaque. L’arrivée des
réfugiés devait permettre de noyer ces minorités au milieu d’hellénophones tout
acquis au gouvernement.
Les Karamanides s’assimilèrent rapidement et c’est uniquement dans les régions
rurales que survie la langue turque. En Thrace, où les Turcs musulmans forment
encore une minorité importante de nos jours, la situation ne fut pas différente
pour les Karamanides qui ne se mélangèrent pas aux turcophones musulmans. Il
leur est aussi interdit de fréquenter les écoles turcophones, réservées aux
musulmans (Turcs ou non). Une véritable politique discriminatoire mise en place
par les différents gouvernements nationalistes grecs, et toujours de vigueur
aujourd’hui, sans que l’Union Européenne ne fasse pression sur cet Etat membre.
Si la langue turque est nettement en danger de disparition en Grèce, et
particulièrement en milieu karamanide, les sources indépendantes font toutefois
état de 800 000 Karamanides, dont une large partie a été assimilée et
hellénisée.
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