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Istanbul - capitale culturelle de l'Europe - 2010
       

 

Les Karamanites de Turquie, aujourd’hui


Des Balkans à l’Arménie, dans toute l’Europe orientale, les communautés ethniques ont toujours eu du mal à se faire reconnaître. Il faut cependant préciser que peu de ces communautés ont des revendications, à quelques exceptions près. De longues dates, les communautés se sont accrochées à la religion, comme l’ont prouvé les événements liés à l’indépendance des Etats et, au besoin, en créant des Eglises nationales comme en Serbie, en Arménie ou en Bulgarie.
Les Karamanites d’Anatolie, certainement des Seldjoukides christianisés au contact des Byzantins dès leur arrivée vers le XIe siècle en Asie Mineure, gardèrent leur langue turque tout en adoptant le mode de vie byzantin. Leur sultanat ne résista ni aux Seldjoukides musulmans, ni aux Ottomans et leurs territoires initiaux fut bientôt englobé dans l’Empire ottoman (Préfecture de Karamanie). Si, comme les Arméniens voisins, une partie de la population s’islamisa, la majorité des Karamanites resta chrétienne et sous l’autorité du patriarcat de Constantinople. On peut tout à fait imaginer, qu’au fil des siècles, une partie de cette population se mélangea aux Grecs d’Anatolie (Romains), puisque la religion était commune. Ils furent expulsés d’Asie Mineure lors des échanges de populations avec la Grèce en 1924.


Les communautés karamanites installées à Istamboul, dans les quartiers d’Aksaray, de Kumkapi et de Yedikule survécurent jusque dans les années 60 – 70. Puis, prirent le chemin de l’exil (en principe vers la Grèce), au même titre que les Romains hellénophones. Ceux qui sont restés, furent rapidement assimilés. En effet, le Traité de Lausanne prévoyait une protection de la minorité orthodoxe (généralement des Romains hellénophones), en lui accordant des écoles en langue grecque. Aucune mention n’est précisée concernant les orthodoxes de langue turque.
Aujourd’hui, il est donc impossible de chiffrer le nombre de Karamanites en Turquie. Il semblerait qu’il en reste encore un peu en Anatolie (cryptos-chrétiens), particulièrement autour de la ville d’Aksaray (Karamanie) et en Cappadoce. A Istamboul, leur nombre peut s’élever à quelques centaines de personnes tout au plus.

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