Des
Balkans au Caucase, dans toute l’Europe
orientale, les communautés ethniques ont
toujours eu du mal à se faire reconnaître. Il
faut cependant préciser que peu de ces
communautés ont des revendications, à quelques
exceptions près. De longues dates, les
communautés se sont accrochées à la religion,
comme l’ont prouvé les événements liés à
l’indépendance des Etats et, au besoin, en
créant des Eglises nationales comme en Serbie,
en Arménie ou en Bulgarie.
Les Karamanides d’Anatolie, certainement des
Seldjoukides christianisés au contact des
Byzantins dès leur arrivée vers le XIe siècle en
Asie Mineure, gardèrent leur langue turque tout
en adoptant le mode de vie byzantin. Leur
sultanat ne résista ni aux Seldjoukides
musulmans, ni aux Ottomans et leurs territoires
initiaux furent bientôt englobés dans l’Empire
ottoman (Préfecture de Karamanie). Si, comme les
Arméniens voisins, une partie de la population
s’islamisa, la majorité des Karamanides resta
chrétienne et sous l’autorité du patriarcat de
Constantinople. On peut tout à fait imaginer,
qu’au fil des siècles, une partie de cette
population se mélangea aux Grecs d’Anatolie
(Romains), puisque la religion était commune.
Ils furent expulsés d’Asie Mineure lors des
échanges de populations avec la Grèce en 1924.
Les communautés karamanides installées à
Istanbul, dans les quartiers d’Aksaray, de
Kumkapi et de Yedikule survécurent jusque dans
les années 60 – 70. Puis, prirent le chemin de
l’exil (en principe vers la Grèce), au même
titre que les Romains hellénophones. Ceux qui
sont restés, furent rapidement assimilés. En
effet, le Traité de Lausanne prévoyait une
protection de la minorité orthodoxe
(généralement des Romains hellénophones), en lui
accordant des écoles en langue grecque. Aucune
mention n’est précisée concernant les orthodoxes
de langue turque.
Aujourd’hui, il est donc impossible de chiffrer
le nombre de Karamanides en Turquie. Il
semblerait qu’il en reste encore un peu en
Anatolie (cryptos-chrétiens), particulièrement
autour de la ville d’Aksaray (Karamanie) et en
Cappadoce. A Istanbul, leur nombre peut s’élever
à quelques centaines de personnes tout au plus.
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