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Istanbul - capitale culturelle de l'Europe - 2010
       

Patriarcat d'Antioche

Comme toute l’Eglise de la « terre habitée » (oïkouménè) la juridiction ecclésiastique d’Antioche connut des péripéties multiples. Nous les résumons ici chronologiquement et de manière sommaire :

1 / Des temps apostoliques jusqu’au milieu du IVe siècle


La ville d’Antioche était la capitale de l’Orient Romain (diocèse civil d’Orient ou Anatolis c'est à dire Levant, gouverné par le Comte d’Orient). Le Diocèse d’Orient faisait partie de la Préfecture d’Orient ( pars orientalis ) avec à sa tête le préfet du Prétoire d’Orient. Cette préfecture d’Orient comprenait :

-         le diocèse I d’Egypte
-         le diocèse II d’Orient
-         le diocèse III du Pont
-         le diocèse IV d’Asie
-         le diocèse V de Thrace

Antioche, en tant que métropole ecclésiastique finit par avoir préséance sur les autres métropoles du diocèse d’Orient (Isaurie, Cilicie, Euphratésie, Osrohène, Mésopotamie, Syrie, Phénicie, Palestine et Arabie ) mais également sur celles du Pont (Bithynie, Galatie, Honorias, Paphlagonie, Cappadoce anatolique, Arménie, Géorgie).

Au Concile de Nicée de 325, fut conférée la juridiction patriarcale sur ces territoires romains. Le siège d’Antioche est proclamé « successeur de Pierre » et sa juridiction reconnue sur la ville d’Antioche et Tout l’Orient (Andiokias kai passis Anatolis) ou toute l’Anatolie (= tout le Levant).

Au Concile de Constantinople (fin IVe siècle), la juridiction de Constantinople est élevée en tant que Patriarcat et des territoires lui sont affectées au détriment d’Antioche (Asie, Pont, Paphlagonie etc), mais également au détriment du diocèse de Thrace (Mysie, Thrace, Rhodope, Hemimont, Scythie). Le même concile crée le patriarcat de Jérusalem au détriment d’Antioche en lui enlevant la juridiction sur les trois Palestine et l’Arabie. Ainsi, à partir du Ve siècle, la juridiction d’Antioche recouvre les territoires actuels du Liban, de la Syrie, d’Irak, de l’ex-Sandjak d’Alexandrette et l’Antiochène (Hatay) mais aussi tout l’est de la Turquie actuelle jusqu’à la mer Noire et le Caucase (Arménie et Géorgie).

Apparaît ainsi ce qui est connu sous le nom de la Pentarchie Romaine (les cinq patriarcats historiques de Rome, Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem). Ils sont cités dans leur ordre de préséance et de primauté.

2/ Le conflit d’Ephèse


Au Concile d’Ephèse, au milieu du IVe siècle, le dogme de la Theotokos est rejeté par Nestorius, patriarche de Constantinople. Il est déposé, mais une partie des chrétiens de l’Orient le suit dans sa protestation. Il s’agit essentiellement de chrétiens «syro-araméens » vivant le long de la frontière de l’Euphrate et au-delà dans l’Empire Parthe ou Sassanide. Ainsi se constitue une juridiction « non-romaine » - hors de l'Empire romain -, dont le siège est à Séleucie-Ctésiphon en territoire parthe (sassanide). C’est ce qu’on a appelé l’Ancienne Eglise de l’Orient ou « Eglise nestorienne » par référence à sa théologie ou encore « assyrienne » par référence à ses racines ethnico-linguistico-historiques. Cette Eglise assyro-nestorienne (ou syro-orientale) se répandra sur l’ensemble du continent asiatique, elle demeurera indépendante de toute juridiction romaine et confessera toujours une théologie nestorienne.

3/ La querelle Monophysite


Au Concile de Chalcédoine, convoqué par l’Impératrice sainte Pulchérie et son époux Marcien en 451, est proclamée la définition du Christ en deux natures mais une seule personne. Le « di-physisme » est rejeté (sous accusation de faux nestorianisme) par les chrétiens d’Arménie, d’Egypte et une partie des chrétiens du diocèse civil romain d’Orient, c’est à dire vivant à l’ouest de la frontière de l’Euphrate. Ainsi se constituent progressivement des juridictions, indépendantes de l’église romaine, qui professent le « mono-physisme » (Une Seule Nature Incarnée du Verbe, disait Cyrille). Ces juridictions mono-physites donneront respectivement :

- La juridiction monophysite d’Egypte (= copte) avec à sa tête le pape copte (= égyptien) d’Alexandrie, rival du pape romain d’Alexandrie.
- La juridiction de l’Arménie ou Eglise Arménienne grégorienne par référence à Saint Grégoire l’Illuminateur qui introduisit le christianisme en Arménie.
- La juridiction d’Orient ou Eglise syrienne  (= syro-occidentale ou syriaque).
Petit à petit le grec perdra de son hégémonie comme langue liturgique au profit des langues nationales « syro-araméenne », « arménienne » et « égyptienne ou copte ».

L’église syro-araméenne occidentale (= monophysite) connaîtra beaucoup de remous. Sous Justinien, elle bénéficiera de l’appui de l’Impératrice Théodora alors que Justinien était « chalcédonien ». C’est de cette époque que le qualificatif « orthodoxe » est synonyme de « chalcédonien » bien que le sens de ce terme ait évolué par la suite pour dire « non-papiste ». Dans le diocèse d’Orient, les « chalcédoniens » ou « orthodoxes » ou « romains/roum » furent également appelés en syro-araméen, des « melkites », c’est à dire des adeptes de la religion du « melk », du « roi », l’empereur romain, le basileus, à savoir Justinien en personne.

Cette Eglise monophysite syrienne ou syro-occidentale fut définitivement organisée par Jacob Baradée d’où son appellation de « Jacobite ».

4/ Le boîteux compromis monothélite


Au VIIe siècle, après les guerres contre les Perses Sassanides, Héraclius voulut calmer les querelles entre « chalcédoniens » et « monophysites ». Il inventa le « monothélisme » avec l’aide du patriarche Serge et du pape Honorius. Tous les patriarcats romains de la pentarchie adoptèrent ce « monothélisme » qui sera rejeté par le sixième Concile Œcuménique de Constantinople (vers 680). Cependant, une fraction du patriarcat chalcédonien (= Melkite = Orthodoxe) d’Antioche continuera à demeurer monothélite. Cette fraction est surtout formée de populations non hellénophones mais syro-araméennes. Ainsi se constitue une troisième juridiction au sein du patriarcat romain d’Antioche, la « maronite » puisque ces « monothélites » sont justement les ancêtres des maronites actuels.

Donc, vers la fin du VIIe siècle, nous nous trouvons, dans le diocèse civil d’Orient, face à :

-         une église hors du territoire romain, l’Ancienne Eglise de l’Orient, composée essentiellement d’Assyriens, de théologie nestorienne, utilisant le dialecte syro-oriental de l’araméen. Cette église ne constitue pas un patriarcat au sens romain du terme bien que sa juridiction soit beaucoup plus vaste que celle de la pentarchie romaine. Ces « assyriens » seront plus tard qualifiés de « souryani qadim » ou « ancien syriaque » (en turc Süryani kadim).

-          Le Patriarcat d’Antioche, faisant partie intégrante de la Pentarchie romaine ou « orthodoxe » (comme ceux de Rome, Constantinople, Alexandrie et Jérusalem). Il est « chalcédonien » ou « melkite » .

-         Le Patriarcat autonome d’Antioche, monophysite et ne rentrant pas dans le cadre de la pentarchie romaine. Culturellement, il abandonnera petit à petit le grec au profit du syriaque occidental. C’est donc l’Eglise Jacobite.

-         Une juridiction syro-araméenne, celle des fidèles de Beth-Maron (les Maronites) chalcédoniens n’ayant rejeté le monothélisme d’Héraclius. Ils se constituent en Patriarcat d’Antioche de manière autonome.

Les conquêtes arabes affaibliront toute la Préfecture d’Orient. La question du monothélisme demeurera dès lors sans objet. L’histoire de ces juridictions entre dans une immobilité relative jusqu’aux Croisades.

4/ La fracture de la Pentarchie Romaine


En 1054, la Pentarchie Romaine, chalcédonienne/orthodoxe, voit son unité rompue par le fameux Schisme. L’ecclésiologie latine nouvelle, proclamée par le pape Grégoire VII (Dictatus Papae) se voit rejetée par les autres juridictions et la rupture entre Rome et Constantinople est consommée. Elle sera achevée en 1204 lors de la quatrième croisade. Il est à noter, que le siège chalcédonien d’Antioche (romain-orthodoxe) aura toujours une position plus nuancée que celle de Constantinople. Petit à petit, et pour des raisons complexes, le patriarcat chalcédonien de Rome sera connu sous le nom d’Eglise Catholique Romaine alors que les autres patriarcats chalcédoniens seront officiellement appelés Eglise Catholique Orthodoxe ou encore Eglise Orthodoxe, Romaine-Orthodoxe
, etc. Ainsi le terme « orthodoxe » sera plutôt réservé à l’Orient romain hellénophone et le terme « catholique » à l’Occident romain latin. Les érudits occidentaux refuseront au XVIIIe siècle de reconnaître la qualité de « romain » à tout ce qui vient de l’Orient et l’appelleront dans les langues occidentales soit « byzantin » soit « grec ». En revanche, dans l’Orient musulman, on continuera à qualifier ces chrétiens de « Romains » ou « Roum ». Ainsi, le Levant d’Asie Mineure (ou Anatolie) est le « Bilad al Roum » ou « Pays Romain » alors que la Thrace Orientale est la « Petite Rome » ou « Roum-elli », la « Roumélie » ou encore « Rumeli », en turc.

5/ L’Uniatisme de la Contre-Réforme


Au XVIe s. après la Réforme, le patriarcat romain d’Occident ou Eglise Catholique organise la Contre-Réforme qui sera confiée aux jésuites. Ces derniers inventent la formule dite « uniate » où des « non-catholiques » de différents rites se soumettent à la juridiction de la Curie Romaine tout en gardant leurs usages et leurs langues liturgiques. Ainsi, apparaît une idée nouvelle, à savoir: Communauté = Rite ET Juridiction (romaine ou non romaine).

Les « maronites » passèrent en bloc sous la juridiction romaine à partir des Croisades, ce ne sont pas de « purs » uniates car il n’y a pas deux « juridictions » maronites rivales. Le Patriarcat Maronite est dit d’Antioche.

Le premier mouvement uniate fut initié en « Russie Subcarpathique » par l’Union de Brest-Litovsk (1596) qui vit la création de communautés dites « grecques-catholiques » en Ukraine, Biélorussie, Slovaquie, Transylvanie, Galicie, Podolie etc. Ces « grecs-catholiques » slavophones sont distincts des « gréco-catholiques » hellénophones d’Albanie, de Corfou, de Sicile, de Calabre, d’Italie du Sud (les italo-grecs).

Le deuxième mouvement uniate est né à partir d’Alep en Syrie en 1724 par la formation de patriarcats rivaux. Ainsi se constitueront progressivement au XVIIIe et au XIXe siècles les juridictions suivantes : 

-         Patriarcat « Grec-Catholique » ou  « Melkite-Catholique » ou « Byzantin-Melkite » ou « Roum Catholique » etc. d’Antioche-Jérusalem-Alexandrie.

-         Patriarcat Syriaque-Catholique ou Syrien-Catholique d’Antioche

-         Patriarcat Arménien Catholique

-         Patriarcat Chaldéen (ex assyro-nestoriens passés à Rome)

-         Patriarcat Copte-Catholique (des uniates coptes constitués en patriarcat à la fin du XIXe s.)

Ainsi, de nos jours , il existe donc plusieurs prélats portant le titre de patriarche d’Antioche et de Tout l’Orient. En fait ils sont 5 : les deux « byzantins » ou « melkites » ou « grecs » ou « roum », les deux « syriaques » et le maronite. Sans compté, bien entendu, le chef de l’Eglise nestorienne ou assyrienne et le chef de l’Eglise chaldéenne, son équivalent uniate.

En termes linguistiques, il existe 5 juridictions « syriaques » ou syro-araméennes : la Jacobite, la Maronite, la Syriaque-Catholique, formant la famille « syro-occidentale ». La Nestorienne ou Assyrienne et la Chaldéenne forment la famille « syro-orientale », elles sont dites « anciens syriaques » ou « suryani kadim ».

Quant aux deux juridictions byzantines ou melkites, elles sont arabophones ayant conservé un usage partiel de la langue grecque.

De même, au sein d’une même « Eglise », comme l’Eglise Romaine Catholique, l’unité de juridiction n’a pas été réalisée. Ainsi il existe plusieurs « archevêques » catholiques-romains de Beyrouth, d’Alep, de Damas, de Tripoli, d'Istanbul : grec-catholique, maronite, syriaque-catholique, arménien-catholique, etc.

Aucun patriarche ou archevêque ne réside dans la bonne ville d'Antioche.

Texte d'origine du Dr Antoine Courban
Yazı : Dr Antuan Kurban

 

 

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