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La population
D’une façon générale, les populations qui résident de nos jours dans les
quartiers de la Corne d’Or, sont assez défavorisées. Cela n’a pas été toujours
le cas, et même, certains de ces quartiers ont connu des populations très
aisées. C’est surtout le cas de
Fener, où la bourgeoisie orthodoxe
résidait jusqu’à la République et même plus tard. Il s’agissait surtout de
descendants des familles byzantines, comme les Cantacuzène ou les Paléologue.
Certaines de ces familles obtinrent du sultan, le droit de diriger les provinces
ottomanes de Moldavie et de Valachie, jusqu’au milieu du XIXe siècle. On trouve
encore à
Fener, les ruines de leurs
palais.
Les classes moyennes occupaient les quartiers de Salmatomruk jusqu’à
Edirnekapi, Cibali,
Zeyrek et
Hasköy. On y trouvait une nette
majorité d’orthodoxes,
sauf à Hasköy, où les
juifs étaient majoritaires.
Kasimpasa et
Balat, respectivement musulman et
juif, ont toujours été pauvres, ce qui n’a pas changé de nos jours, même si une
évolution a eu lieu à Kasimpasa. Les
Gitans, principalement originaires de
Roumélie, ont toujours été présents
dans le nord de Kasimpasa et à
Ayvansaray. Les musulmans étaient
largement majoritaires à
Eyüp, bien que le village comptait
aussi une communauté
arménienne, la seule présente sur la
Corne d’Or.
Aujourd’hui, les
quartiers de Fener et Balat ont une population qui est originaire de la mer
Noire (région de Kastamonu) et qui est à 40%, installée à Istanbul depuis moins
de 5 ans. Les autres quartiers ont une population plus intégrée, mais toujours
avec une large majorité n’ayant aucune racine en ville.
Religieusement, les communautés orthodoxe et juive ont diminué de façon
spectaculaire, et pour différentes raisons. La principale étant l’amélioration
de la qualité de vie dans les années 30-40, par l’émigration vers d’autres
quartiers plus récents. Tous les quartiers aujourd’hui sont majoritairement de
racines musulmanes, même si les orthodoxes sont encore présents à Salmatomruk,
Tekfur, Cibali, Ayvansaray et Fener. Il s’agit non pas de population d’origine,
mais des immigrants
arabes chrétiens venus de la région
d’Antioche. Quelques juifs sont encore installés à Balat et à Hasköy, mais leur
nombre n’est pas représentatif, tout comme les Arméniens grégoriens à Eyüp et à
Balat. Des alévis se sont installés à Cibali,
Unkapani et
Zeyrek, dès les années 1960.
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