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Saicourt
vers 1890

Cette page présente des extraits des
mémoires de
M. Ernest
Paroz (1887 – 1978). Elle
nous donne des informations sur les
coutumes, le mode de vie et les
traditions villageoises il y a un
siècle, à
Saicourt.
Elle nous informe sur l’occupation
maisons du village de 1860 environ
jusqu’aux années 30. Certaines, sont
restées en possession des familles
jusqu'à nos jours.
Il est difficile de savoir qui sont ces
gens sans être du village. Et encore,
certaines personnes mentionnées sont
décédées depuis plus d’un siècle. En ce
qui concerne la famille Paroz Choulat (Tchoula),
il est possible de consulter l’arbre
généalogique (incomplet) de
M. Sylvain Paroz de Valangin. Pour
remonter encore plus loin dans les
racines de cette famille, (1580), on
peut aussi consulter l’excellent travail
d’une branche australienne des
Paroz.
Un autre site est consacré à cette
famille :
www.paroz.com et contient
aussi quelques informations en anglais.
En ce qui concerne les Paroz Schpi, les
Paroz Bacouna, les Feusier Gol, les
Feusier Aubrumaire, les Desvoignes et
Sautebin, tous originaires du village,
nous ne connaissons pas l’équivalent ni
sur le web ni ailleurs.
La description commence par le haut du
village, à Combe-Bourdon, la première
maison du côté Fuet.
C’était la maison d’Aimé
Paroz, (grand-oncle d’Ernest Paroz), qui
avait épousé en secondes noces Amélie
Feusier, sœur de sa première femme. Du
premier mariage sont nés deux enfants :
Elvina, mariée à Frédéric Desvoignes
parti pour l’Amérique et dont nous avons
perdu sa trace, abandonnant sa femme et
ses 6 enfants, et Ami, décédé à l’âge de
20 ans des suites de la tuberculose.

Aimé Paroz était ébéniste de son métier,
mais avait aussi quelques vaches. Il
était très méticuleux en même temps
qu’original : la route cantonale du Fuet
à Reconvilier a été construite en 1886.
Pour ce faire, elle a traversé une
partie de sa propriété, d’où grandes
oppositions de sa part, qui n’ont abouti
à
rien. Là-dessus, Aimé Paroz s’est
juré de ne jamais fouler de ses pieds la
nouvelle route. Ce qui a été fait
pendant neuf années, puisqu’il est mort
en 1895.
Eugene
était le frère d’Aimé et
possédait la maison suivante. Il est
décédé en 1888. Il eu cinq enfants, soit
: Clément, qui était tailleur et qui
repris la ferme paternelle; Rachel,
mariée à Alfred Paroz; Alice, mariée à
Jacob Moeri en premières noces, puis
remariée à Adolf Müller. Hippolyte s’est
marié à Adda Girod et Ernest, le plus
jeune, était instituteur et est décédé
très jeune de la tuberculose.
En venant du Fuet, la route cantonale
évite les deux premières maisons du
village, c’est donc à la hauteur de la
troisième maison, qu’elle entre
proprement dit dans Saicourt.
Cette maison appartient aujourd’hui à
Cédric Paroz, mais autrefois
elle était la propriété de M. Aimé
Desvoignes et encore avant, celle de M.
Fritz Châtelain. Ce dernier avait deux
garçons et deux filles. Paul parti pour
l’Amérique. Fernand, célibataire,
fréquentait la jeune fille de “Zéline-de-la-Scie”,
Léontine, mais elle est morte à 19 ans.

Une des filles Châtelain s’appelait
Flora et a épousé Oscar Paroz. L’autre
fille, Adèle, a épousé Alfred Spichiger
de Reconvilier. Le père Châtelain, se
lamentait sur le sort de sa famille : “
près moi, ma famille sera éteinte,
puisque Paul est revenu d’Amérique à 45
ans et qu’il ne se mariera pas. Fernand,
lui est marié, mais sa femme a 44 ans et
ils n’auront plus d’enfants”. Mais voilà
qu’un jour, le village apprend le
mariage de Paul avec une demoiselle
Tieche de Reconvilier, qui a elle aussi
un âge avancé. Qui aurait dit que
Pauline, la femme de Fernand, lui
donnerait un fils et que Paul en aurait
un aussi la même année? Par ce fait, la
famille Châtelain de Saicourt ne s’est
pas éteinte.

La maison suivante était celle d’Edmond
Paroz (Bacouna) qui eut une nombreuse
famille. Il était scieur et petit
paysan. La scierie,
(juste en face), lui appartenait
ainsi que le petit logement occupé par
Zéline. Quand il y avait de l’eau, la
scierie marchait tout doucement. Il y
avait à l’autre bout du bâtiment, un
petit local qu’il pouvait chauffer et où
il relimait ses lames et faisait
différents travaux d’entretien.

La maison appartenant aujourd’hui a M.
Kraehenbühl, était, au tournant du
siècle,
celle de Mme Julie Desvoignes,
divorcée de Louis. Elle avait quatre
filles : Julie, Aline, Rachel et Esther,
femme d’Emile Favret et qui reprit la
maison de sa mère. Esther ne vécut pas
longtemps, mais eut tout de même cinq
enfants, que son mari éleva seul, en
étant horloger et petit paysan.

La propriété actuelle de la famille Wyss
appartenait autrefois à
M. Ami Feusier qui l’avait acheté à
M. Léon Challandes. M. Challandes avait
quatre filles, Blanche, Juliette,
Marguerite et Aline, et un garçon:
Edmond. Léon Challandes était horloger
dans une fabrique de Sonceboz, mais
avait aussi quelques vaches et des
chèvres dont il servait le lait pour la
fabrication de fromage. Le nouveau
propriétaire, M. Ami Feusier, transforma
l’habitation en y adjoignant une remise
qui fut en même temps un atelier de
menuiserie. Plus tard, il bâtit un autre
atelier en face de la maison, qui fut
très prospère et qui occupait une
douzaine d’ouvriers. Ami Feusier était
un homme très jovial, populaire, mais
très autoritaire. Il a été maire pendant
une vingtaine d’années.

En suivant la route cantonale, on arrive
à la hauteur de la maison de
Frédéric Châtelain qui a été achetée
par son père, Fernand, à la famille
Sautebin, grands intellectuels de
Saicourt. Fernand Châtelain était le
facteur du village. Il allait chercher
la correspondance au Fuet, vu que la
diligence venait de Tavannes. Fernand
décéda dans la cinquantaine. Il eut un
fils nommé Frédéric, qui à son
tour eut aussi un fils nommé Fernand.
La maison d’en face, c’est
Paul
Eugéne Paroz, (père d’Ernest
Paroz), qui l’a achetée en 1902 à M.
Rodolphe Schneider. La famille de
Paul-Eugene Paroz (Choulat) comptait
douze enfants. Jusque dans les années
1970, elle a appartenu à un de ses fils,
Henri Paroz, dit “des Lunettes”.

Un peu plus bas, se trouve la maison de
Marc
Paroz . Anciennement celle de
son père Oscar Paroz, dit “du Moulin”.
Oscar avait fait un apprentissage de
cordonnier. Il s’est marié en 1897 et a
ouvert une petite épicerie au moulin.
Devenu trop petite, il décida de bâtir
une maison familiale. Il obtint les
postes de garde-forestier et de facteur.
De son premier mariage, il eut quatre
enfants, dont aucun ne survécut. Il
resta longtemps veuf avant d’épouser
Mlle Louise Bassin
de Saules,
qui lui donna deux enfants, Marc et
Muguette
qui habitent toujours cette demeure.

Vient ensuite la maison de la famille
Rattin-Feusier.
C’était la maison d’Henri Paroz, “Schpi”,
comme on le surnommait. Etant jeune,
Henri Schpi partit à l’étranger avec un
nommé Célestin Feusier dit “Gol”. Ils
pratiquaient le métier de maçon. Ils
étaient à Mulhouse et ont épousé des
femmes de là-bas. Motif pour lequel ces
femmes avaient un fort accent allemand.
On ne sait pas pourquoi ces deux
familles sont revenues au village, mais
Célestin Feusier-Gol est revenu infirme
et, n’ayant aucun revenu, a dû vivre de
l’assistance publique dans une humble
forge au bas du village. Henri Schpi,
n’ayant pas vendu son domaine de
Saicourt, a pu, avec son métier de maçon
et un peu d’agriculture, entretenir sa
famille qui était composée d’Albert,
Philippe, Adolphe, Hortense et Valérie.
Henri Paroz-Schpi est mort à plus de
nonante ans. Cette maison est la
plus ancienne du village (1688).

La maison toujours occupée par M. André
Feusier
était la propriété de Benz Büren et sa
femme qui étaient paysans. Ils n’eurent
qu’une fille et cette famille
s’éteignit. La maison fut vendue à Léon
Bassin, qui éleva une grande famille,
mais qui ont tous quitté le village de
Saicourt. La maison fut rachetée par
Achille Feusier, qui, après l’avoir
rénovée, la céda à son fils André.

Achille Feusier a hérité de son père la
ferme suivante. Eugene Feusier, dit
Aubrumaire, eut quatre enfants, une
fille, Dina et trois fils, Edouard, Ami
et Achille. Ce dernier continua
l’exploitation de la ferme jusqu’au
moment où ses enfants se sont mariés.
Alors il céda le domaine, qui allait
toujours de père en fils, à son fils
René qui l’a ensuite vendu à M.
Grossniklaus.

La Voûte, comme l’appelle encore de nos
jours les habitants du village, était,
en cette fin du XIXe siècle, la
propriété de Jean-Pierre Feusier, qui a
vécu plusieurs années seul dans ce grand
bâtiment. M. Feusier était un grand
apiculteur, il possédait une
cinquantaine de ruches, toutes en
paille, qu’il confectionnait lui-même.
C’est Albert Paroz, fils d’Henri Paroz
Schpi, qui a acquis cette maison
qui fut reprise ensuite par son
propre fils, Henri dit –aussi- “Schpi”.

L’ancienne école du village se situe
pratiquement en face de la Voûte. Elle
date de 1823. Vers 1900 il n’y avait
qu’une seule classe dans une seule
pièce. Les bancs étaient disposés en
largeur de la salle, avec un couloir sur
le côté pour se rendre au pupitre.
L’instruction était donnée par un seul
maître pour les neuf degrés. La classe a
compté jusqu'à 60 élèves en ce début de
siècle et fut partager vers 1915. Sur
une carte postale imprimée vers 1900, on
peut lire : “...Devant la maison
d’école, pierre tombale d’un abbé de
Bellelay. On trouve de superbes dents de
poissons dans la carrière de grés.
Patrie du notaire J. H. Jacquerez (né en
1715)...”.

Aujourd’hui, cette bâtisse appartient à
Madame Ruth Lindgren, sculpteur qui
expose ses œuvres dans ses locaux.

C’est Monsieur Paul Rada qui est
actuellement le propriétaire de la
maison suivante.
Abraham-Louis Paroz,
(grand-père d’Ernest
Paroz),
était maître charpentier et avait une
famille de cinq garçons. Sa femme, née
Grosjean, était de
Saules.
Abraham-Louis Paroz avait plusieurs
ouvriers, presque tous de Saicourt. Ils
travaillaient à Tramelan et à Cortébert.
Le trajet se faisait à pied par Sous-Montbautier.
La route Le Fuet-Moulin-Brûlé n’existait
pas encore. Les ouvriers partaient de
Saicourt le lundi matin et restaient à
Tramelan jusqu’au samedi soir. Les
ouvriers ne gagnaient pas beaucoup
d’argent et le patron ne les payait que
tous les six mois...

C’est le fils ainé d’Abraham-Louis Paroz,
Alexis, qui a repris le commerce. Très
jeune il fut aussi maire de Saicourt.
Ariste
Paul, qui travaillait avec
son père, est parti pour l’Amérique, où
il s’est établi. Camille, qui était
aussi du métier, a repris la succession
de son père. Paul-Eugene a appris le
métier de cordonnier. Enfin, Alfred, le
plus jeune, était paysan à la maison de
ses parents et c’est lui qui reprit la
maison. A sa mort, la maison fut vendue
à Roland Paroz, neveux d’Alfred.
Abraham-Louis Paroz décéda en 1894.
La maison de M. Olivier Paroz a été
construite en 1903 et a remplacé une
très vieille bâtisse qui était coincé
entre la route cantonale et la rivière
et appartenant à son grand-père,
Paul
Eugéne Paroz. A la fonte des
neiges, la Trame a maintes fois débordé,
et elle envahissait tout le bas du
village et cette vieille maison qui
comptait trois chambres, cuisine, cave,
écurie, grange. Il fut donc détruite et
remplacée par l’actuelle, qui fut dans
un premier temps la propriété de
Jules-Eugene Paroz et de sa femme
Louisa, née Kraehenbühl, et leurs
enfants : Olivier, Simone, Camélia,
Claude et Liliane.

“Le Moulin” était habité par Florian
Paroz qui était le frère cadet
d’Abraham-Louis Paroz. Le Moulin avait
aussi à souffrir des inondations de la
Trame, de même que la maison située en
face et qui était la propriété de
Victor Feusier dit Aubrumaire.

Cette ferme habitée aujourd’hui par
Ariste Paroz, sa femme Heidi et par
Anette Paroz.Victor
Feusier et sa femme Caroline, eurent
deux enfants, Jules et Ida qui mourut à
l’âge de 18 ans. Victor n’est pas devenu
vieux et Jules dut prendre la
responsabilité du domaine très jeune.
Les affaires publiques l’intéressaient
aussi puisqu’il fut secrétaire municipal
à 20 ans. Il mourut à 27 ans des suites
d’une maladie. Après la mort de
Caroline, sa mère, restée seule
longtemps dans son logement, c’est Emile
Paroz
(frère d’Ernest), qui acheta la
maison.


La maison occupée aujourd’hui par la
famille Roetlisberger était autrefois la
propriété de
Célestin Desvoignes dit Francillon
qui vivait en mauvaise intelligence avec
sa femme. Ils eurent tout de même six
enfants : Robert, Elora, Ariste, Albert,
Marie et Valentine. Célestin était
arracheur de dents. Il prenait ses
clients sur un tabouret au devant-huis,
arrivait avec sa pince emballée dans un
mouchoir de poche et faisait
l’opération, qui faisait gémir d’effroi
ceux qui entendaient les plaintes du
patient... Par la suite, Célestin et sa
femme Aline se séparèrent, de sorte
qu’Aline resta seule avec quatre de ses
enfants dans la maison. Le père s’est
retiré dans une autre maison à l’autre
bout du village.

La demeure voisine fut au XVIIIe siècle,
construite par le notaire Jaquerez. La
tombe du notaire se situe derrière le
temple de
Chaindon. Cette maison, qui
est aujourd’hui la propriété de la
famille de Jean-Maurice Châtelain, fut
autrefois le bureau municipal de
Saicourt, avant son transfert au Fuet.
Cette demeure est un exemple du
patrimoine jurassien. Alphonse
Desvoignes eut trois enfants. Jules est
parti pour l’Amérique en 1889. Il est
revenu une fois, mais n’a plus donné de
ses nouvelles depuis. Emma s’est mariée
avec Edmond Paroz, scieur à Saicourt et
Elise a convolé avec M. Heimann de
Sorvilier.
En deuxième noce, il épousa Aloise Paroz,
ils n’eurent pas enfants et divorcèrent.
Alphonse continua le métier de paysan
avec un vieux domestique. A sa
succession, son petit-fils, Edwin Paroz,
devint le propriétaire de la maison.
Ensuite c’est Ernest Châtelain, (grand-père
de Jean-Maurice), qui en fit
l’acquisition.
Durant la scolarité d’Ernest Paroz (vers
1900), il n’existait pas d’auberge au
village. Néanmoins, on pouvait
s’approvisionner en vin et en bière chez
le fromager, Bernard Daniel, mais il
fallait prendre 2 litres à la fois.
Bernard eut une grande famille et sut
faire fructifier la fromagerie en y
confectionnant des “Têtes de Moines”. Il
n’y a plus de fromagerie à Saicourt de
nos jours, mais au Fuet.

L’auberge était autrefois un bâtiment
rural. Cet immeuble appartenait à
François-Frédéric Desvoignes dit
Francillon et sa femme Marguerite,
parents de Célestin et Frédéric. Après
la mort de son père, Célestin reprit la
maison, garda plusieurs chevaux qu’il
soignait dans cette demeure. Etant seul,
il avait souvent recours aux jeunes gens
du village pour faire les foins, les
moissons et le battage en grange. Tout
cela se faisait le soir. A la mort de
Célestin, son fils Ariste, qui était
marié à Malleray à une demoiselle Jabas
, a acquis la maison pour en faire une
auberge, qu’il a exploitée pendant une
dizaine d’années. N’ayant pas d’enfants,
il vendit son établissement et partit de
la localité. Plusieurs malheureux
événements arrivèrent à cette auberge,
dont un incendie qui détruisit tout le
rural. Bien des preneurs se succédèrent.
On y installa une boulangerie-épicerie.
Enfin M. Fritz Flückiger en devint
propriétaire. Il rénova le bâtiment,
installa un magasin avec le restaurant.
Il est resté plus de trente ans et a
vendu à Mlle Isabelle Rey.
L’épicerie est aujourd’hui fermée.

Abraham Feusier dit Aubrumaire était
maréchal et habitait la dernière maison
sur la route de Saules. A côté, il y
avait une petite maison qui lui tenait
de forge, et qui fut acquise plus tard
par M. Rodolphe Freiburghaus, qui en fit
une maison familiale. Abraham Feusier
eut quatre enfants. Jules est parti pour
la Californie et on n’en a plus jamais
entendu parler. Louise a épousé un Girod
de Pontenet, Emma s’est mariée à Camille
Paroz et Aline est restée seule à faire
la paysanne. Elle était fiancée à
l’instituteur de
Saules,
M. Barfuss, mais devait décéder à 26 ans
des suites d’un accident.

Vient ensuite la maison de M. Werner
Gerber.
Aurèle
Paroz, fils de Florian, a acheté la
vieille maison de Célestin pour la
démolir et en construire une nouvelle
avec deux logements. Il eut comme
premier locataire son beau-frère, Arnold
Monnier, horloger travaillant à
domicile. Aurèle était mécanicien et
était chef à la Fonderie Boillat à
Reconvilier. Il éleva une famille de
huit enfants dans cette demeure.

Juste à côté, c’est la maison de M.
Paul Gerber. Elle appartenait à
M. Louis Paroz, mais encore avant c’est
deux vieilles demoiselles, Cécile et
Aline Feusier, sœurs de Jean-Pierre
mentionné plus haut, qui y habitaient.
Le bâtiment comptait un logement en
haut, quant au bas, il avait servi de
forge, mais était désaffecté. M et Mme
Célestin Feusier Gol, qui étaient
revenus de Mulhouse sans ressources et
handicapés, ne pouvant plus travailler,
ont été logés par l’assistance de
Saicourt dans ce lieu sans plancher, sur
la terre battue, avec pour tous meubles
un lit, une table, deux chaises et au
milieu un fourneau de fer qui servait
aussi à cuisiner. Ils avaient un fils
nommé Jean-Jacques, qui était mécanicien
et dépensait tout ce qu’il gagnait. Le
jour où il décida de partir pour
l’Amérique, en demandant les fonds du
voyage à la commune bourgeoise, celle-ci
a consenti en lui disant : “D’accord,
mais à condition que tu ne reviennes
plus dans le pays”. Ce qu’il a respecté.

A côté de cette maison existait une
autre bâtisse: chez
Pierre
Friedri Paroz. Il
n’a pas eu d’enfant, était menuisier et
faisait un peu le paysan. Il avait un
cheval blanc et deux vaches. Quand le
couple fut vieux, n’ayant plus de
cheval, il attelait une vache à la
bercette. Lui conduisait l’attelage et
sa Rosine était assise sur le siège. La
maison fut vendue à Charles-Henri Paroz,
qui l’a démolie.
La maison de M. Ernest Gerber :
Le régent Florian Sautebin a été
instituteur à Saicourt plusieurs années.
Il enseignait autour des années 1880
déjà. Il était le maître du village et
savait se faire respecter autant des
élèves que des aînés. Il eut six
enfants: Onésime fut instituteur,
Gilbert professeur, Hippolyte également
professeur à l’école normale de
Porrentruy, Emile notaire et Paula
repris la succession du père, qui était
agriculteur en même temps que régent. Il
y avait encore une fille nommée Corinne.
Toute une famille d’intellectuels. La
mère Sautebin était une sœur de
Jean-Pierre et des voisines Cécile et
Aline Feusier. Elle se fit poser une
prothèse dentaire à l’âge de 80 ans.
C’était la première au village !

La maison d’Emile Kraehenbühl
appartenait à Adémar Aebi, célibataire,
menuisier. Il avait pris ses neveux et
nièces en location dans le logement du
haut, avec l’écurie de gauche, tandis
que Vincent Tauxe logeait en bas et
avait l’écurie de droite.

La maison de la famille Pugliese :
Chez Emile Bütikofer, il y avait aussi
une forge à clous, mais ce dernier l'a
aménagée pour y garder quelques pièces
de bétail. Il éleva une grande famille
qui s'’st dispersée, laissant le fils
Emile, célibataire, seul dans la maison.
Il travaillait sur la ligne de chemin de
fer, et s'est fait écraser à Courrendlin.

La fête
des Cerises

La Béraie était habitée par Jean Kropf
qui était ouvrier d’Abraham-Louis Paroz.
Il gardait deux vaches et travaillait la
charpente. En ce temps-la, il y avait 3
ou 4 grands cerisiers qui produisaient
beaucoup, c’est pourquoi chaque année, à
la fin de juillet, c’était la fête des
cerises chez Kropf et tous les habitants
du village y accouraient, pas seulement
pour manger des cerises, mais aussi pour
y boire un verre.
Le Crôta, C’est la maison située près du
restaurant, de l’autre côté du pont en
direction de Reconvilier. Elle
appartenait à Théophile Paroz dit Schpi.
Il eut un fils, Paul-Emile, qui a marié
Cécile Sautebin du Fuet. Ceux-ci eurent
trois enfants, Robert, Léontine et
Charles. Paul-Emile étant un buveur
invétéré, mourut à 40 ans. La même
année, sa femme et sa fille le
suivirent. Léontine avait 18 ans. La
grand-mère resta seule avec les deux
garçons pour exploiter le domaine assez
important. Robert l’aîné ne tarda pas à
suivre l’exemple de son père et mourait
à son tour à 24 ans. Il restait Charles,
et Sophie, sa grand-mère, le supplia de
se marier dès sa 20e année, car elle
était trop usée pour tenir la maison.
Charles, à ce moment-là était sobre,
mais ne tarda pas à suivre l’exemple de
la gent masculine de la famille. Il
mourut à 27 ans, laissant une veuve et
trois enfants en bas âge, deux garçons
et une fille. Un des garçons suivit le
même penchant que ses aïeux...

La ferme du Sautoux était exploitée par
la famille Liechti.
L’arrière-grand-père, qui était
tisserand, eut un fils, Jean, qui
agrandit le domaine ne s’occupant que
d’agriculture. A son tour, il eut un
fils, Ernest. Ce dernier eut deux
enfants, une fille et un garçon.
Sources :
Ernest
Paroz “Historique sur le
village de Saicourt” 1973, Journal du
Jura 1985
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