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Gaziosmanpaşa est l’une des banlieues d’Istamboul des
plus peuplées et certainement des plus défavorisées. La partie sud, Gaziosmanpaşa
proprement-dit, est
une zone urbaine où la densité de la population est énorme tandis que le nord est
composé de 10 villages : Boğazköy, Bolluca, Çilingir, Hacı Masalı, Haraççi,
İmrahor, Taşoluk, Taya Kadın, Arnavutköy, et Yeniköy. Ces deux derniers ne sont pas à
confondre avec les deux villages du Bosphore
portant les mêmes noms.
Aucune autre banlieue n’a connu un accroissement aussi rapide. Dans les années 1930,
toute la zone était pratiquement inhabitée. Seuls quelques villages de réfugiés
musulmans bulgares ou crétois parsemaient la campagne. De 1951 à 1955, les Macédoniens
arrivèrent en nombre important pour faire passer le nombre d’habitants de 4000 à 18
000. C’est surtout dans les années 1960 à 1980 qu’une masse de gens originaires des
provinces orientales et principalement composée de Kurdes, vint s’installer.
L’explosion démographique aidant, on arrivait en 1990 au chiffre extraordinaire de 393
000 habitants pour franchir en 1997 la barre des 650 000.
Inutile de dire que les problèmes sociaux suivirent l’accroissement de la population,
accentués encore par les différentes ethnies et religions qui s’y côtoient. En effet, certains des 29 quartiers de Gaziosmanpaşa
sont peuplés de Kurdes, d’autres, de gens de la mer Noire (Kastamonu),
certains d’alévis comme à Gazi. Délaissés par une municipalité débordée et par un
pouvoir méfiant, certains de ces quartiers sont devenus de vrais nids de révoltes
sociales et urbaines. Les groupes les plus extrémistes trouvent un écho favorable
auprès d’une population pauvre et souvent peu éduquée ayant un fort sentiment
d’injustice vis-à-vis du pouvoir.
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