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Les
chrétiens de Chypre du Nord
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La population chrétienne de Chypre depuis l'an 45
Chypre a été christianisée très tôt. Ce sont les apôtres Barnabé et Paul qui se
chargèrent dévangéliser lîle dès lan 45. Ainsi, lEglise de
Chypre est lune des plus anciennes, et bien que ne faisant pas partie de la
Pentarchie, lEglise fut reconnue autocéphale au concile de Nicée en 351. LEglise
chypriote a connu toutes les déchirures des premières communautés chrétiennes, mais la
plus éprouvante fut certainement le schisme de 1054, entre lEglise de
Constantinople et lEglise de Rome. Fidèles à lempereur, la population resta
aussi fidèle au patriarche constantinopolitain, ce qui nempêcha pas les Croisés
de Richard Cur de Lion, denvahir puis remettre lîle aux Latins en 1192.
Ainsi, de 1192 à 1571, lEglise orthodoxe de Chypre a été privée de tout pouvoir
et fut contrainte de vivre dans lombre de lEglise catholique latine qui la
tolérait à peine.
Bien que le paysage chypriote ait été marqué par la longue occupation latine, la
population resta très majoritairement orthodoxe. Peu de Chypriotes se convertir au
catholicisme (uniates), mis à part la petite bourgeoisie qui se latinisa progressivement.
Cest de lépoque latine que datent les églises gothiques présentes à
Famagouste, Bellapais et Nicosie, ainsi que la présence de la communauté maronite,
originaire de Syrie et du Liban.
Dès 1571, Chypre fut incorporée à lEmpire ottoman et lEglise orthodoxe
recouvra son autorité quelle avait perdue pendant plus de quatre siècles. LEglise
catholique qui avait combattu les Ottomans en 1571, fut privée de ses lieux de culte et
de ses droits pendant les premières années de lappartenance de lîle à lempire.
Tandis que lEglise orthodoxe qui avait tacitement soutenu les troupes ottomanes
contre les Latins, se retrouva libre, comme les autres Eglises orthodoxes de lempire.
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Fresques à St Georges des Grecs, Famagouste |

Ancienne cathédrale de Famagouste (période franque)
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LEglise orthodoxe chypriote
se renforça aussi par larrivée massive dAnatoliens orthodoxes, que le sultan
Soliman le Magnifique, fit déporter dAsie Mineure, afin de repeupler lîle.
Une faible partie des Chypriotes se convertirent à lislam durant la période
ottomane (1571-1878), alors que dautres musulmans originaires de différentes
régions de lempire, vinrent progressivement sétablir à Chypre. Il sagissait
surtout de fonctionnaires et de leurs familles.
De 1878 à 1914, la Grande-Bretagne prit sous tutelle lîle de Chypre, puis en fit
une colonie jusquen 1960. Cette longue occupation ne bouleversa pas fondamentalement
la composition religieuse de Chypre, mais marqua quand même larrivée sur la scène
insulaire, de lEglise anglicane, la religion des nouveaux maîtres. |

Fresques à St Barnabé (période ottomane)
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Le système ottoman des
« Millet » (nations), permit aux chrétiens de conserver la langue grecque, y
compris les catholiques et les maronites, qui shellénisèrent progressivement.
Ainsi, malgré lappartenance de lîle à lempire pendant plus de trois
siècles, seule la population musulmane conservait la langue turque (ottomane). Sous loccupation
britannique, langlais devint une langue importante, devançant même parfois le turc
qui subit, quant à lui, de larges réformes linguistiques en 1928. |
| LEglise orthodoxe de Chypre, comme toutes les Eglises orientales, doit son
salut à lappartenance à lempire tolérant des Ottomans. Il est édifiant de
constater, que dès que le pouvoir ottoman saffaiblit (1878), puis disparaît
(1914), lEglise orthodoxe locale joue un rôle prépondérant, dans sa lutte contre
les minorités religieuses en général, mais surtout musulmanes. Ainsi, dès les années
1930, lEglise encourage la population non seulement à lutter contre loccupant
britannique (ce qui est assez légitime), mais aussi pousse les Chypriotes grecs à lEnosis,
soit lunion avec le Royaume de Grèce. La Grèce étant officiellement orthodoxe
(les non-orthodoxes nont pas les mêmes droits que le reste de la population, encore
aujourdhui), et ayant subit un échange de population avec la République laïque
turque, il serait plus facile de se débarrasser des 25% de musulmans peuplant lîle,
en appliquant les mêmes mesures qui ont vidé la Crète et la plupart des îles grecques
ainsi que la Macédoine, de leurs populations musulmanes. |

Temple St André, Kyrenia
(période coloniale anglaise)
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Eglise arménienne, Nicosie
(période ottomane) |
Après les accords de Zurich qui
amenèrent Chypre à son indépendance en garantissant les droits des Chypriotes turcs
(musulmans), la situation se dégrada rapidement, et en 1963, le président de la
République voulut supprimer les droits constitutionnels des musulmans. Des émeutes
éclatèrent et des massacres furent perpétrés contre les musulmans chypriotes. LONU
interviendra en 1964 et larmée turque en 1974 après de nouvelles et graves
attaquent contre la communauté musulmane. Afin de sauver dun massacre évident les
Chypriotes turcs, la Turquie fut obligée doccuper une partie de lîle pour
assurer un minimum de sécurité. Tout le Nord de Chypre, fut donc prit sous contrôle
turc et des milliers de réfugiés affluèrent de la partie sud de lîle. Par
contre, les orthodoxes majoritaires comme partout ailleurs à Chypre, prirent également
le chemin de lexil, en direction de la zone sud qui venait déchapper à lannexion
par la Grèce. |
Depuis 1974, la
répartition religieuse sur lîle est claire : les orthodoxes se concentrent
dans la zone sud (plus de 60% du territoire), tandis que les musulmans sont établis dans
la zone nord, toujours sous contrôle de larmée turque, mais ayant un gouvernement
totalement autonome.
Sans lintervention de la Turquie, Chypre aurait certainement perdu autant son
indépendance que son côté cosmopolite et cuménique. Bien que les deux
communautés vivent aujourdhui nettement séparées (Ligne Attila), elles restent
toutes deux présentes et, malgré les horreurs de la guerre civile, peuvent espérer
vivre à nouveau ensemble en paix, comme au temps de lEmpire ottoman.
Dans la partie Nord de lîle, il reste quelques communautés chrétiennes, mais les
orthodoxes sont minoritaires et ne représentent pas plus dun millier de personnes,
dont la plupart vivent dans la péninsule de Carpas.
Le groupe chrétien numériquement le plus important, est lEglise anglicane,
présente dans les villes de Famagouste, Nicosie, Kyrenia, Morphou, mais aussi dans
villages, comme à Karaman ou Ilgaz, où les anglicans sont majoritaires. A Kyrenia, les
anglicans possèdent leur propre temple (Saint-André), tandis que dans les autres villes
et villages, ils occupent des églises laissées à labandon par les orthodoxes ou,
comme à Famagouste, par les nestoriens.
La communauté maronite qui fut très importante avant loccupation de lîle
par les Vénitiens, représente quelques centaines de personnes, vivant dans leurs
villages dorigines : Koruçam (Kormakitis), Özhan (Asomatos), Gürpinar (Aya
Marina) et Karpasa (Karpasia) et formant trois paroisses. Les maronites représentent
environ 2 à 3 % de la population totale de lîle.
A Nicosie, Famagouste et Kyrenia, se maintiennent de petites communautés catholiques
latines. Elles ne possèdent pas de paroisse propre, mais partagent les lieux de culte des
maronites. On compte près de 20 000 Chypriotes catholiques dans les deux parties de lîle,
en incluant les catholiques orientaux.
Enfin, on trouve aussi de toutes petites communautés essentiellement présentes à
Nicosie, Famagouste et Kyrenia : Assyriens orthodoxes, Arméniens grégoriens,
Arméniens protestants, Nestoriens, etc. Toutes ces communautés ne forment quun
faible pourcentage de la population de la République Turque de Chypre du Nord. |

Icône à St Barnabé
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Eglise des Archanges (musée), Kyrenia
(période ottomane)
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Abbaye de Bellapais
(période franque)
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Patrimoine ecclésiastique dans
la R.T.C.N
Dans le patrimoine national chypriote, on compte un grand nombre déglises ou danciennes
églises, dont certaines remontent au début de lépoque byzantine (Empire romain dOrient).
Une partie de ces bâtiments, notamment ceux de lépoque du Royaume des Lusignan,
ont été transformés en mosquées au XVIe siècle, par le pouvoir ottoman. Il sagit
généralement danciennes églises catholiques confisquées par la Porte aux
Vénitiens après leur défaite de 1571. Certaines églises latines ont été données à
lEglise orthodoxe (Bellapais), qui avait soutenu les Ottomans, lors de la Conquête
de lîle. Dautres églises ont subit des dommages irréparables lors des
bombardements ottomans sur Nicosie et Famagouste (cathédrale Saint-Nicolas,
Saint-Francis, Saint-Georges des Latins, etc.). Enfin, plusieurs tremblements de terre ont
également anéantit plusieurs églises anciennes. |
| Lors de la partition de lîle en 1974, les églises orthodoxes ne furent
pas détruites, mais des pillards profitèrent de la confusion pour faire main basse sur
certaines icônes et autres objets de valeur, que lon retrouva plus tard sur les
marchés internationaux dart. Les autorités nord-chypriotes prirent rapidement des
mesures afin de protéger les uvres dart et fermèrent les églises qui navaient
pas encore été « visitées ». Les icônes furent recueillies par ville et
par région afin de les rassembler dans des églises devenues musées (Famagouste,
Kyrenia, Bellapais, Nicosie, Saint-Barbané, etc.). Ainsi une partie du patrimoine
religieux nord-chypriote put être sauvé.
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Eglise byzantine, Famagouste
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Monastère arménien dans les Monts Pentadactylo /
Besparmak
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Certaines églises furent
transformées en mosquées, afin de desservir les réfugiés musulmans du Sud, qui en
manquaient. Il sagit toutefois de cas isolés. Dautres églises orthodoxes
furent investies par des communautés non-orthodoxes (anglicans, protestants). Mais la
plupart des églises des villages de Chypre du Nord, sont aujourdhui abandonnées et
certaines ont été vandalisées (Surp Magar, Stylli, Elia).
Certaines églises sont encore en fonction, notamment dans la péninsule de Carpas et dans
les villages maronites à lOuest du pays. |
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Index / Galerie photos
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