Palais des Hospodars Cantacuzène
Résidence Cantemir
Ulah Sarayı / Eflak Hospodar Kantakuzenos Saray
Kandemir'in Evi
XVe siècle
Quartier de Fener
-
Mairie de Fatih
Il est difficile d’imaginer ce que pouvait être
la résidence de l’une des plus grandes familles
phanariotes en voyant ce qu'il en reste
aujourd'hui.
Les grandes familles du
Phanar (Fener)
descendaient de l’aristocratie byzantine qui,
après la Conquête de 1453, était autorisée à
résider dans ce quartier en bénéficiant même
d’une certaine autonomie. Les deux principautés
danubiennes de Valachie et de Moldavie, sous le
contrôle de l’empire, étaient dirigées par des
princes phanariotes (jusqu’en 1821). Jusque dans
les années 1920, toute la bourgeoisie, voire
l’aristocratie romaine (Empire Romain d’Orient),
vivait dans le quartier du Phanar ou
s’alignaient les propriétés des Paléologue,
Cantacuzène, Mavrocordato, Cantemir…
Aujourd’hui, le bilan d’un inventaire de ces
propriétés paraîtrait bien misérable, s’il y en
avait un. Les projets voulant protéger les
restes de ce passé glorieux abondent depuis des
années, mais jusqu’ici, rien n’a vu le jour.
Même le plan du fameux projet de réhabilitation
des quartiers de Fener et Balat, évite
soigneusement les palais phanariotes, dont
l’avenir plus ou moins proche, révélera la
totale disparition.
Cette résidence-ci a néanmoins été rénovée en un
temps record et est devenue un musée depuis
l'été 2007, consacré à la vie du prince Dimitri
Cantemir, hospodar de Valachie (1673-1723).
Juste après l’entrée princière (!), deux petits
bâtiments se situent sur la gauche, en terrasse.
Le premier est à deux étages, l’autre n’en
possède qu’un seul. Les murs de ces deux
structures longent la ruelle à escaliers, qui
contourne la propriété. Sur la droite, on trouve
un bâtiment plus vaste, possédant deux étages.
Il fut transformé en monastère comme les autres
bâtiments de la propriété, puis abandonné et
investie par des familles pauvres après la 1ère
Guerre Mondiale. Un passage permettait de
rejoindre l’église
du Saint-Sépulcre (dite aussi
Saint-Georges). En face, un autre édifice ancien
est planté à flan de coteau. Vaste, mais d’un
étage seulement, il fait suite à un troisième
grand bâtiment, dont une partie a disparue. Ce
dernier comportait un rez-de-chaussée en pierre,
et deux étages en bois. A l’arrière, il ne
comportait qu’un seul étage, toujours à flan de
colline. Pour accéder au bâtiment, on empruntait
un grand escalier partant de la première cour
(juste après la porte de la propriété), pour
arriver sur une vaste terrasse dominant l’église
du Saint-Sépulcre dont la cour est à 7 mètres en
dessous. Un autre bâtiment de deux étages en
bois, se situe au bout de la cour à l’ouest. Il
est précédé d’un petit clocher qui domine les
escaliers permettant de rejoindre la cour de
l’église. Un passage permet de circuler derrière
les bâtiments en longeant un mur de 3 mètres de
haut, qui retient les jardins (autrefois) à
fleurs où se trouvait une serre du coté ouest,
et une citerne du coté est. Enfin, d’autres
escaliers à l’ouest, permettaient de se rendre
dans les jardins à terrasses où on cultivait des
fleurs et dont l’entrée était commandée par une
autre citerne, tandis que tout à fait en bas de
la côte, se trouvait le vaste potager et un
grand réservoir d’eau. Au bout de la propriété
Cantacuzène, se dresse l’ancienne église de la
famille, dont les structures calcinées sont bien
visibles (voir église Panaya Ulah Sarayı). |