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Tekirdað
Autres noms connus : Bisanthe, Vissanthi,
Rhaidestos, Hpaidestos, Raedestus, Rodosto,
Rodosçuk, Rosdostchoug, Tekir Dagh
La ville de Bisanthe a été fondé vers l’an 400
av. J.C., par le prince Seuthes et a appartenu
au royaume de Thrace jusqu’à l’arrivée des
colons grecs de Samos et du Mégare, vers 600 av.
J.C.
Envahie d’abord par les Macédoniens, puis par
les Romains, la ville est détruite. C’est
Justinien qui entreprend sa reconstruction, non
loin du site antique (aujourd’hui
Barbaros),
au VIe siècle. Cependant la ville allait encore
être détruite par les Bulgares en 813 et par les
Croisés en 1206.
Selon les fouilles archéologiques menées
inlassablement depuis les années soixante, la
région de Tekirdað a été peuplée dès le
prénéolithique soit, il y a 12000 ans. Dans les
cavernes de Güngörmez et de Güneskaya, près de
Saray, des restes de poteries datés de 5000 à
3000 av. J.C., ont également été découverts.
Sur la colline de Toptepe, près de Marmara
Ereðlisi, on a découvert une figure en
terre-cuite d’une Déesse-Mère, datée de 4300 av.
J.C.
Entre 1400 et 1000 av. J.C., le peuple habitant
la région était proto-thrace, qui n’étaient pas
aussi évolués que les Hittites, qui occupaient
l’Asie Mineure à la même période.
On n’est pas sûr de la période à laquelle les
Thraces vinrent peupler cette région, mais
généralement on s’accorde à dire qu’ils ont du
s’y installer au IXe siècle av. J.C., venant du
nord. Homère les mentionne dans l’Iliade.
Dès le VIIe siècle av. J.C., les colons grecs de
Samos et du Mégare commencèrent à s’implanter
sur les côtes. Certaines colonies s’étaient
érigées en royaumes indépendants avant
l’absorption de ces derniers par la Perse en 514
av. J.C.
Après le départ des Perses en 477, un petit
royaume thrace s’est reconstitué, réunissant les
tribus des Astes et des Odyrises. Leur capitale
était Byzye (Vize). Les Macédoniens envahirent
le royaume entre 360 et 341 av. J.C. et
l’incorporèrent à leur Etat, sous Philippe II.
La culture et la langue thraces disparurent et
les habitants furent complètement hellénisés.
En 46 de notre ère, l’empereur Claudius
incorpore la Thrace à l’empire romain. Malgré
les invasions barbares, la Thrace restera
romaine jusqu’au XIVe siècle, quand les Ottomans
font leur apparition dans la région. Sous la
domination romaine, deux villes furent fondées
dans le but de colonisation. Il s’agit d’Apri
ou Aprus (aujourd’hui
Kermeyan)
près de
Malkara
et Dealtum, aujourd’hui en Bulgarie.
Sous Septime Sévère, l’Empire romain entra en
guerre contre Byzance. La ville fut réduite en
cendres et son territoire fut annexé à la
province romaine de Thrace. La capitale fut
Perinthos (Perinthus). Byzance fut bientôt
reconstruite sous le nom de
Nouvelle Rome
et devint la capitale de l’empire en 351, ce qui
donna une nouvelle importance à la Thrace,
malgré les continuelles invasions venant de
l’Ouest.
Ainsi, la région de Tekerdað fut dévastée en 378
et 559 par les Huns. En 587 et 626 par les
Avars, puis par les Petchenègues, les Arabes
(673 et 718), les Coumans, les Hongrois et les
Serbes. Enfin, les Croisés pillèrent toute la
région en 1096, puis en 1206 avant de
l’incorporer au royaume latin de Constantinople,
jusqu’en 1261.
De 1261 à 1453, l’Empire romain fut rétabli. Les
Ottomans pénétrèrent dans la région, à partir de
la péninsule de Gallipoli, dès 1354 et établir
leur nouvelle capitale à Hadrianopolis (Edirne).
Tekirdað connu un développement sans précédent
pendant la période ottomane, jusqu’au XIXe
siècle, où elle fut occupée par l’armée russe en
deux fois. Pendant les guerres balkaniques, elle
fut encore occupée par les Bulgares, puis par
les Grecs qui l’annexèrent en 1919. Elle fut
libérée en 1920, après le traité de
Mudanya,
qui fixait les nouvelles frontières entre la
Grèce et l’Empire ottoman. Jusqu’en 1923, la
population était composée d’Ottomans de
différentes religions (musulmans, orthodoxes,
grégoriens, juifs). Après le traité de Lausanne,
la ville se vida de sa population chrétienne et
accueillit les réfugiés musulmans de Thraces et
des îles de l’Egée, plus tard, également
d’autres réfugiés de Bulgarie et de Roumanie.
Centres d'intérêt :
Il reste très peu de choses du passé antique de
la ville de Tekirdað, et les monuments
intéressants sont surtout de la période
ottomane. Dans la vieille ville, ont peut encore
voir de belles maisons du XIXe siècle.
Mosquée de Rüstem Pacha, est le plus bel
exemple d’architecture religieuse à Tekirdað.
Elle est l’œuvre du fameux architecte Mimar
Sinan qui l’a réalisé au XVIe siècle pour le
grand vizir et beau-frère de Soliman le
Magnifique. Restaurée en 1841 sous le sultan
Abdlülmecid, elle est en bon état de
conservation. Ses dépendances, qui se composent
d’un bain turc (hammam) et d’une école
religieuse (medrese), sont
malheureusement en ruine.
Une autre mosquée mérite l’attention, se situant
également dans le centre ville, dans le quartier
d’Ertuðrul : l’Eski camii ou mosquée
Ancienne. Elle est de facture plus récente
(1830), mais donne une bonne idée de l’évolution
de l’architecture ottomane. Ses dépendances,
composées d’un caravansérail et d’une
bibliothèque, ont été restaurées au début des
années 1990.
Le musée de Tekirdað est intéressant pour les nombreux
objets découverts dans la région. Certains
remontent au Néolithique, mais ce sont surtout
les collections provenant des périodes thrace et
romaine, qui sont assez exceptionnelles.
Le musée Rakóczi, raconte l’aventure de
ce héros national hongrois, qui trouva refuge
auprès du gouvernement ottoman, après son
insurrection manquée contre le régime
austro-hongrois. Résidant d’abord dans la
capitale impériale, le gouvernement
austro-hongrois fit pression auprès de la Porte,
pour un exil plus lointain, et c’est ainsi que
le prince vint s’installer à Rodosto (nom de la
ville à l’époque). Il y vécut jusqu’à sa mort en
1735. D’abord enterré au cimetière orthodoxe de
la ville, sa dépouille fut transportée plus
tard, en l’église Saint-Benoît à Istanbul. Une
légende tournait autour de cet homme que l’on
croyait immortel. Aujourd’hui encore, de
nombreux Hongrois en visite en Turquie, viennent
lui rendre hommage, en passant dans sa maison de
Tekirdað ou à l’église Saint-Benoît d’Istanbul.
La maison du poète Namýk Kemal est aussi
un petit musée de nos jours. Né en 1840 à
Bolayýr,
dans la péninsule de Gallipoli, il vécut aussi à
Tekirdað. Une statue lui est consacrée dans un
parc qui porte son nom.
Les alentours de la ville offrent de multiples
possibilités d’activités et de balades.
Plusieurs sites archéologiques sont
visibles à Hayrabolu près de Malkara, à
Barbaros,
à Marmara Ereðlisi,
Kermeyan
et le long la
côte de Ganos,
au pied du Mont Rhodope.
Enfin, Tekirdað est aussi une station balnéaire avec ses plages de
Barbaros et
Kumbað.
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