| Le tour que nous vous proposons de faire
individuellement, permettra de découvrir des quartiers non seulement typiques, mais aussi
paisibles qu’agréables.
Ce circuit met en valeur l’architecture et donne une approche de la population très
cosmopolite de Péra. Il n’y a pas de grands monuments sur cet
itinéraire, mais de beaux bâtiments reflétant la richesse de ces quartiers au début du
XXe siècle.
Départ
L’itinéraire débute devant l’église de
Saint Antoine de Padoue qui, bâtie au tout début du XXe siècle, a remplacé
un autre bâtiment, qui se trouvait juste à coté. Prendre la ruelle sur la droite de
l’église, qui débute par un escalier. La Eski Çiçekci Sokak, portait autrefois, le
nom d’une célèbre famille levantine :
Lorando. La rue permet de s’approcher du quartier des Antiquaires en passant au pied de
l’impressionnante église Saint Antoine et derrière la loge maçonnique du Grand
Orient, bâtiment qui appartenait à la famille Baudouy. Au bout de la rue, tourner à
droite. Sur la place, devant la librairie française de Madame Efy, prendre à gauche.
Rue Française
(Fransiz Sokagi)
A moins de 50 mètres de la petite place, s’ouvre une étonnante rue : la rue
Française ! (photo).
Il y a quelques années, un original de la place, imagina de créer un petit Paris à
Istamboul, comme si la métropole de l’Europe orientale ne regorgeait pas assez de
richesses culturelles. L’idée fut donc de prendre une rue de Péra
(l’ancienne rue d’Algérie), lui donner un look à la française et d’ouvrir
boulangeries, coiffeurs, hôtels, restaurants, cafés et autres commerces hors de prix,
pour une clientèle mondaine, résolument stambouliote. On ouvrit la rue au printemps 2004
et depuis, la jeunesse dorée d’Istamboul s’empresse de s’y montrer, tout en se
plaignant des prix prohibitifs qui y sont pratiqués.
L’ensemble consiste en deux ruelles, qui n’ont pas de particularités architecturales,
malgré le coup de peinture récent. Une maison sur deux est peinte en jaune, l’autre en
rose. Des géraniums rouges et blancs (on a pas trouver des bleus) ornent les fenêtres de
toutes les maisons et font penser, à une petite ville allemande du bord du Rhin. Au
centre de la rue, une sculpture apocalyptique devrait faire penser à l’art français.
Coté architecture, deux immeubles sont intéressants avant de pénétrer dans la
rue, sur la gauche. Il s’agit des appartements Michel Pacha (Misel Pasa Apartmani), pour
le premier, suivit de l’ancienne
école primaire italienne, aujourd’hui ‘Galérie d’Art de la Rue
Française’. L’école fut un don du banquier
Camondo à l’Italie après avoir reçu le titre de comte par le roi Emmanuel de
Savoie.
En sortant de la rue Française, prendre sur la
gauche.
NB : si vous ne désirez pas passer dans la Rue Française et dans le sas du control,
passez devant l’entrée de ladite rue et suivre jusqu’à la maison
Apellian (escaliers sur la gauche de l’immeuble jaune).
Les bains de Çukurcuma
En remontant un peu la rue Karhiye Caddesi, on commence à voir les premier magasins
d’antiquités ou de brocantes. Avant que la rue se courbe sur la gauche, deux anciens
immeubles sont intéressants : la maison Zehovitch (Zehoviç Apartman), sur la gauche
et la maison Louis (Luyi Apartman) sur la droite. Après la courbe, on arrive sur une
place en contrebas d’un grand mur, qui n’est autre que celui du lycée de Galatasaray.
Sur la droite, prendre l’escalier qui débute avec un grand immeuble jaune, la maison
Apellian (Apelyan
Apartman).
Cette agréable ruelle piétonnière, bordée de
cafés, s’appelait autrefois la rue Rudolf. Au milieu, elle se divise en deux à la
hauteur de l’école
grecque Tarsis Varidou, en ruines. Prendre sur la gauche et continuer jusqu’en haut
de l’escalier, en passant devant la partie nouvelle (1969) et réservée aux dames, du hammam
de Galatasaray.
C’est une sultane-mère, qui offrit l’exploitation
des eaux de la petite vallée (Çukurcuma), qui s’étant entre
Galatasaray et Cihangir. Ainsi, on
trouve quatre hammams (en fonction), dans les rues de Çukurcuma : Galatasaray
, le plus connu et le plus cher, dont l’ancienne partie réservée aux hommes, fut
complètement reconstruite en 2003. Aga
Hamami est le plus vieux (XVe siècle), mais pas le plus propre. Il est ouvert en
journée pour les femmes et en soirée, pour les hommes. Le minuscule hammam de Kulhan, se
trouve au bout de la rue Çukurcuma. L’entrée (vestiaire), ne date que du XIXe siècle
et ne paie franchement pas de mine, mais le hammam lui-même, est beaucoup plus ancien.
Des heures sont réservées aux femmes, d’autres, aux hommes. C’est un hammam typique
de quartier. Enfin, le
hammam de Çukurcuma, presque en face de la mosquée
du même nom, dans la rue du même nom aussi, est sale et mal entretenu, comme la plupart
des hammams stambouliotes. Il est franchement déconseillé aux hétérosexuels.
Les brocanteurs et antiquaires
Même si, depuis la rue Française, on a rencontré plusieurs magasins de brocante, on
pénètre avec la rue Aga Hamami Sokak (sur la droite en haut des escaliers), vraiment
dans le cœur du quartier des Antiquaires. En Turquie comme ailleurs, la brocante et les
antiquités sont deux choses bien distinctes. Malheureusement, cette distinction n’est
pas faite dans le quartier et bien des brocanteurs vendent leurs marchandises aux prix des
antiquités. Il est donc nécessaire de bien chercher, pour trouver un objet intéressant,
dans cette anarchie de prix inexplicables.
En descendant la rue Aga Hamami Sokak, on passe devant l’école italienne tenue par des
sœurs (bâtiment jaune), puis tout de suite après, devant le consulat de Grèce, dit aussi
‘palais Ionien’.
Pratiquement en face du consulat, une jolie maison du
XIXe siècle a une façade richement décorée. Il s’agit de l’ancienne école
française Saint Michel. Après un déménagement dans le quartier de Bomonti au début du XXe siècle, ce bâtiment fut transformé en
logements. A l’arrière et donnant sur la rue Aga Çesme Sokak, se trouvait l’autre
entrée, directement à coté de l’école bulgare détruite et remplacée par un
‘Otopark’, plus rentable… En face de cette deuxième entrée de l’ancienne école
Saint Michel, se trouve encore aujourd’hui, le lycée
grec de Zographion (Zografyon Lisesi).
En continuant la rue Aga Hamami Sokak, ne pas manquer
la décoration Art nouveau des appartements
Antoniadis, puis juste après la pharmacie Tokgöz (francophone), prendre la rue à
droite. La rue Faik Pasa, est l’une des plus belles du
quartier des Antiquaires. C’est aussi à cet endroit que l’on trouve les plus beaux magasins d’antiquités.
Ces anciennes maisons, surtout sur la gauche en descendant, montrent la richesse passée
de Péra. Le no 7 (Appartements
Livada), le no 13 (Appartements Berberian), le no 17 (Appartements Salzani), le no 25
(Appartements Pitsiliadis) et le no 27 (Appartements
Eskinasi), sont de beaux exemples d’architecture civile du XIXe siècle.
En face du no 27, une lignée de maisons grises, sont des habitations
sociales construites par l’orphelinat italien qui se trouvait autrefois, juste
derrière. Ces maisons sont encore habitées essentiellement par des Levantins et l'une
d'entre elles, contient une petite
chapelle privée.
Dans cette rue, il est fréquent d’entendre parler le grec, l’arménien ou le
français, que les vieux habitants de quartier utilisent encore.
Les écoles
Après les maisons sociales italiennes (sur la droite), prendre deux fois à gauche et
continuer la rue qui fait un angle droit autour d’une vieille maison en bois. C’est la
limite du vieux Péra. Autrefois, les habitations le long de cette rue (Alti Patlar),
étaient presque toute en bois (contrairement à Péra proprement dit), jusqu’à
l’endroit où la rue se resserre et où s’élèvent les immeubles Manopoulo (à
droite) et Constantinidi (à gauche). L’immeuble orange qui s’élève en haut de la
rue Alti Patlar, mais déjà dans la rue Aga Hamami, n’est autre que les Appartements
Della Suda. Son ancien propriétaire, Monsieur Della Suda, était un levantin
d’origine italienne. Il fut Pharmacien impérial et le sultan lui donna le titre de
pacha. Il était surnommé ‘Faik’ et son nom devint tout naturellement, ‘Faik
Pacha’. Aujourd’hui plus grand monde se souvient de qui était Monsieur Della Suda,
mais un restaurant porte son nom dans la rue Faik Pasa.
Prendre à gauche et continuer jusqu’à la boulangerie (à gauche), qui est juste avant
une petite place. Là, il faudra prendre la rue qui part en face, et la remonter
totalement. Sur la droite, s’élève l’hôpital des Premiers Soins de Taksim. Son
architecture note bien les horreurs que l’on pouvait construire dans les années 60. Il
a remplacé l’ancien hôpital municipal.
Toujours sur la droite, un vieil immeuble un peu
délabré, porte une pancarte près de l’entrée : Merkez
Rum Lisesi. Il s’agit d’une ancienne école grecque (Kentrikon Parthenoghoion),
fermée depuis 2003.
En haut de la côte, prendre la rue à gauche (rue
Çurkurçesme Sokak), en prenant soin de se retourner auparavant, pour admirer la belle
vue sur la tour de Galata et, au
loin, la mosquée de Soliman le
Magnifique.
Sur la gauche, l’école française Sainte
Pulchérie est toujours en activité avec ses 500 élèves. C’est l’une des plus
prestigieuses écoles francophones de la ville.
Prendre la prochaine rue à droite (Kuyu Sokak - pas de pancarte, en face d'une
fontaine), qui est tout à fait typique, avec ses belles maisons du XIXe. Deux
écoles sont plantées dans cette rue : Taksim
Lisesi (ancienne école française St Jean Baptiste) et l’école
arménienne Esseyan .
La ruelle fait un angle droit en se jetant dans la
suivante : Abdullah Sokak. Prendre sur la droite.
La grande église orthodoxe qui s’élève en face est Aya Triada (Sainte Trinité), elle est
toujours ouverte aux visiteurs. L’école
grecque Zappion, se trouve à droite de l’église.
Au bout
de la rue Abdullah, face à l’église, prendre à gauche. On débouche sur la fameuse
rue commerçante Istiklal Caddesi et en prenant à droite, sur la place
Taksim, en passant devant le consulat
de France. |