| Péra est
l'extention de la ville génoise de
Galata et signifie, en grec,
"au-delà". La colline où se situe le quartier, est urbanisée depuis le XVIe
siècle, ce qui en fait le plus "jeune" des anciens quartiers centraux.
Bien que le nom soit un peu désuet, on l'utilise encore pour désigner toute la partie
comprise entre les places du
Tünel et du
Taksim.
La
mairie,
s'appelle officiellement
Beyoğlu
et comprend également
l'ensemble de Galata et toute la partie comprise entre
Kabataş
(palais
de Dolmabahçe),
Kasımpaşa
et
Hasköy,
sur la rive nord de la
Corne d'Or.
Péra est l'une des parties les plus importantes du
centre
historique d'Istamboul
et certainement la plus vivante, tandis que les quartiers
modernes de la métropole la cernent sur trois cotés, elle est reliée au reste de la
vieille ville par le pont de Galata.
Le quartier de Péra était
au début du XXe la fierté de la ville. Ambassades, prestigieuses écoles, immeubles
bourgeois, théâtres, cinémas, restaurants et tavernes, c’est ici que la bonne
société stambouliote vivait et sortait, dans se qu'on voulait voir comme le “Paris
oriental”.
Péra devint le fief de puissantes familles latines, mais la Révolution turque mit fin
non seulement aux privilèges des étrangers et des minoritaires, mais aussi au rôle de
capitale qu’exerçait Istamboul jusqu’en 1923.
Dans les années 30 une première
vague d’habitants quitta ce quartier pour s’établir dans de nouvelles surfaces
urbanisées au nord, (Pancaldi, Bomonti,
Şişli,
etc.). Puis les évènements de septembre 1955, précipiteront le départ (forcé) en
masse des
Grecs de toute la ville et
naturellement de Péra, où ils étaient nombreux, surtout à
Cihangir,
Taksim, Findikli, Sormagir (orthodoxes) et
Çukurcuma
(gréco-catholiques). Les Latins quittèrent aussi Péra en masse, entre 1964 et 1974.
Certains pour de nouveaux quartiers au Nord, à l'Est et à l'Ouest de l'agglomération
stambouliote, mais la plupart, pour l'étranger.
Entre 1980 et 1990, Péra
présentait un triste état de délabrement, où il était difficile d'imaginer la
splendeur passée au travers des immeubles dégradés, ceux-là mêmes qui avaient fait la
fierté d’Istamboul... |

Le centre de Péra avec l'église St
Antoine et le palais
de France (à gauche)

Entre la place du Tunnel et le Boulevard des Petits-Champs,
devant l'hôtel Galata
Antique /ancienne
maison
Décugis |
| Aujourd’hui
Péra a refait peau neuve grâce, en partie, à l’association du quartier présidée par
Monsieur Vitali Hakko, et qui milite pour le classement des façades et des immeubles
comme patrimoine national.
L’ancienne Grand’Rue de Péra
– Istiklal Caddesi -, qui relie la place du
Tünel à celle du
Taksim en passant par celle de
Galatasaray, est une voie piétonne où seul le
vieux tramway circule.
C’est ici que toute la jeunesse
de la ville se montre. C’est ici que survivent aussi les vieilles traditions de notre
ville. Il faut se rendre dans
le marché au
Poissons de Galatasaray en soirée pour se rendre compte de la joie de vivre des
Stambouliotes ou du coté de
la rue Abdullah, près de l'église Aya
Triada.
De la petite place de
Galatasaray à
celle du
Tünel en passant par les
Petits-Champs (Tepebaşı),
c'est une population un peu modaine qui s'y donne rendez-vous, tandis qu'entre le
lycée
francophone de Galatasaray
et la place du Taksim, la population est plus mélangée et
les bars et tavernes, plus populaires.
Bien que Péra faisse partie du
centre historique d’Istamboul, son nouveau cap est la
modernité en gardant un cachet des “Années Folles”. Les nouveaux quartiers ne
présentent jamais cette dualité; ils ressemblent à n’importe quelle ville moderne
d’Europe avec leurs avenues, leurs supermarchés et leurs tours de verre.
Quant au vieux “Stamboul”, désigné aujourd’hui sous le nom de
“Sultanahmet”,
bien qu’ayant un cachet ancien et oriental, il n’offre pas d’endroits attractifs
pour les Stambouliotes et reste désert le soir venu.
R. Tomaselli 1999
Remise à jour : janvier 2005 |

Le petit tram rétro, sur la place devant le
passage du Tunnel |